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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 07:22

2ème partie

 

L’ascension irrésistible de Rob Liefeld déstabilise violemment les fondements même de l'industrie et la conception de ce que l’on considérait alors comme un bon comics : une histoire bien menée, dessinée par des artistes scrupuleux dans le rendu de leur art.

Tout ça, désormais, c’est du passé !

Les contenus des histoires sont faméliques, les histoires sont indigentes, les cases par page dépassent raremenun unités, avec une préférence  marquée pour les pleines pages, et les dialogues sont effrayants ! Bref, les paramètres de l’industrie et la tradition d’une tradition qualitative sont soudainement remis en cause par ce gamin bruyant, tapageur et assez peu soucieux de l'héritage de ce média !

 

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Rappelons que Grant Morrison, Mike Mignola et d’autres furent consternés par si peu de talent et autant de succès. Alors ils jetèrent à la vie vite un scénario qui parodie le style Liefeld pour se nommer Doom Force. Le style graphique parvient même à reproduire les tics graphiques de Rob, histoire de prouver que c'est vraiment très basique !

Un des acteurs dit que ça n’aurait jamais dû dépasser les simples délires entre potes. Mais l'intrigue, simple et élémentaire, a quand même été reprise par Rob et Top Cow !

 

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                               (2 Miss Anatomie selon notre Rob Liefeld !)

 

En 1993, la bulle spéculative des comics explose et le marché rétrécit pour atteindre, à terme, 10% de ce qu’il  fut lors de cette cime.

Liefeld se fâche avec un autre "grand" du comics, Marc Silvestri, et il précède de peu l’expulsion de sa personne en démissionnant d’Image mais il avait déjà crée Maximum press où il va reprendre les mêmes formules faciles. Mais son  crédit s’est écroulé et il apparaît comme un dessinateur erratique. Soudain, les lecteurs se rendent compte que  sa production est très médiocre, que ses histoires et ses personnages sont risibles et, enfin, qu'il est un éditeur ridicule car ses titres, bien que mauvais, sortent inlassablement en retard !

Comment reconnaître ses titres excessivement mauvais parmi tant d'autres ? Simplement car ils sont nommés avec des appellations risibles, des termes succincts mais rageurs  comme « blood », « death », « strike » ou alors ils proposent une réinterprétation des icônes des autres concurrentes : « Glory » pour Wonder Woman, « Kid supreme » pour Superboy puis une logorrhée de photocopies des X-men, Wildcats ou Cyberforce (hi, hi, hi).

Mais il y a pire, bien pire !

 

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Rob est en quelque sorte indélicat, il spolie ses « amis » pour mieux les entuber comme Mike Deodato qui monte un studio avec ses compadres pour dessiner les Glory de mauvaise mémoire. Prétextant que ce n’est pas Deodato qui dessine en personne, Rob refuse d’honorer les salaires (alors qu’il le savait très bien !). Rob dépossède carrément Coven de son collaborateur Ian Churchill puis il publie des concepts/prototypes de Kurt Busiek avait développés en vue d’un contrat qui n’est jamais venu. Je crois que vous réalisez maintenant le soufre que dégage Rob dans le milieu alors qu’il avait prôné une reconnaissance des droits d’auteurs comme démarche de sa fondation d’Image.

 

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Donc Liefeld est un pestiféré du monde des comics qui dessine de temps à autre quelques pages en vue d’un grand cross over où il reprend servilement les règles édictées par Crisis : "rien ne sera jamais plus comme avant et où un tel va mourir".

 

Mais le problème est que tout le monde se fout de ses personnages nuls qui apparaissent de nulle part et dont on nous promet de nous révéler les origines mystérieuses pour le prochain numéro. N’est pas Serval qui veut! Alors les pré commandes sont insuffisantes et Rob rengaine ses crayons mais il dispose, encore et toujours, d’une aura (sulfureuse) dans le landernau des comics, voire d’une audience !

 

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En outre, Rob a un énorme défaut en tant que dessinateur, il ne réussit que trois expressions faciales qui sont la bouche ouverte et rageuse, la bouche serrée et l’étonnement qui est fort amusant.

 

Je rappelle que Liefeld n’a jamais appris la moindre anatomie puisqu’il a été engagé à 18 ans, et cela se voit ! Ses dessins sont fait à main levé au mieux et je n’ai guère vu qu’un dessin abouti de lui.

Regardez les big guns qu’il dessine sur une couverture (récemment, naguère ou jadis, son style n’a pas évolué). Il a le style le plus simple à imiter pour un dessinateur débutant avec quelques traits autour du visage en pointillés et une pose fondeuse.

 

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Ainsi Marvel le rappel pour Heroes Reborn, une farce de mauvais goût où l’éditorial pousse vers des cross over massifs (mais qui ont suscité l’adhésion de fans) après Onslaught.

Rob va reprendre Captain America et le résultat est ignoble tant au niveau des dessins (à moins que le personnage était atteint d’une déficience trisomique pour le rendre humain ?) et le scénario naze, pompé sur Total Recall.

 

Sur Avengers, c’est un brin mieux mais Marvel se rend compte de son erreur et met fin au massacre au bout de 6 mois pour être repris par Wildstorm pour un total de 13 numéros.

Viré par la petite porte et désavoué, Rob reprend ses idées de Cap’ pour le transformer en Fighting América après un arbitrage serré avec Marvel et la location du personnage auprès de Joe Simon et la famille de Jack Kirby.

 

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Rob trouve vers 1996 des investisseurs et il redémarre l’intéressante aventure de Awesome comics, et il a surpris tout le monde en engageant Alan Moore pour trois moments forts des comics modernes : Supreme transformé en cime des comics et du fort bon cross over Judgement day. Puis enfin un zest de Youngblood amélioré.

 

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Je vous recommande les deux premiers, Supreme ayant eu le droit à une parution chez Panini puis une seconde chez Delcourt pour une seconde partie publiée au début de cette année 2010. Une belle initiative en direction du public français...  

 

Judgment day a été traduit par Panini et c’est un régal d’œuvre maîtrisée comme un polar doublée d'une critique sur les super héros.

Quasiment ce que Liefeld a généré  de mieux pour le milieu des comics…

 

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Mais les ventes ne sont pas assez massives, et cruelle déception, Liefeld est lâché par ses investisseurs. Aussi il ferme Awesome. On le dit en faillite, poursuivit par le fisc américain. Il serait, en outre, incapable de rassembler une audience conséquente pour la survie d'un titre....


Il revint donc de temps en temps chez Marvel pour un Cable mal dessiné et pataud puis DC nous a fait un coup éditorial (une douche froide) en le reprenant pour 2 épisodes des Titans, les 19 et 20.


A cette occasion, le hâbleur et bonimenteur Liefeld clame avec sa duplicité habituelle que les Youngblood avaient été crées pour rencontrer les Teen Titans dans une fantastique épopée.

 

Quel tissu de conneries ! Ce qu’il y a d’amusant chez Rob, c’est qu’il paraît d’une désarmante sincérité lors des interviews et on aurait la réelle impression qu’il était sincérement victime d’erreurs de jeunesse, Bullshit !

 

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Il a fait sensation dans l’intervalle en recrutant le génial Mark Millar (j’aimerais qu’on m’éclaire sur ce point car j’ai loupé cette info) pour reprendre ses Youngblood dans sa nouvelle boite d'alors, éphémère, nommée Arcade comics.

 

Seul un numéro est paru et il n’est pas terrible quoique toujours aussi gore. Mais, comble de l’outrage, il montre deux clones de Serval et Cyclope en train de faire une fellation sous-marine à un Youngblood !

 

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Marvel, pour une fois, n’a pas dégainé mais elle aurait du faire un procès à Rob, il leur aurait cédé ces personnages et les créateurs spoliés seraient vengés !


Comme je l’ai écrit tantôt, Liefeld est vraiment irresponsable et si les médias auraient fait une polémique autour de sa violence excessive, les comics auraient pâti dans leur ensemble alors qu’ils sont dans une situation périlleuse…Mais aux U.S.A, on peut manifestement mettre autant de violence et de bêtise que l'on veut dans un comics sans être inquieté ! Par contre, gare au moindre sein féminin dénudé !


Je crois que cette situation excessive de violence et de bêtise résume bien le legs qu’a affligé Liefeld aux comics, une sorte de gamin peu instruit, qui a bénéficié d’une chance insolente qu’il a gaspillée, dilapidée puis des artistes qu’il a trahis.

 

Il ne garde que la mauvaise foi et une communication tapageuse et frondeuse comme unique ressort.

