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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 07:10

1ère partie



Ce n’est pas souvent que des bonnes surprises, au sens créatif, sur les superhéros nous arrivent sur internet. C’est encore plus rare quand elles sont françaises.
 Après le super héros VENDÔME, un nouveau super héros, plus exactement un "super normal héros", vient de faire sa première apparition sur écran, celui du net en l’occurrence.
Le Greenboy and the Dirty Girl découle d’une idée simple : un super héros écologique se met en marche contre la pollution, sous toutes ses formes.
Mais de l’idée à l’exécution en cours métrage, il y a une montagne d’épreuves que Jérôme Genevay, son réalisateur,  a franchie.
Greenboy est donc la preuve qu’une génération montante est prête à délivrer au public jeune, ou geek, ce qu’il attend : une approche fun et personnelle d’un nouveau superhéros !

 

  G1.jpg

 

 

(notre Greenboy !)

 

Avant toute chose, il est nécessaire de jeter un coup d’œil, sans plus attendre, sur GreenBoy en cliquant ici !

Greenboy and the Dirty Girl est né de la volonté de Jérôme Genevay de participer au prestigieux concours de courts métrages organisés par Philips Morris.


Chaque année, la firme Philips organise un concours pour venir en aide aux jeunes cinéastes en leur venant en aide. Ce projet se nomme  Parallel lines « Tell it in your way ».
Les impératifs de cette année sont les suivants : 6 lignes de dialogues et 3 minutes maximum. La contrepartie réside dans une grande liberté artistique sur le sujet.


Jérôme Genevay a donc relevé les manches et, après une nécessaire période pour accoucher de l’idée et la scénariser, Greenboy a été réalisé en seulement 3 semaines (pré-production, tournage et postproduction). Une performance au regard du résultat final !

 

G2-copie-1.jpg

 

En moins de trois minutes, Greenboy parvient à planter un concept, celui d’un trentenaire lambda, dont le rendu à l‘écran est très réaliste, pour qui la vue de d’un simple détritus est une déclaration de guerre.
Joué par Aurélien Jégou, notre Greenboy va donc s’attaquer avec…insistance à toutes les nuisances, pollutions, actes d’incivilités manifestes avant de tomber sur sa Némésis, splendidement jouée par Alyson Paradis (A L‘INTERIEUR, FRACASSES...).

 

green2.jpg

 

(Alysson Paradis alias Dirty Girl, l'excellente idée de casting de Greenboy)

 

En à peine 3 minutes, Jérôme Genevay parvient à planter son intrigue, définir son héros, lui donner un enjeu, des éléments caractéristiques clairs et mémorables, mais également à l’opposer à sa future ennemie jurée, la belle Dirty Girl.
De la conception à la réalisation, Greenboy met en évidence une chose : la somme de travail nécessaire pour réaliser une telle prouesse à dû être conséquente. Aussi, il convient de questionner son talentueux réalisateur, Jérôme Genevay.


BA : Jérôme Genevay, veux-tu bien te présenter aux lecteurs. Quelle est l’étincelle qui t’a donnée envie d’être réalisateur ? Quel est ton parcours dans la profession ? Quelles sont les passions qui t’animent ?

JG : Bonjour ! L'étincelle qui m' a donné envie d'être réalisateur est née lorsque mes parents m'enmenait petit au cinéma, le samedi soir. Et plus tard en regardant Indiana Jones (le 3 à l'époque!), et à chaque fois que je vois un film qui me fait vibrer au cinéma, ou une série TV.
Je n'ai pas fait d'étude de cinema, et à la place j'ai un diplôme d'ingénieur informatique (en particulier dans internet et l'image de synthèse). Mais dès le lycée, comme d'autres font un groupe de rock, moi je réalisais (et jouait à l'époque dedans... malheureusement !) des courts métrages avec des potes.
Ce qui m'amine? Raconter des histoires, des histoires qui touchent les gens, comme je peux l'être devant des films. L'histoire n'a pas besoin d'etre compliquée ou ambitieuse, elle a besoin d'être juste et sincère.
 

