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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 07:27

Cannon Films

4-De succès en succès, le « mythe » Cannon.

 

La recette de Globus & Golan semble fonctionner. On prend des stars ou des potentiels prometteurs, citons par exemple Chuck Norris, pour monter des projets que Yoram Golan et son département économique se chargent de financer par des préventes internationales ou tout simplement auprès des banques ou des investisseurs privés (Cannon group est devenu une société cotée et étroitement liée aux banques).

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Le succès de l’année 1984 est donc Portés disparus, qui permet à  Chuck Norris de sortir du circuit des indépendants, son plus gros succès d’alors, Œil pour œil, était produit par un autre studio indépendant de bonne taille nommé Orion pictures. L’autre production Cannon remarquée en cette année se nomme Maria’s lovers avec une Natasja Kinski alors en pleine gloire. Ajoutons une suite d’une série B remarquée, L’exterminator II, film indépendant dont Cannon produit la suite, ou encore Ninja III qui connait un accueil mitigé par rapport aux résultats escomptés.

 

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Citons également en exemple L’épée du vaillant, un film d’héroïque fantasy avec Sean Connery dans ce qui fut considéré comme l’un de ses pires film. L’épée du vaillant est considéré comme un navet par la critique de l’époque qui ternit l’image de la Cannon.

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Toutefois, l’évolution est bien en marche et la Cannon ne se contente pas de vouloir égaler les grosses majors en termes de gains pour le box-office. La politique demeure de racheter des circuits de distribution, c'est-à-dire des salles, en Europe dont l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie afin de converger le contenant et le contenu. Une politique d’expansion ambitieuse, très coûteuse, voire quasi monopolistique, qui accélère la titrisation de la firme auprès des banques et des investisseurs privés.

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Cannon rachète aussi un producteur/distributeur de taille modeste mais qui compte : Thorn Emi Screens. Notre pays berceau du cinéma est également traité par notre firme qui, décidément, grandi bien vite puisque Cannon France est créée. En ce qui concerne le contenu, la matière première, la Cannon produit des films selon une dichotomie intéressante quoique contradictoire : des films d’auteurs souvent ambitieux comme Maria’s lover ou Bolero, ils seront la vitrine luxueuse de la firme « indépendante » et nos bons gros films d’action dans l’ère du temps, c'est-à-dire du Reaganisme primaire qui présentait alors en Rambo un modèle d’action légitime et efficace…au peuple américain (à noter que dans ses interviews pour Delta force, Chuck Norris lui-même soutenait ouvertement la politique militaire agressive de Ronald Reagan contre l’U.R.S.S !).

 

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L’année 1985 confirme cette politique avec quelques films commerciaux voués à occuper les créneaux porteurs du moment (Allan Quaterman et les mines du roi Salomon, American ninja, Hercules II, Invasion U.S.A, Le justicier de New-York) que contrebalancent des films autrement plus ambitieux (Runaway train qui sera présenté à Cannes, Berlin affair de Liliana Cavani, une adaptation de Guerre et paix). Menahem Golan améliore commercialement le filon du ninja qu’il vantait alors d’avoir créer de toutes pièces.

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On enlève Sho Kosugi le japonais pour mettre un américain bon teint qui ne connait pas grand-chose aux arts martiaux. American warrior renoue à nouveau avec le succès en propulsant Michael Dudikoff en tête d’affiche du cinéma d’action. L’acteur trônant fièrement sur les couvertures des revues d’arts martiaux alors qu’il n’y connaissait…vraiment pas grand-chose !  L’autre innovation de cette année fut l’arrivée dans l’équipe Cannon d’un réalisateur de films horrifiques ayant connu la gloire mais n’étant pas encore consacré par les studios américains.

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Tobe Hooper intègre la Cannon pour un contrat de trois films ( Lifeforce, L’invasion vient de Mars et Massacre à la tronçonneuse II). Tobe Hooper disait de cette époque que fric coulait à flot et qu’il pensait alors qu’il en serait toujours ainsi !

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D’ailleurs, la communication de la Cannon est un des points forts de la firme. De grands banquets pour les journalistes, de somptueuses plaquettes de promotion, de larges encarts publiés dans les revues corporatives ou encore de très grandes affiches couvrant les façades, comme à Cannes pendant le festival, étaient la griffe de la firme à la communication tapageuse.

Cannon aimait le cinéma !

Cannon soutient les auteurs difficiles !

Cannon réinvestissait tous ses bénéfices dans la production !


Et les journalistes très bien accueillis lors de ces brunchs, notons les articles élogieux de Mad Movies, relayaient sans recul critique aucun ces âneries ou ce storytelling surfait.

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Franck Jammes 01/08/2012 10:51

Sword of the valiant a été apparemment distribué en France sous le titre Sire Gauvain et le Chevalier vert (Sean Connery incarnant le chevalier du titre.) N'ayant vu que des photogrammes mettant en
valeur les magnifiques costumes du film, je m'étonnais qu'il ne fût pas mieux connu. Je comprends pourquoi maintenant.

Bastien Ayala 01/08/2012 20:59



Bonjour Franck !


 


Je n'ai pas vu, pour le moment, l'épée du vaillant.


Il se traine hélas une assez piètre réputation malgré, vous avez raison, la qualité des armures pour les chevaliers (tout comme un autre film italien au sujet proche nommé Le choix des
seigneurs).


Je pense qu'il fut sorti en location quoique cette K7 devait ëtre fort rare...


Ironiquement, un ami l'a et me l'a passera peut-être...


Sean Connery a clairement eu quatre cycles dans sa prestigieuse carrière :


-Les débuts qui nous sont mal connus.


-La période James Bond qui débute en 1962 jusqu'en 1971.


-La période suivante qui alterne bons films (Outland, Zardoz, L'homme qui voulut être roi...), films peu connus (je pense à celui sur la lutte des mineurs) et des films faiblement considérés
(L'épée du vaillant, Météor...). D'ailleurs, après la décéption de L'épée du vaillant, il prit un congé sabatique de trois ans.


-La quatrième et dernière partie de sa carrière avec des rôles de mentors ou de sages comme Highlander ou Les incorruptibles, ou encore Le nom de la rose qui l'ont propulsé vers une nouvelle
reconnaissance critique. Il prit sa retraite en 2003 après le tournage chaotique de la League des gentlemen extraordinaires. Un bien piètre film qui n'aurait jamais du s'éloigner de la bande
dessinée d'Alan Moore...