 

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L’actualité de notre cas d’or est bien pauvre ! Manifestement incapable de trouver de nouveaux concepts (comprendre : de puiser chez les copains), il retourne de temps en temps sur les personnages qu’il a créés, tel Deadpool ou Cable et encore Shatterstar, afin de rentabiliser ce qu’il lui reste d’aura pour des personnages datant d’il y a… presque 20 ans !

 

Ses projets « ambitieux », tel le fameux/fumeux Armageddon now ! n’a pas dépassé le stade de preview !  Rob Liefeld n’a décidément plus la côte !

 

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Notons que la prima donna du comics de série Z semble être ruinée. Il aurait en effet bien mal géré son empire de comics et se retrouverait en proie au fisc américain. Volatilisé sa fortune de jadis, de même que l’immense intérêt que lui portait les fans disposés à acheter ses comics en masse, malgré un retard insolent (genre Scott .J.Campbell ou Mad mais avec une nullité infailliblement au rendez-vous).

 

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Depuis lors, Rob Liefeld n’a pas brillé, loin de là !

Ses dernières séries n’ont pas marché, ou alors elles n’ont plus d’écho malgré le fait que, bizarrement et en regard du passif, Rob Liefeld ait rejoint contre toute attente Image comics. Ce fut donc pour une énième relance de ses Youngblood, ce qui pourrait d’ailleurs constituer la quatrième relance du titre. Malgré la présence aux scénarii du malin Joe Casey, cette mouture de Youngblood  n’est pas un succès commercial, loin de là.

 

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En vérité, vous aurez un peu prés tous les 10 ans une nouvelle relance de ce titre. Pourquoi ? Parce que selon la loi américaine, afin de garder la propriété du titre, il convient de l’exploiter avant un certain laps de temps.


Ce ne fut pas le cas pour ce pauvre Ian Churchill dont les créations, Lionheart ou encore The Coven, furent vendus par le pauvre Rob à Avatar alors que Ian Churchill avait pourtant une partie du copyright en étant nommé créateur !

 

Rob Liefeld, l’ami des créateurs selon les déclarations tapageuses émises dés la fondation d’Image comics ? Rappelons, encore un cas qui a remonté à la lumière, que Kurt Busiek avait pitché à Rob une nouvelle mouture de Youngblood et que, sans jamais être payé pour cela, Rob l’a ressortie en mettant en gros « d’après Kurt Busiek » !

Non, ce serait même un cas d’école pour les mauvais coups dans le domaine des comics…

 

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Il s’agit d’une très rare fois où je n’ai aucune compassion pour un créateur de comics du fait de son attitude scandaleuse envers ses employés et pairs, j’espère ne plus le voir où que ce soit et franchement, je n’ai pas à boycotter ses comics car ils sont trop nul pour être achetés.

D’ailleurs fait amusant, Panini a éludé ses épisodes de Teen Titans !


J’ai encore une interrogation d’ordre métaphysique sur Rob : dans Yougnblood strikefile 1, son Die hard se cogne deux drones sur une splash page, or j’ai scruté la page comme le ferait sans doute Sherlock Holmes pour savoir où a bien passé une de ses jambes. J’y suis revenu un bon moment fasciné par l’incongruité de la chose en me demandant si il y avait un code mystique ou un angle subliminal pour appréhender la chose, c’est ça le style Liefeld !

 

 

 Note : Voici un lien vers les 40 pires outrages graphique de Rob. Bizarrement, il s'agit de l'un des liens le plus important que l'on trouve sur le net à propos de Liefeld !

 

Je vous recommande la lecture, si ce n'est l'achat, de Comics culture no 1. Vous pourrez lire, outre un excellent article dédié à Jack Kirby par Jean Depelley, un article sur notre Rob écrit par Franck Patinaud. Fort bien écrit, cet article rend grâce à Rob là où je le sabre... Il faut toujours comparer les avis contradictoires !

 

Pour le commander, veuillez vous rendre dans les liens et le demandez directement à Fred, en posant une question dans les commentaires !!

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Published by Bastien Ayala
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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 08:09

1ère partie

 

Rob Liefeld est un cas, un paradoxe. Voici un « artiste » des comics qui a vendu par millions d’exemplaires de revues portant son « art » ou plutôt sa patte leste, qui a crée un nombre incroyable de personnages, qui a possédé plus de quatre compagnies de comics, qui a engrangé une véritable fortune, mais qui conjugue comics, violence et nullité.

Retour sur un auto proclamé « génie » des comics qui a quand même ébranlé le landernau de comics au début des années 90. Ce qui lui a fait plus de mal que de bien.

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Rob est né en 1967 d’un père pasteur. Le jeune Rob a une adolescence à l’america way of life, c'est-à-dire qu’il a souvent été laissé devant la TV américaine, et on peut dire que celle-ci l’a écervelé plutôt qu’elle ne l’a instruit. Je subodore également que le jeune Rob n’a pas été très assidu à l’école mais qu’il s’est plutôt appliqué à dessiner en autodidacte.

 

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Toujours est-il qu’à l’age fort remarquable de 18 ans, il gagne un concours de DC pour dénicher des jeunes talents et embraye sur une mini série limitée en 4 parties « Hawk and Dove ». Le titre est pris en main par deux acteurs du monde des comics, Karl Kessel et sa femme Barbara. Karl est un solide encreur, qui se révélera être un scénariste capable quelques années plus tard tandis que sa femme est une éditrice qui s’essaye à l’écriture. Tiens comme le couple que forment les Simonson !

Bref, des talents honnêtes mais pas l’acmé non plus des comics américains.

La confection de la mini série pose quelques problèmes dû à Rob mais son style est rehaussé par Karl et Barbara revoie un brin son script pour le réadapter aux fulgurances artistiques et fougueuses du jeune poulain.

 

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La collaboration avec DC s’arrête là mais Rob rebondit pour se retrouver chez Marvel sur New Mutants où il collabore avec Louise Simonson pour mener la série jusqu’au 100.

IL apporte une certaine énergie dans cette série qui ne rivalisera jamais avec ses grands frères X-men en termes d’intérêt et de qualité et il commence à créer quelques personnages qui sont encore sa marque de fabrique : Cable et Deadpool !

 

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Quand j’écris « créer », je tiens tout de suite à approfondir une constante qui sera centrale dans l’œuvre de Rob. Il balance ici ou là un de ces personnages bariolés au nom simple mais efficace ou tapageur, il est dit qu'il était en contact avec les héros à l’occasion (Cable et Serval se battent pour régler un vieux contentieux) afin de leur créer un passé et ça s’arrête là !

Autant dire que chacun d’entre nous peut créer à la volée une poignée de personnages et les poster le soir dans le forum de comics place !

Absence totale de caractérisation, de personnalité qui ne dépasse pas quelques lignes de dialogues, et enfin un trouble sur les origines qui indiquent implicitement que ces personnages ont de l’importance. Voilà le style de Rob Liefeld en matière de création, ce coup-là, il le reproduira jusqu’ à l’écoeurement pendant des années !

 

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La série sera quand même un succès et, fâché avec la laborieuse Louise qui ira créer un quatrième titre sur Superman nommé Man of Steel (avec quasiment aucune histoire intéressante), il prendra les destinés d’un revampage nommé X-force.

 

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Enorme succès des comics de plusieurs millions d’exemplaire, X-force laisse la carte blanche à Rob, aidé aux dialogues et au script par Fabian Niecieza (une autre star qui a perdu de son aura) lance son imagination à la face du monde. Et encore une fois, c’est brouillon voire mauvais. Son équipe fait du terrorisme à l’envers chez les vilains, Rob balance à l’encan une histoire de 12 élus dont il a une faible (ou médiocre) idée de ce qu’elle sera. Le meilleure est que cette histoire pas folichonne permettra à Marvel de nous pondre un énième cross over oubliable dont ils ont le secret  Il crée à l’époque Image comics et délaisse très vite le titre dont il aura de toute façon confié le graphisme à son disciple Mark Pacella. Mais Rob est déjà pressé, il a fait édité par Malibu comics un recueil de rough et de dessins prépartoires de mystérieux personnages qui constituraient une équipe du nom de Youngblood. Le retentissement de cette nouvelle équipe sera sensationnel et ébranlera durablement l'industrie des comics.

 

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Tout ira vite et très fort dans les débuts des 7 pour Image comics, il dégaine le premier et son Youngblood vend 650.000 exemplaires, un record qui sera pulvérisé par Spawn (1.700.000 exemplaires).

