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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 07:49

1ère partie

Les Italiens étaient vraiment surprenant durant les années 60.

Non content de créer des super-héros à foison pour le grand écran, ils ont aussi inventé des anti-héros, des antagonistes, dont les aventures et l’intérêt sont ô combien supérieurs à leurs pâles prédécesseurs. Des personnages très fort furent donc créées, que ce soit Diabolik, Kriminal ou encore Satanik dont certains titres sont encore publiés que ce soit en Italie, ou même en France. Le cinéma italien a donc retranscris leurs aventures sur grand écran, avec une bien meilleure inspiration que pour les super-héros.

FantaxCov.jpg
Tout d’abord, je reste intimement convaincu que c’est le personnage français Fantax qui fut à l’origine de cette descendance si insolite. Le personnage phare de Chott fut publié en Italie et, quand les problèmes de Chott causés par la censure l’empêchèrent de continuer la publication, les Italiens ne se gênèrent pas pour créer leur propre copie.

Comme Fantax était parfois radical, cet aspect fut renforcé pour caractériser un nouveau personnage dans l’esprit du lectorat et de nouveaux anti-héros naquirent.


Ce fut donc un gros succès d’édition car Diabolik, Kriminal ou Satanik eurent beaucoup d’années de présence dans les kiosques, notamment le premier qui a même eu le droit à un dessin animé passé sur M6 dans les années 90 !

Danger-Diabolik-120x160.jpg
Ce fut d’ailleurs Danger Diabolik qui ouvrit le bal en Italie.

Produit par un des plus grands producteur italien, Dino De Laurentis (Dune, King Kong version 1976, Barbarella) voulut exploiter ce créneau mais la cible visée était quand même celle d’une audience adolescente.

Il choisit un excellent metteur en scène, le talentueux Mario Bava, qui conféra à Danger Diabolik démesure, style baroque et une certaine classe le tout teinté d’un ton psychédélique du meilleur effet.

danger_diabolik_thumb.jpg
L’histoire raconte donc les méfaits de ce super criminel, dont on ne saura rien de son identité secrète si ce n’est qu’il vit avec son épouse, Eva, et qu’il se fixe de réussir des casses de plus en plus énormes. Il a sa propre Némésis, un commissaire de police pas très efficace joué par Michel Piccoli mais surtout, et cela va lui causer davantage de fil à retordre, le chef de toute la mafia Valmont joué par l’impeccable Adolfo Celli.

johnphilliplaw4.jpg
L’intrigue du film n’est pas très linéaire car l’histoire ne cesse de rebondir grâce à des séquences toutes plus spectaculaires les unes que les autres.

Le film est très arty et il peut d’ailleurs s’apprécier rien que pour son style très coloré et psychédélique. De plus, Danger Diabolik bénéficie d’une énorme cote auprès des amateurs de films de genre, tout comme son réalisateur Mario Bava.

dangerdiabolik-02.jpg
Pourtant, à mon avis, Danger Diabolik souffre d’un certain manque d’un certain panache, le film m’a quelque peu déçu en regard du trépidant Le cerveau de Gérard Oury qui, lui, était brillant et enlevé.

Pourtant, Danger Diabolik bénéficie des meilleurs ingrédients qui soient.

John Philip Law trouve là son meilleur rôle, ainsi que la sublime Marisa Mell qui remplaça avantageusement et au pied levé Catherine Deneuve, l’icône (pour qui d’ailleurs ?) de notre cinéma national.

d.jpg
En outre, Ennio Morricone a su se renouveler avec talent pour sa participation à la bande originale. L’homme aux 596 musiques de films changeait de style du tout au tout sur certaines productions et il dynamise avec talent Danger Diabolik.

La direction artistique du film est également réussie. On rivalise ici avec les décors assez incroyables des James Bond de l’époque sans en avoir le budget. D’ailleurs, une anecdote court à propos de Danger Diabolik : Mario Bava, habitué à travailler à l’économie, aurait rendu à la fin du tournage la moitié du budget à son producteur !

marisa-mell.jpg  
                      (Marisa Mell, grande beauté et grande actrice à la fin prématurée)

Je ne saurais dire exactement pourquoi Danger Diabolik m’ a tant déçu.

Peut-être que le résultat ne correspondait pas avec l’attente incroyable causée par cette addition de talents ? En tout cas, Danger Diabolik n’a pas le caractère trépident des Fantômas ou autre Cerveau, ce qui était à mon sens la première des qualités que j’attendais de ce film.


Pour lire une autre critique que la mienne, je vous renvoie à un article d'un autre blog très documenté sur le film et qui s’avère bien plus enthousiaste que la mienne !

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Petit intermède relatif à notre sujet, le film Devil Man le diabolique dénote furieusement parmi les aventures cinématographiques de ses confrères.

Devil Man le diabolique renoue avec les défauts des films à super héros italiens chroniqués ici même. Le film est ringard, toc et il aligne les pires poncifs qui soient pour ce film assez peu dynamique qui s’adresse d’ailleurs davantage aux enfants.

Petit film de commande, c’est d’ailleurs un héros qui viendra à bout, comme il se doit, des méfaits de ce savant fou qui rêve d’asservir le monde grâce à son arme secrète. Merci de ne pas bailler devant ce film pénible qui, contrairement à ses confrères,  s'adresse essentiellement aux enfants  !

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

RobertoTobias 16/02/2011 14:29


Salut Bastien,

Je te retourne le compliment pour ton blog dont j'ai lu en long, en large, en travers, tes papiers sur les héros et les anti-héros italiens sur lequels je suis tombé par hasard en faisant des
recherches.

En effet, je concocte actuellement un dossier touffu sur le sujet à base de Kriminal, de Superargo, de Flashman, de mister-X, de Goldface, de Supermen pour le n°5 de ma revue. Que d'excellents
films à découvrir de préférence dans des bonnes copuies pour apprécier le festival de collants colorés et de gags lourdingues !

PS : Le retour de Kriminal me semble à mon avis supérieur à celui de Lenzi


Bastien 13/02/2011 08:14


Bonjour Roberto !

Oui ! Je suis plutôt à contre-courant quand j'émets une critique plutôt relatvie que négative sur Danger Diabolik.

A l'époque, j'avais quand même acheté 100 Francs une copie de la K7 Fatale mission tant l'aura du film et son sujet étaient grands.
Pourtant, je fus assez déçu après vision.
Pourquoi ? Parce que j'en attendais probablement un film léger et réjouissant dans la lignée du Cerveau de Gérard Oury que j'avais beaucoup aimé et que j'avais trouvé truculent.

Danger Diabolik, malgré de très grandes qualités plastiques et son côté Pop/psychédélique, m'a pas mal déçu par rapport à cette attente.
La faute aussi à un scénario que j'estime trop long, trop circulaire bien que je regrette qu'il n'y ait pas eu de suite !

Selon cette perspective, le Kriminal d'Umberto Lenzi, avec son astucieuse scène du début et l'appréhension finale du bandit masqué, m'a davantage séduit par son action enlevé et son humour moins
appuyé.

A noter que, chez nos amis italiens, ce film est toujours très populaire.

Enfin, le principe du nom de ce blog est de pouvoir opposer des avis différents et contradictoires...dans la bonne hummeur !

Au fait, vous avez un bien beau site, Mr Tobias !


RobertoTobias 12/02/2011 18:21


Pourtant ce Danger Diabolik concocté par Mario Bava,avec la musique du maestro Morricone, c'est le meilleur film au monde !!!