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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:12

6ème partie


Le show, hélas, s’essouffle quelque peu. Peut-être que le concept vieillit ou encore que la nouvelle génération de scénaristes demeure moins brillante que la précédente (ce qui n’est pas certain) mais les heures de gloire de la série sont désromais passées.

Pour succéder à Peter Davison alors un peu fade, les producteurs désignent un acteur qui a déjà joué dans le show un rôle secondaire, ce qui était en soit un cas unique. Colin Baker, sans aucun lien familial avec le prédécesseur de son prédécesseur, va lui aussi casser le moule et insuffler une toute nouvelle fantaisie dans le rôle du Docteur, pour le meilleur tout comme le pire.

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Colin Baker était un étudiant voué au métier d’avocat quand il a tout plaqué à l’âge de 23 ans pour devenir acteur. Son parcours oscilla, tout comme celui de ses prédécesseurs et de ses successeurs dans le rôle, entre théâtre, pièce radiophonique ou encore cinéma. Il se distingua grâce à la qualité de son jeu et il fut ainsi remarqué par sa fantaisie et son comportement sarcastique.

Aussi il reprit le flambeau pour devenir le plus flamboyant et bigarré Docteur, et ce n’est pas peu dire !

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Sa tenue du Docteur, très personnelle, est assez choquante à première vue puisqu’on a atteint le summum dans la tenue arc-en-ciel. Peut-être s’agissait-il d’une réorientation du programme en direction des très jeunes enfants, qui aimaient les couleurs primaires ? Toujours est-il que l’on a poussé au paroxysme la caractérisation vestimentaire débutée sous Tom Baker.

Mais le caractère de ce Docteur est tout aussi impressionnant.

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Exceptionnellement, la régénération de ce Docteur semble s’être mal passée et c’est un Docteur très véhément qui remplace son prédécesseur. Il va même jusqu’à s'en prendre physiquement  à ses compagnons du moment !

Après une petite adaptation à sa nouvelle incarnation, le Docteur va donc mener la série à un train d’enfer et Colin Baker va se révéler être un excellent acteur haut en couleur mais aussi un farouche opposant à ces ennemis.

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Un épisode est à distinguer : les deux docteurs.

Colin Baker croise un de ces prédécesseurs, Patrick Trougthon, revenu dans la série en guest star ! L’intrigue mêle les problèmes alimentaires du no 6, un stratagème des Sotorians et également une sorte d’ogre !

Dans cet, hélas, unique épisode que j’ai pu voir, Colin Baker se montre excellent et son interprétation renoue avec celle de ses glorieux prédécesseurs, ce qui n’est pas rien !

Mais les deux Docteurs demeure hélas l’ultime participation de Patrick Troughton.

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L’acteur, qui était hélas sujet aux problèmes cardiaques, est mort l’année suivante en 1987. Malgré les recommandations formelles de son médecin, Patrick Troughton s’est rendu aux USA pour une convention. Enthousiaste malgré son état, il décéda brusquement lors de la troisième journée, au petit matin. C’est Colin Baker lui-même qui annonça la nouvelle aux spectateurs de la B.B.C avec beaucoup de retenue et de respect. Patrick Troughton était un grand acteur, pur produit de sa génération qui a excellé dans le rôle. Une page s’est alors tournée…

Une autre page s’est également brusquement tournée.

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Le manitou de la B.B.C de l’époque ne voyait pas d’un bon œil ce programme, certes archi-populaire, mais tellement ancien. Aussi, Il interrompit donc la série au bout d’un an et demi, alors que le script du prochain tournage était prêt afin de revoir le show dans ses détails. On coupa donc l’herbe sous le pied à Colin Baker, événement sans précédent dans les annales de la série, et le dit épisode fut joué…à la radio !


Une pause d’un an et demi eut lieu et Colin Baker revint, toujours motivé malgré les obstacles de ce ponte qui trouvait le programme alors trop ridicule et souvent violent. Il y eut donc un conflit interne et, pour la première fois de la série, l’acteur principal et tenant du titre fut remercié ! Colin Baker, qui voulait pourtant égaler la durée de longévité de Tom Baker, dut quitter le show contraint et forcé. Il refusa d’ailleurs d’assurer sa régénération et un subterfuge fut trouvé.