Arrêtons-nous un moment sur Youngblood qui est quand même quelque chose. Rob crée à la main levée une ribambelle de personnages avec, certains comme Die-hard ou Badrock des look puissants.

Mais l’action du premier épisode est présente mais elle est narrativement incompréhensible : l’épisode démarre sur une bataille, embraye sur une seconde qui ne sera pas résolue ! Les personnages sont esquissés (à la louche), les dessins sont assez minables (mais la suite sera pire) et les couleurs sont affreuses. Mais ça marche ! On nomme ce style « in your face » et il propose aux ados d’alors une adaptation défouloir et crétine sauce MTV et autres délires dignes de Jackass.

 

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Rob recrute à tour de bras des graines de prodiges en devenir (Pat Lee, Marat Michael, Dan Fraga, Dan Panosian) et en recrute d’autres comme Jae Lee ou Paul Mount, Stephen Platt  sous le label Extreme.Certains auront une belle carrière et sauront, ultérieurement, apprendre à dessiner et même à devenir un solide artiste. D'autres végéteront dans les petites firmes, citons Dan Fraga, qui seront à jamais prisonniers de leurs carences artistiques de la formation "made in Liefeld". Tout un programme.

 

Comme Stan Lee, mais en plus minable et adulescent inculte, Rob embraye des concepts à une vitesse éffrenée pour que les titres sortent et bénéficient de son aura.

On aura le droit à Supreme, Team Youngblood, Glory, Brigade qui sont tous des sous concepts avariés aux destinées diverses bien qu’ils ne résistèrent pas longtemps à l’érosion de sa propre mode.

 

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Deux points majeurs sur lesquels il convient de statuter,  sur sa production d’alors :

-D’abord les comics d’Extreme sont gore, incroyablement gore. On m’en avait passé un où Supreme intervient au numéro final pour éventrer ou charcuter l’équipe, il me semble que cela se nommait Bloodstrike ! Je fus assez choqué.

L’industrie avait de la chance à ce moment-là que la violence soit moins surveillée que le sexe dans les comics car si il y avait eu une seconde vague comme le Dr Wertham dans les 50’, toute l’industrie aurait vacillée. Rob avait un lectorat ado mais il ne prenait pas en compte le problème de l’ultra violence. On est quand même loin de l’épopée de Stan Lee par exemple !

 

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-Rob aurait gagné dans cette première année 20 millions de $ (chiffre d’affaire, bénéfices ?) alors notre prodige voit grand, et loin.

Il construit une navette spatiale décor qu’il emmène en convention quelques rares fois puis il s’en lasse.

Des figurants déguisés en Youngblood parcourent les conventions.

La venue de Rob déclenche une hystérie proche de celle réservée aux rock stars (hélas, pas de belles minettes dans le  public mais des petits ados ventropotents).

Liefled et sa team se ballade avec du pognon plein les poches et, pour s'amuser, balancent de temps à autres dans la foule un Youngblood no 1 édition machin chose. Son audience est prête à s'étripper entre elle pour l'obtenir.

Il surmultiplie ses comics proche de la mauvaise série Z en terme de viduité des personnages et de faible cohérence mais le tout ne fonctionne que pour un temps....

Rob Liefled a atteint des sommets, en terme de ventes et de notoriété. Plus dure sera la chute pour notre "rock star" des comics...

 

Bonus : la fameuse pub de Lewis qu'à fait notre Rob. Elle est hilarante !

 

 

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 08:04

 

3ème partie

 

Année 70 et 80 : le cinéma populaire italien est en crise, si ce n’est en récession, à cause des télés privées qui fleurissent en grand nombre et qui proposent des programmes pour enfants toute la journée. Les films s’exportent de moins en moins bien mais, malgré tout, notre saga des 3 Supermen continuent à croître en dépit d’un étiolement du concept de base, d’un renouvellement presque total des têtes d’affiches ainsi que l’irrégularité des sorties.

Voyons ce que cela donne…

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Supermen contre les amazones étaient un peu à part dans la « continuité » de la série. Le concept était dénaturé, les codes n’étaient pas respectés et le résultat en a laissé plus d’un abasourdi.

 

Le Supermen suivant se nomme les 3 Supermen contre le parrain et il date de 1979.

Produit par Bitto Albertini et réalisé par  Italo Martinenghi, il doit certainement le jour grâce à une coproduction avec…la Turquie.

D’ailleurs, une star du cinéma bis locale, Cüneyt Arkin intègre le trio qui, et cela est exceptionnel, réunit les deux cascadeurs de la série, Aldo Canti et Salvatore Borghese qui ont tour à tour interprété le même rôle : celui de l’acrobate muet ! C’est d’ailleurs Salvatore qui conservera ce rôle tandis que Aldo Canti aura un rôle parlant !

 

 

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Pas grand-chose à dire sur ce Supermen-ci, ci ce n’est qu’il noie une intrigue enfantine et décousue sous des gags parfois grossiers mais la bonne humeur du film, mêlée à une certaine indulgence, rend cet opus plus digeste que d’autres films de la série.

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Ce fut donc la dernière participation d’Aldo Canti/Nick Jordan à la série, puisque l’acteur fut retrouvé mort dans un parc italien l’année suivante… Une bien triste fin pour cet acteur, mais qui rappelle un fait assez peu connu du cinéma italien : les « acteurs » font des films mais, entre deux productions, ils reprennent leurs métiers divers de la vie courante. Hélas, le métier d’Aldo Canti était probablement lié à la mafia et il le paya fort cher. Un grand gâchis…

  

Alors que toutes les productions ou presque du bis touchent à leur terme, que même l’ultime genre du cinéma bis, l’épouvante et l’horreur, ne parvient plus ou presque à s’exporter durant cette seconde moitié des années 80, les 3 Supermen ont le droit, contre toute attente, à un ultime opus en 1986.

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Les 3 Supermen à Saint Domingue réunit donc notre trio, seul demeure Salvatore Borghese, pour des aventures arabesques ayant trait à l’espionnage puisque tout le monde surveille tout le monde sur cette si belle île.

 

 Le film est terne, un rien mou mais on retrouve quand même le dynamisme et l’esprit du premier film, le talent et l’ambition en moins. Les bagarres se succèdent mais les Terence Hill et Bud Spencer sont passés depuis par là et nos 3 Supermen semblent bien surannés alors qu’ils ont presque initiés cette mode.

 

 Un ultime opus qui ne s’explique que parce que les coûts de production étaient très bas à Saint Domingue, quasi nuls, et que les producteurs italiens ont toujours raffolés de ce pays, depuis qu'ils l'ont découvert, vers la fin des années 70.

Les 3 Supermen tirent donc leur révérence en 1986 ce qui fait de leur saga l’une des plus longue -19 ans- du cinéma bis populaire italien.

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Longtemps, ces films ne furent quasiment jamais chroniqués en France.

Pour ma part, je croyais même, que certains opus des 3 Supermen partageaient le même titre, pratique du retitrage courante chez nos amis transalpins, et que ce 3 Supermen-ci était qu'une chimère.

 

Il constitue donc le point d’orgue final de cette vague de super héros italiens colorée, initiée par le film Batman, qui a vu débarquer des héros saugrenus dans des aventures baroques et franchement datées… Un temps hélas révolu !

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Bonus : Je ne sais pas si Bides et musiques l’a chroniqué, mais l’ouverture musicale des 3 Supermen contre le parrain est tellement nulle et affligeante qu’elle en devient kitch et géniale.

 Cliquez ici pour l’écouter !

 

 

 

 

 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 07:41

 

2ème partie

 

Le premier film des 3 Supermen a manifestement bien marché dans les salles, commercialement parlant. Je lui connais au moins 3 affiches différentes pour son exploitation en France, ce qui signifie surtout qu’il est ressorti au moins deux fois. Aussi, un nouvel opus va lui succéder, puis encore un autre et les choses ne vont pas s’arrêter là ! Au moyen de Coproductions avec d’autres pays, la série des 3 Supermen va, mine de rien, durer de 1967 jusqu’en 1984 !

Voyons cela…

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L’opus suivant date de 1968.

Il s’agit des 3 Supermen à Tokyo qui voit en effet nos 3 héros, les personnages semblent être sensiblement les mêmes que le premier opus, pour les projeter au Japon. Nos héros sont donc envoyer au Japon pour une mission. Les acteurs ne sont déjà plus les mêmes. Exit Brad Harris, Tony Kendall (il n’y reviendra hélas plus) et Aldo Canti. Ce dernier est remplacé par Salvatore Borgese, qui sera là jusqu’au dernier opus et George Martin.

