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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 07:03

Dans les griffes de la Hammer  revient donc sur cette belle aventure, que celle de Midi Minuit Fantastique, mais également sur l’accueil de cette vague de films en France, et le moins que l’on puisse dire était que ce…difficile.

 

Conspués, ces films n’étaient que très rarement défendus car toujours considérés comme du sous-cinéma. Ainsi, les films de cinéma de quartier de cette époque étaient certes florissants mais ils étaient systématiquement considérés comme du sous-cinéma, pour tout dire même, parfois du non-cinéma.

 

L’amateur de film devait alors découvrir ces petits films au petit bonheur la chance, en regardant des mauvais pour enfin trouver la pépite.

Et des pépites, il y en avait quand même quelques unes parmi les films de Fisher, de John Gilling ou encore de l’Italie, jamais en reste jadis pour reprendre les succès d’alors et les copier, parfois avec talent et inspiration.

 

De nos jours, nous avons l’impression que seul le cinéma américain serait en mesure de pouvoir reproduire ce phénomène de viviers de talents et de brassage de styles. Mais soyons honnête, ils appartiennent à un passé révolu et Dans les griffes de la Hammer  nous y replonge avec déléctation.

 

Outre les chiffres de fréquentation, Dans les griffes de la Hammer revient avec bonheur sur la  portée sociologique de ces films, qui demeurent quelque part des défis à la chape de plomb de l’époque d’alors. Je rappelle quand même que, outre la Hammer, il y eut les films du fameux Jésus Franco, mais aussi ceux de Roger Corman (de belles réussites, bien que diffusées après 1968 pour la plupart).

 

Ce courant de pensée dominant était alors représenté par Télérama, qui a largement conspué ces films les considérant comme médiocre, dans le meilleur des cas, et que leurs réalisateurs étaient tous sauf des cinéastes. Nous avions alors un combat quasi idéologique soutenu par une petite poignée de pionniers (Michael Caen, Jean Boullet, Jean-Claude Romer puis Alain Schlockoff…) qui nous ouvrirent véritablement la voie.

 

Dans les griffes de la Hammer revient sur leurs combats en donnant la parole à ces gens, nos aînés, qui actèrent d’abord à leurs échelles puis qui pércérent un trou dans un mur pour finir par faire tomber un pan entier.

Dans son entretien, Alain Schlokoff relate avec humour qu’il avait vu la superbe affiche du cauchemar de Dracula et qu’il pensait alors que Dracula était en réalité la jeune fille poursuivie par le monstre !

Norbert Moutier revient également sur son parcours et nous livre quelques petits secrets de l’époque, toujours savoureux.

 

Bref, Dans les griffes de la Hammer demeure une œuvre de phare sur l’impact qu’eut ce cinéma à l’époque. Une œuvre complète, sérieuse et indispensable.

Ce fut un choc pour ma part de découvrir qu’il fut écrit par une personne née en 1978/79 et qui était déjà capable de concevoir un livre aussi marquant.
L'auteur n'a pas connu les films de la Hammer en salles !
 Décidément, Nicolas Stanzick a à la fois pondu un fort bel ouvrage incontournable, à fort bien su retranscrire l’ambiance de l’époque tout en rendant un bel hommage à nos prédécesseurs.

Vivement son prochaine ouvrage !


Bonus : une interview de Nicolas Stanzick sur Critikat.
 
Second bonus : un excellent dossier de Emmanuel Denis sur le très bon site Evil Dead, qui est suivi d'une interview de Jean-Claude Romer.

 

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Published by Bastien Ayala
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