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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 07:55

2ème partie


Après Diabolik et Devil Man le diabolique, voilà le tour de deux autres prétendants au trône du scélérat suprême !

 Si nos deux personnages précédents vivaient des aventures qui s’adressaient davantage aux enfants/adultes, cette fois Satanik et Kriminal étaient davantage destinés aux adultes. Sans aucun doute : Ces deux héros ouvrirent donc une porte aux récits violents, morbides qui flirtaient volontiers avec le subversif !

Kriminal_poster_Spanish.jpg
Le plus intéressant des deux demeure sans conteste Kriminal.

Personnage crée en 1964 par Max Bunker et l’assez bon dessinateur italien Magnus, au très noir puissant et efficace, Kriminal va ouvrir la voie à un certain sadisme, mais aussi l’érotisme, au sein de la bande dessinée européenne.

Kriminal est donc un super criminel, toujours plus retors que ses ennemis de la pègre et qui pour qui le crime est une solution des plus évidentes. Il est opposé à des confrères de la maffia, dont de belles femmes, ou encore des représentants de la police qui essayent de le coincer. La caractéristique essentielle des aventures de Kriminal demeure un goût prononcé pour le sadisme.

 La bande dessinée cultive les pulsions les plus inavouables de ses lecteurs et le concept d’anti-héros trouve ici son meilleur aboutissement.

sad0.jpg
                    (les couleurs du costume sont inversées entre les deux personnages !)

A noter que Kriminal trouve une bizarre adaptation, voire même un plagiat, dans une série de photo-romans dans les années 60 en France et ce titre fit parler de lui.

 

Très clairement destiné aux adultes, ce Satanik-ci ou aussi Killing était encore plus pervers, meurtrier et efficace envers ces ennemis. Il empruntait le visage de ces ennemis qu’il avait rencontrés, comprendre tués, afin de remonter l’organisation à laquelle il était confronté. Les meurtres de Satanik, plus recherchés les uns que les autres, étaient complétés à la fin de l’édition VF par un historique de la torture, afin rester dans le ton. Sorti en 1966, Satanik eut le droit au couperet de la censure gaulliste, dont je m’étonne d’ailleurs qu’elle n’ait pas frappé avant, et plus fort ! A titre d’exemple, le titre du numéro 13 était « Crève, Bâtard ! ». Qui dit pire ?

satanik18.jpg
Malgré son caractère éminemment sulfureux, pour cette époque bien que ses aventures soient toujours autant violentes, Satanik fut quand même un objet de culte qui laissa quand même une certaine emprunte dans l’esprit des lecteurs de cette époque et dont le souvenir demeure, parfois, vivace, dans le cœur des lecteurs !

Kriminal_seduction.png
Mais revenons à notre Kriminal.

 

Il eut le droit à un premier film en 1966 réalisé par un très efficace réalisateur italien, Umberto Lenzi. Kriminal, la terreur des commissariats de toute l’Europe, réussit à s’évader miraculeusement alors qu’on allait l’exécuter. Il s’agit en fait d’un stratagème de la police pour que Kriminal les mène tout droit vers l’énorme butin qu’il avait amassé.

 

Talonné de près par la police britannique, Kriminal parvient magistralement à leur échapper tout en condamnant un pauvre gardien d’usine par une pendaison ingénieuse ! Les forfaits de Kriminal peuvent donc repartir de plus belles et il va d’ailleurs vivre des aventures criminelles trépidantes qui vont le mener dans des situations toujours plus périlleuses… jusqu’à se faire appréhender à nouveau bêtement par la police !


Kriminal_thought1.png
Fun, trépident, ingénieux, le film de Kriminal réussit là ou Danger Diabolk échoue : le film est vif, rythmé et Kriminal n’est stimulé que par son appât du gain, en toute occasion, ce qui le perdra encore et toujours !