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Les Supermen à Tokyo est un film plutôt agréable, sympa, bien qu’il soit déjà bien moins bon que son prédécesseur. Il faut dire que, derrière la caméra, se trouve Bito Albertini. Un réalisateur assez présent mais qui ne s’est jamais distingué par ses qualités de réalisateurs si ce n’est qu’il a créée le premier Black Emanuelle pour le refiler à Joe D’Amato.

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Les séquences d’action sont encore réussies. Au chorégraphies d’arts martiaux se succèdent des numéros d’acrobaties qui sont somme toute assez agréables. Un petit film, mineur, mais qui reste encore dans les traces du premier.

Le second, les 3 Supermen dans la jungle, réunit nos 3 héros pour les envoyer dans la jungle face à une équipe d’amazones, entre une tribu d’anthropophages et des espions russes.

Brad Harris revient, George Martin et Salvatore Borgese sont encore là.

Le film s’adresse clairement aux enfants, et le manque d’ambition demeure patent. Bito Albertini est encore aux commandes, en qualité de producteur il s’est arrogé la série et celle-ci pique du nez.

On dira d’ailleurs adieu à Brad Harris et, avec son départ, le souvenir de l’excellent premier film s’évanouit. 1970 marque le pas pour la série.

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L’année 1973 nous délivre les 3 Supermen en Orient.

Il s'agit d' une coproduction entre la Shaw Brother et les italiens. Un petit film, mineur, pénible à suivre, mais qui bénéficie quand même de la présence d’acteurs locaux tel que Lo Lieh, qui a joué dans le premier film de kung-fu à avoir ouvert la voie aux USA : la main de fer !

 

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Il ne reste que, cela sera une habitude, Salvatore Borgese, dans cette histoire qui voit nos 3 Supermen trouver des alliés, en les dotant de leurs costumes anti-balles, puis défaire le consul américain joué avec délire par le grand acteur Jacques Dufilho.

Un petit film, encore une curiosité, pour un film qui s’oublie très vite !

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Le Supermen suivant, de 1974, projette nos deux acteurs récurrents, George Martin et Salvatore Borgese accompagné par Frank Brana -un nouveau venu - dans le temps.

En s’intéressant à une invention d’un professeur innovant, une machine à voyager, nos 3 Supermen sont projetés dans le temps, et dans l’espace, puisqu’ils se trouvent dans le vieil ouest américain, plus pragmatiquement dans les studios de western un peu en berne…

Le film est mou, indigeste, sans rythme et laborieux. Les ambitions de jadis sont au plus bas. Le réalisateur, Italo Martinenghi, qui sera aux commandes de l’ultimes opus.

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Le film suivant, en 1975, est encore plus picaresque que les deux derniers opus, et ce n’est pas peu dire.

Supermen contre les amazones est longtemps passé pour un nanar absolu, une sorte de bande dessinée pour enfants assez incroyable qui ose tout. Superman contre les amazons réunit un superman noir, un autre asiatique,  et celui que vous voyez sous la photo, ce qui marque le retour d’Aldo Canti à la série.

 

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Ce dernier est le protégé d’une sorte de champion qui s’est arrogé, par mystification, des pouvoirs surnaturels qui permet d’impressionner les amazones. Or ces dernières le tuent, et son assistant est tenu de prendre la suite. Il sera aidé par un hercule noir, dont les rôts sont capables de soulever les partenaires (vous avez bien lu !) puis un envoyé asiatique.

Un film mineur, disponible en France en vidéo, et considéré comme assez rare mais guère mémorable pour autant. C’est notre Bito Albertini qui est responsable de cet opus, qui casse totalement les codes de la série, et qui fera ainsi son adieu à la série… dont il ne reste plus grand-chose !

 

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Mais la suite est plus intéressante encore !

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 08:38

 

1ère partie

 

Le courtant du genre super héros à l’italienne était donc bien décevant. Certes, les italiens ont retroussé leurs manches et ils se sont engouffrés dans le genre sans complexe mais quasiment tous les films de cette vague était soit manqués, soit indigents. Il y eut toutefois une belle exception qui sortit chez nous en salles, à la fin des années 60 puis régulièrement rediffusée en salles après pour enfin avoir une toute petite sortie en K7 vidéo…

Les 3 Supermen s’illustrèrent comme la meilleure production du genre puisque nos 3 super héros vivent des aventures endiablées sans quasiment jamais de temps mort… Voyons cela.

 

Avant tout, il est préférable que vous voyez la bande annonce des 3 Supermen en cliquant ici !

 

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Au début du film, nos super « héros » sont deux. Ils investissent une place forte tenue par la mafia dans le but de faire un casse, telle est leur activité, et ils y prennent énormément de plaisir. Or, ils sont tombés dans un piège car ils étaient manifestement attendus !

 

 Arrosés de balles, devant se battre, nos deux lascars s’en sortent avec brio car leurs costumes arrêtent les balles, se qui leur permet de rire aux éclats alors qu’on les mitraille.

 Ils trouvent toutefois un agent plus coriace et plus puissant que d’habitude, un dénommé Brad, véritable colosse du F.B.I qui a monté ce subterfuge pour pouvoir les tester puis les engager.

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Nos duo d’amis refusent et s’échappent à l’aide de sauts incroyables mais Brad va littéralement les pister, les retrouver et finir par les convaincre de s’associer un temps avec eux pour combattre un savant nuisible capable de dupliquer n’importe quoi ou n’importe qui. L’équipe des 3 Supermen, fraichement constituée, passe alors à l'action.

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Les 3 Fantastiques Supermen ont pour qualité d’avoir su reproduire le rythme des sérails des années 30. Ils se passent toujours quelque chose dans ce film. Presque une scène sur deux est dédiée à la bagarre, au suspens ou à la poursuite.

 

On ne s’ennuie donc jamais dans cette aventure menée à tambour battant et l’équipe elle-même est intéressante.

 Il y a le leader de nos deux fripouilles, Tony qui est distingué et un peu Bondien, puis son acolyte muet mais acrobate hors pair nommé Nick. Ils seront rejoints, à contrecœur, pour les deux premiers par Brad, véritable Hercule, dans une épopée qui vise à arrêter un savant, fou comme il se doit.

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Une fois que les 3 Fantastiques Supermen débute, le film ne s’arrête pour ainsi dire jamais et on a le droit à de belles séquences bien exubérantes.

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 Aux scènes d’action, les bagarres, les poursuites ou encore les sauts périlleux, se succèdent une charmante séance dansante qui apporte une certaine légèreté ou encore une présentation du repaire des méchants qui est très bondienne.

 

Bref, c’est trépident, parfois même captivant si on est indulgent et que l’on se laisse prendre par ce film dynamique qui multiplie les embûches bien que nos héros gardent toujours leur bonne humeur !

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Nos cascadeurs italiens ne savent pas pratiquer les arts martiaux ? Qu’importe ! Ils vont se lancer dans des chorégraphies endiablées grâce aux meilleurs cascadeurs du circuit.

 

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 D’ailleurs, les bagarres annoncent de quelques années les pugilats de Bud Spencer et Terence Hill tant il sont frais et dynamiques. Il faut quand même voir le saut ahurissant de Aldo Canti qui saute d’une fenêtre pour rebondir sur l’avant d’une voiture. Jamais les enfants n’avaient vu cela car cette cascade est l'une des plus folles jamais vue sur grand écran !

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Derrière cette réussite du genre, la seule pour les super héros italien, il y a l’excellent Gianfranco Parolini. Cinéaste italien né en 1930, Gianfranco Parolini se distingue essentiellement de ses collègue par une grande propension à rendre ses films dynamiques et toujours funs à regarder. Le rythme, l’action, le mouvement demeurent des éléments parfaitement assimilés chez ce maître de l’action qui n’a pas toujours eu les moyens ou les films qu’il méritait pourtant.

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Gianfranco Parolini a réalisé les inédits Sartana, des péplums ou Hercule, et cette fameuse car inédite série des Commissaire X avec justement Brad Harris et Tony Kendall. Gianfranco Parolini va souffrir de la crise italienne du cinéma et il ne va s’illustrer une dernière fois sur un film ridicule, le Yéti géant d’un autre monde, qui copie le King Kong de Dino De Laurentis.

 

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Une copie d’un film déjà ridicule donnera invariablement un film ridicule ! Dommage pour ce maître de l’action qui a du lutter pour tourner, lutter contre des productions indigentes qui lui proposaient des concepts ringards ou indignes de ses possibilités.

