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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 08:19

 

 

1ère partie

 

Susan Cabot est peu connue en France, seulement des cinéphiles les plus avertis du cinéma fantastique. Elle a arrêtée le métier d’actrice en 1959, ses films les plus notoires ne sont pas exactement de grosses productions, et elle n’a aucune autre connexion artistique qui aurait pu la faire connaître du public français.

Pourtant, le talent et le destin peu communs de Susan Cabot méritent quelque peu que je vous la présente.

 sc.jpg

 

Née en 1929 à Boston, Susan Cabot eut une enfance instable puisqu’elle a déménagée 8 fois.

Aussi, elle voulut s’émanciper et elle fut dessinatrice puis, pour améliorer un ordinaire difficile, elle devint actrice de cabaret puis de théâtre.

 susan-cabot.jpg

 

Elle fut donc actrice à 18 ans et sa beauté lui permit alors de travailler régulièrement en alternant des émissions télévisées puis des petits rôles au cinéma. Elle décrocha même un contrat avec Universal, les contrats étaient une garantie de tourner pour les acteurs et un mode de gestion courant des studios, et sa carrière fut lancée, sans qu’elle soit réellement devenue une star puisqu’elle renoue de temps en temps avec les séries télévisées.

Des productions qui nous sont désormais invisibles, puisque ce type de films survit difficilement dans une exploitation durable.

 Teenage-Caveman.jpg

 

Mais sa carrière nous est plus familière dés 1957 car elle travaille alors pour Roger Corman.

Roger Corman est le pape de la série B, il a su concevoir, produire et réaliser des petits films de genre qui s’inscrivirent dans la mouvance de ce qui fonctionnait alors, des genres variés tels que les films pour le public féminin, de guerre, policier et…d’horreur !

 

Roger Corman, incroyablement doué, savait alors s’entourer de jeunes talents aux potentiels énormes à qui il offrait une première chance bien que très faiblement rémunérée.

Certains de ses films, bien que tournés en 15 jours pour la plupart, sont incroyablement captivant bien que tout demeure réalisé à l’économie. Mais le talent de Roger Corman permet de faire la différence et ses films ne sont jamais ennuyeux.

 3269__x400_viking_women_and_sea_serpent_poster_01.jpg

 

Aussi, Susan Cabot tourne des films avec Roger Corman qui, cela fut la seule fois à ma connaissance, la prend sous contrat exclusif.

Ces films ne sont pas des chefs d’œuvre, loin s’en faut, mais ils présentent tous une originalité, un intérêt voire une dynamique qui leur permet de se faire favorablement remarquer dans un océan de films du même calibre.

 

L’association Roger Corman/ Susan Cabot produit des étincelles, ce n’est désormais plus un mais deux talents majeurs qui servent ces petites productions.

Passons Carnival Rock, film invisible en France, pour nous attarder sur Sorority Girls.

Les Sorority Girls sont des étudiantes de facultés américaines qui vivent ensemble.

Susan Cabot joue Sabra Tanner, une adolescente mal dans sa peau qui va se revèler démoniaque jusqu'à exploiter cruellement les souffrances de ses pairesses. Un film d’exploitation, c’est à dire un film destiné à exploiter un créneau, mais qui se permet d’être intelligent et qui esquisse même une intéressante étude de personnage, celui de la retors Sabra Tanner, Susan Cabot en l’occcurrence.

 soroty-girl-affiche.jpg

 

Si le prégénérique annonce quelque peu des relents de sorcellerie, que l’on ne verra jamais mais le film pourrait effectivement décrire les premiers pas d’une sorcière moderne, la performance de Susan Cabot est incroyable. Elle joue une collégienne alors qu’elle a trente ans passées, et l’illusion est fort crédible !

Son jeu demeure l’un des tous meilleurs que j'ai jamais vu : elle est extrêmement convaincante et elle parvient à crédibiliser son personnage, prise entre ses tourments intérieurs, ses frustrations, qui choisira le mal pour finalement se retrouver rejetée par toutes ses pairesses. Un film mineur, mais qui se trouve servi par un talent majeur.

 

Susan Cabot  enchaîne dans un second rôle avec les Femmes vikings et le serpent de mer.

Un film assez insensé, plutôt original qui narre les femmes d’une tribu de femmes viking partir à la rescousse de leurs maris ou compagnons, retenus prisonnier dans un royaume adverse séparé par une mer et…un serpent géant !

Encore moins de deux semaines de tournage pour Roger Corman, pas mal d’astuce et de dynamisme dans sa mise en scène, et ce Femmes vikings et le serpent de mer demeure un film agréable pour peu que l’on soit indulgent.

 viking.jpg

 

Susan Cabot tient le rôle de la traîtresse qui convoite un homme de sa tribu lié avec une autre. Elle tentera de manipuler son entourage comme ses adversaires et, sachant qu’elle ne l’aura jamais, elle décide de se sacrifier pour que sa tribu puisse regagner leur village.

Encore une prestation totalement réussie, alors que ce rôle demeure assez mutin, tout en retrait et servi avec finesse. Un second rôle et une seconde prestation très convainquante, que nous réserve encore Susan Cabot ?

 susancabot15.jpg

Son film majeur demeure Machine Gun Kelly.

Il raconte l’histoire de ce truand, Kelly, qui a la réputation de ne tuer qu’avec sa mitraillette.

En effet, malgré une attitude cyclothymique, il réalise un braquage, puis il tue des rivaux pour enfin se risquer à un enlèvement d’une enfant.

Machine Gun Kelly élabore une caractérisation intéressante de ce tueur, tantôt prudent jusqu’à la lâcheté, tantôt remonté à bloc. Entre ces deux pendants très différents, se trouve son épouse, jouée donc par Susan, qui parvient à exercer sur lui un tel ascendant que le moineau se transforme en fauve.

 

Machine Gun Kelly permit à Charles Bronson de jouer l'année suivante dans les 7 mercenaires.

Ce fut son ticket d’entrée vers la gloire mais Susan Cabot compose encore, avec talent et conviction, un nouveau rôle tout aussi différent des deux autres, celui d’une femme sans qui Machine Gun Keely ne serait rien.

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Ce fut Roger Corman qui, pour répondre à la demande de ses producteurs de l’A.I.P (dont le « père » de Jack Nicholson, imagina l’histoire de ce film qui s’inspire d’une histoire vraie !), qui changea de genre avec, une fois de plus, inspiration.

Machine Gun Kelly était le film qui a établit la réputation de Roger Corman, et ce avant son cycle d’Alan Edgar Poe.

 TheMasqueoftheRedDeath.jpg

 

Je vous renvoie d’ailleurs sur ce dossier remarquable de Roger Corman, écrit par Walter Presley. Il est l’un des plus complets jamais réalisés puisque, à part un livre de Stéphane Bourgoin, Roger Corman demeure assez peu traité en France, ses films n’ont pas été beaucoup importés en France à part le cycle d’Edgar Poe ( pourtant célébré à l'époque par l’austère Cahiers du cinéma, pour qui le cinéma ne se conjuguait pas avec distraction).

 

Mais il nous reste le cas Susan Cabot et son destin, si particulier…

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

Tietie007 17/10/2011 14:12


Elle est superbe dans Mitraillette Kelly !