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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 07:06

150px-Captain_Marvel_logo.JPGA moins d’être totalement novice dans les comics, vous avez tous déjà aperçu le Captain Marvel, avec son costume rouge zébré de jaune dont le fameux éclair sur sa poitrine ainsi que sa cape doté de fleurs de lys. Capitain Marvel n’est pas à proprement parler un personnage hot, comme Wolverine par exemple, mais il a bel et bien traversé les âges, en fait des décennies, pour parvenir jusqu’à nous chez DC comics. 

Aussi, il est intéressant d'étudier son histoire, une des plus riches que n’a jamais eu un personnage de comics book, qui recèle un lot de turpitudes presque hallucinantes. Le Captain Marvel a donc vécu des péripéties incroyables, son influence est immense, mais sa carrière est en dents de scie. Ainsi il convient de retracer la plus improbable carrière de ce personnage qui est frappée d’une malédiction peu commune.

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1 Les débuts : l'âge d'or du personnage.


Le Capitaine Billy Fawcett était un officier qui se battit en France lors de la première guerre mondiale. Pendant les rares distractions dont il a pu bénéficier, il s’est aperçu avec étonnement que les illustrés étaient un divertissement qui parlait aux soldats, avec succès. De retour aux USA, il fonda sa propre société d’édition, la bien nommée Fawcett, qui se lança dans les pulps ou autres magazines romantiques. La société déménage du Minnesota à New-York en 1939. C’est là qu’il se passe effectivement quelque chose dans le monde des comics. Si les comics sont relativement neufs, disons 1935, la bombe qui pulvérise les tirages se nomme Superman. Ce phénomène n’échappe nullement aux éditeurs concurrents, qui veulent également une part de ce gâteau. Aussi l’éditeur de Fawcett, Bill Parker, entreprit de lancer leur propre héros, pardon, super héros qui puisse rappeler Superman sans toutefois le copier pleinement. Il fut assigné à cette tâche avec son ami, le dessinateur C.C.Beck pour mettre au point ce personnage, forcément hors du commun. La consigne était : « Il nous faut un Superman. »

 

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Les talents des deux hommes combinés accouchèrent de Captain Thunder pour un aschan, c’est-à-dire une version prototype destinée aux revendeurs. Or, on était déjà à la seconde version du personnage. Mais  cette version est la bonne puisqu’en 8 pages en noir et blanc, Billy Baston fait son apparition, il est un très jeune vendeur de journaux orphelin qui suit un homme dans le métro, prend un train magique qui le mène à un vieux sorcier qui lui confie la mission de faire le bien. En disant le mot magique, Shazam, il se transforme en surhomme capable de voler. Voilà pour l’origine qui est à la fois simple et inspirée. Comme les légendes ou la mythologie, elle se retient bien, repose sur des fondamentaux qui se retiennent facilement, et le concept appelle au merveilleux.

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La seconde apparition de Capitain Marvel sera la bonne. En tout cas, ce fut celle qui marqua son entrée dans le monde des comics, officiellement. Whizz comics # 2  introduit donc le Capitain Marvel, en couleurs, qui reprend ainsi le costume, l’intrigue et introduit  le Dr Sivana, déjà !

Le Capitain Marvel marche du tonnerre. Il devient vite un succès d’édition majeur, le premier numéro vend 500.000 exemplaires. Captain Marvel  19 annonce fièrement sur sa couverture que la série est la meilleure vente des comics avec un record de 1.3 millions. Même si le début des années 90 pulvérise ce record e vente, le phénomène de spéculation n’existait pas alors et il s’agit bien d’exemplaires lus et vendus ! Il faut dire que le personnage plait, aux gamins qui peuvent rêver de se transformer sans effort, avec une formule magique du même ordre que Ali Baba, en adulte surpuissant capable de tout.

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Un des ressorts psychologiques du super héros, qui demeure à garder en tête, est que le super héros peut entreprendre et réussir des actes qui nous sont interdits et pour lesquels nous conservons quelque frustration. Les gamins subissent cette frustration, et ils peuvent l’évacuer en s’identifier très facilement au Captain Marvel en braillant Shazam ! Une astuce de scénario qui demeure en fait un coup de génie pour le premier public du personnage.

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Mais l’épopée créative du Capitain Marvel ne s’arrête pas là. Le Capitain Marvel innove dans de multiples domaines et il crée des codes propres au genre super-héros, qui ont toujours cours. Tout d’abord, Whiz Comics continue mais le comics se voit doter d’un second titre dédié au personnage, nommé Capitain Marvel  Adventures dès 1941. Pour anecdote, les légendaires et géniaux Joe Simon et Jack Kirby participèrent, en douce, à ce premier numéro. Cela leur vaudra d’être éjecté de Timely pour non respect de la clause d’exclusivité de leur contrat et d’être remplacés par Stan Lee.

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Mais le titre innove en proposant la première déclinaison du personnage principale. Ainsi apparaissent Mary Marvel (Supergirl vint rejoindre Superman en 1958 !), Captain Marvel Jr, les Lieutenants Marvel et même la déclinaison en (super) funny animal, Hobby le super lapin ! Et l’aventure continue de plus belle, puisque dès 1941 le Capitain Marvel est adapté en sérials, les programmes courts du samedi matin qui permettaient aux kids de suivre les aventures trépidantes de héros fédérateurs qui finissaient, invariablement, dans une situation presque mortelle pour stimuler le jeune public à ne pas manquer le prochain épisode !

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En ce qui concerne les comics, la notion d’arc fut mise au point avec la saga « The Monster Society of Evil » où tous les ennemis notables du Capitain Marvel se liguent afin de vaincre leur ennemi magique ! Ce premier arc de l’histoire des comics dura 25 chapitres de Mars 1943 à novembre 1945. Il s’agit là encore d’une innovation majeure dans l’histoire des comics. Les séries se multiplièrent avec Captain Marvel Jr, Mary Marvel et même Hoppy, le lapin Shazam !

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Le problème vint du succès du personnage, qui se mesurait sans problème avec Superman. DC comics, ou National Publications, avait déjà gagné un procès à Victor Fox pour un plagiat de Superman sur le personnage nommé Wonder Man. National Publications entreprit donc un procès dès 1941,qui connut de multiples rebondissements. En 1952, Whiz comics sent que l’issue finale, après plusieurs renvois dans des juridictions de degrés différents, va lui échapper. Whiz comics transige donc avec National Publications et aurait alloué 400.000 $ de dommages et intérêts. Tous les titres relatifs au Capitain Marvel et à sa famille sont donc stoppés, et Whiz publications cesse définitivement en 1953.

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L‘ultime numéro de Captain Marvel adventures, le no 150 sera imprimé mais jamais distribué. Le personnage gagna ce qu’on appelle les limbes des comics, c’est-à-dire un néant. Mais il avait ses fans et il laissa un fort souvenir dans la mémoire collective, un très fort souvenir...

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Published by Bastien Ayala
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