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Brad Harris, notre premier Superman qui n'est que toléré par les deux autres, est un ancien universitaire qui s’est blessé durant ses études au football américain. Pour se remettre d’une blessure, il s’est mis aux haltères qu’il n’a jamais laissé par la suite !

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Héros de péplum italien, notamment ce Hercule se déchaîne où il terrorise Serge Gainsbourg qui prend un malin plaisir à admirer les instruments de torture de ses geôles, Brad Harris va parcourir les années 60 en tête d’affiche pour des rôles essentiellement voués au cinéma Bis.

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Il a d’ailleurs épousé une des (superbes) reines des péplum,Olga Schoberová, avec qui il eut une fille. Chose étonnante en ce qui concerne Brad Harris, les dernières photos que nous avons vues de lui nous le montrent toujours dans une grande forme (alors que son épouse semble vraiment défraîchie !).

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 Tony Kendall est le leader de cette équipe hétéroclite.

Il incarne donc le beau gosse un peu tête en l’air qui estime que s’habiller en super héros pour faire des tours pendable est cool !

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Tony Kendall a également traversé ces années 60 dans des premiers rôles, notamment celui de l'espion S3S ou encore le Commissaire X avec déjà à ses côtés Brad Harris. Beau gosse, il a décroché des têtes d’affiches sans problème bien que les critiques n’aient pas retenu chez lui de grandes qualités d’acteurs. Il est vrai que ces mêmes critiques aimaient bien pilonner le cinéma bis quand elle ne l’ignorait pas.

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Tony Kendall nous a quitté en novembre 2009 et il aura joué dans des films très hétéroclites telles ce retour des morts-vivants, en 1973 d’Amrando de Ossorio, qui demeure bien sympathique, comme toute sa carrière d’ailleurs.

 

 

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Le troisième superman muet et acrobate est joué par Nick Jordan, alias Aldo Canti.

Aldo Canti était un excellent cascadeur acrobate qui est passé de cascadeur au stade d’acteur, second couteau, par chance et par talent. Il a joué dans pas mal de productions italiennes bis mais sa mort demeure sulfureuse. Il fut retrouvé mort dans un parc de la villa Borgese à Rome. Triste destin pour cet acteur/cascadeur aux qualités physiques véritablement étonnantes à qui ont prêté des accointances avec la mafia…

 

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Les 3 Fantastiques Supermen fut un succès, à l’échelle de ce type de production, tant et si bien qu’il généra un nouveau film, puis un second, et quelques autres encore. Aussi, la série perdura étonnement jusqu’au milieu des années 80. C’est donc ce que nous allons survoler dans les prochains articles et vous verrez que, comme souvent dans les productions italiennes, cela va être assez mouvementé !

 

Note : La plupart des films des 3 supermen ainsi que ses acteurs sont traités avec panache par l'équipe de Nanarland. Je ne saurais que trop vous recommander de vous y rendre !

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 07:55

2ème partie


Après Diabolik et Devil Man le diabolique, voilà le tour de deux autres prétendants au trône du scélérat suprême !

 Si nos deux personnages précédents vivaient des aventures qui s’adressaient davantage aux enfants/adultes, cette fois Satanik et Kriminal étaient davantage destinés aux adultes. Sans aucun doute : Ces deux héros ouvrirent donc une porte aux récits violents, morbides qui flirtaient volontiers avec le subversif !

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Le plus intéressant des deux demeure sans conteste Kriminal.

Personnage crée en 1964 par Max Bunker et l’assez bon dessinateur italien Magnus, au très noir puissant et efficace, Kriminal va ouvrir la voie à un certain sadisme, mais aussi l’érotisme, au sein de la bande dessinée européenne.

Kriminal est donc un super criminel, toujours plus retors que ses ennemis de la pègre et qui pour qui le crime est une solution des plus évidentes. Il est opposé à des confrères de la maffia, dont de belles femmes, ou encore des représentants de la police qui essayent de le coincer. La caractéristique essentielle des aventures de Kriminal demeure un goût prononcé pour le sadisme.

 La bande dessinée cultive les pulsions les plus inavouables de ses lecteurs et le concept d’anti-héros trouve ici son meilleur aboutissement.

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                    (les couleurs du costume sont inversées entre les deux personnages !)

A noter que Kriminal trouve une bizarre adaptation, voire même un plagiat, dans une série de photo-romans dans les années 60 en France et ce titre fit parler de lui.

 

Très clairement destiné aux adultes, ce Satanik-ci ou aussi Killing était encore plus pervers, meurtrier et efficace envers ces ennemis. Il empruntait le visage de ces ennemis qu’il avait rencontrés, comprendre tués, afin de remonter l’organisation à laquelle il était confronté. Les meurtres de Satanik, plus recherchés les uns que les autres, étaient complétés à la fin de l’édition VF par un historique de la torture, afin rester dans le ton. Sorti en 1966, Satanik eut le droit au couperet de la censure gaulliste, dont je m’étonne d’ailleurs qu’elle n’ait pas frappé avant, et plus fort ! A titre d’exemple, le titre du numéro 13 était « Crève, Bâtard ! ». Qui dit pire ?

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Malgré son caractère éminemment sulfureux, pour cette époque bien que ses aventures soient toujours autant violentes, Satanik fut quand même un objet de culte qui laissa quand même une certaine emprunte dans l’esprit des lecteurs de cette époque et dont le souvenir demeure, parfois, vivace, dans le cœur des lecteurs !

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Mais revenons à notre Kriminal.

 

Il eut le droit à un premier film en 1966 réalisé par un très efficace réalisateur italien, Umberto Lenzi. Kriminal, la terreur des commissariats de toute l’Europe, réussit à s’évader miraculeusement alors qu’on allait l’exécuter. Il s’agit en fait d’un stratagème de la police pour que Kriminal les mène tout droit vers l’énorme butin qu’il avait amassé.

 

Talonné de près par la police britannique, Kriminal parvient magistralement à leur échapper tout en condamnant un pauvre gardien d’usine par une pendaison ingénieuse ! Les forfaits de Kriminal peuvent donc repartir de plus belles et il va d’ailleurs vivre des aventures criminelles trépidantes qui vont le mener dans des situations toujours plus périlleuses… jusqu’à se faire appréhender à nouveau bêtement par la police !


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Fun, trépident, ingénieux, le film de Kriminal réussit là ou Danger Diabolk échoue : le film est vif, rythmé et Kriminal n’est stimulé que par son appât du gain, en toute occasion, ce qui le perdra encore et toujours !

 

L’interprète de Kriminal, Glenn Saxon, trouve là son meilleur rôle d’une carrière hélas trop confidentielle (on lui connait aussi de rares western italiens) et il prête sa face d’ange qui contraste avec son immoralité la plus totale !

 

Ce premier opus de Kriminal est réalisé avec un grand professionnalisme par Umberto Lenzi. Cinéaste fort capable qui a su laissé son emprunte dans tous les courants ou presque du cinéma italien populaire, Umberto Lenzi s’est montré fort capable avec ce film pour un sujet pourtant non enseigné dans les écoles de cinéma. Le film est élégant, distingué et assez enlevé.

Cliquez ici pour jeter un coup d'oeil au générique de Kriminal !

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Bizarrement, si Kriminal ne bénéficie pas de l’aura de Danger Diabolik ou de sa notoriété envers les fans du genre, il s’impose à mon avis comme l’Outsider qui parvient à égaler la grosse production sans avoir bénéficié de tels moyens.

  

Le second opus, le retour de Kriminal, prolonge volontiers le charme de son prédécesseur puisque Kriminal court cette fois après un trésor en Egypte, et il compte bien éliminer tous ceux qui entravent son chemin !


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Rattrapé à la fin par la police égyptienne, Kriminal manque finalement un virage et se retrouve…directement en enfer ! Là, des démons armés de fourches l’accueillent avec gourmandise en lui disant qu’ils l’attendaient depuis longtemps.


Les génériques des deux films alternent des images en bandes dessinées et des prises de vue réelles. Kriminal demeure donc un chouette petit film plaisant à voir, et intéressant à connaître. Il sera d’ailleurs copié par les Turcs et il y a eu un obscur Kriminal Porno en 1999 !

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La dernier film demeure une autre création de Magnus et Bunker nommée Satanik !

Cette fois, il ne s’agit pas de la version photo-roman qui copie Kriminal mais bien des aventures d’une vieille femme qui travaille pour un savant. Quand celui-ci découvre une formule pouvant permettre de rajeunir, sa seconde tue le savant puis inhale sa formule qui la fait rajeunir. Elle devra lutter pour ne pas se trouver à court de ce produit et elle est déterminée à tout, notamment à tuer et à voler, pour rester jeune, tout en profitant à nouveau des avantages de cet état retrouvé, car Satanik était dans sa jeunesse une très belle femme !

