Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 08:00

. Marcel Burel, bonjour. Les fans les plus attentifs de MAD MOVIES et de METALUNA savent que vous avez écrit, ou que vous écrivez encore pour ces revues et que vous êtes passionné de cinéma fantastique. Mais pouvez-vous vous présenter succinctement aux lecteurs ?

 

Bonjour. Je remercie les fans « attentifs », car ma collaboration active avec MAD MOVIES, a du se terminer au début des années 90. Et mon « comeback » dans METALUNA  est un peu providentiel car si j’avais toujours l’envie d’écrire, j’en avais perdu l’habitude et ça s’est révélé un peu plus difficile que je ne le pensais de reprendre la plume. Mais comment résister aux appels amicaux des sirènes… (J.P. Putters , Fabrice Lambot et Jean Depelley ; bonjour les sirènes !!!). On avait tous l’envie de s’y remettre et de redémarrer une nouvelle aventure. Et on a craqué ! 

 

Vers la fin des années 70, j’ai fait partie de cette bande de fans qui étaient passionnés par le cinéma fantastique, horreur, science fiction, bis, etc… C’était une période foisonnante car le genre parvenait à sortir du ghetto et on avait le sentiment qu’il y avait encore beaucoup à découvrir et à faire découvrir. Mon premier texte (illisible maintenant) est paru dans le numéro 10 de MAD MOVIES et l’amitié de Jean Pierre Putters m’a encouragé à continuer. Par la suite j’ai collaboré ponctuellement à d’autres fanzines comme CINE ZINE ZONE, MONSTER BIS… avant de publier mon propre fanzine THE BAT (un seul numéro de paru) suivi d’un FANTAZINE, encore plus amateur. Il y a aussi des revues comme TRAVELLING entièrement conçu à Brest par Eric Summer (maintenant réalisateur de séries télé) dans la foulée du développement des radios libres.

 

 . Comment est née votre passion pour le fantastique ? Quel est le film qui vous a fait rêver enfant ou qui vous a captivé au point de vous intéresser au genre ?

. Difficile à dire ; au départ il y a un amour du cinéma en général depuis ma plus tendre enfance. Je suis originaire d’un petit village du sud-finistère qui possédait un cinéma « Le Dolmen », ouvert tous les week-ends. Les programmes étaient familiaux avec une préférence pour les comédies « à la française », les films de « cape et épée » avec Jean Marais, des westerns, des films de pirates… bref tout ce qui était « tous publics ». J’y allais systématiquement, peut importait le film montré, parfois même à une seconde projection et dans ce cas la patronne ne me faisait pas payer une nouvelle fois le 1 (ancien) franc que coûtait la séance ! Je ne garde aucun souvenir de films de S-F ou fantastique. Par contre j’ai du voir LA GUERRE DES BOUTONS une bonne douzaine de fois !

 

. Quand j’avais 10 ans environ, ma famille est venue vivre à Brest. Il y avait à l’époque  une petite dizaine de cinémas et je me suis mis à fréquenter ceux qui projetaient des films d’aventures et d’action, comme tous les gamins. Mais là encore, je ne me souviens pas d’un film particulier qui m’ait marqué, ça a plutôt fonctionné à « l’imprégnation ». Petit à petit  j’ai eu la curiosité de découvrir des choses différentes et c’est à l’adolescence que j’ai pris goût au cinéma fantastique et me suis mis à rechercher plus particulièrement les films du genre. Je me souviens notamment de mon premier Hammer film : LES MAITRESSES DE DRACULA qui m’a  beaucoup impressionné et par la suite j’ai guetté les autres productions : LES VIERGES DE SATAN ou LE RETOUR DE FRANKENSTEIN qui restent parmi mes « Hammer » préférés. Je suis un « enfant » de la seconde moitié de la Hammer ; à l’époque, en province, il était déjà impossible de voir LE CAUCHEMAR DE DRACULA ou FRANKENSTEIN S’EST ECHAPPE. Des cinémas comme le VOX sans être réellement spécialisés, comme le BRADY à Paris, diffusaient pas mal de films « bis » et je me souviens y avoir vu LES VAMPIRES DU DOCTEUR DRACULA avec Paul Naschy qui avait une certaine gueule sur grand écran, LE MASSACRE DES VAMPIRES, LE CHATEAU DES CHIENS HURLANTS, LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES… J’étais (et je suis toujours, je le pense) bon public et j’en étais au stade boulimique où il me fallait en voir le maximum ; le stade critique viendra plus tard. Comme à l’époque je ne connaissais personne partageant les mêmes goûts ; je me faisais ma petite culture de base en commençant à rechercher de la documentation sur le sujet.

