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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 08:30

Kickboxer avait confirmé, en 1989, le talent de Jean-Claude Van Damme pour renouveler le film d’arts martiaux, sclérosé par Chuck Norris. Le scénario tient sur un ticket de métro, le frère du héros se fait casser la colonne vertébrale sur un ring en Thaïlande, son jeune frère apprend à se battre avec un vieux maître pour se venger, point.

Mais Van Damme a fini son contrat de trois film avec Mark Disalle, le producteur et il souhaite faire autre chose que le film d’arts martiaux basique. Dommage pour nous.

Mark Disalle revend donc la licence à d’autres producteurs pour des suites sachant qu’il n’y aura plus de Van Damme à bord. Alors quel concept pour lui succéder, et surtout avec quel acteur ?

Kickboxer 2 sort deux ans plus tard, avec comme remplaçant de Jean-Claude un acteur relativement peu connu, Sacha Mitchell, qui n’est pas un professionnel des arts martiaux, choix qui étonne alors que le français Olivier Grunner était sur les rangs, ou que l'anglais Gary Daniel aurait pu faire l’affaire.

Preuve que Sacha Mitchell est d'abord là pour donner de la chair à un personnage des plus intéressants, David Sloane, et l'acteur s'en tire fort bien. Le reste est à l'avenant.
 

Kickboxer 2 bénéficie de deux atouts majeurs : un scénario béton et un réalisateur fort compétent, doté, une fois n’est pas coutume, de moyens solides.

Kickboxer 2 va être le meilleur film de cette mouvance, tout simplement.

 

Tout d’abord l’histoire.

Tong Po a craqué, il a tué les deux premiers frères Sloane et, pour laver son honneur, il doit quand même affronter un membre de la fratrie. Il ne reste donc que David, le cadet que l’on ne connaissait pas, qui est lui aussi un artiste martial mais qui n’a jamais eu les ambitions de ses frères. Il enseigne dans une salle de quartier populaire et il tente de mettre les jeunes dans le droit chemin grâce au sport.

David sait que Tong Po a tué ses frères mais il refuse de suivre le chemin de la vengeance, sachant que cela est illusoire.

Mais tel un  drame shakespearien, les fils du destin s’agitent autour de lui.

La salle que ses frères lui ont laissée se porte mal, David doit remonter sur le ring pour affronter Matthias Hues, dans un splendide combat. Il gagne mais un personnage peu recommandable sort de l’ombre, Sanga le mentor de Tong Po, qui tire les ficelles.

 

L’adversaire défait de David met le feu à la salle de David, un de ses petits protégés meurt.

David échoue, brisé, dans une chambre d’hôtel, il est près de la cloche.

Là dessus, Xian, le maître qui a formé son frère dans le premier opus, arrive de Thaïlande pour le remettre sur pied. Cela se fera finalement mais ce maître aussi à ses visées : préparer le pauvre David à affronter Tong Po.

 

Prisonnier de sa destinée, alors qu’il a refusé sciemment de se livrer à l’inanité de la vengeance, David sait qu’il ne peut pas échapper à son destin, dont il n’a pas le contrôle. Il accepte donc de combattre Tong Po sachant que tous les fils de son destin le mènent inéluctablement vers cette confrontation.

 

Le titre original de Kickboxer 2, The road back, confirme cette volonté de donner une dimension dramaturgique intéressante aux personnages principaux de cette histoire. David subit, il est condamné par sa filiation et il accepte sa destinée. Les personnages qui gravitent autour de lui sont soit des acteurs de cette destinée, soit des victimes.

Un beau traitement, un scénario très intéressant, écrit par David Goyer qui s’est surpassé.

Goyer, maintenant établi à Hollywood (après un passage dans les comics dont JSA), renie quelque peu Kickboxer 2 pour lequel il a touché 50.000 $. Il a tort, il a su conférer une dimension peu commune et ses personnages ont tous eu une spiritualité rarement égalée.

Une performance que D.Goyer n'a jamais su réediter !

 

L’autre atout majeur de ce film se nomme Albert Pyun.

J’ai déjà présenté ce réalisateur à l’occasion de Knight, mais il donne à Kickboxer 2 un rythme, une puissance, une énérgie peu commune. Pyun est doté d'un sens visuel très fort et, pour une fois qu'il a un budget qui lui permet de travailler convenablement, il offre un spectacle qui tire parti un maximum le son et la lumière.

Ayant vu Kickboxer 2 au cinéma, jamais je n’ai été autant projeté dans un film, tant les combats furent puissants et sons et lumières paraissaient envahissaient au mieux les sens des spectateurs. La seconde performance du film.

 

Kickboxer 2 n’a pas rencontré le succès du premier opus.

Il faut dire que les règles établies par le premier ne furent pas respectées.

Mais on envoya, pour la suite prévue en explotation DVD, David Sloane à Rio pour Kickboxer 3.

Déception totale, son personnage était devenu unidimensionnel,  creux de même que l’intrigue et les combats.

 

Kickboxer 4 se fit avec à nouveau Albert Puyn aux commandes, mais il n’eut cette fois ni un scénario digne de ce nom, ni les moyens. La saga était désormais bel et bien enterrée, le concept dilué bien que, il s’agit d’un fait assez rare dans le cinéma, le second opus d’une série était bien meilleur que le premier.


Ironiquement, il y eut bien un Kickboxer 5 avec l'excellent Marc Dacascos. Sacha Mitchell ayant finalement claqué la porte pour mésentente avec les producteurs, on monta à la va vite une histoire en Afrique du sud où notre pauvre David est tué, la séquence se déroule en ombres chinoises, au début de ce Kickboxer qui ne porte plus son nom. C'est un collègue de David, joué par Mark, qui se trouve projetté dans cette sombre affaire de champion qui vise à monter sa propre fédération par tous les moyens possibles. 
Si Dacascos s'en sort très bien, le film n'a plus rien à voir avec le premier du nom.

Dacascos a été formé au kung-fu dès l'age de 5 ans par son père, Al, est cela est flagrant !
Aussi, ce Kickboxer la rédemption (!) n'entretient plus aucun rapport avec les éléments constitutifs du mythe du premier opus avec Van Damme. Une dilution totale du concept d'origine qui ne choqua manifestement pas les producteurs et qui enterra la série.
 

Adieu David Sloane ! 

 

 Bonus : D'abord la bande annonce puis, morceau de choix, l'impossible combat final entre David et Tong Po qui est très son et lumières ! Enjoy !

 

 

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Jérome 26/11/2009 18:38


Puissant l'extrait !