Il est possible, voire même très possible, que le caractère érotique et sulfureux de Satanik ait donné naissance en Italie au courant des romans bd pornos type Zara la vampire, Isabelle la duchesse du diable... Etonnant de constater comment la boite de Pandore a été ouverte !

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Mais le film n’est pas terrible, il manque de rythme et demeure un peu le parent de cette filmographie consacrée aux anti-héros, vague éphémère qui aura zébré les écrans italiens, et plus tard ceux de notre pays à par peut-être les Kriminal. Ils auront laissé un souvenir vivace dans le cœur des cinéphiles de bis, il s’agit par exemple d’affiches très recherchées (celle de Danger Diabolik atteint des sommes démesurées).


Etrangement, tous ces films sont totalement inconnus ou presque aux amateurs de comics, l’oubli est donc en passe d’être réparé !

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Note : Je conseille à ceux qui seraient intéresser d’en savoir davantage de se reporter à l’indispensable ouvrage de notre référence à tous, Norbert Moutier. Disponible en Vpc sur ce site, cliquez ici, ou directement dans sa boutique au 6 rue Pierre Sémard Paris 6.

 

Les Monsters bis sont notre référence à tous et ce spécial surhommes italiens demeure bien plus complets que mes informations, qui sont hélas entachées de quelques erreurs…

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 07:32

8ème partie.


Steve Ditko se retire du comics grand public en 1998, il ne travaille désormais plus que pour son compte. Quel bilan tirer de sa (grande) carrière ? Pourquoi n’a-t-il- pas été davantage porté aux nues malgré la qualité de son travail ? Restera-t-il définitivement le co-créateur de Spider-Man malgré la somme de son œuvre ?

La réponse que l’on peut apporter ne prend du sens que si on étudie un peu de plus prés le caractère de l’homme, et cela demeure assez surprenant.

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Rappelons quand même quelques faits assez marquants.

Steve Ditko a souffert de problèmes liés à la tuberculose qui l’ont certainement coupé quelques temps d’une interaction sociale forte. Il a toujours fait preuve d’une grande intégrité artistique même si celle-ci demeure assez mystérieuse pour ses pairs et ses collègues de travail. Ainsi Stan Lee, selon ses dires, n’a jamais appris clairement pourquoi Steve Ditko était parti en plein succès de Spider-Man. Peut-être Stan Lee aurait tenté, fidèle à ses habitudes, d’aplanir les angles ?

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Ce qui est certain, c’est que Steve Ditko est devenu un adepte du philosophe Ayn Rand nommé l’objectivisme qui mêle : « individualisme moral, ultra rationalisme et libertarisme.»  Steve Ditko devient donc intransigeant, il n’hésite pas à se fâcher avec ceux dont le comportement l’hérisse, et les faits de ce type semblent être nombreux.

Sa communication envers autrui semble être assez compliquée, parfois houleuse et l’auteur s’isole de plus en plus. Il demeure extrêmement pointilleux sur le papier, l’impression, les couleurs ou encore d’autres motifs du même type.

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Stan Lee devait retravailler avec lui au début des années 90 pour la ligne 2099 et les deux hommes se retrouvèrent, assez émus. Il fut question d’entreprendre un nouveau titre ensemble mais cela ne se fit pas.

On rapporte également que Steve Ditko aurait mal pris l’assertion suivante de Stan Lee : « Pour ma part, j’ai toujours considéré que Steve Ditko était le Co-créateur de Spider-Man » L’acception du verbe considéré signifiait, pour Steve Ditko, qu’il résultait d’un jugement, d’une appréciation, et non d’une vérité objective. Aussi il est assez probable que Steve Ditko éprouve quelque ressentiment envers son ancien Co-créateur.

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Steve Dikto dessine encore et toujours pour des petites publications de son cru, experimentales, qui ne sont disponibles que par V.P.C telles que Not again, Dikto. Il est associé à son homme de confiance, Robin Snyder, et les deux hommes vendent leurs fascicules par correspondan ce, sur le net, dans une démarche que l'on peut raisonnablement qualifier de small press !

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 Là est une des clef pour appréhender, à mon avis, le caractère de Steve Ditko : le dessin est un art, un accomplissement, et les comics ne furent qu'un travail. Dikto s'y devoue encore et toujours, comme si l'artiste n'avait pas fini d'explorer son art. Ainsi, Dikto est bel et bien un authentique artiste... du neuvième art !

Encore une fois, la notion d'intégrité artistique demeure chez cet artiste que l'on dit éloigné du monde des comics, à qui il a superbement tourné le dos malgré son aura légendaire.

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Il est à noter que Dikto a travaillé sur 3 personnages qui se ressemblent beaucoup. Que ce soit The Question chez Charlton, Mr A sur Witzend ou encore The Mocker pour lui-même, le thème du personnage de justicier intégre à ses convictions demeure un thème récurrent chez Dikto, et très probablement une façon d'appréhender la société !

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Il est également dit, cela demeure aussi à considérer, que le style de Steve Ditko demeure moins soigné qu’autrefois, dans les années 50/60, que l’artiste livrait souvent un travail inégal, en dessous de ce qu’il pouvait livrer autrefois et cela l’a également desservi…envers les fans ! Certains observateurs, d’ailleurs, parlent ouvertement de gâchis.

Steve Ditko demeure une légende, certes, mais il a surtout connu un âge d’or où ses travaux rivalisaient en intérêt avec Jack Kirby !

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Il y aurait aussi cette légende qui dit qu’un fan ou journaliste français serait venu chez lui pour l’interviewer mais que cette interview se serait faite…par l’interphone situé au bas de chez lui ! Je me suis toujours demandé si ce journaliste était Guillaume Laborie ?

On a encore rapporté que subsistait chez lui des planches originales de ses Spider-Man, parfois déchirés au cutter mais qu’il considérait comme une histoire ancienne sans guère d’intérêt, malgré l’argent que pourrait lui procurait leur vente !

On ne sait pas non plus s’il a demandé des royalties relatifs à l’exploitation de Spider-Man, ce qui lui permettrait de vivre aisément ! Encore un mystère autour de Steve Ditko…

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Enfin, et pour conclure sur le cas Steve Ditko, il n’existe que 4 ou 5 photos de lui, peu d’interviews (une avec Alan Moore circule sur youtube).

Notre homme refuse de près ou de loin toute interview malgré le fait qu’il a dû être très souvent sollicité grâce au succès du film de Spider-Man !

Il y eut aussi ce documentaire de la B.B.C 4, à la recherche de Steve Dikto, où Neil Gaiman partait à la recherche de l'artiste...peu enclin à communiquer !

Il pourrait considérer ce personnage comme trop écrasant et ce succès, en définitif, aurait mis dans l’ombre le reste de sa grande et riche carrière de cet artiste aux qualités techniques formidables, maître du réalisme comme de l’imaginaire.

Je suppose, si Steve Ditko prenait connaissance de ces présents articles, il prendrait la mouche sur les conjectures que j’ai établies !

Décidément, retracer la carrière de Steve Ditko est bel et bien un conte de légende et de mystère….

 

 

 

 

 

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 08:00

7ème partie


Après un passage conséquent à Charlton, suivie une période chez Marvel qui va fonder sa renommée et sa notorieté suivi d'un retour marquant chez Chartlon, Steve Ditko va suivre le mouvement qui consiste à rejoindre le géant DC comics qui commence sérieusement à être en danger par le petit poucet aux 8 titres nommé Marvel comics.


Il va suivre une longue période créative, encore marquée par la création de héros intéressants, mais qui marque clairement le pas dans la carrière pourtant si prometteuse de Steve Ditko.

Certaines sources avanceraient que c’est précisément Steve Ditko qui aurait présenté Dick Giordano aux pontes de DC. La situation pour DC était à l’époque paradoxal, l’éditeur était bien le numéro 1, ses personnages étaient également les plus connus du grand public mais la firme ne proposait plus d’histoire réellement intéressantes, hype dirons-nous.
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 Aussi un coup de balai fut possible grâce à un premier remaniement dans les cadres dirigeants qui permit à Carmine Infantino d’accéder au poste d’éditeur en chef. Il recruta donc la jeune pousse venue de Charlton, Dick Giordano, qui vint alors avec de nombreux talents dont Denny O’Neil, Jim Aparo (alors excellent dessinateur), Steve Yeates (également remarquable) et…Steve Ditko !

