Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 08:10

Batman a connu ses meilleures histoires sous l’égide de Frank Miller, il s’agit d’un fait connu. Cette période d’or a eu lieu en 1986 et, après, les mensuels dédiés à l’homme chauve souris ont continué, à raison de 3 puis 4 titres mensuels.

Mais si il y a bien une histoire qui mérite d’obtenir une reconnaissance, qui serait d’ailleurs bien tardive, est bien cette histoire réalisée de main de maîtres par Doug Moench et Paul Gulacy. Voyons voir ce qu’elle propose.


Proie se situe dans les tous débuts de Batman, post Crisis. On devine même par un remerciement du commissaire Gordon adressé à Batman que la période racontée par Frank Miller dans Year one demeure très récente. Curieusement, le marketing n’assiste guère dessus car l’histoire se suffit à elle-même.

Ce sont donc les débuts de Batman, où plutôt, la période qui suit son ancrage dans Gotham City, une ville qui navigue toujours dans la corruption qui gangrène la police de la ville.

Batman commence à être davantage qu’une simple rumeur et tous, la police, les autorités, les médias ainsi que la pègre commencent à compter avec lui. Mais Batman lui-même n’a pas encore affiné ses méthodes et il commet encore des erreurs de néophyte.


Toujours est-il qu’au début de l’histoire, ses coups de main se heurtent aux opérations de police sur la personne d’un petit dealer. Un agent de l’ordre particulièrement efficace, le sergent Max Cort, réprouve au plus haut point Batman qui représente selon lui un danger supplémentaire pour les brigades d’intervention. Le commissaire Gordon, au contraire, tente de le calmer en lui présentant Batman comme une sorte d’auxiliaire précieux.


Le commissaire se rend à un show télévisé où débattent le maire ainsi qu’un psychiatre de grande réputation, Hugo Strange. Ce dernier se fend d’une analyse relativement pertinente qui présente Batman comme un malade qui se sert de son activité comme d’un expiatoire pour dilater les effets d’un trauma.


Le maire, convaincu, annonce lors de ce show qu’il va mettre en place une cellule anti-Batman dont il confie la direction à Gordon avec, pour conseiller externe, Hugo Stange.

Si une partie de l’analyse de Gordon est correcte, il ne remonte pas assez loin ses recherches pour trouver l’homicide qu’aurait subi Batman, à savoir un homicide ayant eu lieu à Gotham.

Toutefois, Bruce Wayne demeure intimement touché par les déclaration du psychiatre et, pour la première fois, il demeure ébranlé.


Le sergent Cort contracte une étrange alliance avec Hugo Strange quand cette paire a compris que le Commissaire Gordon les ralentit. En outre, Strange est fou et il commence à hypnotiser Cort pour en faire un pendant à Batman, un second justicier davantage sauvage.

Puis, Strange finit par trouver que ce pourrait être le fameux Bruce Wayne qui aurait pu subir ce trauma et l’étau se resserre autour de Batman qui demeure intimement mis à mal par ce duo improbable.  


Cette histoire assez judicieuse traite effectivement de la fêlure intime de Batman qui trouve en Hugo Strange un adversaire à la fois crédible et efficace, secondé par Max Cort qui perd de plus en plus la raison. Mais un autre intérêt de proie demeure l’arrière-plan de l’histoire puisque des éléments assez intéressants de la mythologie du personnage prennent formes pour les besoins de l’histoire. Catwoman, la Batmobile, le bat signal trouvent ici une justification heureuse et permettent de considérer Proie comme un met de choix dans l’historique de Batman.


Hugo Strange demeure également intéressant.

Ce personnage est apparu lors des premières années et c’est Steven Englehart qui l’a sorti de la naphtaline pour les besoins de son arc si marquant des années 70, avec Marshall Rogers aux crayons. Matt Wagner l’a assez récemment ressorti pour Batman et les monstres. Un bon personnage, autrement plus crédible que Egnima, je ne lui connais pas une histoire mémorable par exemple, et qui gagnerait sûrement à être davantage utilisé.

Proie a connu un grand succès lors de sa sortie américaine, il était classé dans le top 10 de l’époque, et il me semble qu’il a eu une suite tardive. Doug Moench a conduit la série Batman pendant un bon moment, avec d’assez bon scénarii et la paire créative qu’il forme avec Paul Gulacy, considéré depuis toujours comme un émule de Jim Steranko, a poursuivi son association sur Batman contre Préador II ou sur Shang Shi chez Marvel. Un duo qui demeure très capable, en définitif.


En France, c’est Comics Usa dirigée de main de maître par Fershid Bachra qui a édité Batman  proie. Si Comics Usa n’est pas à mon sens assez célébrée, elle a sorti en ces années 1922/1993 3 excellents ouvrages dédiés à Batman, Proie mais aussi Azrael et Batman contre Prédator et aussi 3 excellents Lobo. A mon sens, des pièces très importantes de ma collection.

Aussi, je fais plus que vous reommander la lecture de cet excellente histoire de Batman, elle est assez difficile à trouver de nos jours mais elle vaut largement l’achat.

Merci au site Bat 29 pour les illustrations !

Partager cet article

Repost 0
Published by Bastien Ayala
commenter cet article

commentaires