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Colin Baker n’eut donc pas de chance.

Son bébé mourut en 1983, sa vie fut marquée par d’autres malheurs et le show lui glissa brutalement des mains. Pourtant, il reste extrêmement savoureux dans le rôle du Docteur arc-en-ciel du meilleur cru. Colin Baker a désormais pris un large embonpoint et il a hélas vieilli, mais on ne peut que lui témoigner du respect pour ses efforts et sa performance détonante autant dans le fond que…dans la forme !

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Ce fut donc la direction de la B.B.C qui, omnipotente, sabota elle-même son propre programme phare et la suite fut également aussi chaotique avec un nouvel interprète de haute tenue mais sans le soutien réel des programmateurs. L’avenir de ce show, qui avait alors passé les 25 années, étaient alors en balance…

 

 

 

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Published by Bastien Ayala
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 07:56

5ème partie


Le legs et le souvenir laissés par les quatre premiers docteurs sont tellement fort que la B.B.C est obligé de trouver un remplaçant qui diffère de ses prédécesseurs, voire même à ce qu’il soit très différent pour marquer une rupture.

Aussi, afin de surmonter le choc énorme que fut à l' époque le départ de Tom Baker, la direction choisit un jeune acteur, 29 ans à l’époque, pour reprendre le rôle du Docteur. Peter Davison, tel est son nom, fut moins bon que ses prédécesseurs mais son histoire, ainsi que son cycle, est assez intéressante.

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Tout d’abord, Tom Baker a si bien fait son travail que, malgré le talent pourtant énorme de ses prédécesseurs, l’annonce de son départ fut ressenti comme un cataclysme. La série était à son zenith, le programme était alors un des fleurons de la B.B.C et le merchandising, signe de la bonne santé du programme, était important.

L’histoire qui vit son départ se nomme Logopolis.

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On voit le Docteur lutter une fois plus contre le maître et y perdre la vie après avoir saboté ses plans qui consistait à s’accaparer les ondes d’une antenne satellite géante.

Alors qu’il se retient pour ne pas tomber dans le vide, il revoit ses anciens ennemis marquants le tourmenter. Puis, à une certaine distance, une forme blanche et rassurante demeure présente mais elle le regarde avec bienveillance droit dans les yeux. Le Docteur tombe et ses compagnons, atterrés et choqués, se tiennent présents pour essayer de le sauver. Mais le Docteur leur apprend que ce moment a été préparé depuis longtemps et la présence blanche, qui s’était précisément rapprochée, se superpose à lui pour commencer la régénération. Aussi, tel un papillon qui émerge de son cocon, Peter Davison remplace son prédécesseur au terme de cet épisode à la fin bien ciselée.

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La personnalité de ce cinquième Docteur, nommons le cinq, est différente en tous points de ces prédécesseurs. Il prend son temps pour réfléchir, hésite parfois sur la bonne action à prendre et semble quelque peu fragile. Bref, le personnage a un temps perdu de sa superbe pour un rôle plus humain, tout en nuances.

Le look du no 5 est tout aussi intéressant quoique exagérément bigarré.

Sa tenue est celle d’un joueur de cricket et elle est sertie de points d’interrogation pour rappeler… que le programme se nomme bel et bien Docteur Who !

Comble de l’extravagance vestimentaire, le personnage porte un celeri accroché à sa veste. Une exigence des cadres de la B.B.C pour promouvoir les aliments sains dans le cadre d’un programme populaire ?

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Toujours est-il que le programme semble marquer un léger ralentissement en terme de qualité si ce n’est d’intérêt. Il y a de bonnes histoires, certes, mais les défauts du programme apparaissent encore plus envahissants. Le côté statique des acteurs et les effets spéciaux, qui ne sont pas à la hauteur, finissent pas gêner le tout.

Définitivement, l’ère Peter Davison semble moins bonne que celles de ses glorieux prédécesseurs. Mais un événement, pour les 20 ans du show, va donner un moment fabuleux à la série.

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Ce fut les 5 Docteurs qui vit le retour de tous les Docteurs avec quelques petits arrangements toutefois.