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Ce dernier, dont on attendit quand même un résultat à la hauteur de sa réputation, fut mis sur le titre qui proposait de nouvelles histoires, le fameux Showcase !

Le premier personnage marquant demeure le Creeper crée dans le titre Showcase #73.

Le Creeper est en réalité le journaliste Jack Ryder qui reçoit, pour soigner une blessure grave, le remède d’un scientifique qui lui confère force et agilité.

Le revers de la médaille est que le Creeper, un peu comme le Joker, a une apparence ainsi qu’une personnalité proche de la Hyène, l’animal dont il est inspiré.

Ainsi, un peu à l’instar de Spider-Man chez Marvel, ni le public ni les autorités ne savent réellement qui est au juste ce personnage à l’allure et au rire inquiétant.

Le Creeper demeure un bon titre, plaisant à lire où l’on retrouve encore toutes les qualités des meilleurs séries de Steve Ditko. Le graphisme, essentiellement urbain mais également la morphologie du personnage assez grotesque, constituent le point fort du graphisme de Steve Ditko. Mais il devient acquis que ce dernier a mis au point son style définitif et qu’il ne se renouvelle plus, en quelque sorte.

Le personnage est intéressant, plaisant mais nous ne sommes toujours plus sous la grande ère de Stan Lee qui aurait conférer à ce personnage un background ou un dilemme intéressant.

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Allié à Steve Keates pour le scénario dans Showcase # 75, le titre Hawk & Dove  raconte l’histoire de deux frères aux caractères opposés qui reçoivent d’une voix mystique des pouvoirs les élevant au rang de surhommes. L’un des deux frères, Hawk, demeure caractérisé par la force brutale et son tempérament le pousse justement à gagner la victoire par la force tandis que son frère, Dove, chercher le dialogue et prône la solution diplomatique. Pour une fois, c’est clairement le concept qui l’emporte sur les pouvoirs ou autres caractéristiques du personnage bariolé. Hawk & Dove inclut astucieusement la dualité de la politique américaine en ce qui concerne ses relations avec les autres états du monde. Elle est en effet soit interventionniste et brutale, voire la théorie des dominos de l’époque vis-à-vis du communisme, ou au contraire une intervention pacifique pour soutenir les états qui ont besoin d’aide de type O.N.U.

Dans la pratique du titre, le pauvre Dove ne cesse de tenter de raisonner son frère Hawk pour lui éviter de partir en guerre, de calmer ses ardeurs ou encore de tempérer ses actes ! Un concept savoureux mais ce titre restera quand même mineur à la fois dans le DC universe mais encore dans la carrière de Steve Ditko.

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Toujours est-il que Steve Ditko quitte DC pour revenir travailler chez Charlton où, décidément, il se sent en confiance. Cela demeure le gros problème de Steve Ditko, qui sera abordé ultérieurement, et qui fera que Steve Ditko n’attendra plus le firmament de sa carrière.

Après des travaux que la postérité n’aura pas retenu, Steve Ditko revient une nouvelle fois chez DC, en 1975, où il signe le très bizarre Shade the Changing man qui voit un agent d’une réalité autre poursuivre l’assassin du père de sa fiancée. Il passe justement pour le meurtrier de son futur beau-père et toutes les autorités policières de sa dimension, fiancée comprise, n’auront de cesse de le traquer.
Notons que la même année, S.Ditko dessinera aussi le Destructor/le justicier en v.f pour Altas comics.

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Le ressort pour Shade consiste justement à appréhender le vrai meurtrier, à reconquérir son honneur puis renouer avec sa fiancée. Un plot comme seul Stan Lee paraissait pourtant capable de pondre à la douzaine !

Shade sera repris dans l’excellente branche Vertigo par Peter Milligan avec le débutant Chris Bachalo aux dessins, alors plein de promesses. Ce dernier raconta, au détour d’une interview, qu’il ne comprenait pas toujours ce que pouvait raconter au juste Peter Milligan ! Toutefois, cette version de Shade demeure toujours aussi marquante.

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La carrière de Steve Ditko devient un peu plus difficile à suivre par la suite, d’ailleurs ne sont proposés dans cet article que des jalons tant sa carrière est riche. Cette période est clairement moins marquante, exception faite de Mister A, et on le reverra chez Marvel pour Machine Man où il prend la suite d’une autre gloire, Jack Kirby, mais sa prestation ne fut pas éclatante. On retrouva donc Steve Ditko un peu partout et ce dans de multiples firmes et dans de multiples titres.

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Nous pouvons ainsi citer Submariner, Speedball, Rom, des participations à Vaillant, ou encore chez Top comics sur le titre Jack Kirby ‘s Secret saga.

Sans être trop critique ou brutal, là n’est pas le but, on peut légitiment se demander pourquoi un créateur aussi accompli n’a pas su rester au haut niveau auquel il aspire.

Remarquons quand même que Steve Ditko a dessiné… les Powers rangers !

Cela demande également une introspection, et le résultat demeure réellement déconcertant !

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Les années 90 verront donc la fin de la carrière "professionnelle" de Ditko.

Mais ce dernier ne va abandonner les comics, loin de là. Il poursuit une oeuvre plus personnelle qui poursuit son développement artistique. 

 

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 07:49

1ère partie

Les Italiens étaient vraiment surprenant durant les années 60.

Non content de créer des super-héros à foison pour le grand écran, ils ont aussi inventé des anti-héros, des antagonistes, dont les aventures et l’intérêt sont ô combien supérieurs à leurs pâles prédécesseurs. Des personnages très fort furent donc créées, que ce soit Diabolik, Kriminal ou encore Satanik dont certains titres sont encore publiés que ce soit en Italie, ou même en France. Le cinéma italien a donc retranscris leurs aventures sur grand écran, avec une bien meilleure inspiration que pour les super-héros.

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Tout d’abord, je reste intimement convaincu que c’est le personnage français Fantax qui fut à l’origine de cette descendance si insolite. Le personnage phare de Chott fut publié en Italie et, quand les problèmes de Chott causés par la censure l’empêchèrent de continuer la publication, les Italiens ne se gênèrent pas pour créer leur propre copie.

Comme Fantax était parfois radical, cet aspect fut renforcé pour caractériser un nouveau personnage dans l’esprit du lectorat et de nouveaux anti-héros naquirent.


Ce fut donc un gros succès d’édition car Diabolik, Kriminal ou Satanik eurent beaucoup d’années de présence dans les kiosques, notamment le premier qui a même eu le droit à un dessin animé passé sur M6 dans les années 90 !

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Ce fut d’ailleurs Danger Diabolik qui ouvrit le bal en Italie.

Produit par un des plus grands producteur italien, Dino De Laurentis (Dune, King Kong version 1976, Barbarella) voulut exploiter ce créneau mais la cible visée était quand même celle d’une audience adolescente.

Il choisit un excellent metteur en scène, le talentueux Mario Bava, qui conféra à Danger Diabolik démesure, style baroque et une certaine classe le tout teinté d’un ton psychédélique du meilleur effet.

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L’histoire raconte donc les méfaits de ce super criminel, dont on ne saura rien de son identité secrète si ce n’est qu’il vit avec son épouse, Eva, et qu’il se fixe de réussir des casses de plus en plus énormes. Il a sa propre Némésis, un commissaire de police pas très efficace joué par Michel Piccoli mais surtout, et cela va lui causer davantage de fil à retordre, le chef de toute la mafia Valmont joué par l’impeccable Adolfo Celli.

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L’intrigue du film n’est pas très linéaire car l’histoire ne cesse de rebondir grâce à des séquences toutes plus spectaculaires les unes que les autres.

Le film est très arty et il peut d’ailleurs s’apprécier rien que pour son style très coloré et psychédélique. De plus, Danger Diabolik bénéficie d’une énorme cote auprès des amateurs de films de genre, tout comme son réalisateur Mario Bava.

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Pourtant, à mon avis, Danger Diabolik souffre d’un certain manque d’un certain panache, le film m’a quelque peu déçu en regard du trépidant Le cerveau de Gérard Oury qui, lui, était brillant et enlevé.

Pourtant, Danger Diabolik bénéficie des meilleurs ingrédients qui soient.

John Philip Law trouve là son meilleur rôle, ainsi que la sublime Marisa Mell qui remplaça avantageusement et au pied levé Catherine Deneuve, l’icône (pour qui d’ailleurs ?) de notre cinéma national.

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En outre, Ennio Morricone a su se renouveler avec talent pour sa participation à la bande originale. L’homme aux 596 musiques de films changeait de style du tout au tout sur certaines productions et il dynamise avec talent Danger Diabolik.

