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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:55

Après l'interlude/hommage dédié à Dick Giordano, nous reprenons la série d'articles consacrée à Steve Dikto. Les carrières des deux artistes se sont d'ailleurs croisé et le prochain article revient justement sur les actions-heroes.

 

5ème partie


Le personnage Docteur Strange souffre un peu du même problème de considération qu’entretient Thor par rapport aux 4 Fantastiques, il s’agit d’une excellente période créative que l’on pourra toujours lire et relire avec plaisir mais, pourtant, le titre reste quelque peu dans l’ombre de Spider-Man en terme de notoriété. Et pourtant, voilà bien un titre qui va bien au-delà de son support comics, grâce à la Steve Ditko ‘s touch.

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Apparu dans Strange tales # 110, Docteur Strange est l’autre petite merveille mad in marvel qui, assez bizarrement, demeure quelque peu mis à l’écart dans le cœur des fans. Ceci est probablement dû au fait que le titre a hélas connu une publication chaotique et que nulle autre équipe créative n’a égalé ou proposé une vision à la hauteur de nos deux duettistes.

Steve Ditko resta jusqu’au numéro 146 mais le titre comptait les aventures de deux personnages qui furent d’abord la torche humaine (bof) puis Nick Fury.

Encore une fois, les deux personnages créèrent tout les fondamentaux de l’histoire ainsi que le back-ground et les personnages principaux et secondaires. Tout sera mis en place pour les 50 prochaines années, peut-être même les 100 à venir !

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Stephen Strange est un chirurgien arrogant qui subit un accident de voiture.

Subissant douloureusement ce coup du sort qui le prive de son statut social, il se perd dans une fuite en avant qui le mène aux confins du monde connu, notamment dans une montagne retirée d’orient où, à bout de force, il est recueilli et choisi par un vénérable des arts mystiques.

Ce dernier le choisit comme disciple et, au terme de son apprentissage, il reçoit à la fois le titre de sorcier suprême mais également le poids de la charge qui en découle
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Malgré une mécanique de récit fort simple, Stan Lee pose avec talent et inspiration les bases de ce que peut être le monde de la magie. Il instaure donc un ressort dramatique intéressant, la rédemption d’un héros, qui hérite d’une lourde charge pour protéger notre terre de dangers mystiques que nul ne connait mais aussi d’une petite amie, Cléa, d’un ennemi qui compte, son ancien Co-disciple et aussi d’une figure suprême du mal, Dornamu, qui était progressivement évoqué au fil des épisodes pour finalement apparaître.

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Le background de Stephen Strange est également mis en place, avec adresse.

Le héros dispose d’un manoir tout aussi singulier, puis il utilise au fur et à mesure de ses aventures d’artefacts magiques tels que l’œil d’Agamotto, le manteau de lévitation ou le livre d’Agamanshi et même l’orbe d’Agamotto. Un folklore qui était un petit peu dans l’air du temps, la magie et l’attrait pour les choses obscurs existaient mais elles n’étaient pas populaires. Elles le deviendront à la fin des années 60. En ce sens, Doctor Strange anticipe quelque peu une mode…

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Cette version du titre est la meilleur puisque c’est un monde entier qui nous est présenté au fur et à mesure que l’on suit les aventures de Stephen Strange. Le réel est vite submergé par l’irréel car la norme demeure le bizarre, le fantastique. Notre héros est constamment submergé par des forces invasives que lui seul peut défendre, au prix d’astuce, d’adresse, de volonté ou encore d’immense effort de volonté.


Le titre est donc palpitant, captivant et il entraine le lecteur dans des contrées lointaines grâce à une vision de folie, qui se trouve justement être la vision de Steve Ditko !

Steve Ditko semble être encore une fois surpassé sur ce titre pour attendre la quintessence de son art. Si Spider-Man avait pour cadre un décor urbain, Steve Ditko doit tout inventer sur Docteur Strange.

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Que ce soit les costumes, le manoir mais surtout les dimensions magiques qui n’existaient pas jusque là, Steve Ditko fait preuve d’une imagination incroyable mais surtout d’un grand talent pour retranscrire des formes improbables, des créatures inédites et cela à foison !

Maître d’anatomie, bien que l’on reconnaisse à la fois ses personnages et leurs poses, Steve Ditko demeure doué pour créer des poses caractéristiques à ses personnages dont certains petits détails demeurent frappant. Ainsi Spider-Man comme le Docteur Strange effectuent ce mouvement des doigts si bizarre pour utiliser leur pouvoir.

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L’action et la profondeur du champ des cases demeure une grande réussite technique et les décors, qui proposent une continuation intéressante surréalistes des œuvres de ce courant, citons Dali, élèvent le niveau de ce comics à des cîmes rarement atteints.

Docteur Strange s’impose définitivement comme l’addition de deux grands talents, Lee et Dikto, dont la somme de leurs efforts dépassent le talent de chacun. Un excellent titre, hélas peu réédité, qui demeure la quintessence de ce qu’a proposé Marvel dans ces années 60 (comptons bien sûr les Fantastic Four, Spider-Man et encore Thor) et que les décennies suivantes n’égaleront pas.

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En ce qui concerne Steve Ditko et Docteur Strange, il fut félicité par les fans pour ses visions psychédéliques et notamment en ce qui concerne les formes étranges de ces décors. On finit par lui demander, notamment Roy Thomas, s'il prenait des champignons hallucinogènes pour avoir eu ces visions. Steve Ditko en fut très affecté et il s’en défendit avec vigueur tant il en fut outragé !

Encore une fois, tel est le paradoxe de S. Ditko...

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Published by Bastien Ayala
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