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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 06:58

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Je ne pouvais décemment pas omettre de traiter de la série télévisée Le Prisonnier dans le Royaume des avis. Œuvre culte, c'est-à-dire qui bénéficie encore et toujours d’une solide base de fans longtemps après sa réalisation, dont je ne doute absolument pas que de nouvelles générations présentes et futures viendront enrichir, Le Prisonnier est une œuvre à la fois puissante, fascinante tant le spectateur ne peut s’empêcher de deviser, longtemps après l’avoir vue, sur son sens et sa portée, sans avoir de réponse définitive. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à son homme orchestre, l’acteur créateur Patrick McGoohan, qui nous a quitté le 13 janvier 2009.

Patrick McGoohan était donc un acteur britannique né le 19 mars 1928 à New-York.

 

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Sa famille retourna peu de temps après sa naissance en Irlande. Après des emplois aussi divers que variés, tels que travailleur dans un élevage de poulets, employé de banque ou encore chauffeur de camion, Patrick McGoohan obtint un emploi de régisseur dans un théâtre où le métier d’acteur l’intéressa fortement. C’est en remplaçant au pied levé un acteur malade que McGoohan fit ses débuts d’acteur, se prit de passion pour cette discipline. Patrick McGoohan. Sa carrière semble s’amorcer réellement en 1955. L’une des prestations fut d’ailleurs vue par Orson Welles qui fut très impressionné, si bien qu’il l’engagea dans sa pièce de théâtre en cours. Au cinéma, Patrick McGoohan décrocha des engagements avec une importante société cinématographique de l’époque, la Ranks. Mais ce fut bien à la télévision qu’il acquit une notoriété. Après une distinction en 1959, il fut approché par le célèbre producteur et dirigeant d’ITC, Sir Lewis Grade, pour le rôle d’un espion dans Destination danger.

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Destination danger anticipe de très peu d’années la grande mouvance des années 60 à l’écran, que ce soit le petit ou le grand. En effet, James Bond fut presque le plus grand succès de la décennie et une cohorte d’espions envahit tous les médias de distraction populaire. Ironiquement, Destination danger commença en 1960.

John Drake est un espion au service de l’OTAN.

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Il préfère utiliser son intelligence plutôt que les armes. Le personnage est volontiers charismatique, déterminé, inflexible et un rien misogyne. Déjà, Patrick McGoohan s’empare dans les coulisses du personnage de John Drake pour le façonner selon ses aspirations et, surtout, l’éloigner d’un stéréotype proche de James Bond dans lequel presque tous les émules puiseront. Notre personnage n’aime pas tuer, est sévère tout en restant concentré sur sa mission. Destination danger sera un succès, surtout en Grande Bretagne, si bien que l’on considère que Patrick McGoohan fût la super star du petit écran britannique durant les années 60.

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Une fois que la série arriva à terme au début de l’année 1968, Lewis Grade et Patrick McGoohan s’activaient déjà dans les coulisses depuis un bon moment pour produire une autre série. La volonté d’ITC était certainement de répliquer le succès d’Opération danger, les visées de Patrick McGoohan était à coup sûr d’élever la série au rang d’œuvre en proposant effectivement une série ayant une base d’espionnage, c’est indéniable, mais en y injectant des degrés de lecture assez élevés, le tout servi par une vision assez époustouflante.

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Ce fut donc grâce au crédit de notre acteur vedette que Sir Lewis Grade débloqua un gros budget, accorda un  poste de producteur délégué à travers sa société de production de Patrick McGoohan et de larges moyens grâce aux préventes mondiales. C’est ainsi que l’une des œuvres les plus fabuleuses de fiction naquit.

L’idée initiale vient de Patrick McGoohan, qui avait entendu par une anecdote relative aux espions : pendant la Seconde Guerre Mondiale, certains espions trop bien informés auraient été mis au repos sous surveillance dans des maisons assez confortables !

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Ce fut probablement le déclic mais Patrick McGoohan s’adjoint les services d’un homme clef pour sa série, le romancier George Markstein. Allemand né en 1929, la famille de George Markstein émigra dans les années 30 avec sa famille pour fuir le nazisme. George Markstein est devenu journaliste, notamment dans des journaux à scandales pour se diriger vers la télévision, tout en écrivant en parallèle des livres d’espionnage, il a rejoint le pool des scénaristes de Destination danger.

George Markstein a largement contribué à l’élaboration du Prisonnier. Lui-même décrit que son tâche était assez proche d’un showrunner, c'est-à-dire celui qui fixe créativement les bases de la série, son ton et son orientation. Il est aussi celui qui choisit les techniciens comme les créatifs. Le problème réside dans le fait que mais Patrick McGoohan est également à la tête de la série !

La direction artistique du Prisonnier est également un élément clef de la série.

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Outre le cachet, les costumes des figurants qui rendent assez flou l’époque exacte de la série, ou plutôt antidatée, le lieu de tournage est indissociable du cachet de la série. Ce fut donc la fameuse, grâce à la série, ville de Portmeirion qui servit de cadre pour la Village. Située au nord du Pays de Galles, Portmeirion est un petit port de plaisance dont l’architecte Sir Clough William-Ellis décida de façonner comme une expérience architecturale en y dédiant une bonne partie de son existence puisque les travaux commencèrent en 1925 pour s’achever…en 1973 !

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Portmeirion servit donc de cadre décalé, un rien irréel et intemporel pour les errements du Prisonnier. Les principales bases de la série étaient donc posées pour planter le décor d’un étrange endroit dont l’évasion serait absolument impossible…

 

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Zaïtchick 13/06/2011 22:33


A lire à ce sujet Le Prisonnier, chef d’œuvre télévisionnaire par Alain Carraze (le premier "beau livre" que je me sois payé avec mes sous.)
Note : deux épisodes de Destination Danger préfigurent le Prisonnier Cauchemar et La Colonie.
Le premier raconte une enquête délirante qui est en fait le produit d'un rêve, on y aperçoit l'acteur qui joue le croque-mort dans le générique du Prisonnier, et le second évoque une copie d'une
petite ville britannique reconstituée derrière le Rideau de fer pour acclimater les agents soviétiques avant de les infiltrer à l'ouest. Les résidents y sont espionnés en permanence.
George Markstein joue le rond de cuir dont le Prisonnier malmène le service à thé dans le générique.