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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 05:05

   Geoff Johns est un scénariste américain désormais reconnu et établi.

S’il n’a toujours pas  livré au public un comics ayant marqué l’histoire, il a en revanche presque toujours su reprendre des séries ou personnages assez malmenés, aux histoires qui se contredisent, pour toujours proposer une version bien meilleure et invariablement plus convainquante.
Geoff Johns s'est souvent imposé comme le repreneur, voire le sauveur, de séries ou de titres  en perte de vitesse pour leur redonner une redéfinition qui les a remis en selle. Il convient donc de saluer la carrière de ce scénariste de premier plan analysant ses qualités de scénariste de plus près.

 

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1-Les premiers pas.

 

 

 

Geoff Johns est né le 25 janvier 1973 à Détroit.
Lui et son frère ainé ont vécu une existence normale d’adolescents de leur temps, qui étaient notamment attirés par les médias américains dont le cinéma et les comics.
Geoff, qui aimait raconter des histoires, se sentait davantage de connexions avec le cinéma et un goût certain pour les blockbusters de l’époque. Finalement, il choisit un cursus au lycée puis à l’université qui était tourné vers l’écriture et la production cinématographique et ce jusqu’en 1995.
A cette date, il déménagea à Los Angeles, haut lieu de la production cinématographique dans laquelle il n’ « n’avait » plus qu’à s’insérer, ce qu’il fit grâce à beau coup de chance.

 

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Il téléphona en effet à la boite de Richard Donner, célèbre et talentueux réalisateur américain qui, de la MALEDICTION, SUPERMAN, LES GOONIES, L’ARME FATALE est un cinéaste reconnu et apprécié autant pour ses compétences de narrateur que de technicien chevronné. Or, par un beau coup du sort, Geoff Johns, qui postulait pour un stage assez convoité, eut directement Richard Donner grâce à une erreur de ligne. Il s’entretint donc directement avec le réalisateur, à l'époque en bonne grâce dans le cinéma, puis le stage lui fut alors accordé.
Geoff Johns travailla donc au département des scripts, de l’écriture donc, mais il semble qu’il noua une relation privilégiée avec Richard Donner, certains qualifièrent même leur relation  de maître à  élève.
Toujours est-il que Geoff Johns suivit les tournages de Richard Donner, alors lié à la Warner, qui possède DC comics, et que pour l’un des tournages en 1997, COMPLOTS, il rencontra le staff éditorial de DC comics avec lequel il eut des relations cordiales et agréables.
Ce fut surtout à cette occasion qu’il demanda quelles étaient les différences fondamentales entre un script de cinéma et de comics.

 

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Amusés, les gens de DC, dont Eddie Berganza, lui en dirent  plus, nouèrent quelques relations cordiales qui aboutirent à la proposition d’un script pour une maxi-série en 12 partie nommée STAR AND STRIPES.
Sans réellement le savoir, Geoff Johns venait de mettre un pied dans l’industrie des comics et sa carrière, dont nul à l’époque ne pouvait prédire qu’elle sera aussi importante, venait de démarrer.

 


2-A la recherche d’un style.

 

STARS AND S.T.R.I.P.S ne fut pas un grand succès des comics, loin de là.
Cette série de 12 épisodes, auxquels il faut ajouter un numéro 0 pour cause de crossover un rien pataud nommé ZERO HOUR, puise en fait dans l’histoire des comics puisque STAR AND STIPS était en fait le nom d’une revue américaine  très célèbre pendant la seconde guerre à destination des soldats américains. Elle est donc dotée d’une forte connotation patriotique dans la culture populaire américaine.