 

. J’ai découvert MIDI MINUIT FANTASTIQUE en kiosque, mais c’était le dernier numéro. Au même moment L’ECRAN FANTASTIQUE lançait une nouvelle formule et CREEPY et VAMPIRELLA abordaient mes deux sujets de prédilection : le cinéma fantastique et la B.D. Il y a eu aussi le livre de René Prédal : LE CINEMA FANTASTIQUE qui le premier défrichait les différents thèmes et malgré ses défauts et les nombreuses erreurs m’a permis d’avoir un « cadre » d’ensemble du genre. Par la suite j’ai dévoré les bouquins de Jean Marie SABATIER, de Gérard LENNE, de J.P. BOUYXOU qui m’ont ouvert des perspectives d’approfondissement du genre. Enfin il y a eu la découverte des fanzines qui commençaient à pulluler…

 

. Pour une certaine génération récente, nous avons du mal à imaginer ce qu’était la vie d’un cinéphile à l’époque.  Vous étiez obligés de guetter les sorties ou ressorties de films pour satisfaire vos goûts ?

 

. En circuit normal, étaient distribués les films récents et à la fin des années 60 de plus en plus de films de S-F notamment connaissaient des sorties « normales » : LA PLANETE DES SINGES, 2001 L’ODYSSEE DE L’ESPACE… et ont contribué à ouvrir le genre au grand public. En salle « Art & Essai » il était parfois possible de découvrir quelques curiosités ou classiques en ressortie. Par contre, d’autres salles plus populaires fonctionnaient différemment ; à l’époque je ne connaissais pas grand-chose aux circuits de distribution et ne m’étonnais pas de découvrir un Vampire italien une semaine, un Zorro espagnol la suivante ou une momie mexicaine la fois d’après… au petit bonheur la chance ! Sinon, il restait les « Séances de minuit » du samedi soir qui permettaient de découvrir, sans aucun ordre logique, des œuvres plus anciennes le temps d’une projection unique. Je me souviens d’avoir vu à Tours, un GODZILLA  suivi le samedi d’après par MACISTE CONTRE LE FANTOME puis par L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR… On ne savait pas si on aurait la possibilité de les revoir de sitôt ou jamais et souvent en rentrant du cinéma j’écrivais le scénario du film détaillé et la fiche technique… pour garder une trace ! Et ce n’est pas du côté de la télévision qu’il fallait se tourner pour trouver son bonheur… Quoique BELPHEGOR m’ait laissé des traces et que j’ai découvert le « serial » avec la diffusion hebdomadaire des épisodes de DAREDEVILS OF THE RED CIRCLE / LES TROIS DIABLES ROUGES dans l’émission « La séquence du jeune téléspectateur » !

 

. Quels sont les films que vous regardez encore avec plaisir après toutes ces années ?

 

. Il y en a tellement… mais dans ma cinémathèque idéale il y a certainement des classiques du genre comme KING KONG, LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN, LES CHASSES DU COMTE ZAROFF… dans la S-F des années 50 j’aime toujours beaucoup LES SURVIVANTS DE L’INFINI et LA GUERRE DES MONDES ; Et puis il y a  (presque) tous les films HAMMER bien sur dans lesquels je me replonge régulièrement avec toujours autant de plaisir. Comment oublier Bava ? Il faudrait les citer tous. Argento au meilleur de sa forme avec LES FRISSONS DE L’ANGOISSE et SUSPIRIA que j’ai redécouvert dans la superbe édition DVD récente. Bizarrement il y a des films que j’ai adorés et qui m’ont déçu par la suite. Ca a été le cas de PHANTOM OF THE PARADISE que j’ai vu et revu ; et qui m’a un peu insupporté  un moment. Je l’ai également redécouvert tout récemment après un long « purgatoire ». Dans le genre, ROCKY HORROR PICTURE SHOW me réjouis toujours autant. Quoi d’autre en vrac : LE MAGICIEN D’OZ, LE BAL DES VAMPIRES, LA PLANETE DES SINGES, le fabuleux THE INNOCENTS de J. Clayton, STAR WARS, STARSHIP TROOPERS… Et puis (je dirais même surtout) il y aussi les petits films de série B sans prétentions dont certains sont d’authentiques petits bijoux comme : TREMORS, LADY IN WHITE, TOURIST TRAP, DEAD AND BURIED, NEAR DARK, RE-ANIMATOR, BASKET CASE, NIGHTBREED, MOTEL HELL, LE CROCODILE DE LA MORT… Il y a enfin les « inavouables », les nanars, les productions inclassables et délirantes comme le SHE d’Avi NESCHER, THE BARBARIANS, MESA OF LOST WOMEN, HOPITAL MASSACRE, les films indonésiens de la série THE WARRIOR, des films turcs incroyables plagiant STAR WARS, SUPERMAN , SPIDERMAN ou LUCKY LUKE…, pour lesquels le qualificatif de « culte » n’est pas galvaudé comme c’est souvent le cas actuellement où des films roublards s’auto proclament « cultes » ; alors qu’il faut au contraire une sacrée dose de  naïveté et d’inconscience pour pouvoir accéder à ce « statut »

 

. Qui sont parmi vos idoles, acteurs ou réalisateurs, celles  que vous avez rencontrés ?

