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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 08:09

4 Action, action… Action-heroes !

 

 

Dick Giordano revint donc chez Charlton qui, de l’avis même de la direction qui en était bien consciente, stagnait plutôt pas mal question créativité. Des salaires bas entrainaient du contenu peu intéressant.

La tâche était rude, il fallait se retrousser les manches et avoir des initiatives, voire de l'audace. Dick Giordano correspondait alors à ce profil.

Dick Giordano fut donc nommé avec le titre de managing-editor.

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Il dut tout faire et pour cela, tout apprendre : de la conception d’un titre, de l’éditorial créatif et même le ru briquage de chaque comics.

Mais Dick Giordano était bien conscient d’une chose : la pauvreté des salaires alloués par l’éditeur… Charlton payait toujours 20 $ par page, les prix n’avaient donc pas bougé, alors que le plus bas tarif chez DC était de 45 $ par page !

Dick procéda de la même manière qu' Al Fargo avant lui : il se mit à la chasse aux talents pour se constituer une équipe. Il recruta alors Denny O’Neil, Steve Skeates et, dans la partie artistique, le très solide dessinateur Pat Boyete ou encore Jim Aparo. En outre, il pouvait compter sur deux talents déjà bien rodés : le très polyvalent Joe Gill et la méga star Steve Dikto, fidèle au poste par loyauté.

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Mais la somme de travail était immense : Dick Giordano devait s’occuper de 34 bimensuels soit 17 titres uniques mensuels ! Qui dit mieux ?

Le créneau majeur, le très impressionnant boom de Marvel l’avait montré avec éclat, était le genre super héros. Genre que Charlton connait avec ses titres dans les années 50 du second Blue Beetle et Captain Atom.

Cette fois, il fallait rationnaliser ce courant sous un titre générique qui fut donc Action-heroes.

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Dick Giordano devait leur donner une cohérence, une voie à suivre et une vision à terme.

Blue Beetle fut donc entièrement redéfini pour arriver à une version proche de Spider-Man. Puis fut créée Pete Cannon « Thunderbolt » (un titre manifestement prometteur au graphisme très soigné), Judomaster, et on ramena le barroudeur maison Sarge Steele, de même que la plus grande gloire de la firme dans ce créneau, Captain Atom. The Question apparut en back-up, par la suite, dans les pages de Blue Beetle.

L’ensemble fut pensé donc en amont et il fallut que les équipes créatives puissent être performantes. Dick Giordano acheta des comics de pays étrangers, à bas coût, afin de mieux rétribuer les équipes créatives dont S.Dikto. Ce fut d’ailleurs un des points les plus remarquables que les artistes citent souvent à propos de Dick Giordano : il respecte les artistes et ne les briment pas.

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Si le pack Action-heroes fut conçu en 1965, il investit le circuit en 1966.

Les histoires, disons-le tout de suite, n’étaient pas à la hauteur du génial Stan Lee et les Actions heroes n’avaient manifestement pas assimilé certaines trouvailles majeures de Stan, à commencer par un univers partagé assez bien agencé, des histoires rythmées ou encore un certain propos dans le contenu.

A tous les niveaux, les comics Charlton étaient à part car les Actions heroes, à l’occasion, pouvaient tuer un adversaire ou le laisser mourir, ce qui était à l’époque assez novateur (rappelons-nous d’un certain événement en 1954 qui reprocha la violence dans ce média).

Les histoires, que je vous invite à découvrir pour vous faire votre propre idée, ne rappellent ni les histoires de DC, ni celles de Marvel. A titre d’exemple, le personnage de Captain Atom a même subi un revamping pendant la petite poignée de titres qu’il occupa. Son costume doré devint subitement rouge/bleu et ses cheveux gris !

Mais les Actions-heroes rencontrèrent très vite leur destin.

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Si le retour des lecteurs était devenu soudainement assez bon, il semblait enfin y avoir quelqu’un à la direction de cette firme qui débitait traditionnellement des comics au kilo. Mais, hélas, les ventes ne suivirent pas du tout.

Sur certains titres, le retour avoisinait quand même le chiffre hallucinant de 82 % d’invendus ! Pourquoi ? On peut supposer que Charlton, qui n’avait pas les mêmes moyens que ses rivaux, et que ceux-ci ont stoppé dans l’œuf l’invasion de ce troisième compétiteur avec ses Action- heroes.

A titre d’exemple, DC avait 150 commerciaux qui parcouraient tous les points de vente du pays pour mettre en avant leurs produits, Charlton n’en avait que 5 !

Aussi, la direction stoppa vite les frais de cette initiative, qui n’était de toute façon pas dans les habitudes de la maison, concernée traditionnellement par la maîtrise des coûts plutôt que l’innovation.

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Les Action heroes furent un échec commercial mais ils incarneront pendant longtemps l’image de cette firme disparue au milieu des années 80. Dick Giordano n’ a pas démérité, il a su proposer quelque chose de différent et innovant et, si les personnages sont un temps mis en sommeil, un certain éditeur a remarqué les efforts de Dick Giordano…

 

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Published by Bastien Ayala
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