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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 07:50

28 jours plus tard est sorti en 2003 dans un relatif anonymat.

On n’attendait pas grand-chose de ce film, encore une copie de Zombie et une exploitation du mythe de George Romero, encore un nouveau film de Danny Boyle qui, après Petits meurtres entre amis et Trainspotting, avait manifestement vendu son âme à Hollywood pour tourner une certaine Plage avec Di Caprio, la presse spécialisée n’avait pas non plus particulièrement annoncé la venue de 28 jours plus tard…

Bref, on avait loupé ce film qui a démontré avec brio que le mythe de Zombie pouvait être traité avec excellence et qu’il avait encore de beaux jours devant lui.

Retour sur un film qui restera un jalon du film d’épouvante, présent et futur.

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Des activistes britanniques anti-dissection animales investissent un labo à Cambridge et, fatalement, ils ouvrent la cage d’un des nombreux primates qui s’y trouve. Un scientifique, plus affolé par l’ouverture de la porte du singe que par autre chose, bafouille tant il est atterré : il faut tuer immédiatement leur collègue qui a été mordue sinon…

28 jours plus tard après cet épicentre du phénomène, un type normal se révèle douloureusement d’un coma dans une chambre d’hopital. Il est nu, une cicatrice à la tête indique qu’il a subi une lourde opération et on l’a enfermé en glissant une clé de son côté. En évoluant, il ne rencontre personne, absolument personne.

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Il circule donc dans un Londres désert, en pleine journée, où la population entière semble s’être évanouie. Il ne trouve que des messages d’adieu, émouvants, fixés sur une place. Se réfugiant dans une église dès le crépuscule, il trouve enfin les premiers êtres vivants dans un charnier, êtres vivants qu’il doit fuir au plus vite puisqu’il s’agit de contaminés se ruant avec furie sur lui. Il est sauvé par deux autres survivants qui lui apprennent, une fois saufs, comment s’est propagée la contamination.

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Ils lui disent qu’au début, seules de petites villes étaient attaquées, que les autorités n’ont pas prise la mesure du danger si ce n’est qu’elles ont imposé une censure dans les médias. Puis les contaminés ont envahi la ville, sous leurs yeux et bien peu ont pu survivre car l’espérance de vie est très courte.

Après une péripétie où ils se retrouvent deux, Jim et Selena s’allient avec un chauffeur de taxi nommé Frank et sa fille. Ils ne décident pas d’attendre une éventuelle fin de l’épidémie mais de fuir vers un hypothétique barrage de l’armée près de la ville de Manchester. Après des difficultés, ils rejoignent ce barrage désert mais Frank est contaminé, puis tué par les militaires rescapés, au nombre de 9.

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Recueilli par le Major West, brillant Christophe Eccletson parmi une distribution qui ne démérite pas, ils apprennent le vrai but de l’appel : pourvoir des femmes pour que la cohésion de la troupe ne s’effondre pas comme le moral des hommes…

Pour une fois et depuis longtemps, 28 jours plus tard fait vraiment peur à la fois dans les moments d’angoisse qu’il distille mais également dans le tableau de l’apocalypse qu’il distille. Il ne suffit que de 28 jours pour que la société s’affaisse entièrement victime à la fois de l’exceptionnelle pandémie mais aussi de l’incurie de gouvernement incapable de jauger le virus et ses conséquences dramatiques.

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Thème de la fin du monde qui s’affaisse parce que les autorités n’ont pas su réagir à temps, la scène d’ouverture de Zombie est à ce titre la référence, 28 jours plus tard trouve aussi une influence majeure dans la première version d’une série télé nommé les Survivants.

Les Survivants, conçues par Terry Nation, voyait donc un petit % de la population miraculeusement épargnée par une pandémie mondiale, le générique montre un chercheur faire tomber par hasard la fiole mortelle, puis reconstruire une nouvelle société. Les Survivants, la seconde saison de la deuxième et récente version vient d’être diffusée, a marqué les esprits bien que nous ne l’ayons pas eu en France. Mais si ne nous l’avons pas eu, ce ne fut pas perdu pour tour le monde puisqu’un certain S.King en a tiré le fléau… Le thème de fin du monde est en tout cas très évocateur et on y a tous pensé un jour ou l’autre !

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28 jours plus tard est clairement divisé en deux parties qui sont la découverte du fléau puis l’échappée de Londres puis, la seconde, la rencontre avec les militaires puis l’évasion de leurs griffes. Tout le monde est d’accord, la première est bien meilleure que la seconde. La faute en incombe certainement au manque de moyens financiers, le budget était de 5 millions de £, ce qui ne permettait pas de folie.

28 jours plus tard s’intéresse donc à l’adaptation des survivants aux nécessités des nouvelles règles de ce monde et la transformation de leur personne pour survivre.

On retient donc le changement opéré par Jim, Selina pour survivre envers et contre tous, les contaminés qui ne sont que des victimes mais également les militaires qui ont régressé vers un mode primaire. La grande réussite de 28 jours plus tard demeure donc d’avoir su distiller une certaine dimension psychologique aux personnages à travers les épreuves qu’ils traversent.

Une fois le film passé, quelques questions subsistent quand même.

-Où sont passés les évacués ? Sont-ils nombreux ?

-Un des personnages parle que la contamination s’est répandue à Paris, est-ce que le globe est-il frappé de plein fouet ?

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Enfin, j’apprécie beaucoup l’ironie finale de la fin qui montre que la rage, on l’oublie trop souvent dans le film, condamne avec certitude ses porteurs et qu’il « suffisait » de se planquer avec des vivres dans un endroit protégé pour échapper au danger.

En effet, il se passe 28 jours entre le début de l’épidémie, puis environ 4 nouveaux jours jusqu’à la rencontre des militaires puis encore 28 jours de plus où l’on voit enfin les contaminés sur le point de trépasser, leur organisme ne pouvant supporter plus longtemps leur état d’enragés.

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Finalement, le Major tout comme le brave père de famille avaient tous les deux raison : il fallait attendre que la pandémie passe, tout simplement !

Belle pirouette de la part de Danny Boyle qui prouve que lorsqu’un auteur, pour le peu assez étranger au domaine de l’horreur, prend le sujet à cœur et avec inspiration, cela donne un film qui peut s’apparenter à une œuvre. Les acteurs, assez formidables, nous permettent une certaine identification avec les protagonistes, vous avez tous croisé dans votre quotidien quelqu’un comme Brian le chauffeur de taxi.

Un détail que j'ai beaucoup aimé, un de plus, l'infirmier a laissé sa chance au héros en l'enfermant et en lui mettant la clé de son côté. Une infime chance, mais une chance quand même !
Aussi 28 jours plus tard est, en définitif, une grande œuvre et une bien belle surprise !

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Published by Bastien Ayala
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