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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 06:23

En 1986, la JUSTICE LEAGUE était à bout de souffle avec Gerry Conway à qui on ne donnait ni soutien éditorial, ni dessinateurs dont le style était de première fraîcheur ou encore les pires personnages jamais vus dans cette équipe (Gipsy, Vibe !). 

CRISIS IN INFINITE EARTH sonna le temps du grand balayage. A noter que c’était  JeanMarc De Matteis lui-même qui se chargea de l’histoire finale de ces seconds couteaux lors la fin du premier volume de la série en 1987 dans l'épisode final !

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Ce relaunch fut tardif.

Il coïncida avec LEGENDS, une mini série en 6 parties conçue et écrite par John Ostrander, Len Wein et John Byrne, dont le seul but était précisément de faire place nette pour la nouvelle Justice League, privée de ses têtes d’affiche majeures que sont Superman et Wonder Woman...

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Donc, le champ est libre pour une nouvelle série qui doit rapidement faire oublier la précédente tant elle ne cessait d’agoniser...

C’est le créatif devenu éditeur, Andrew Hefler, qui s’y colle.

Il recrute d’abord le fort inspiré artiste Keith Giffen.

Giffen est un ancien dessinateur, qui s’est pas mal inspiré de Jack Kirby dans ses débuts. Toutefois, une fois devenu scénariste, il s’est révélé comme très prometteur.

L’homme a du talent, de l’énergie mais surtout une vision pour cette nouvelle équipe. Cependant, il redoute de s’engager seul sur le titre, d’assumer cette grande responsabilité, alors on lui choisit pour les dialogues Jean-Marc De Matteis.

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 La paire créative ne va pas démériter car elle va porter le titre, ainsi que sa série dérivée plus les spéciaux pendant 5 années.

5 ans où ce titre à équipes va développer son style, son ton unique et son lot d’intrigues qui va grandement se singulariser par rapport aux normes des comics à super héros à groupes comme les X-men ou les Titans. 

Pour la première fois dans les comics, la JUSTICE LEAGUE va instituer humour et comédie de situation dans un titre d’action.

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La série commence en 1987. Heffler recrute un jeune talent qui fut l’assistant de John Romita Jr et qui n’en peut plus d’attendre un engagement : Kevin Maguire.

Ce dessinateur fort prometteur a un talent essentiel pour la bd, il sait caractériser  à merveille les personnages en déployant toute une palette d’expression humaine (l'exacte contraire de Rob Liefield).

Il semblerait qu’il ait appris à dessiner en mettant en scène ses GiJoe afin de se faire la main pour les perspectives.

Kevin Maguire va assurer la première ère de la série et, même s’il sera moins régulier que dans les débuts, le titre JUSTICE LEAGUE va l’imposer très vite et lui donner une belle reconnaissance.

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Le numéro 1  est donc la conséquence de la mini série LEGENDS où furent sélectionnés Batman, Black Canary, Blue Beetle, Capitain Marvel, Mister Miracle ou encore Martian Manunter, survivant de presque toutes les ligues.

Le plus en termes de personnage est l’intégration forcée de Guy Gardner, le troisième Green Lantern, qui réagit comme un ado pas futé voire un tantinet bœuf.

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Il drague les nanas du groupe, se heurte avec tout le monde, en est même mis au banc mais il revient toujours à  la charge, de manière frontale, comme s’il n’avait rien appris. Un des moments de référence demeure l’affrontement direct avec Batman qui le sonne d’un seul uppercut le laissant dans les choux.

Les autres leaguers en seront amusés sauf Black Canary qui se maudit de n’avoir pas été présente à ce moment précis pour assister à l’événement. Voilà le ton propre à cette JUSTICE LEAGUE : du fun, de l’action et de la bonne humeur qui rendent tous ces personnages diablement attachant en prenant le contre-pied du style morose de l’époque.

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Dans les premiers épisodes qui doivent quand même pas mal au legs de Steven Engelhart, la Justice league se heurte à trois supers héros survivants de leur dimension moribonde et qui veulent se débarrasser du péril nucléaire.

Puis vient de Boster gold, l'une des rares créations de Dan Jurgens qui ait quelque potentiel. Son arrivée tombe à pic puisqu’il se heurte au royal flush gang, une création sympa où des supers vilains incarnent des cartes.

Un péril plus grave succède au royal flush gang avec l’homme en gris, est une sorte d’anomalie capable de posséder une ville et quelques super héros.

 

Ce péril vaincu, la league semble connaître une nouvelle direction avec l’abandon de Batman et de Capitain Marvel puis l’intégration de Booster Gold, la venue de Max Gold et l’ajout de Capitain Atom puis d’un membre russe, le Red Rocket 1.

Ce personnage intéressant est un buisness man qui tutelle la league et la finance. Il cache un secret qui sera révélé dans le 12éme épisode qui est lié aux New Gods. Mais il restera fidèle aux commandes qui sont perturbés par ces supers héros quelque peu turbulents et attachants.

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L’œuvre de Giffen et Matteis est riche et intéressante tant au point de vue de la caractérisation que des péripéties. Une critique de Scarce avait même comparé leur œuvre à celle de Chris Claremont sur les X-men en termes de maîtrise de la franchise.