 

. Les deux interviews les plus chères à mon cœur sont celles de Peter CUSHING et de Donald PLEASENCE dont je suis fan absolu. Celle de Cushing, je n’y ai pas cru jusqu’à la dernière minute car elle avait été arrangée par Eric SUMMER pour le magazine TRAVELLING à l’occasion de la sortie du film BIGGLES. Il m’avait laissé un message concis : « soit chez toi, tel jour à telle heure, Peter CUSHING va t’appeler ».

 Connaissant le goût de l’ « oiseau » pour les blagues, je me demandais si j’allais me laisser avoir de façon aussi grossière. Mais il avait réussi à m’accrocher et le jour prévu j’étais devant mon téléphone avec mon petit magnétophone et j’attendais en commençant à râler. Lorsque le téléphone a sonné et qu’une voix m’a demandé : « Vous avez une communication en PCV d’Angleterre… est ce que vous prenez ? ». J’ai dû bafouiller quelque chose et je me suis retrouvé la gorge nouée pendant 30 secondes.  L’entretien a été conforme à l’image que j’avais de ce parfait « gentleman » et pendant 20 minutes il a été d’une gentillesse incroyable, drôle, émouvant et sympathique à la fois. En ce qui concerne Donald PLEASENCE, j’avais écrit un petit article sur lui dans un vieux MAD MOVIES, que je lui avais expédié. Il m’avait remercié avec une photo dédicacée et un petit mot où il me disait qu’il venait de tourner un petit film intitulé HALLOWEEN ! Quelques années plus tard j’ai appris qu’il était invité d’honneur au festival d’Avoriaz et Marc TOULLEC a réussi à me décrocher une interview. Le soir précédent je demande à  mon camarade Jean Pierre PITON de L’ECRAN FANTASTIQUE d’assister à son entretien. Exercice difficile, car l’acteur répond de façon courte et souvent détachée pour ne pas dire désabusée à toutes les questions. Il est souvent question de l’argent qu’il a gagné sur tel ou tel film… Bref, je me dis que le lendemain matin ça ne va pas être de la tart…iflette ! A l’heure du petit déjeuner je retrouve un PLEASENCE  en pleine forme, rigolard, une coupe de champagne à la main et démarre une discussion passionnante et détendue. Comme quoi, ça ne tient parfois pas à grand-chose !

 

J’avais fait une interview carrière du maquilleur d’ ELEPHANT MAN Christopher TUCKER à son domicile près de Londres pour MAD MOVIES et nous avions sympathisé. On s’est téléphoné de temps en temps et envoyé des cartes de voeux pendant une dizaine d’années. Il a été un des invités du sympathique Festival de L’Imaginaire à Clermont Ferrand  (organisé pour la partie cinéma par MAD MOVIES) et je lui servais de guide - interprète. Il y avait également Christopher LEE que j’ai croisé pendant quelques jours, très pro, très bavard, parfois un peu grincheux quand il refuse des interviews en prétextant « ils vont encore me parler de DRACULA ».

 

L’avantage des festivals, c’est qu’on y rencontre pas mal de monde, notamment à Avoriaz qui était un endroit privilégié pour cela. Au niveau des interviews il y a eu Jim « MUPPETS » HENSON, David CRONENBERG, Ralph BAKSHI, Russell MULCAHY, Christophe LAMBERT très sympathique, Clive BARKER, Barbara HERSHEY, Dario ARGENTO, Douglas HICKOX, Michael ARMSTRONG, Freddie FRANCIS, Melanie GRIFFITH… et pas mal d’autres. Pour Michael ARMSTRONG qui était présent à Avoriaz comme scénariste de HOUSE OF THE LONG SHADOWS, je me demandais s’il s’agissait du même M. ARMSTRONG de MARK OF THE DEVIL. J’ai posé la question à quelqu’un qui m’a assuré que ce dernier s’était suicidé. Le seul et unique Michael ARMSTRONG s’est bien marré lorsque je lui ai dit en début d’entretien que je pensais qu’il était décédé ; la confusion venait de Michael REEVES qui lui était bien mort ! Il en a reparlé en rigolant dans une interview qu’il a donnée plus tard à un fanzine anglais FANTASYNOPSIS. On n’était pas toujours très pro à l’époque avec notre matériel amateur ; souvent il y avait quelque chose que ne fonctionnait pas et je me souviens d’une interview à pure perte car le radio-cassette mal réglé enregistrait France Inter ! A Cannes, où c’est plus délicat d’obtenir des entretiens, on pouvait quand même croiser le jeunot Sam RAIMI qui distribuait des badges à l’entrée de la salle de projection d’ EVIL DEAD, Stephen KI NG buvant un demi à la terrasse du Carlton ou demander une dédicace à un Peter JACKSON débutant...

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Bastien & Macel Burel
commenter cet article

commentaires

Laurent Quideau 13/05/2009 14:07

trop fort ce Marcel! Tout est vrai, j'y étais (quelques fois...)