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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 08:00

 

2ème partie

 

Susan Cabot n’a pas ce qu’on peut appeler, en cette année 1959, une carrière retentissante ou  les portes d’Hollywood grandes ouvertes.

Son dernier film, encore un Roger Corman, était quand même  The wasp woman.

 

Un scientifique se sert d'une substance adn des abeilles, puis des guêpes, pour rajeunir les tissus humains. La propriétaire d'un empire de cosmétique, jouée par Susan Cabot, l'engage et, malgré les réserves du scientifique, décide de tester sur elle ce produit révolutionnaire.

 

the-wasp-woman-1960.jpg

 

Un peu trop révolutionnaire, même, puisque le contre coup de la formule est assez violent : il la change en femme guêpe  qui fond sur ses proies pour aller ensuite les dévorer dans un antre secret. Un employé découvrira le pot aux roses et sauvera de justesse une ultime victime.

 

the_wasp_woman_poster.jpg

 

Une fois de plus, Susan Cabot parvient à jouer avec conviction une femme qui tente de sauver son entreprise, au péril de sa vie et qui sait plus ou moins qu'elle devient quelque chose d'horrible la nuit venue. Elle tente un temps de mettre à l'abri ses employés, mais aussi potentielles victimes, mais son nouvel état à raison de ses véhélités. Cette dichotomie dans le rôle est un des points très intéressant du scénario, hélas trop peu développé, car le film demeure assez bref et les manifestations de la femme guête se réduisent à trois attaques.

waspWomanSPx2.jpg

Susan Cabot parvient, par la magie de l'éclairage mais surtout par la conviction apportée à son jeu, à paraître une femme de quarante ans qui subit un cruel vieillissement qui annonce le déclin de son entreprise. Puis, au fur et à mesure de l'intrigue, elle redevient une jeune femme de vingt et quelques années ! Bluffante performance ! 

La femme guêpe est un bon petit film qui n'a aucune prétention mais qui demeure efficace...

 

WaspWoman2.gif

 

Susan Cabot abandonne le cinéma pour mener sa destinée ailleurs. Il est vrai que la femme guêpe représente peut-être le terme de ses ambitions artistiques...Bien que convaincante dans un film aux ambitions si mesurées, tourné pour 50.000 $ seulement en très peu de décors, il est vrai que la carrière de Susan paraissait la mener dans une impasse.


Notons que son talent est grand, réellement grand, et que sa capacité à intérioriser les rôles, tout comme la conviction qu'elle met dans son jeu,  demeure peu égalée à ma connaissance.

C’est donc une Susan Cabot délivrée du cinéma qui construisit sa vie mondaine.

 

Susan Cabot fut donc l’amie « intime » de Marlon Brando.

C’est assez amusant de constater qu’elle fut liée à Marlon Brando puisqu’il s’agit, en définitive, d’une paire des grands talents de leur temps, même si Marlon fut consacré alors que Susan ne le fut jamais.

 423094368_7bd33ef4af.jpg

 

Toujours est-il que la vie mondaine de Susan ne s’arrêta pas là puisqu’elle fréquenta longuement un autre homme au rang assez élevé, le roi Hussein de Jordanie.

Hussein fut immensément riche et l’idylle dura quelques années. Elle prit cependant fin quand le roi apprit que la mère de Susan, de son vrai patronyme Shapiro, était juive.

Le roi Hussein déclara publiquement qu’il ne la connaissait pas mais ils continuèrent à se voir secrètement, de même que la liaison entre Marlon et Susan continua.

Un fils naquit en 1964, Timothy , mais il fut atteint de nanisme. Nul ne sait d’ailleurs qui était le vrai père…

 mk.jpg

 

Toujours est-il que Susan Cabot refusa que son fils demeure un nain pour le restant de ses jours et elle s’appliqua à ce qu’il teste tous les traitements, parfois même expérimentaux, pour qu’il aie une existence normale. Susan était elle-même petite et elle a toujours penser que ce défaut physique l’a empêchée d’avoir la carrière qu’elle méritait.