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Les intrigues s’enchaînent et INVASION, en 1988, viendra scinder l’équipe en une cellule américaine puis une européenne, la fameuse JUSTICE LEAGUE EUROPE.

 La franchise est divisée par deux et elle reste très fun et décapante. 

Le titre Justice League devient la Justice League International et la seconde branche, tout juste créée se nomme la Justice League Europe. Elle est d'abord installée à Paris avec les personnages que vous pouvez voir sur la couverture.

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La Justice League Europeva bientôt trouver son propre rythme, sa propre dynamique qui va rendre ce titre hautement fréquentable.

Très vite, les interactions prennent le pas sur l’action mais l’ensemble reste de haute tenue.

 On fait connaissance de la super héroïne française Red Fox.

L’idée de génie de ce personnage réside dans le fait que deux jumelles se partagent ce rôle de justicière sous le même costume.

Capitain Atom ne semble pas à  l’aise dans son rôle de leader car il doit faire face à une suite ininterrompue de gags et de situations hilarantes. Par exemple, Power girl a recueilli un chat crasseux et puant qui gêne tous ces équipiers et qui leur fera même peur.

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Une des histoires les plus hilarantes que j’ai lue et cet annual de Armageddon 2001 où un des super héros a trahi, tuer tous les autres, puis est devenu un dictature ultime nommé Monarch.

Son seul ennemi valable est Waverider, un homme changé par une expérience qui est capable de remonter les flux temporels. L’idée de génie avec ce concept, c’est que s’il existe un seul passé, les lignes des futurs sont multiples et dépendent des événements qui les font fructifier.

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Aussi Waverider vient inspecter la Justice League Europe pour identifier le traître mais lorsqu’il touche les membres, il ne comprend rien de rien. Les membres évoluent dans le passé, le futur lointain où dans des situations invraisemblables !

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L’explication réside dans la machine temporelle qui se trouve dans le sous-sol et qui fut un brin oubliée. Des agents gouvernementaux essayent de venir faire main basse sur elle mais ils trouvent le chat crado dans les parages. Ils le brusquent mais celui-ci, qui a mauvais caractère, leur saute dessus et les écharpe. Les agents lui tirent dessus alors qu’il se trouve sur la machine, qui explose, et tous se trouvent ailleurs.

Un grand moment d’humour dans les comics que je recommande vivement.

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En outre pour la Justice League Europe, ils sont confrontés au retour de Starro, l’étoile de mer extra terrestre conquérante qui supplie l’équipe de les aider à regagner les étoiles.

Mis en confiance, la Justice League Europe l’aide mais celui-ci ne fait que se déployer sur l’Angleterre qu’il conquiert aisément. Incapables de le juguler et ayant perdus leur membre les plus puissants, les membres restants vont devoir affronter Starro, leurs anciens équipés et…toute la population de l’Angleterre !

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Bref, la franchise JUSTICE LEAGUE comporte d’excellents moments de lecture, de grands moments comiques. Le titre, dont le grand architecte est bel et bien Keith Giffen, va pendant cinq années développer des intrigues complexes, intéressantes avec un ton délirant et unique.

On compte donc 60 numéros de Justice League, devenue Justice League international au vingt-quatrième numéro et 24 numéros de Justice League Europe ainsi qu’une belle poignée d’annuals et de numéros spéciaux.

Cette ère du titre rivalisa en intérêt avec le leader du marché d’alors, les fameux X-Men de Chris Claremont qui restent une pointure en termes de ventes et de qualité mais la Justice Legue n’a pas à pâlir, loin de là !

La série, grande oubliée des traductions en version française avec WONDER WOMAN de George Perez, hélas, a toujours ses fans.

Je vous recommande d’aller y jeter un coup d’œil tant les bons moments, les bons maux et les situations cocasses font mouche à chaque fois…

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Hélas, une fois Keith Giffen parti en 1992, d’abord pour Image comics puis pour une suite de sa carrière qui ne renoua jamais avec cette période qui restera pour lui son ère la plus glorieuse.

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Ses successeurs furent bien moins inspirés…On eut sur Justice League International qui fut repris en mains par Dan Jurgens, pour des intrigues très faibles et même diablement compliquées. Le titre fut confié à Gerard Johns avec des dessinateurs très faibles, dont le très mauvais Chuck Wojkiewicz dont les dessins rendaient presque illisibles la lecture.

Il s’agit donc d’une période d’agonie du titre, avec des personnages de seconde voire même de troisième zone qui ne cesse de durer.

Cette ère figure une période d’affaissement créatif pour DC comics, dominé par Marvel depuis 1988, largement doublé par Image comics en 1992.

La firme historique ne propose plus rien d’excitant, de percutant depuis un bon moment et Justice League est caractéristique de cette méforme.

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Curieusement, le soubresaut de la firme viendra précisément du titre JLA.

Il s’agit de la grande reprise du titre par Grant Morrison, qui avait à ce moment là envie de taquiner un titre de super héros après ses succès sur des titres plus confidentiels et adultes comme ANIMAL MAN, DOOM PATROL ou encore le fameux BATMAN ARKHAM ASYLUM.

Or, ce relaunch de la JLA sera une nouvelle ère d’excellence du titre…Mais aussi une autre histoire !

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Published by Bastien Ayala
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