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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 07:20

6ème partie

Chott, alias Pierre Mouchot, a construit sa propre maison d’édition dans son domicile familial à Lyon. Il n’avait certainement pas beaucoup de moyens mais il disposait de ressources précieuses : la dévotion de son épouse Paulette, une vision forte de la bd d’évasion et d’un sens de l’innovation unique.
Son personnage phare, Fantax, ainsi que sa manière de gérer son entreprise en atteste.

 

mouchot-

 

Fantax est un personnage détonnant.
Outre le ton de ses aventures effrénées, qui emprunte aux serials américains ou au roman feuilleton français d’avant guerre, il y a plusieurs points sur lesquels Chott a devancé ses confrères, de presque quelques décennies.
Nous ne reviendrons pas sur le club de l’audace.
Si ce type de club existait déjà, chez les éditions Marabout par exemple, il avait pour avantage de diffuser un sentiment d’appartenance à un club, un personnage, un clan. Lire Fantax et s’en réclamer devait déjà être sensationnel.

 

Dark_knight_returns.jpg

 

Le personnage de Fantax est lui-même étonnant. Par son dynamisme, mais également sa détermination et sa brutalité, on a nullement l’impression de lire une aventure francisée de Batman des années 40  ou autre personnage américain contemporain. Non, Fantax, tel est mon avis, ne parait avoir qu’un unique descendant direct : le Batman tel que l’a conçu Frank Miller.

 

absolutedk-740302.jpg

 

Les similitudes entre les deux visions d’un justicier masqué sont étonnantes. Dans un cas comme dans l’autre, on a l’impression d’assister à la riposte d’un justicier qui est prêt à terroriser ses ennemis par tous les moyens à sa disposition.

 

Ultra-déterminés, les deux personnages sont d’une volonté sans faille quand il s’agit de remplir leur objectif. A ce jeu là, il semble même que Fantax soit davantage expéditif que le Batman de Frank Miller. Certes, cette analogie a fort peu été soulignée, mais je doute que les précédentes générations aient eu connaissance du Dark Knight.
Si vous hésitez toujours à lire des épisodes de Fantax, c’est sous cet angle-là qu’il faut aborder le personnage.

 

  statuette-fantax.jpg

 

L’autre élément intéressant de l’historique du personnage demeure sa déclinaison en statuette.
La para-bd, terme français assez nouveau qui recouvre toutes les déclinaisons d’un personnage de bd en volumes, souvent en statue, semble s’être érigé en mode à la fin des années 90. Depuis, les poses des personnages, leurs meilleures situations ou encore des couvertures marquantes semblent être des prétextes qui justifient une nouvelle variation du même personnage en plusieurs volumes.
Chott a, dès 1947, proposé via la société Stardoll une statue en plâtre de Fantax.
Elément collector parmi les éléments collectors, la statue de Fantax demeure aujourd’hui une pièce de collection majeure puisque leur conservation était aléatoire.
50 ans avant que la mode actuelle, initiée par Tintin et le studio Moulinsart en Europe puis par Bowen de l’autre côté de l’atlantique, cette statue Fantax, à ma connaissance, demeure tellement en avance.

 

 

pins_audace_club.gif

 

A noter qu’il existe encore un petit badge gris qui préfigure des pins et qui représente Fantax et Big Bill, un autre héros des studios Chott qu’il serait bon de connaître, lui-aussi.

 

Fantax_reliure1.jpg

 

Enfin, en ce qui concerne les similitudes avec les USA, Chott proposait également des annuals de Fantax ou de Big Bill qui regroupaient donc les numéros d’une année civile, pas du matériel fait pour l’occasion. A noter que cette pratique, certainement une habitude des éditeurs pour écouler leurs invendus, sera reprise par LUG dans leurs fameux albums...


Encore une coïncidence, une de plus, qui démontre que Chott, au travers de sa création Fantax, était sacrément en avance sur son temps !

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Bastien 08/01/2013 21:49

Bonjour Roux et merci pour votre commentaire très sympathique à lire.

Je déborde peut-être d'éloges à vos yeux mais, croyez-moi, n'ayant connu que les Strange et Batman, j'ai été sacrément surpris d'apprendre -enfin- il y a quelques années qu'un super héros français
en remontait largement à ses homologues américains que ce fut, et reste, un choc certain !

Né dans les années 70, je n'avais pas entendu parler de Fantax et, franchement, j'ai été diablement surpris de voir ce personnage n'avoir que pour plus proche comparaison le Batman Dark Night de
Frank Miller.

Pour les reliures, il en existe depuis 20 ans aux U.S.A. C'était là je crois de comparaison !

Bien à vous,
Bastien.

Roux 08/01/2013 12:13

Bonjour!
Personne n'est parfait : je viens seulement maintenant de découvrir votre site et votre série d'articles sur Chott et Fantax. Je vais les lire et relire avec un plaisir particulier, car j'étais
un"minot",comme on disait dans le midi, à la fin des années et je découvrais cette série qui sentait un peu le souffre !
Un petit reproche cependant: vous débordez d'enthousiasme pour la série et son auteur, et je partage votre sentiment. Mais il ne faudrait pas pour autant découvrir la lune. Par exemple, quand vous
évoqué la reliure en fin d'année des numéros parus : rien d'original,tous les illustrés faisaient ça, non?