Ce fut d’ailleurs le trait de caractère essentiel de Susan : une femme battante, qui a réussi à exceller dans le cinéma, sa première carrière, puis dans la vie mondaine avec un succès différent.

 gunsmoke-u.jpg

Les années passèrent et Susan épousa finalement un acteur, Michael Romain en 1968 soit 4 ans après la naissance de Timothy qu’elle a eu à 37 ans. Mais des problèmes survinrent, on parle d’une personnalité de Susan que l'amertume rendue très difficile à vivre, aussi Michael et elles divorcèrent en 1982. On dit également que Brando, autant que le roi Hussein, continuèrent à soutenir financièrement Susan.

susan-cabot-timothy.jpg

Mais elle a quitté ces deux mondes qui lui ont tant apporté, le cinéma et la vie mondaine, pour vivre seule avec son fils dans des rapports difficiles.

 

Aussi, le 10 décembre 1986, Timothy appela la police qui trouva morte Susan Cabot.

Timothy expliqua aux policiers qu’un latino habillé en Ninja était venu pour les cambrioler et qu’il n’aurait pu sauver sa mère. Cette version ne convainquit nullement les policiers et Timothy avoua finalement : il a lui-même tué sa mère.

Timothy, probablement handicapé par les traitements et vivant reclus avec sa mère, fut condamné à 3 années de prison.

 Black_Rose.jpg

 

Très triste destinée pour cette actrice de grand talent…

Mais un biopic fut envisagé il y a quelques années sous le nom de Black Rose.

L’actrice envisagée était Rose MacGowann, dont je n’ai apprécié aucun de ses films ou de ses prestations, l’actrice étant en outre un rien sulfureuse. Enfin, elle pourrait pour la première fois de sa carrière tenir un rôle en or et rendre hommage à une si grande actrice dont le destin fut frappée par des malheurs à la hauteur de son talent…

 

 scabot.jpg

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Published by Bastien Ayala
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commentaires

DANIEL 13/02/2012 23:16

Bravo pour cet article sur une artiste magnifique que je viens de découvrir dans "sorority girl". Quel destin étrange et tragique !

Bastien 14/02/2012 19:30



Bonsoir et merci pour votre réaction, Daniel !


 


Vous avez bien perçu le réel intérêt de "Sorority girl" puisque si le film est un peu terne, la prestation de Susan Cabot est, elle, éblouissante !


En outre, si vous regardez d'autres films où Susan Cabot joue, vous vous rendrez compte aisément à la fois de sa diversité et de son talent. Elle joue ici une adolescente (Sorority girl", là une
quarantenaire (The wasp woman), une femme viking résolue mais mutine (Women vicking and sea serpent) ou encore la femme dominatrice (Mittraillette gun Kelly).


Je regrette également, pour ma part, d'avoir été l'un des seuls à lui avoir salué son réel talent. J'aurais aimé que cet article soit plus étoffé mais Susan Cabot a arrêté sa carrière en 1959,
après Wasp Woman, et elle nous a quittés dans les années 80... Très peu d'articles en français lui ont été consacrés et même Roger Corman était peu disert sur elle dans sa fameuse biographie...


En outre, ce projet de biopic nommée Black rose est toujours en veille...Quel dommage !


 



Bastien 28/05/2011 21:36


Bonsoir Gilles-Bernard.

Je suis entièrement d'accord avec vous : l'article n'est pas aussi exhaustif que je l'aurais souhaité.

Oui, il est naturel de rester sur sa faim.
La difficulté que je rencontre dans un article sur un sujet que trés peu de lecteurs ne connaissent consiste à le rendre relativement intéressant pour le néophyte.
Je ne sais pas si je réussis à chaque fois...

Pour les sources, je me suis documenté sur internet, dans les multiples sources que j'ai pu consultées, en anglais bien sûr mais aussi au fil de lectures diverses.

Pour que vous réalisiez la difficulté à collecter des informations sur Susan Cabott, même Roger Corman dans sa biographie ne relate presque rien sur elle !

Cependant, l'objet de ce portrait consiste à rendre hommage à son talent d'actrice, qui pour moi est réel. Sa destiné a été encore plus étonnante !


Gilles-Bernard ADDAD 28/05/2011 20:33


Frappé par le destin peu banal de Susan Cabot, son jeu d'actrice convaincant dans "the wasp woman", et sa beauté discrète, j'ai été plutôt intéressé par l'article en ligne de Bastien Ayala. Je
reste cependant sur ma faim en me demandant à quelle source ces informations ont été puisées. Si quelqu'un pouvait m'indiquer où en obtenir davantage, je lui en serais reconnaissant.
Gilles