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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 07:57

Le talent de Geoff Johns n’est donc plus à établir après son run historique sur GREEN LANTERN. Publié la première fois chez DC en 1999, Geoff Johns, grâce à son talent évident de scénariste, a su se hisser jusqu’à un poste rarement atteint par un créatif chez DC. Cela semble dû, en premier lieu, à ses propres qualités d’écriture, mais pas seulement, nous allons donc vérifier en quoi Geoff Johns est un scénariste qui a su parfaitement incorporer dans ses compétences les obligations qu’un scénariste de comics moderne se doit de maîtriser.

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Geoff Johns a gravi toutes les échelles du scénariste de comics.
Cela sous-entend qu’il est venu par la petite porte, celle d’un titre de seconde main qui ne bénéficie pas d’une large audience, dont on ne pouvait raisonnablement pas s’attendre à un grand succès tel ce STAR AND S.T.R.I.P.E en 1999. Ce premier pas en appellait un second, l’assez moyen JUDGEMENT DAY, mais surtout à la série JSA qu’il écrivait à quatre mains, exercice fort apprécié par Geoff Johns qui sait partager, encore une autre qualité, puis qu’il reprit tout seul.


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La longueur et la qualité de son run sur JSA permet à Geoff Johns de démontrer l’aptitude de son talent d’écriture. Il parvient ainsi à rendre intéressant ce titre, qui a hérité de plus de 60 ans d’histoires, d’une cohorte de personnages que Johns parvient à rendre intéressants, à personnaliser plutôt habilement, et à donner des aventures haut de gamme.

Rien que sur JSA, le talent d’écriture de Geoff Johns , qui à mon sens, ne cesse de se bonifier, est déjà patent : des histoires fluides, des numéros à chaque fois intéressants, des traitements individuels de personnages toujours habiles, un sens de la sous-intrigue très cohérente, des arcs mémorables, une écriture qui rend hommage au passé tout en le rénovant pour le futur, et toujours de bonnes idées dans chaque numéro. Une gageure, une réussite et un talent certain.
Avec ce titre choral aux personnages multiples qui gagnent toujours une plus value en terme de caractérisation, Geoff Johns se distingue malgré le cahier des charges... Toutes les qualités de son écriture étaient déjà présente dans JSA, mais on en retrouve d’autres dans FLASH.


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FLASH était quand même le bijou de Mark Waid.
Geoff Johns se l’approprie en offrant à la fois un nouveau souffle tout en prolongeant la qualité de son prédécesseur…Une gageure ? Oui, mais aussi une belle performance qui permet à Geoff Johns de se couler dans un bon titre, de le renouveler en douceur en s’attachant à redonner de la substance aux ennemis de Flash. Ainsi les Rogues sont les grands vainqueurs du run de Geoff Johns qui renouvelle l'intérêt du titre.

 

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INFINITY CRISIS est également intéressant à considérer pour mieux cerner les qualités d’écritures de Geoff Johns.
Commande de Dan Dido, grosse entreprise qui se répercute dans pratiquement tous les titre de super héros de la firme, INFINITY CRISIS semble laisser une assez faible marge de manœuvre au scénariste, tant l’exercice de genre parait conséquent, codifié et écrasant. Pourtant, Geoff Johns propose une suite assez judicieuse au CRISIS original tant le retour du premier Superman, de Superboy prime, du Lex Luthor est bien trouvé. Les raisons de leur retour sont également assez habiles.

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Certes, on ne retrouve pas l’intensité du premier CRISIS mais les répercussions de cette histoire dans GREEN LANTERN puis l’appropriation de la nouvelle menace nommée Superboy prime dans LA LEGION DES 5 MONDES démontrent une fois de plus la forte vision qu’exerce habilement Geoff Johns sur les personnages qu’il traite et qu’il sait où les mener.
Exercice éditorial contraignant par excellence, il semble que Geoff Johns fasse bien  mieux sur BLACKEST NIGHT qui parait bien plus maitrisé. Tel le bon vin, le talent de Geoff Johns ne cesse de s’affiner.

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Quant à GREEN LANTERN REBIRTH ou encore FLASH REBIRTH, Geoff Johns prouve qu’il jongle très bien avec la pourtant difficile équation qui consiste à intégrer le(s) passé(s) parfois contradictoires et erratiques des personnages, parfois même de leur descendances y comprises, pour leur offrir une version rénovée toujours judicieuse, habile et qui fait mouche.


Geoff Johns réussit donc parfaitement les grandes contraintes très difficiles de la redéfinition de personnages dans les comics, il y excelle-même.
Ainsi, si Geoff Johns n’atteint pas les fulgurances en écriture des meilleurs travaux d’Alan Moore, de Warren Ellis, de Frank Miller, il fait pourtant partie du meilleur niveau qui se situe juste après.

En effet, assurer l'écriture d'une série mensuelle et la rendre intéressante de manière continuelle demeure quand même une gageure ! D'autant plus qu'il assure parfois quatre séries mensuelles !

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Capable de se plier aux diktas de l’éditorial afin de toujours livrer de bonnes histoires, de bons produits, Johns est donc un scénariste terriblement moderne qui fait du mieux dans l’espace de liberté créatif qui lui est laissé. Il pourrait donc se percevoir comme un scénariste parfaitement rompu !
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Geoff Johns a donc gagné une reconnaissance de ses talents puisqu’il n’a jamais cessé de monter dans la hiérarchie de DC et sa tâche actuelle consiste à veiller à la justesse des transpositions des personnages de la firme au cinéma et à la télévision. Habitant à Los Angeles, Geoff Johns se trouve justement au bon endroit pour assurer ce suivi et il collabore de temps en temps à l’écriture de série télé, de films (on parle des METAL MEN).

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Toutefois, on peut légitimement si Geoff Johns présente le même paradoxe que son quasi homologue chez Marvel Brian Michael Bendis. 
Bien que leurs personnalités en terme d'écritures soient différentes, ils démontrent des qualités de niveau voisin en ce qui concerne la reprise d’un titre.

On peut donc se poser la question d’attendre quand et si Geoff Johns reviendra à quelque chose de plus personnel et livrer son œuvre définitive qui lui permettra d’associer définitivement son nom non plus à un titre majeur, mais bien à une oeuvre d’exception…







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Published by Bastien Ayala
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