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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 07:59

Certes, l’ouvrage dans les griffes de la Hammer est déjà sorti il y a quelques temps mais il n’est jamais trop tard pour analyser un livre, à fortiori si il est bon, et il est très bon !

Dans les griffes de la Hammer a paru au premier semestre de cette année. Des livres sur la Hammer, ou sur un réalisateur ou alors un genre, il y en a de temps en temps, mais jamais un autre livre n’a aussi bien balayé son sujet et démontrer si bien les répercussions d’un genre de film sur la cinéphilie française.

Un grand livre donc, qui restera à mon avis un étalon du genre.

 

Dans les griffes de la Hammer traite donc de la Hammer film. La Hammer est cette firme anglaise qui donna jadis de si beaux films gothiques avec Peter Cushing et Christopher Lee dans de nouvelles versions de Dracula ou Frankenstein qui sont devenues, c’est indéniables, des classiques du genre.

On peut même considérer qu’il y a deux grandes vagues pour ces mythes :

-la première est bien sûr celle de l’âge d’or d’Universal avec les prestations de Bela Lugosi ou de Boris Karloff.

-La seconde demeure celle de la Hammer, petite firme qui eut un rayonnement inégalé et qui revitalisa littéralement un genre.

 

Bref, des films inestimables, bien qu’ils appartiennent tout de même à un courant suranné mais qui ont en quelque sorte proposé des versions définitives, ou du moins incontournables, de ces figures de l’horreur qui furent de fait incroyablement popularisées.

 

Mais le grand intérêt du livre Dans les griffes de la Hammer  ne fut pas de revenir une énième fois sur la qualité de ces films ou de les sanctifier à nouveau, non. Dans les griffes de la Hammer revient sur un fait majeur qui a presque toujours été ignoré : comment ces films furent-ils perçus en France.

 

En effet, en France, avant la pornographie, il y avait l’érotisme et l’horreur.

Les deux courants furent longtemps voisins, en terme de considération, et ils subirent de fait la même opprobre. Un ami cinéphile qui a vécu cette période m’a raconté qu’il fallait littéralement se cacher pour aller voir ces films, un peu comme un vice honteux. Voilà l’ambiance ! Être cinéphile dans ces années-là relève du chemin de croix.

Pour bien situer l’ambiance, Première n’avait quasiment rien consacré comme article à la Guerre des étoiles et ce film fut à peine considérer comme un film pour enfants ou adultes un peu benêt.

 

Ces films se firent donc fracasser par la critique, de presque tous bords, qui n’avait alors yeux que pour la nouvelle vague (quelque peu usée d’ailleurs, depuis le temps).

 

Toutefois, l’intérêt de la Hammer demeure d’avoir enfin ouvert le premier courant de la cinéphilie française, initiée par des esprits curieux, avides de savoir et de découvertes, mais probablement heureux de transgresser des interdits si puissamment ancrés dans les bonnes mœurs. Notons qu'il y eut aussi la vague des krimis allemands, un genre très intéressant quoique trop méconnu en France.

 

Ainsi, il n’y eut pas de première vague de cinéphiles de l’âge d’or d’Universal !

Ces films étaient quelque peu connus, mais rares étaient ceux qui les avait vraiment vus.

Dans ces conditions, écrire un livre ou mieux, éditer une revue relève du parcours du combattant.

Ce fut pourtant ce que firent une belle brochette de passionnés, pour certains des étudiants du quartier latin, qui mirent tous leurs efforts dans une revue qui fit date : Midi Minuit Fantastique…

 

 

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Published by Bastien Ayala
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