 

L’interprète de Kriminal, Glenn Saxon, trouve là son meilleur rôle d’une carrière hélas trop confidentielle (on lui connait aussi de rares western italiens) et il prête sa face d’ange qui contraste avec son immoralité la plus totale !

 

Ce premier opus de Kriminal est réalisé avec un grand professionnalisme par Umberto Lenzi. Cinéaste fort capable qui a su laissé son emprunte dans tous les courants ou presque du cinéma italien populaire, Umberto Lenzi s’est montré fort capable avec ce film pour un sujet pourtant non enseigné dans les écoles de cinéma. Le film est élégant, distingué et assez enlevé.

Cliquez ici pour jeter un coup d'oeil au générique de Kriminal !

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Bizarrement, si Kriminal ne bénéficie pas de l’aura de Danger Diabolik ou de sa notoriété envers les fans du genre, il s’impose à mon avis comme l’Outsider qui parvient à égaler la grosse production sans avoir bénéficié de tels moyens.

  

Le second opus, le retour de Kriminal, prolonge volontiers le charme de son prédécesseur puisque Kriminal court cette fois après un trésor en Egypte, et il compte bien éliminer tous ceux qui entravent son chemin !


Kriminal_flames.png
Rattrapé à la fin par la police égyptienne, Kriminal manque finalement un virage et se retrouve…directement en enfer ! Là, des démons armés de fourches l’accueillent avec gourmandise en lui disant qu’ils l’attendaient depuis longtemps.


Les génériques des deux films alternent des images en bandes dessinées et des prises de vue réelles. Kriminal demeure donc un chouette petit film plaisant à voir, et intéressant à connaître. Il sera d’ailleurs copié par les Turcs et il y a eu un obscur Kriminal Porno en 1999 !

satanik.jpg
La dernier film demeure une autre création de Magnus et Bunker nommée Satanik !

Cette fois, il ne s’agit pas de la version photo-roman qui copie Kriminal mais bien des aventures d’une vieille femme qui travaille pour un savant. Quand celui-ci découvre une formule pouvant permettre de rajeunir, sa seconde tue le savant puis inhale sa formule qui la fait rajeunir. Elle devra lutter pour ne pas se trouver à court de ce produit et elle est déterminée à tout, notamment à tuer et à voler, pour rester jeune, tout en profitant à nouveau des avantages de cet état retrouvé, car Satanik était dans sa jeunesse une très belle femme !

Il est possible, voire même très possible, que le caractère érotique et sulfureux de Satanik ait donné naissance en Italie au courant des romans bd pornos type Zara la vampire, Isabelle la duchesse du diable... Etonnant de constater comment la boite de Pandore a été ouverte !

superargo.jpg
Mais le film n’est pas terrible, il manque de rythme et demeure un peu le parent de cette filmographie consacrée aux anti-héros, vague éphémère qui aura zébré les écrans italiens, et plus tard ceux de notre pays à par peut-être les Kriminal. Ils auront laissé un souvenir vivace dans le cœur des cinéphiles de bis, il s’agit par exemple d’affiches très recherchées (celle de Danger Diabolik atteint des sommes démesurées).


Etrangement, tous ces films sont totalement inconnus ou presque aux amateurs de comics, l’oubli est donc en passe d’être réparé !

monster_bis_surhomme.jpg
Note : Je conseille à ceux qui seraient intéresser d’en savoir davantage de se reporter à l’indispensable ouvrage de notre référence à tous, Norbert Moutier. Disponible en Vpc sur ce site, cliquez ici, ou directement dans sa boutique au 6 rue Pierre Sémard Paris 6.

 

Les Monsters bis sont notre référence à tous et ce spécial surhommes italiens demeure bien plus complets que mes informations, qui sont hélas entachées de quelques erreurs…

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Mallox 14/06/2010 18:50


Il paraît qu'ils sont bien les Monster Bis, mais moi je n'ai pas la place chez moi, alors je suis bien content de lire ta revue sur Kriminal ici !