 

 

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Cette version-ci de STAR AND S.T.R.P.S n’a donc pas marqué les lecteurs de comics mais elle a confirmé certaines qualités d’écritures de Geoff Johns : il sait écrire des histoires plaisantes à lire et il possède un sens de la caractérisation assez convainquant. Justement, la jeune Star est la belle fille d’un héros de l’âge d’or. Nommée Courtney, elle va avoir un nouvel équipier en la personne d’un homme cyborg avec lequel elle va entamer ses premiers pas de justicière.
L’élément très personnel dans cette série, pour Geoff Johns, est que l’héroïne possède le même prénom que sa sœur, hélas morte dans l’accident de l’avion TWA en 1996.
L’implication émotionnelle et l’attachement à ce personnage devait être, pour Geoff Johns, assez sérieux, et cette série, bien qu’imparfaite, fut positivement remarquée à l’époque. Bien que ses personnages ne furent pas de premier plan et que la série ne fut pas un succès commercial, cela fut suffisant pour que ce premier essai débouche sur d’autres travaux d’écritures dans les comics…


On octroya donc à Geoff Johns le grand crossover de l’été.
Cette tradition inhérente à DC comics, depuis l'indispensable CRISIS ON INFINITE EARTHS avait connu de forts bons crossovers tout à fait lisibles (LEGEND, ECLIPSO, INVASION, FINAL NIGHT) mais hélas d’autres qui, une fois le soufflé promotionnel retombé, n’avaient plus grand-chose à proposer comme valeur intrinsèque (ZERO HOUR, BLOODLINES, MILLENNIUM).
JUDGEMENT DAY se situe hélas entre les deux tendances.

 

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Cette mini série en 5 partie de 1999 voit donc les conséquences d’un changement important relatif au personnage du Spectre. Son passager humain, Jim Corrigan, accède finalement au paradis, ce qui a pour effet de laisser son hôte surpuissant, bras armé et épée de dieu, sans guère capacité de jugement, de la nuance nécessaire pour moduler son jugement. Cela a pour effet de déséquilibrer l’univers de la magie et ses personnages. Une fraction des méchants veulent investir le corps du Spectre tandis que les bons, affolés par les débordements et les excès du Spectre, veulent lui trouver un remplaçant. Il s’ensuit donc une guerre avec au milieu, les personnages classiques tels que Superman, qui sont débordés par ce pan obscur de leur monde.
Ce sera donc un personnage dont l’âme est en quête de rédemption, Hal Jordan, qui s’y collera, et le statut-quo du personnage sera à nouveau rétabli.

 

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Bien que dessiné avec élégance par Matt Smith, JUDGEMENT DAY ne convainc pas encore tant l’histoire semble avoir été dictée par la partie éditoriale de DC comics et dont le but, annoncé d’ailleurs dés le début de la parution, visait déjà à ce que Hal Jordan soit le nouvel hôte du Spectre. Entre les deux événements, la folie du Spectre puis la venue d’Hal, les événements paraissent assez poussifs. Le premier  plan est occupé par les héros mystiques de DC qui avaient justement toujours été relegué en tant que personnages secondaires, voire même souvent redéfini comme cette version du Dr Fate à la sauce Starman tel que l'a ramené James Robinson. JUDGEMENT DAY, peuplé de personnages sans charismes, un peu vide de bonnes péripéties, est un comics qui se range une fois lu et qui…s’oublie !
Dommage, mais cet exercice d’écriture reste très difficile. Car brasser des kyrielles de personnages, les opposer à un méchant de poids (Neron en  l'occurrence) puis les voir se débattre est la formule en vigueur, agrémentée de coups de théâtre.

 

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On a l'impression de lire, en quelque sorte, un brouillon de la future équipe de magiciens réunie pour INFINITE CRISIS et nommée Shadowpact.

Cette mouture-ci, écrite par le très inspiré Bill  Willingham, est bien plus intéressante et hétéroclite que la version de Days of Vengeance.

 Toutefois, dans les mêmes conditions où l’équipe éditoriale dicte ce qu’il convient de faire au créatif, Geoff Johns fera bien mieux dans à peine…6 ans !

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Published by Bastien Ayala
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