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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 08:25

7ème partie.


Jack Kirby connaît bien Timely, ou plutôt, il la connaissait à ses débuts quand Martin Goodman l’engagea ainsi que Joe Simon à la direction éditoriale et Jack comme directeur artistique.

Le duo était déjà coté en 1941 et Goodman leur avait promis, ou alors il y eut un contrat, que 25 % des bénéfices sur les comics qu’ils créeraient leur seraient rétrocédé.

Captain America, fut alors un énorme succès, le premier quoique le seul de Timely, mais les bénéfices tant attendus ne vinrent jamais. Goodman, comme d’autres filous notoires tel que Victor Fox de Fox comics, trouva mille et une raison de prétendre que le titre n’était pas bénéficiaire ou que les dites rétrocessions allaient bientôt arriver.

Le duo claqua alors la porte, dégoûtés de l’attitude de Martin Goodman et nous verrons plus loin que l’histoire est parfois faite de boucles intéressantes.


Mais au terme de ces 15 ans d’aventures éditoriales, Jack Kirby revint pousser la porte de Timely où l’ambiance était morose.

Stan Lee le reconnut immédiatement, il faut dire que Stan Lee fut engagé très tôt comme « go for », assistant à tout faire, et on suppose alors qu’il dénonça Kirby et Simon à Goodman parce qu’ils avaient fait des piges pour d’autres firmes, ce que leur contrat leur interdisait.


Goodman fut probablement bien content, puisqu’il put les licencier le plus légalement du monde et clore cette embarrassante question de rétrocession de droits.

A noter que l’un de ces fabuleux comics se nomme Captain Marvel Adventure ! Il s’agit de l’une des premières déclinaison du troisième grand héros de l’âge d’or. Décidément, Jack Kirby aura touché à toutes les figures importantes du comics.

Atlas donc, n’était pas au mieux*. La firme s’était retrouvée dans une situation éditoriale rancobolesque et elle faillit chavirer corps et bien.


D’ailleurs, un fait non formellement établi, quoique persistant, formule que des huissiers venaient prendre le très modeste mobilier de la firme et que Stan Lee fut alors défait. Jack aurait été là et aurait dit aux huissiers de faire demi tour.

Atals fit donc une excellente période d’histoires à monstres, qui proposaient alors des prouesses visuelles que le cinéma ne pouvait alors égaler, le tout sur un air de fin du monde brillamment raconté par Stan Lee.


Le grand virage de Atlas, en 1961, fut donc ce premier numéro de Fantastic Four, qui rappelle sur beaucoup de points les Challengers of the Unknow (quator, aventures débridées, monstres, caractérisation des personnages plus poussées chez les F.F…).

Spider-Man provient d’un concept de Joe Simon qui fut retravaillé par Stan Lee.

Thor ressemble beaucoup à un récit court de Jack pour DC.

Iron Man fut désigné par Jack… Bref, le cheptel lui doit beaucoup.


Jack avait d’ailleurs la réputation de se mettre à sa planche à dessins, puis à esquisser des dessins dont sortaient comme par miracle personnages, concepts, visions incroyables.

Les F.F furent un exemple frappant de ce talent uniques : les premiers numéros regorgeaient d’ennemis différents, de menaces des plus bizarres et de situations hautes en couleurs.

Le talent conjugué des deux créateurs, quoiqu’il y ait encore aujourd’hui sujet à polémiques, fit de ce titre une débauche presque ininterrompu de ce que la bd a à la fois de plus fou, de plus audacieux, et de plus créatif à proposer.


Les concepts, les prouesses visuelles, la dynamique des personnages, la poésie même…tout dans les 56/60 premiers numéros des F.F, mais aussi dans Thor qui restent actuellement et injustement sous-estimé par la reconnaissance critique, sont des sommets majeurs de la bd, même si la reconnaissance des critiques « grands publics » n’a pas porté ces titres au même niveau qu’un Hergé ou qu’un Tezuka…

Alors l’excellente question à propos de Jack Kirby, artiste essentiel pour Marvel est la suivante : est-ce que la firme témoigna à cet artiste à qui elle doit tant est à la hauteur de ce que Jack bâtit ?

La réponse est assez épouvantable…

 

Note : Pour connaitre en détails et se replonger dans cette époque, un des tous meilleurs ouvrages est celui de Francis Saint Martin aux éditions de l'hydre.

 

 

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Published by Bastien AYALA
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