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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 07:00

Si les américains entrepris une première vague de super héros sur l’écran, elle eut lieu dans les années 40 et elle dura fort peu de temps. Ainsi les fameux serials nous montrèrent les premiers exploits de Batman, Superman, Captain Marvel (l’original !), Captain America, Spy Smasher ou encore Sheena. Par la suite, le grand écran ne proposa guère que Batman, quelques 20 années plus tard qui fit suite à la série télé. Celle-ci, qui connut un succès alors mondial, fut remarqué par quelques producteurs malins du côté sud de l’Europe.


Les italiens avaient réellement une industrie cinématographique très développée dans les années 60. Outre les films d’auteurs, il y avait également des films destinés à un large public et si le western spaghetti dominaient alors allégrement les écrans depuis 1964, depuis une certaine Poignée de dollars, de petits courants cinématographiques ou filons étaient alors systématiquement prospectés.

mujer-murcielago.jpg                                            (Bat-woman, version mexicaine !)

La série télé Batman dut venir assez vite en Italie car, après tout, le public des enfants était tout aussi intéressant que celui des adultes. Pour satisfaire cette niche, les producteurs lancèrent donc une vague de super-héros bariolés et bigarrés qui avaient presque tous pour point commun un costume coloré, un nom…atypique, une histoire simple, et un scénario que personne derrière (ou devant) la caméra ne semblait prendre véritablement au sérieux.

Les super-héros existaient déjà les bandes dessinées locales, les fumetti, et le super héros italien était qu’une réponse au personnage français FANTAX dont l’influence et l’impact furent indéniablement très importantes.

CUTREHEROES_SUPERARGO-copie-1.jpg
C’est ainsi qu’une flopée de petits films apparurent et disparurent spontanément, le temps de deux étés, et ils ne marquèrent ni la critique, ni le public. L’influence de ces Goldface, Superargo, Argoman, Mister X, Flashman ou Fénoménal venait soit des comics ou des films mexicains de catcheurs. Ils avaient, hélas, en commun le fait d’être assez mauvais, peu dynamique, très premier degré et…assez risible. Voyons donc cela dans les grandes lignes.

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Superargo demeure le plus emblématique.

Son allure semble clairement inspiré de notre Fantax national qui avait jadis été traduit en Italie et sitôt ou presque copié. Ancien catcheur qui a malencontreusement tué par accident un adversaire lors d’un match de catch, il met ses superpouvoirs (pas trop, pour cause de budget !) au service de la justice. Cela tombe bien, car un savant fait enlever des savants dans le but de mettre au point une super arme afin de conquérir la terre.

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Ni plus, ni moins !

Il connut une suite, Superargo contre Diabolicus, qui est un film navrant, mou et insipide qui ne mérite même pas le détour tant son histoire est jonchée de poncifs.

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Fénoménal est la première réalisation de Ruggero Deodato, le brillant réalisateur de Cannibal Holocaust qui fut un temps l’assistant de Roberto Rosselini.

Premier mauvais point de Fénoménal, le film est manifestement tourné sur péllicule magnétique, ce qui a pour rendu une image digne des pires soap opéra. Pire, l’histoire est atone, ne décolle pas et je n’ai même pas tenu jusqu’à la première apparition de Fénoménal ! Un comble pour un réalisateur qui offrira des films très dynamique tel l’excellent « Live like a man, die like a cop » !

flashman.jpg
En ce qui concerne Flashman, c’est un peu près la même configuration.

De grands artisans du cinéma italien, qui allaient sous peu se faire connaître dans le Giallo ou le policier italien, sont derrière la caméra…pour un résultat raté !

Le héros, qui ressemble à un Tintin rouquin, fait franchement pâle figure que ce soit dans son personnage de dandy à la Bruce Wayne ou, pire encore, en Flashman.

Il combat en outre des hommes invisibles, ce qui a pour effet d’être assez chiche en effet spéciaux. Un mauvais film qui vous fera perdre votre temps !

Pourtant, j’étais très content d’avoir réussi à trouvé cette K7 vidéo très rare en son temps chez Master

superman-le-diabolique.jpg
Le meilleur, car le plus ridicule, de cette liste demeure certainement l’incroyable Argoman, alias Superman le diabolique pour sa première diffusion en salles puis Superman contre les robots lors de son édition vidéo en location.

Ce film est assez intéressant car il débite son histoire fumeuse, tous les poncifs du super héros pour enfants sont là, sans aucun second degré, aucune distance. Aussi, on a la curieuse impression d’assister en permanence à une parodie !

Le look d'Argoman est assez sympa car il ressemble quelque peu au Cyclope des X-men, mais en plus bariolé !

Fantastic_Argoman_hand_costume.png
Argoman est assez amusant car on a Roger Brown, un des prétendants italien à  la succession de Sean Connery pour la courte, mais frénétique vague de James Bond italien. De plus, il ressemble à un acteur secondaire mais récurrent de Caméra café !

Dominique Boschero, une des splendides actrices de Cinecitta joue le rôle de méchante avec une certaine emphase. Ce qui amusant, au sujet de cette actrice, c’est le tempérament volcanique que lui prêtait Klaus Kinski dans sa biographie, et il aimait la chair !

CUTREHEROES_GOLFACE.jpg
Je vous serai grès de me pardonner de n’avoir pu voir Mister X ou encore Goldface.

Goldface est selon moi le plus amusant car il ressemble le plus aux Santo et autres Blue demon mexicains. Donc, notre super héros part déjà avec un handicap !

Mister X est un méchant qui, en fait, joue double jeu afin de réunir les preuves de son innocence sur un meurtre qu’il n’a pas commis. Je vous rappelle quand même qu’il s’agit d’un héros !

Mister_X.jpg
Voici donc pour cette courte vague ou mode de super héros italiens.

Rappelons que, à part les Turcs et un peu les indiens et les indonésiens, les Italiens sont presque les seuls à s’être lancés dans le genre avec peu de moyens et peu de résultats probants au final.

Dommage, car les concepts comme les costumes étaient parfois proches des super héros américains dont ils s’inspiraient. Il y a bien eu une exception, notable et intéressante, que je vous dévoilerai sous peu.

poster.jpg
Toutefois, les Italiens remirent le couvert à l’occasion du succès planétaire de Superman à la fin des années 70. Une fois de plus, nous eûmes le droit à un assez mauvais film, l’homme puma, qui était sans rythme et sans réelle fantaisie (bien que ce film fasse le bonheur des plaisanciers de Nanarland) !

Supersonic-Man.gif
Les Espagnols firent mieux avec Supersonic Man, un film régulièrement éreinté mais que je trouve, pour ma part, assez sympathique et dynamique.

Mais les Italiens, assez futés, ont créées dans les fumetti les propres antithèses de ces héros, et le résultat n’en est que bien meilleur !


Recommandation : pour en savoir davantage sur ces films, allez consulter les chroniques de Nanarland qui sont plus exhaustives.
Attention toutefois, si ces films et leurs affiches exercent sur vous une étrange attractivité, ils sont difficiles à trouver et...assez décevants ! Vous voilà prévenu !

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Jean-Paul 01/06/2010 16:56


Excellent, terrifiant !!!Je ne savais même pas que ces films existaient !! Un grand moment de fun !