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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 08:09

1ère partie

 

Rob Liefeld est un cas, un paradoxe. Voici un « artiste » des comics qui a vendu par millions d’exemplaires de revues portant son « art » ou plutôt sa patte leste, qui a crée un nombre incroyable de personnages, qui a possédé plus de quatre compagnies de comics, qui a engrangé une véritable fortune, mais qui conjugue comics, violence et nullité.

Retour sur un auto proclamé « génie » des comics qui a quand même ébranlé le landernau de comics au début des années 90. Ce qui lui a fait plus de mal que de bien.

  2-4

 

Rob est né en 1967 d’un père pasteur. Le jeune Rob a une adolescence à l’america way of life, c'est-à-dire qu’il a souvent été laissé devant la TV américaine, et on peut dire que celle-ci l’a écervelé plutôt qu’elle ne l’a instruit. Je subodore également que le jeune Rob n’a pas été très assidu à l’école mais qu’il s’est plutôt appliqué à dessiner en autodidacte.

 

Hawk&Dove

 

Toujours est-il qu’à l’age fort remarquable de 18 ans, il gagne un concours de DC pour dénicher des jeunes talents et embraye sur une mini série limitée en 4 parties « Hawk and Dove ». Le titre est pris en main par deux acteurs du monde des comics, Karl Kessel et sa femme Barbara. Karl est un solide encreur, qui se révélera être un scénariste capable quelques années plus tard tandis que sa femme est une éditrice qui s’essaye à l’écriture. Tiens comme le couple que forment les Simonson !

Bref, des talents honnêtes mais pas l’acmé non plus des comics américains.

La confection de la mini série pose quelques problèmes dû à Rob mais son style est rehaussé par Karl et Barbara revoie un brin son script pour le réadapter aux fulgurances artistiques et fougueuses du jeune poulain.

 

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La collaboration avec DC s’arrête là mais Rob rebondit pour se retrouver chez Marvel sur New Mutants où il collabore avec Louise Simonson pour mener la série jusqu’au 100.

IL apporte une certaine énergie dans cette série qui ne rivalisera jamais avec ses grands frères X-men en termes d’intérêt et de qualité et il commence à créer quelques personnages qui sont encore sa marque de fabrique : Cable et Deadpool !

 

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Quand j’écris « créer », je tiens tout de suite à approfondir une constante qui sera centrale dans l’œuvre de Rob. Il balance ici ou là un de ces personnages bariolés au nom simple mais efficace ou tapageur, il est dit qu'il était en contact avec les héros à l’occasion (Cable et Serval se battent pour régler un vieux contentieux) afin de leur créer un passé et ça s’arrête là !

Autant dire que chacun d’entre nous peut créer à la volée une poignée de personnages et les poster le soir dans le forum de comics place !

Absence totale de caractérisation, de personnalité qui ne dépasse pas quelques lignes de dialogues, et enfin un trouble sur les origines qui indiquent implicitement que ces personnages ont de l’importance. Voilà le style de Rob Liefeld en matière de création, ce coup-là, il le reproduira jusqu’ à l’écoeurement pendant des années !

 

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La série sera quand même un succès et, fâché avec la laborieuse Louise qui ira créer un quatrième titre sur Superman nommé Man of Steel (avec quasiment aucune histoire intéressante), il prendra les destinés d’un revampage nommé X-force.

 

xforce.gif

 

Enorme succès des comics de plusieurs millions d’exemplaire, X-force laisse la carte blanche à Rob, aidé aux dialogues et au script par Fabian Niecieza (une autre star qui a perdu de son aura) lance son imagination à la face du monde. Et encore une fois, c’est brouillon voire mauvais. Son équipe fait du terrorisme à l’envers chez les vilains, Rob balance à l’encan une histoire de 12 élus dont il a une faible (ou médiocre) idée de ce qu’elle sera. Le meilleure est que cette histoire pas folichonne permettra à Marvel de nous pondre un énième cross over oubliable dont ils ont le secret  Il crée à l’époque Image comics et délaisse très vite le titre dont il aura de toute façon confié le graphisme à son disciple Mark Pacella. Mais Rob est déjà pressé, il a fait édité par Malibu comics un recueil de rough et de dessins prépartoires de mystérieux personnages qui constituraient une équipe du nom de Youngblood. Le retentissement de cette nouvelle équipe sera sensationnel et ébranlera durablement l'industrie des comics.

 

Y1.jpg

 

Tout ira vite et très fort dans les débuts des 7 pour Image comics, il dégaine le premier et son Youngblood vend 650.000 exemplaires, un record qui sera pulvérisé par Spawn (1.700.000 exemplaires).

Arrêtons-nous un moment sur Youngblood qui est quand même quelque chose. Rob crée à la main levée une ribambelle de personnages avec, certains comme Die-hard ou Badrock des look puissants.

Mais l’action du premier épisode est présente mais elle est narrativement incompréhensible : l’épisode démarre sur une bataille, embraye sur une seconde qui ne sera pas résolue ! Les personnages sont esquissés (à la louche), les dessins sont assez minables (mais la suite sera pire) et les couleurs sont affreuses. Mais ça marche ! On nomme ce style « in your face » et il propose aux ados d’alors une adaptation défouloir et crétine sauce MTV et autres délires dignes de Jackass.

