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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 07:42

1ère partie

 

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Pour le grand public, Stan Lee est le fantastique démiurge qui a crée tant et tant de personnages qui trouvent encore une exploitation quarante ans après et qui se succèdent chaque année au grand écran.

Pour les lecteurs de comics et d’adaptation en vf, il s’agit d’un vieux monsieur de 88 hivers qui intervient assez souvent dans le monde des comics, qui fait des apparitions en formes de clin d’œil par des films tirés des comics Marvel et qui se retrouve en qualité de producteur exécutif sur presque tous les génériques de ces films.

Enfin, pour les lecteurs avertis, Stan Lee est au centre d’une violente polémique qui agite notre milieu depuis bien des années et dont la source demeure la spoliation des droits d’auteur Jack Kirby par Marvel.

Bref, il n’y a guère que Rob Liefeld ou Jim Shooter qui peuvent, dans une moindre mesure, générer une telle controverse dans le milieu des comics. Je m’interroge depuis de nombreuses années sur ce cas.

Aussi, sans statuer, je vais tenter de dresser les éléments à charge et à décharge, pour que vous vous fassiez votre propre idée, par vous-même.

 

1 Les débuts précoces

 

Stan Lee est né en décembre 1922, il développe une sensibilité littéraire qui le mène à lire, énormément, puisque la lecture était un divertissement majeur de cette époque . Stan Lee, né Stanley Lieber, doit subir les vicissitudes des gamins de condition modeste de son temps, il doit travailler tôt et il commence en effet à cumuler plusieurs emplois. Mais il est indéniable qu’il était un avide lecteur et il développe déjà un certain bagage littéraire. Il nourrit le désir secret d’être écrivain. Par chance, un parent de sa mère nommé Martin Goodman est éditeur de pulps, magazines. Il se lance dans la sphère éditoriale du monde encore balbutiant des comics (pour anecdote, le lien familial ne demeure toujours pas clairement défini).  Stan Lee est « va-donc » (go for en argot), il fait l’assistant et se rend le plus utile possible.

 Joe Simon, qui travaille en tandem avec Jack Kirby, occupe le poste de rédacteur en chef à Timely. Il parvient avec Jack à créer le personnage de Captain America qui se révèle être un grand succès, celui qui permet à Timely de briller. Mais le duo créatif n’a pas accès aux chiffres de vente de Captain America. Ainsi, il ne peut savoir quels sont leurs bénéfices et ils se font spolier.  Fâchée, la paire créative s’en va et va créer ses propres bons comics jusqu’en 1956 (ils excellèrent dans le comics à romance ou dans les récits de Sf, notamment).

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Aussi Stan Lee hérite donc du poste d’éditeur en chef et va s’y maintenir des dizaines d’années, à part une période de 3 ans de 1942 à 1945 où il sert dans l’armée. Cette fonction ne se limite pas à la supervision éditoriale telle qu’on la pratique de nos jours. Stan Lee crée déjà ses premier héros à l’âge de 19 ans avec le Whizzer et Jack Frost (échappé des contes nordiques).

Un ancien éditeur de l'époque de Timely a raconté une fois qu'il a enseigné au jeune Stan Lee les fondamentaux, les rouages et le mécanisme de narration du comics. Depuis lors, il a constaté que Stan Lee n'a fait que suivre ces preceptes en les améliorant, encore et toujours ! Stan Lee a en effet magnifiquement bien assimilé les principes du storytelling (science ou art de raconter les histoires en privilégiant l'aspect émotionnel comme fondement ; ce ressort est fréquemment utilisé en politique).

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Il est à noter que lorsque Lee lui-même devra réactiver la mode des super-héros en 1961, il n’envisagea pas sérieusement de ramener ces deux héros guère convaincants. Vers la fin des années 50’, Kirby revient, sans envie aucune, contraint par une brouille avec un éditeur de DC (qui peut postuler du titre de pire c----n de l’histoire des comics). Timely est entre temps devenu Atlas, la firme a connu une expansion spectaculaire mais une alliance imprudente de Martin Goodman avec Americain News company, qui s’est avéré en indélicatesse avec le gouvernement. Elle a sombré en entraînant les espoirs ainsi qu’une partie de la trésorie et les espoirs de Martin Goodman et cette péripétie faillit lui être fatale. Ainsi Atlas ne demeure guère vaillante, Martin Goodman demeure obligé de s’allier avec le numéro 1 historique du marché, DC comics, pour une diffusion réduite de huit titres mensuels que l’éditeur accepte de diffuser. La situation demeure médiocre, Atlas vivote avec peu d’employés Stan Lee fait à l’époque ce qui est dans l’ère du temps, les histoires à monstres hérités à la fois des films de Ray Harryhausen et des Godzilla, Giant Belemoth, It come from the sea, le jour de la fin du monde et autres productions du même type.

 

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Il s’agit quand même, pour ce genre fantasmagorique, d’histoires excellentes qui se lisent avec un grand intérêt. Le style d’écriture de Stan Lee est à cette époque rodé. Il présente toujours la menace (que parfois le héros amène accidentellement) comme implacable, funeste pour l’humanité et qui sera finalement déjouée par astuce ou par chance. Stan Lee développe une période matricielle qui contient les germes des concepts et des personnages à venir de Marvel ( que ce soit les dieux d’Asgard, l’homme fourmi, prototypes de sorciers, le visuel de Fatalis…).

 

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Ces récits sont haletants et ils possèdent une force visuelle telle que même le cinéma ne rivalise pas en terme de spectaculaire et de gigantisme. Stan Lee se repose sur des auteurs bien rodés : Jack Kirby, Steve Dikto et d’autres (Dick Ayers) auxquels il confère motivation, plaisir de travailler malgrès de maigres salaires. Ils peuvent faire ce qui veulent en interprétant un script réduit, en fait un pitch, de déployer leur art du découpage et du storytelling visuel. La fameuse « Marvel way » est née.

 

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Stan Lee fait preuve dans ces histoires de sa plus grande qualité qui demeure incontestable : il s’agit d’un dialoguiste de génie qui parvient à retranscrire l’effroi comme le merveilleux de l’infiniment grand tout comme les préoccupations réalistes des gens de la rue.

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Published by Bastien Ayala
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