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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:00

2 Go to Charlton !

 

Les années passées chez Eisner & Iger étaient les années d’apprentissage, le chemin de croix en quelque sorte. Dick Giordano, qui était assez dévolu aux titres de la firme Fiction House (qui édita d’assez belles choses*), faisait toutes les tâches d’apprentis tels que la livraison des planches, tracer les cadres des pages, effacer les éléments qui n’allaient pas, tout cela sous la tutelle dirigiste de Jerry Iger.

Notre homme accéda quand même aux travaux d’encrage, très peu de dessin où sont style se superposait déjà à ce qui se faisait de mieux selon les standards de l’époque, c’est-à-dire de beaux dessin apolloniens tels qu’en produisaient, par exemple, Carmine Infantino.

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Si Dick Giordano avait pour lui l’exaltation de la jeunesse, il sentait sans doute inconsciemment que le studio Eisner & Iger était trop brimant pour lui, bien qu’il devint à force de travail un assez bon encreur, rapide et aux qualités techniques de plus en plus affinées. Aussi son chemin croisa en 1952 celui de Al Fargo, qui travaillait justement pour le fameux éditeur du Connecticut, Charlton comics, qui produisait des comics. Les comics de la firme était une division de la firme parmi d’autres qui n’avait que pour but essentiel de faire tourner les imprimantes de la firme à plein régime.

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Dick Giordano commença donc à diversifier ses employeurs et donc à livrer quelques menus travaux pour Al Fargo. Ce dernier venait justement à New-York pour procéder à des recrutements parmi les jeunes talents.

Charlton comics était à la fois réputée pour ne pas être trop exigeante en ce qui concerne la qualité du travail fourni par les artistes mais également pour ne pas allouer de gros salaires à ceux-ci. Mais Al Fargo se rendit compte du potentiel de Dick Giordano et il comprit qu’il lui fallut faire un effort en ce sens. Aussi Dick eut beaucoup de travail, ce qui lui permit d’augmenter ses revenus.

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Deux années plus tard, au mariage de l’un de ses amis artistes nommé Sal Trapani, Dick Giordano rencontra sa future épouse, qui n'était autre que la soeur de son ami Sal ! Elle lui tapa dans l’œil. Il se marièrent donc ensemble le 17 avril 1955. Marie fut une épouse aimante qui forma avec lui une partenaire idéale dans la vie. Toutefois, quelque temps avant, 1954 fut également l’année du plus grand séisme que connut les comics américains avec la campagne anti-comics initiée par le Dr Wertham. L’industrie s’effondra et des multitudes de studios ou de compagnies nées dans le golden age, beaucoup s’effondrèrent et mirent la clé sous la porte.

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Bien que Dick Giordano effectuait alors des travaux de free-lance un peu partout, déjà chez National Publication alias D.C comics, il fut pris comme tous les autres dans la tourmente puisque le marché connut un séisme sans précédent…

Même chez Charlton, on opéra une restructuration qui vit les tarifs à la page baisser de 20 $ à 13 $ mais également avec l’obligation de venir s’installer à Derby, au siège de la firme. Dick et Marie hésitèrent, leur famille était à New-York, mais les circonstances ne leur laissaient qu’un choix réduit : ils s’installeraient donc bien à Derby là où se trouve la fameuse imprimerie géante nommée Charlton.

Mais, heureusement, ce fut là où Dick Giordano fit ses armes en tant qu’éditeur ingénieux et respecté…
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Univers comics no 3 propose un assez beau dossier sur la firme Fiction House qui est autant didactique qu'intéressant. Un must, ne serait-ce que pour le contenu...

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Bastien 03/04/2010 15:54


Message privé pour Philippe qui m'a contacté via overblog.

Merci de me préciser le titre du film,il n'est pas précisé, ainsi que votre mail pour vous répondre !!


Bastien 02/04/2010 15:27


Merci Fabrice, c'est très gentil de ta part.

En regardant le chemin accompli, je me suis reporté au tout premier édito que j'ai pondu il y déjà deux ans.

Il annonçait ce que je voulais faire pour le Royaume, la politique éditoriale, et je crois que je m'y suis tenu ! Donc je suis assez satisfait et je pense que, au fil des centaines d'articles, je
me suis amélioré.

Aussi, merci beaucoup pour vos encouragements, à tous !


Fabrice 01/04/2010 20:23


Assez bon travail en effet ! Perso, même avec des informations ou un bouquin sous les yeux, je n'arrive pas à faire moitié, quart même aussi bien.

Ce que j'aime bien dans ton blog, c'est qu'il n'est pas tonitruand, qu'il ne cherche pas le sensationnalisme à tout prix mais qu'il cherche à analyser, c'est assez rare sur la blogosphère.


Bastien 31/03/2010 21:30


Merci pour le compliment, Pierre-Yves.

En ce qui concerne l'hommage à Dick Giodano, et cela est assez bizarre, j'avais justement reçu ce samedi matin un ouvrage qui lui était consacré "changing comics, one day at the time".

L'article de Francis Saint Martin publié en Scarce no 50 m'avait considérablement plu et je voulais en savoir davantage.

Or, j'ai lu en partie le livre durant la journée et je me suis dis que j'avais pas mal de matière pour pondre une série d'articles, que sa carrière était assez intéressante car elle touchait la fin
du Golden age pour trouver son zenith dans l'age de bronze (quoique).

Aussi,quand j'ai appris son décès ce samedi soir, j'ai été assez choqué et, après une réflexion qui a du gamberger toute la nuit, je me suis lancé dimanche matin dans la rédaction du premier
article, puis l'après-midi dans le second...

Ce fut donc assez spontannée, et cela m'a obligé à décaler tous les sujets déjà fait, dont Steve Dikto qui reviendra après puis Docteur Who qui commence enfin ce lundi.


Pierre-Yves 31/03/2010 18:44


Excellent article, très bien documenté sur Dick Giordano. L'avais-tu déjà en réserve ou tu l'as fait très vite ?
En tout cas, belle réactivité !