Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 07:08

2 Marvel Man, le cousin britannique.

 

132875.jpg

Encore une fois, le parcours du Capitain Marvel est étonnant. Or Marvel Man n’est ni plus ni moins qu’un succédané de notre cher Capitain, le premier d’un lot assez impressionnant. Mais l’histoire erratique de Marvel Man est comparable à celle de notre cher Capitain, ce qui demeure troublant.

133196.jpg

Capitain Marvel rencontrait un grand succès chez nos voisins britanniques. Eux-aussi aimaient ce personnage bariolé doté d’aventures picaresques. Or, quand Fawcett arrêta d’envoyer le matériel, l’éditeur Millrs and Fills était en situation catastrophique, il avait des illustrés à écouler quand même ! Aussi il décida de créer son équivalent, Miracle Man ! Doté d’une origine assez voisine, Miracle Man n’avait qu’à dire Kimota pour se transformer en surhomme ! Si vous ne connaissez rien à Miracleman, prononcez sa formule magique à envers, pour vous amuser. Son créateur se nomme Mike Angelo et Miracleman, avec ses deux déclinaisons masculines presque comme son modèle, dura jusqu’en 1962 jusqu’ à l’interruption de son titre, faute de succès et victime du désintérêt des lecteurs.

37095.jpg

Un de ses anciens lecteurs en particulier, Alan Moore, se souvint avec intérêt de notre Miracleman et pensa à le reprendre pour le compte de l’excellent magazine Warrior en 1982. Warrior publiait alors des comics de haute tenue en direction des adultes. Dez Skinn eut alors vent du souhait d'Alan Moore, dont la reconnaissance était sur le point d'exploser, de reprendre le personnage de Marvel Man, interrompu depuis 1963. Les deux hommes pensèrent alors que le personnage était dans le domaine public. Aussi, le talent d’architecte d’Alan Moore se déploya sur Miracleman. 

37108.jpg

Sans rien renier du passé du personnage ni sans omettre le hiatus sur sa publication, Alan Moore reconstruit cet héros, fibre par fibre, en lui donnant une nouvelle personnalité, dimension et un enjeu fort. En quelques numéros seulement, Miracleman annonça une nouvelle ère adulte appliquée aux super-héros dont les histoires pourraient désormais être lues par des lecteurs novices ou réfractaires au genre, et les convaincre de l’intérêt de ce média. Après quelques numéros qui renouvellent la thématique et la possibilité du surhomme ainsi que sa place dans la société, Alan Moore confie le titre à un de ses collègues les plus doués : Neil Gamain. N.Gamain s’attachera à sonder l’importance de ses actes.

37118.jpg

Le problème est que Warrior connaît des problèmes financiers et coule. L’éditeur américain Eclipse comics reprend le titre mais Marvel comics, qui décidément va enquiquiner Captain Marvel et sa plus brillante déclinaison, va obliger le personnage à changer de nom. Alan Moore, furieux, jura à l’occasion que jamais il ne travaillerait pour Marvel et le nom retenu fut Miracle Man. Si Eclipse proposa plusieurs titres dans les années 80, il périclita à son tour et laissa Miracle Man dans une nouvelle situation délicate, avant la publication de son épisode final, le numéro 25.

37114.jpg

Pourtant, Alan Moore comme Neil Gamain voulurent que cet épisode soit publié mais un certain Todd Mac Farlaine, qui partit de Marvel en prônant que les droits naturels des auteurs doivent être respectés, racheta le catalogue d’Eclipse comics dont notre sémillant super-héros. Neil Gamain était en procès pour le personnage de Angela qu’il créa et anima dans Spawn, et la situation de notre personnage, la publication de tous les épisodes mais surtout le dernier numéro demeurent incertains…

37117.jpg

Marvel Man n’a pas eu de chance. Même si il s’agit d’une brillante déclinaison qui dépassa peut-être son modèle, il connut des vicissitudes du même ordre et il demeure encore au centre de conflits juridiques. Todd Mac Farlaine ne veut rien lâcher, les droits du personnages sont fragmentés et même son premier créateur, Mike Angelo, proclame qu’il n’a fait que louer les droits de Marvel Man et non les vendre. 

Pour nous consoler, nous n’avons qu’en France une traduction des premiers épisodes de Gary Leech, Alan Davis sous l’égide d’Alan Moore. De brillants épisodes que Delcourt a eu la lumineuse idée de nous proposer. Quelques recueils anglais furent édités ici ou là et, depuis la faillite de Comico, plus rien...

Pourtant, Neil Gamain a toujours eu la volonté de sortir Miracleman de l'impasse juridique où il se trouvait...

MarvelmanByJoeQuesada.jpg

Il semble que Neil Gaiman a bien voulu retravailler avec Marvel comics afin de pouvoir débloquer la situation. Ses gains d'auteur sur 1602 auraient servi à monter une structure avec Marvel comics nommée Marvel and Miracle LLC dont le but fut de rassembler les droits. Obtenir ceux détenus par Todd MacFarlaine fut, il semblerait, une véritable gageure. Selon la loi européenne, tous les artistes ayant travaillé pour le personnage fut co-détenteurs des périodes du personnage, une sorte de fractionnement des droits. Alan Moore, bien qu'opposé à Marvel à cause de leur légalisme de l'époque qui les vit infliger une injonction pour changer le nom de Marvel Man en Miracle Man ne fut pas contre. Alan Davis, lui, aurait été plus réticent et il semble que sa brouille, durable, avec Alan Moore date de là. Mais la pièce finale de ce puzzle fut bouclée quand Mike Angelo accepta de vendre ses parts.

Gadget.jpg

Un nouveau poster du personnage fut posé à la convention de San Diego de 2009 et Joe Quesada parla de la fiéreté qu'il éprouvait pour ce personnage... Nous attendons donc le devenir de ce personnage, bootleg de Captain Marvel, qui fut dans les mains des plus fantastiques écrivains des comics ! 





Partager cet article

Repost 0
Published by Bastien Ayala
commenter cet article

commentaires