Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 14:32

Aquaman souffre d’un vrai paradoxe depuis sa création en 1941 : le personnage est incontestablement une des 7 plus grandes icônes de Dc mais son titre mensuel n’a que rarement été intéressant et sa série n’a guère marqué les esprits.

 

aquaman49.jpg


 

Comme décrit dans un précèdent article, un des tous premiers du blog, ses aventures furent pendant longtemps d’aimables bluettes qui baignent dans une douce innocuité et un conformité qui ne sont que guère trépidantes.

Le personnage paraît sortir d’un conte : une sirène vient troubler la vie d’ermite de John Curry, un gardien de phare. Ils ont un enfant qui a tous les dons, Arthur qui deviendra plus tard  le roi d’un royaume sous-marin !

S’en suivront péripéties dignes d’un Hanna Barbera qui iront remplir sa revue le temps de 17 pages, mais tout redeviendra normal pour le sourire final d’usage.

Aquaman, le roi Arthur donc (nouvel élément inspiré des légendes), aura quand même sa petite galerie d’ennemis dont se détachent Black Manta (un scientifique noir qui veut asservir le royaume sous-marin) et Orin.

Orin est le premier fils de John Curry qui jalouse les dons innés d’Arthur. Il devient par dépit criminel puis se confectionne une identité de super vilain pour devenir de plus en plus puissant et redoutable afin de solder sa rancune de toujours avec son demi-frère.

 

aquaman-cover.jpg


Les décennies passent, de même que les auteurs. Je retiendrais quand même Steve Skeates et Jim Aparo vers la fin des 60’ qui ont livré de belles aventures mais l’ensemble ne rivalise pas avec de solides histoires de Marvel de la même époque.A noter quand même un double épisode qui fut un cross over avec le titre Deadman dont le dessinateur était alors...le grand Neal Adams.

Excellent double épisode, ce cross over un peu oublié par les critiques est quand même un modèle de continuité. Il est d'ailleurs paru en France dans le pocket d'Artima Aventures & fiction, le numéro 51.

 

aventures-fiction.jpg


Le personnage est cependant familier au grand public, il demeure dans les adaptations de dessins animés (vers 1967 il me semble) type Superfrends et aura même un temps son propre

Cartoon. Il n’y aura donc rien de déviant ou de subversif dans ce personnage ultra boy-scout toujours prêt à aider les gardes côtes contre de méchants trafiquants, luttant contre ses ennemis, le tout sans de se départir d’une bonne petite leçon de morale finale (tiens, c’est le même ton que l’ignoble prestation de David Hasseloff dans Baywatch).

Aquaman aura même sa poupée Mego et sera représentatif des personnages les plus reconnus de DC, une vedette plutôt qu’une star en quelque sorte.

 

benpurplecard.gif

 

Mais les années 70’ seront plus sombres pour notre héros, époux d’une superbe sirène nommée Mera et père de Arthur jr, petit bambin blondinet et Wasp comme papa.

Son fils est enlevé par Black Manta puis tué par celui-ci.

Le choc est brutal pour Aquaman, l’aspect gentillet de la prudente série vole en éclats et des problèmes psychologiques le minent. Qui a dit que les années 80’ étaient l’origine de la période sombre et réaliste ?


1986DCComicsAquamanMini-SeriesAdLar.jpg 


Donc le personnage acquiert une réelle personnalité, se coupe de sa femme et devient moins parfait. Le temps d’une réelle caractérisation est prêt pour lui.


 aq863.jpg


En 1986, un jeune éditeur parvient à imposer une mini série en quatre parties sur Aquaman, il sera aidé au dessin d’un artiste qui me laissa depuis la première lecture une très forte impression : Craig Hamilton.

Aquaman vit avec ses problèmes psychologiques plus ou moins loin de son épouse Mera. Il subit l’attaque de son demi-frère Orin qui semble avoir décuplé ses pouvoirs et qui vaut absolument en finir avec lui, après l’avoir crucifié !

Orin a en fait trouvé les gemmes de pouvoir du sorcier atlante Orion et sa perpétuelle revanche va pouvoir s’exercer contre Arthur, qu’il jalouse depuis l’enfance.

Arthur va devoir trouver de nouvelles ressources puis affronter son frère dans un combat psychique.

Relaté tel quel, il ne semble rien se passé de très extraordinaire par rapport aux autres comics lambda, et bien je vous incite fortement à lire la série pour les talents de conteur de Pozner, qui conjuguent une adroite caractérisation et une approche psychologique des deux frères très émouvante.

De plus, les dessins de Craig Hamilton touchent  selon moi au sublime grâce à un trait et un style emplis de grâce. Il retranscrit avec grâce à nous livrer les écumes, des tourbillons par un style très poétique dont seul Larry Strotman pourrait s’approcher. Ses dessins sont poétiques, ils intiment à un souffle, une vision. J’aimerias bien lire une illustration de Craig Hamilton d’un poème de Rimbaud.

 

150853130_L.jpg

 

On a eu la chance d’avoir ces aventures en France dans la revue Vengeurs chez Arédit (en fait , que du DC) et l’intégralité fut traduit dans les numéros 9 à 12.

On appelle également cette série la période « bleue » d’Aquaman qui ne gardera pas son costume marin.

 

1377121-young_aquaman_super.jpg

 

Curieusement, Hamilton n’aura pas la carrière d’un Mignola  (lui aussi aura aboutit à un style personnel et puissant) ou même à Mike Kaluta. Je n’ai retrouvé de traces de Craig Hamilton que dans l’encrage de la très bonne série de Vertigo Fables. Quel dommage !

 

Davis_Aquaman.JPG

(A noter qu'Alan Davis, fan du personnage depuis ses jeunes années, devait et voulait dessiner initialement cette mini-série. Mais l'équipe éditoriale de DC comics, Denny O'Neil en tête, voulait absolument qu'il fût sur Batman year 2 ! Dégoûté, Alan Davis préféra alors la proposition de Chris Claremont pour lancer ensemble un nouveau titre X chez Marvel : Excalibur !).

 

 


Quand à Neal Pozner, le destin est bien plus triste. Neal était éditeur détaché à la prospection des jeunes talents. Il a ainsi révélé quelques talents dont vous avez peut-être entendu parler : Gen Ha, Travis Charest, Stuart Immonen et Phil Jimmenez. Qui dit mieux ?

Il s’agit d’un des rares cas où un éditeur ait de réelles qualités en tant que scénariste mais je ne lui connais que cet essai. Neal est mort du sida en 1994…

 

2136.jpg

 

Etrangement, cette mini série n’aura pas le succès critique ou public à laquelle elle était pourtant en droit de prétendre.  Pourquoi ? Je ne saurais l’expliquer mais c’est ainsi… Toutefois, elle a conquis une poignée de fans encore nostalgique de l'exceptionnelle qualité de cette mini-série.

Ce fut donc le coup d'éclat d'Aquaman et, après une autre tentative peu probante, un certain Peter David essaya de faire un travail de rénovation sur une longue série de plus de 75 numéros.

 

 aquaman23.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by Bastien
commenter cet article

commentaires

artemus dada 12/02/2012 17:18

Très intéressant, je ne connaissais pas cette période bleue. Je vais voir si je trouve ça.

Merci.