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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 08:08

3ème partie.


Tout d’abord, il n’y a historiquement que très peu de héros de l’age d’or qui furent la propriété de leurs créateurs. L’exception notable demeure le Spirit de Will Eisner qui a eu le nez fin de se le garder sous le coude.

Pour posséder son personnage, il fallait être éditeur.

C’est ainsi que Joe Simon et Jack Kirby sont encore maintenant, la famille de Jack plus exactement, les propriétaires légaux de Prize-Crestwood, dont le plus connu à l’heure actuelle et le parodique, à l’époque, Fighting America. Il y a eut en outre beaucoup d’autres choses telles que des comics de romance, des western et même du paranormal !


Mais pour Atlas, devenu il me semble Marvel dès la 4ème # des F.F, le seul bénéficiaire était Martin Goodman.

On lit souvent que Marvel s’était remis à faire du super héros avec les F.F et que ce fut en quelque sorte le sacre de l’âge d’argent. Pourtant, il me semble que Captain America & Bucky avaient tenté un fameux come-back dans les années 50 où ces héros étaient viscéralement anti-communistes, ère du temps oblige.

Donc, ce numéro des F.F est officiellement le premier comics du silver age pour Marvel/Atlas.


Le premier script de ce numéro fait peur tant il est succinct : à peine plus long que cet article !
A charge alors pour Jack Kirby d’abattre le boulot et, la touche finale, à Stan Lee de confectionner les dialogues qui collent au dynamisme du récit, art dans lequel Stan Lee reste le génie incontesté.

On estime le summum du titre aux # 48-50 tant au niveau de l’imagination qui paraît alors sans limite autant que pour les prouesses graphiques de Jack, incontestablement le « King » des comics pour ce Xxème siècle.

Après, le comics nommé le « meilleur comics au monde » semble recycler ses menaces et ne plus proposer des moments aussi grandioses que ce qui était.


Pourquoi ?

Essentiellement parce que Kirby estimait avoir largement fait sa part du travail, la compagnie était maintenant prospère, ses 8 titres bousculaient le catalogue de DC, qui fut devenu de fait suranné. Aussi Kirby demanda sa part à Martin Goodman…

L’éditeur avisé recula, différa, aussi Jack Kirby comprit que ses vieilles méthodes étaient toujours de mise. Bien que l’on prête à Jack un bon salire, notre homme avait déjà 49 ans en 1966 et il savait que ses meilleurs années étaient déjà derrière lui.

Goodman différa son obtention des droits de suite à l’achat de sa firme par Cadence industries et Jack Kirby ne vit pas grand chose, si ce n’est rien.

Il avait de toute manière déjà baisser de produire, de proposer des personnages et des concepts exploitables par ses nombreux successeurs (l’essentiel du catalogue Marvel fut fourni par Jack Kirby, Stan Lee puis par Chris Claremont).

Kirby s’était alors retiré vers Los Angeles et il ne faisait que livrer ce que l’on lui demandait, et le résultat était encore haut en couleur et tout à fait estimable, même sans le cœur, l’envie et l’entrain de Jack.

Jack fut approché par Carmine Infantino, qui pensa alors porter un sérieux revers à Marvel : lui voler le génie dans sa bouteille !

Ce fut donc ce fameux contrat chez DC pour 5 ans, qui vit alors Kirby produire son Quatrième monde, preuve éclatante que cet artiste grandiose avait encore beaucoup de choses à produire.


Si le Fourth world, nom donné à posteriori par un critique, ne reproduisit pas le succès éclatant des premiers super héros Marvel, ce fut cependant une débauche et un sommet d’imagination, de cosmique, d’irréel et de concepts incroyables pour cet éditeur alors trop sage qu’était jadis DC. Ainsi un panthéon des plus choquants pour les gamins, le public cible il faut le rappeler, vint leur fracasser leurs habitudes pépères de personnages si ancrés dans le conventionnel et la normalité. C’était alors cela le Fourth world, une œuvre d’une richesse incroyable qui n’aurait sûrement pas trouver son public immédiatement mais qui fut et qui demeure encore une des pièces maîtresses de l’éditeur historiques de Batman et Superman.


Le Fourth world est encore republié aujourd’hui, et je gage qu’il séduira d’autres générations de lecteurs quand nous-mêmes ne serons plus là…

DC a respecté ses engagements vis à vis de Jack Kirby. La firme lui a laissé des royalties sur les News Gods et toutes les créations du grand Jacc es chiffres, les pourcentages et les montants sont inconnus mais la famille de Jack et Jack lui-même s’estimèrent satisfaits.

Ainsi la série des années 80, Superpowers qu’a réalisée Jack pour DC avait pour objet, comme la conclusion abrupte des News Gods, que Jack bénéficie de cette mesure de royalties.


Un geste assez honnête de la part de DC, il faut le souligner, et qui se revérifiera à l’occasion pour la rétrocession des droits de Sandman pour Neil Gaiman ou encore de The Boys pour Garth Ennis. La principale exception demeure le Watchmen de Alan Moore…

Ainsi, si Marvel avait observé la même conduite envers Jack, il n’y aurait pas ce qu’on appelle encore à l’heure actuelle « l’affaire Kirby ».

Mais cette affaire, quelle est sa nature ?

 

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Published by Bastien AYALA
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