 

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Rob recrute à tour de bras des graines de prodiges en devenir (Pat Lee, Marat Michael, Dan Fraga, Dan Panosian) et en recrute d’autres comme Jae Lee ou Paul Mount, Stephen Platt  sous le label Extreme.Certains auront une belle carrière et sauront, ultérieurement, apprendre à dessiner et même à devenir un solide artiste. D'autres végéteront dans les petites firmes, citons Dan Fraga, qui seront à jamais prisonniers de leurs carences artistiques de la formation "made in Liefeld". Tout un programme.

 

Comme Stan Lee, mais en plus minable et adulescent inculte, Rob embraye des concepts à une vitesse éffrenée pour que les titres sortent et bénéficient de son aura.

On aura le droit à Supreme, Team Youngblood, Glory, Brigade qui sont tous des sous concepts avariés aux destinées diverses bien qu’ils ne résistèrent pas longtemps à l’érosion de sa propre mode.

 

cbook_bloodstrike_2june-copie-1.jpg

 

Deux points majeurs sur lesquels il convient de statuter,  sur sa production d’alors :

-D’abord les comics d’Extreme sont gore, incroyablement gore. On m’en avait passé un où Supreme intervient au numéro final pour éventrer ou charcuter l’équipe, il me semble que cela se nommait Bloodstrike ! Je fus assez choqué.

L’industrie avait de la chance à ce moment-là que la violence soit moins surveillée que le sexe dans les comics car si il y avait eu une seconde vague comme le Dr Wertham dans les 50’, toute l’industrie aurait vacillée. Rob avait un lectorat ado mais il ne prenait pas en compte le problème de l’ultra violence. On est quand même loin de l’épopée de Stan Lee par exemple !

 

x.jpg

 

-Rob aurait gagné dans cette première année 20 millions de $ (chiffre d’affaire, bénéfices ?) alors notre prodige voit grand, et loin.

Il construit une navette spatiale décor qu’il emmène en convention quelques rares fois puis il s’en lasse.

Des figurants déguisés en Youngblood parcourent les conventions.

La venue de Rob déclenche une hystérie proche de celle réservée aux rock stars (hélas, pas de belles minettes dans le  public mais des petits ados ventropotents).

Liefled et sa team se ballade avec du pognon plein les poches et, pour s'amuser, balancent de temps à autres dans la foule un Youngblood no 1 édition machin chose. Son audience est prête à s'étripper entre elle pour l'obtenir.

Il surmultiplie ses comics proche de la mauvaise série Z en terme de viduité des personnages et de faible cohérence mais le tout ne fonctionne que pour un temps....

Rob Liefled a atteint des sommets, en terme de ventes et de notoriété. Plus dure sera la chute pour notre "rock star" des comics...

 

Bonus : la fameuse pub de Lewis qu'à fait notre Rob. Elle est hilarante !

 

 

 

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

KNIGHT 02/08/2010 23:49


Oui, l'intrigue des 12 a été résolu bien des années plus tard, dans un crossover fumeux. La liste des 12 présentés alors n'était plus celle qu'avaient en tête les Simonson. C'était la mode à
l'époque (années 80 et 90) de lancer des mystères dont on aurait la résolution des années plus tard. Quand on pensait à nous la donner !


Bastien 02/08/2010 20:54


Bonsoir Knight !

En ce qui concerne la vague Image, pour nous qui l'avons vécu jadis, c'est vrai que l'on manquait de discernement sur le moment et que l'on a mis un petit peu de temps à réaliser la viduité de
certains contenus.
Le pouvoir hypnotique d'une mode, sans doute !

En ce qui concerne l'intrigue des 12, j'ai totalement oublié qui l'a initié en premier et, pire, j'ai réalisé que cela faisait presque...20 ans !
Pour ma part, j'ai toujours pensé que les Factor X étaient médiocres et que Miss Simonson aurait du rester éditrice...
Donc je n'ai pas du tout la réponse mais il me semble que la résolution de ce concept fumeux a été résolu bien des années plus tard.
A mon sens, toute cette diatribe sur Mr Sinistre et Apocalypse était lourde et ennuyeuse... Un des marécages dans lesquels les sous-intrigues des X-Men se sont embourbés depuis des années.

Sinon, ton blog est sympa !
J'irai le consulter un peu mieux quand j'aurai davantage de temps !


KNIGHT 01/08/2010 23:44


Je me souviens, à l'époque, j'ignorais tout de la création d'Image. Semic avait acheté les droits des titres et avait tenté de créer un engouement semblable en France pour toute cette production
bas de plafond. Et quand on est ado, on se rend pas compte forcément à quel point ces titres étaient médiocres.

Une petite précision : je me souviens plus si l'histoire des 12 Elus apparaît chez Liefield ou s'il s'agit d'autre chose, mais c'est le couple Simonson qui avait lancé le truc dans X-Factor
(traduit en France dans Spidey à l'époque)), avec une histoire du Moule Initial, qui voulait éliminer ces 12 justement. Ca le faisait tripper cette histoire, j'avais essayé à l'époque de deviner
quels pouvaient bien être les 12 en question...