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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:34

Une bonne série sur 4, c’est peu. Mais nous devions nous contenter de cela, que de cela.

Spider-man dura deux saisons et deux téléfilms, Captain America 2 téléfilms et DR Strange 1 unique téléfilm. Hulk fit bien mieux avec ses 5 saisons et ses 3 téléfilms, tous acceptables bien qu’ils aient des qualités et des défauts. Voyons lesquels.

 

Tout d’abord, le projet fut confié à Kenneth Johnson, un grand talent du petit écran puisque, après avoir réussi l’homme qui valait 3 milliards (6 seulement  millions au USA, passons ), puis avoir lancé Superjamie, Kenneth Johnson hérite finalement de Hulk.

A première vue, il n’en voit pas très bien le potentiel, si ce n’est que comme un succédané de Dr Jekyll & Mr Hyde, avec toutes les implications d’ordre dramaturgique  que cela comporte.

 

Il se lance donc dans l’élaboration de cette série, dont les premiers épisodes seront diffusés en salles chez nous sous les titres Hulk et Hulk revient. Pour anecdote, ces téléfilms furent activement soutenus par Artima, qui mit, dans la mesure de ses moyens, le paquet pour soutenir cet événement qui aurait pu lui ramener des lecteurs. Mais contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, ils ne rencontrèrent pas un grand succès, loin de là !

 

Hulk voit donc un acteur accompli de la télévision américaine, Bill Bixby procède donc à la fameuse expérience qui le change en monstre sous l’effet de la colère. Il sera donc obligé de fuir et sa némésis sera un journaliste qui s’investit corps et âme dans la traque de Hulk.

L’échec multiple de Banner, David plutôt que Bruce pour éviter de faire gay ( !?) selon les studios, renforce son humanité. Il s’intéresse et s’investit à chaque épisode dans des relations humaines qui sont fatalement condamnées à court terme.

Banner sera donc ce reclus qui, alors qu’il a tourné le dos à son passé avec douleur, est devenu un paria qui doit à tout prix éviter toute contrariété.

 

Voilà le ressort de la série, qui est à la fois intéressant mais déjà vu.

Kenneth Johnson se réfère à Jean Valjean mais, pas de bol, la série télé le fugitif a déjà exploité les mêmes ressorts près de 10 ans au paravant avec un grand succès. Si cette série lui a permis de vendre son pitch aux producteurs, elle réduit de fait son potentiel d’originalité…

 

Le formatage, règle nécessaire à l’époque pour produire une série télé aux USA, réduit aussi le potentiel de ces 81 épisodes.

En effet, Hulk aura le droit au sempiternel schéma suivant : Banner arrive dans une ville ou dans un endroit particulier, il y rencontre des gens et découvre une crise, se trouve confronté aux antagonistes qui sont la source de ce conflit, 1ère transformation, le journaliste se pointe, l’intensité du conflit augmente, Hulk intervient une seconde fois pour tout remettre en ordre et Banner est obligé de partir, à regret.

Certes, il s’agit d’un bon schéma narratif (K 2000 s’en souviendra !) mais répété sur 81 épisodes, c’est quand même un peu long !

 

L’autre point négatif demeure à mon sens le manque d’ennemis à sa taille.

En effet, Hulk ne fait guère que taper sur des bandits sans foi ni loi, et là encore sur 81 épisodes, cela fait répétitif. Il n’y a guère qu’un autre monstre et encore un homme déguisé en monstre de la forêt qui ont donné quelque relief avantageux à la série.

C’est trop peu !

 

Enfin, il y a Lou Ferrigno, qui y gagna son titre de gloire.

L’acteur prévu, et qui a entamé le tournage, était Richard  Kiel (le requin dans l’espion qui m’aimait et Moonraker). Jugé trop peu costaud, Kenneth Johnson demanda d’urgence un culturiste. Schwarzenegger refusa, estimant ce rôle trop réducteur, et il proposa Lou Ferrigno.

Les producteurs furent conquis par la gentillesse de ce colosse, atteint enfant de surdité et dont le body building lui a permis de s’élever. Lou y trouva donc le rôle de sa vie, il s’entendait fort bien avec Bill Bixby qu’il décrit volontiers comme un mec génial (mais qui mille fois hélas, a connu de grands malheurs dans sa vie personnelle) et qui eut une carrière dans le cinéma bis que j’estime intéressante, quoique hélas limitée.

Toujours en excellente forme physique, Lou serait désormais auxiliaire de police.

 

Ce qui s’avère intéressant avec cette version de Hulk, ce sont les deux téléfilms de la fin des années 80 qui introduisirent Thor (résultat assez faible) et Daredevil.

Pour Daredevil, outre le fait qu’il fut interprété par l’acteur du tonnerre mécanique, Rex Smith, la vision de DD fut une bonne trouvaille bien qu’on ait déjà vu ce procédé dans un autre film, Blind Date. Les origines sont intéressantes, de même que son entraînement et le tout m’a laissé un souvenir potable, eu égard aux précédentes adaptations racontées dans cette série d' articles.

 

Bill Bixby décéda hélas en 1993, alors qu’il travaillait sur un quatrième téléfilm faisant suite à la mort de Hulk, ce qui mit un terme définitif à cette série.

La version de 2003 au cinéma de Ang Lee permit à Lou de faire un caméo, mais aussi de proposer un des pires films à gros budget jamais vu à l’écran !

La scène avec les caniches, l’utilisation malheureuse de la division de l’écran, les effets spéciaux pas terribles de Hulk (bof), tout concourt à la vilaine face, au plantage magistrale rarement rencontré dans de telles proportions.

Heureusement, Louis Leterrier rattrapa le coup avec sa fort bonne adaptation.

 

Pour en finir avec cette série télé, elle fit quand même de Hulk le personnage le plus connu de la firme auprès du grand public, après Spider-Man, ce qui était quand même un exploit.

Une grande vague de merchandising envahit donc le monde, les gamins aimèrent le personnage et la série, bien qu’elle ait fortement vieillie, est toujours vendue en coffrets.

Ceci dit, à bien y regarder de plus près, elle ressemble quand même à la version de Len Wein et de Herb Trempe, où Banner/Hulk se cognait un monstre très puissant chaque mois…

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Published by Bastien Ayala
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