 
BA : La haute tenue de ton court métrage impose une évidence : Green Boy n’est pas né dans l’improvisation. Comment est née l’idée de ce court métrage ? Veux-tu nous parler du prestigieux concours Parallels lines organisé par Philips ?

JG : Ce concours est très excitant créativement: 6 lignes de dialogues sont imposées en 3 minutes. Et des dialogues à priori pas évident et cohérent. J'avais entendu parler du concours en mai et puis du temps passe... Je me réveille fin juin en me disant que c'était décidément un beau challenge et que je ne pouvais pas rater l'occasion que peut être Ridley Scot voit le film.

BA : Quelle est l’origine de l’idée du personnage de Green Boy ? D’où t’es venu la conception du personnage de Green boy et de ses éléments caractéristiques (la licorne, ses tags) ?

JG : J'avais depuis longtemps envie de raconter l'histoire d'un super-normal héros dans Paris. Les principes des masques et des costumes permettant d'être un autre homme, au moins dans la tête, me fascine.

J'ai vu Kick-Ass - que j'ai absoluement adoré - et me disant que j'aurais du mettre mon envie de super-normal héros plus rapidement en phase de création (et Kick Ass est tellement bien réussi!).

Une des phrases des 6 lignes est "it's a unicorn". Je n'avais pas envie de traiter la licorne comme un objet magique, une créature ou un truc conceptuel.  Ainsi est venue l'idée de la licorne verte, emblème de Greenboy.

Je me suis mis à écrire assez rapidement une fois le concept et plusieurs images en tête. Les autres idées sont venues rapidement, comme par exemple les tags: j'avais en tête que Greenboy était un peu mégalo, et avait un besoin impérieux de laisser sa marque, et comme fantasme de recouvrir toute la ville de vert. Ce qui est finalement une écologie plutôt imposée et subie par les citadins.
Le signe de licorne (qu'il fait avec son pouce et son index collé sur son front) m'a été soufflé par ma chérie quand je lui expliquais l'histoire; et on s'est longtemps demandé ce qu'il signifiait pour de vrai, avant de trouver qu'il s'agissait du signe "looser" en anglais, donc un chouette second degré pour Greenboy!


BA : Peux-tu définir, s'il te plait, le concept de super normal héros ?
S’agit-il d’une boutade au second degré ?

JG : Second degré, bien entendu ! Mais derrière le second degré, quelques critiques de notre société, de notre besoin d'être quelqu'un, d'un petit poil gentiment à gratter sur l'écologie un peu trop forcée et subit par les gens.

En outre,  j'aime les héros auquel on peut s'identifier: Greenboy fait le bien, mais est aussi un être humain, avec ses paradoxes.

BA : Il semble que le public dit de Geeks, audience qui aime les intrigues et les personnages liées au super héros, ne cesse de croître en France et que le grand public soit réceptif aux métrages de super héros.
A ton avis, est-ce que nos décideurs sont prêts ou doit-on encore attendre une génération afin d’avoir enfin nos propres super héros  made in France ?

JG : Hum... j'espère que c'est pour bientôt !

En tout cas, le décalage entre la culture du public fait des nouvelles générations de "digital native" comme nous et les décideurs n'est pas négligeable... et rend la production de ce type de film, pas nécessairement très cher, difficile.

Le nouvel Hollywood* des années 70 a bien bousculé une industrie bien en place, alors restons positif !


 

*Le nouvel Hollywood des années 70 a apporté une révolution par rapport à la génération précédente de films de studio bien dirigés et soigneusement mis en scène par des pointures comme Elia Kazan.

Cette nouvelle génération recherchait une certaine authenticité, une énergie brute et un certain réalisme loin de l'académisme figé. Il semble que cette vague, qui se conjuguait avec une certaine liberté artistique,  ait commencé avec Easy Riders de Dennis Hopper et se soit achevée avec Les portes du paradis de Michael Cimmino.

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Published by Bastien Ayala
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