La direction artistique du film est également réussie. On rivalise ici avec les décors assez incroyables des James Bond de l’époque sans en avoir le budget. D’ailleurs, une anecdote court à propos de Danger Diabolik : Mario Bava, habitué à travailler à l’économie, aurait rendu à la fin du tournage la moitié du budget à son producteur !

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                      (Marisa Mell, grande beauté et grande actrice à la fin prématurée)

Je ne saurais dire exactement pourquoi Danger Diabolik m’ a tant déçu.

Peut-être que le résultat ne correspondait pas avec l’attente incroyable causée par cette addition de talents ? En tout cas, Danger Diabolik n’a pas le caractère trépident des Fantômas ou autre Cerveau, ce qui était à mon sens la première des qualités que j’attendais de ce film.


Pour lire une autre critique que la mienne, je vous renvoie à un article d'un autre blog très documenté sur le film et qui s’avère bien plus enthousiaste que la mienne !

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Petit intermède relatif à notre sujet, le film Devil Man le diabolique dénote furieusement parmi les aventures cinématographiques de ses confrères.

Devil Man le diabolique renoue avec les défauts des films à super héros italiens chroniqués ici même. Le film est ringard, toc et il aligne les pires poncifs qui soient pour ce film assez peu dynamique qui s’adresse d’ailleurs davantage aux enfants.

Petit film de commande, c’est d’ailleurs un héros qui viendra à bout, comme il se doit, des méfaits de ce savant fou qui rêve d’asservir le monde grâce à son arme secrète. Merci de ne pas bailler devant ce film pénible qui, contrairement à ses confrères,  s'adresse essentiellement aux enfants  !

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Published by Bastien Ayala
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 07:00

Si les américains entrepris une première vague de super héros sur l’écran, elle eut lieu dans les années 40 et elle dura fort peu de temps. Ainsi les fameux serials nous montrèrent les premiers exploits de Batman, Superman, Captain Marvel (l’original !), Captain America, Spy Smasher ou encore Sheena. Par la suite, le grand écran ne proposa guère que Batman, quelques 20 années plus tard qui fit suite à la série télé. Celle-ci, qui connut un succès alors mondial, fut remarqué par quelques producteurs malins du côté sud de l’Europe.


Les italiens avaient réellement une industrie cinématographique très développée dans les années 60. Outre les films d’auteurs, il y avait également des films destinés à un large public et si le western spaghetti dominaient alors allégrement les écrans depuis 1964, depuis une certaine Poignée de dollars, de petits courants cinématographiques ou filons étaient alors systématiquement prospectés.

mujer-murcielago.jpg                                            (Bat-woman, version mexicaine !)

La série télé Batman dut venir assez vite en Italie car, après tout, le public des enfants était tout aussi intéressant que celui des adultes. Pour satisfaire cette niche, les producteurs lancèrent donc une vague de super-héros bariolés et bigarrés qui avaient presque tous pour point commun un costume coloré, un nom…atypique, une histoire simple, et un scénario que personne derrière (ou devant) la caméra ne semblait prendre véritablement au sérieux.

Les super-héros existaient déjà les bandes dessinées locales, les fumetti, et le super héros italien était qu’une réponse au personnage français FANTAX dont l’influence et l’impact furent indéniablement très importantes.

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C’est ainsi qu’une flopée de petits films apparurent et disparurent spontanément, le temps de deux étés, et ils ne marquèrent ni la critique, ni le public. L’influence de ces Goldface, Superargo, Argoman, Mister X, Flashman ou Fénoménal venait soit des comics ou des films mexicains de catcheurs. Ils avaient, hélas, en commun le fait d’être assez mauvais, peu dynamique, très premier degré et…assez risible. Voyons donc cela dans les grandes lignes.

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Superargo demeure le plus emblématique.

Son allure semble clairement inspiré de notre Fantax national qui avait jadis été traduit en Italie et sitôt ou presque copié. Ancien catcheur qui a malencontreusement tué par accident un adversaire lors d’un match de catch, il met ses superpouvoirs (pas trop, pour cause de budget !) au service de la justice. Cela tombe bien, car un savant fait enlever des savants dans le but de mettre au point une super arme afin de conquérir la terre.

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Ni plus, ni moins !

Il connut une suite, Superargo contre Diabolicus, qui est un film navrant, mou et insipide qui ne mérite même pas le détour tant son histoire est jonchée de poncifs.

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Fénoménal est la première réalisation de Ruggero Deodato, le brillant réalisateur de Cannibal Holocaust qui fut un temps l’assistant de Roberto Rosselini.

Premier mauvais point de Fénoménal, le film est manifestement tourné sur péllicule magnétique, ce qui a pour rendu une image digne des pires soap opéra. Pire, l’histoire est atone, ne décolle pas et je n’ai même pas tenu jusqu’à la première apparition de Fénoménal ! Un comble pour un réalisateur qui offrira des films très dynamique tel l’excellent « Live like a man, die like a cop » !

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En ce qui concerne Flashman, c’est un peu près la même configuration.

De grands artisans du cinéma italien, qui allaient sous peu se faire connaître dans le Giallo ou le policier italien, sont derrière la caméra…pour un résultat raté !

Le héros, qui ressemble à un Tintin rouquin, fait franchement pâle figure que ce soit dans son personnage de dandy à la Bruce Wayne ou, pire encore, en Flashman.

Il combat en outre des hommes invisibles, ce qui a pour effet d’être assez chiche en effet spéciaux. Un mauvais film qui vous fera perdre votre temps !

Pourtant, j’étais très content d’avoir réussi à trouvé cette K7 vidéo très rare en son temps chez Master

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Le meilleur, car le plus ridicule, de cette liste demeure certainement l’incroyable Argoman, alias Superman le diabolique pour sa première diffusion en salles puis Superman contre les robots lors de son édition vidéo en location.

Ce film est assez intéressant car il débite son histoire fumeuse, tous les poncifs du super héros pour enfants sont là, sans aucun second degré, aucune distance. Aussi, on a la curieuse impression d’assister en permanence à une parodie !

Le look d'Argoman est assez sympa car il ressemble quelque peu au Cyclope des X-men, mais en plus bariolé !

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Argoman est assez amusant car on a Roger Brown, un des prétendants italien à  la succession de Sean Connery pour la courte, mais frénétique vague de James Bond italien. De plus, il ressemble à un acteur secondaire mais récurrent de Caméra café !

Dominique Boschero, une des splendides actrices de Cinecitta joue le rôle de méchante avec une certaine emphase. Ce qui amusant, au sujet de cette actrice, c’est le tempérament volcanique que lui prêtait Klaus Kinski dans sa biographie, et il aimait la chair !

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Je vous serai grès de me pardonner de n’avoir pu voir Mister X ou encore Goldface.

Goldface est selon moi le plus amusant car il ressemble le plus aux Santo et autres Blue demon mexicains. Donc, notre super héros part déjà avec un handicap !

Mister X est un méchant qui, en fait, joue double jeu afin de réunir les preuves de son innocence sur un meurtre qu’il n’a pas commis. Je vous rappelle quand même qu’il s’agit d’un héros !

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Voici donc pour cette courte vague ou mode de super héros italiens.

Rappelons que, à part les Turcs et un peu les indiens et les indonésiens, les Italiens sont presque les seuls à s’être lancés dans le genre avec peu de moyens et peu de résultats probants au final.

Dommage, car les concepts comme les costumes étaient parfois proches des super héros américains dont ils s’inspiraient. Il y a bien eu une exception, notable et intéressante, que je vous dévoilerai sous peu.

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Toutefois, les Italiens remirent le couvert à l’occasion du succès planétaire de Superman à la fin des années 70. Une fois de plus, nous eûmes le droit à un assez mauvais film, l’homme puma, qui était sans rythme et sans réelle fantaisie (bien que ce film fasse le bonheur des plaisanciers de Nanarland) !

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Les Espagnols firent mieux avec Supersonic Man, un film régulièrement éreinté mais que je trouve, pour ma part, assez sympathique et dynamique.

Mais les Italiens, assez futés, ont créées dans les fumetti les propres antithèses de ces héros, et le résultat n’en est que bien meilleur !


Recommandation : pour en savoir davantage sur ces films, allez consulter les chroniques de Nanarland qui sont plus exhaustives.
Attention toutefois, si ces films et leurs affiches exercent sur vous une étrange attractivité, ils sont difficiles à trouver et...assez décevants ! Vous voilà prévenu !

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