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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 06:47

2 Le succès, enfin !

 

 

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Il y a alors cette fameuse anecdote qui relate que Martin Goodman apprend lors d’une partie de golf d’un directeur de Dc comics que la nouvelle monture de la JLA de Gardner Fox marche fort bien. Stan Lee est prié de faire quelque chose dans ce sens. Stan Lee a presque 40 ans, sa grande œuvre littéraire pour laquelle il a réservé son vrai nom, Stanley Lieber, n’est jamais venue et il en ressent quelque amertume. Il se dit qu’il peut écrire quelque chose de nouveau mais il veut le faire à sa sauce, et si M.Goodman n’est pas content alors tant pis !

 

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Le premier épisode de Fantastique Four paraît en 1961. Il apporte effectivement quelque chose de nouveau dans le ton, la caractérisation des personnages, la folie des menaces à juguler d’une part mais il inscrit ses aventures dans un cadre réel de l’autre (New-York et non plus des villes imaginaires telles que Métropolis ou Gotham).

Les premiers épisodes frappent fort en termes de sensationnel, d’aventures haletantes, et de renouveau créatif. Même si les premières aventures se servent des monstres typiques des précédents d’Atlas/Marvel (pour ne pas perdre l’électorat traditionnel), les aventures s’accélèrent avec une création ininterrompues de menaces géniales et marquantes : Fatalis, l’homme impossible, le penseur fou (médaille d’or), le super-skrull, Diablo et tant d’autres !

Le succès mérité suit et le fandom de l’époque est conquis par ces excellents titres et à juste raison !

 

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(Larry Lieber, le frère de Stan !)

 

Le style d’écriture de Marvel demeure dû à  Stan Lee, qui écrit presque tout avec son frère Larry Lieber (qui récupère les miettes). La pratique demeure de donner un pitch à ses dessinateurs (écrit et plus tard verbal !) qui demeure des plus succincts ! Mais Jack Kirby et les autres ont beaucoup de bouteille et ils estiment que cette méthode leur donne la liberté nécessaire pour concevoir l’intrigue. Cela leur convient parfaitement et que cela leur permet d’évoluer dans leur art. Stan Lee écrit les dialogues (et ils sont bon) en suivant le découpage de ses dessinateurs. Il s’agit du contraire des habitudes de DC  et des autres comics où tout est dans le script et dont nul ne peut s’affranchir.

Ces bons dessinateurs maison agencent l’histoire, les rebondissements et gèrent les péripéties. Bref, il s’agit bien plus qu’une simple mise en images mais, au minimum, d’une réalisation.

 

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Comme les FF sont des réussites commerciales et créatives, Goodman le pressa à en créer  d’autres. Alors suit d’autres titres de légende : Spider-man, Docteur Strange, Daredevil, IronMan, X-men qui sont des succès et parfois des hits (sauf Hulk). Mettons un petit bémol à cette période de légende, le personnage de Captain Marvel, qui viendra bien après ses collègues (en 1967). Il ne demeure guère intéressant, même si la dramaturgie de l’histoire est convenable. Le concept paraît faible, il s’agit pour le vaillant Captain Kree de surveiller la terre et ses progrès techniques. Le personnage se révèle mal défini, de même que ses pouvoirs, ainsi que les menaces qui vont se succéder. Il s’agit clairement du titre le plus faible de la Marvel de cette époque.

 

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En étant de mauvaise foi, on pourrait même supputer que Stan Lee a profité du nom du sublime super-héros de la Fawcett, égal de Superman, dont il se souvient parfaitement de l’aura dans l’esprit de certains lecteurs. Coïncidences amusantes, le premier Daredevil du golden age apparaît également très intéressant et, là aussi, la démarche pourrait être similaire. Notons encore Wonder Man, nom pour un nouvel héros qui rappelle le plagiat de Victor Fox et qui a écopé du premier procès retentissant de la part de DC comics ! Décidément, Stan Lee a soit oublié ces personnages, soit il a le nez fin .

Il y a un emballement, un élan de conquête qui rattrape DC (dont les éditeurs ne sont plus à la page) et Lee assure une animation dans les pages de ses comics avec sa Soap Box ‘(Francis Saint Martin nous révèle que c’était l’estrade sur laquelle les bonimenteurs s’élevaient) et il exhortait les fans à ne lire que du Marvel.

 

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 Ainsi en 1965, Stan Lee créa la Merry Marvel Marching Society. Il s’agit d’un coup de génie ! Marvel avait de faibles moyens car c’était toujours une petite firme, mais la promotion de Lee se devait de toucher le cœur des lecteurs. Or il fut habile sur ce point. Pour un dollar, les lecteurs avaient un ensemble de badges et autocollants permettant de s’identifier. A partir d’un groupe de six personnes, on était un chapitre de Marvel. Lee ventait ce processus qui permettait au lecteur engagé de se distinguer dans son engagement pour Marvel (on était alors dans le coup !). Donc, Lee créerait une ferveur pour Marvel, un engouement qui se basait sur une culture grégaire de l’attachement à la firme et le rejet des lecteurs des autres firmes. Brillant ! Dans les années 70’, la mode ne sera plus au Merry Marvel Marching Society mais au Marvel zombies (quelle perte de candeur en seulement une décennie !) Mais c’est surtout le lancement du marketing Marvel qui envahit maintenant vos supermarchés ainsi que les vêtements des enfants en bas âges avec notamment Spider-Man ! Là aussi, des progrès immenses ont été fait ! Les droits d’auteur demeurent fabuleux, et il y a là un juste pactole pour ces pionniers de la Marvel.

 

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Comment deviser sur ces histoires à la fois novatrices, fraîches, sans violences excessives et qui cernent fort bien la caractérisation des personnages ? Vous pouvez les relire maintenant ou dans 10 ans, elles vous procureront de grands moments de lecture et c’est un signe manifeste de qualité ! Pour ma part, j’ai l’impression que le style de Stan paraît proche ou demeure marqué par l’excellente série « la quatrième dimension » de Rod Sterling. Cette série apporte un vent novateur au grand public puisqu’elle conjugue adroitement irruption d’un élément extraordinaire et elle scrute les réactions des protagonistes puis se permet une chute à thèmes, qui demeure progressiste en termes de lutte contre le racisme des minorités ou les travers des américains. Si mon hypothèse est fausse, Lee en tout cas aurait très bien pu écrire quelques épisodes…

 

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Il est à noter que ce talent de bonimenteur sera une caractéristique qui fera sa légende mais aussi sa mauvaise réputation. Mais les prémisses de cette aptitude suggèrent que Stan utilisait un marketing en corrélation avec les faibles moyens à sa disposition.

Il était alors apprécié de chacun mais des différends apparurent : Steve Dikto s’était naturellement investi dans la création du titre Spiderman, en fait à l'origine un vieux projet de Joe Simon et Jack Kirby*, et ses idées n’étaient finalement pas retenues pour élaborer les intrigues...

Cet homme est connu comme entier dans ses choix et il partit brouillé avec Stan pour revenir vers la Charlton et reprendre Capitain Atom ou cocréer le second Blue Beetle !

 

*Je vous recommande de lire la revue Strange dont les articles, vraiment très  complets et aboutis, sont revenus plusieurs fois sur la création de Spider-Man qui est des plus...étonnantes !

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Published by Bastien Ayala
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