Un Timelords ourdit un crime pour s’accaparer l’immortalité définitive qui se trouve dans un temple sacré. Pour cela, il va déclencher un paradoxe aux conséquences assez étendues qui va provoquer la réunion de nos 4 premiers docteurs en les arrachant de l’âme du cinquième docteur.

Notons toutefois que William Hartnell est décédé bien que son remplaçant, un presque sosie, demeure à la hauteur. En outre, Tom Baker a décliné de rejoindre le show le temps d’une participation et nos 5 Docteurs ne sont que 3 originaux…

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Mais les compagnons sont de retour, que ce soit la petite-fille du Docteur ou encore Sarah Jane Smith et même les compagnons de l’UNIT du second Docteur.

Aussi, les 4 épisodes se divisent comme une quête où chacun des docteurs suit son propre chemin, avec son propre compagnon, et chacun rencontre  un de ses ennemis les plus marquants de son ère. En outre, les Cybermen sont de la partie de même que le maître qui est intéressé par le prix.

Il y aura même un personnage très intéressant, un assassin parfait qui, tel un ninja, qui envoie des lames mortelles dans toutes les directions quand il perçoit du mouvement (ce sera donc l’affaire de John Pertwee).

Nos quatre docteurs sont donc réunis dans le temple après avoir triomphé de toutes les épreuves et le Timelords renégat obtient finalement son prix : il est scellé dans le mausolée pour l’éternité.

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Il s’agit d’un excellent épisode mais on peut lui trouver un cachet assez triste : ce fut la dernière grande réunion des acteurs dont John Pertwee qui signe en quelque sorte son adieu définitif à la série*. Il prend quand même le temps de se chahuter avec Patrick Trougton dans un moment assez savoureux qui traduit la grande défiance que se livre les deux acteurs.

Le même Patrick qui conseilla d’ailleurs à Peter Davison de partir au terme de trois saisons afin de ne pas être définitivement catalogué dans le rôle.

Peter Davison quitta donc la série en 1984 après une prestation quelque peu décevante. Bon joueur, il reconnaît qu’il serait un meilleur Docteur actuellement qu’il ne l’était jadis, et cela est vrai !

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 Peter Davison fut bel et bien marqué par le rôle du Docteur et il enregistra énormément de livres audio dévoués au Docteur. Assez récemment, il est revenu pour un programme court dans un programme caricatif annuel dédié au Docteur avec  David Tennant.

 

Le court, que vous pouvez suivre ici en vostfr, est grandiose car il montre Peter en pleine forme et ses qualités d’acteur ont très nettement progressées.
Attention, grand moment de la télévsion avec ce nouveau paradoxe temporel !!!

 

                       (le 5ème et le 10ème Docteur, ensemble !)

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Ce qui est amusant, c’est que sa propre fille a joué dans un épisode de l’ère David Tennant sous le titre ironique La fille du Docteur. En outre, Mlle Georgia Moffett est sortie avec David Tennant ! Quand la mythologie de la série se mêle à la vie des acteurs, le résultat est assez étourdissant.


D’ailleurs, à mon avis, Peter Davison aurait pu être une excellente alternative au départ récent de David Tennant. Ce dernier n'est peut-être pas aussi populaire que l’était Tom Baker en son temps mais il salué unanimement comme excellent, quoiqu'il s'agisse d'un problème de générations, et la série démontre qu’un paradoxe de plus n’était pas un obstacle pour repasser de ten à cinq !

Peter Davison aurait excellé dans un retour dans le rôle, avec pour ressort dramatique une nouvelle chance, et il aurait permis d’économiser une régénération.
 En revanche, revenons en 1984, son successeur immédiat dans le rôle du Docteur demeure des plus détonnant et son choix s’avère assez heureux…

 

 

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 07:12

6ème partie

 

Neal Adams était alors la super star du moment, un très précieux atout dans le jeu de DC comics qui tenait là un dessinateur de tout premier plan qui a rapidement explosé.

Dick Giordano fut alors l’un de ses encreurs et, Dick l’a volontiers reconnu par la suite, leur première collaboration ne fut pas probante, Neal rencontra Dick, lui expliqua ce qu’il voulait et comment l’obtenir. Aussi Dick comprit ce que son compère voulait et il le lui donna.

Une grande paire artistique était alors née.

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Neal Adams était alors très bouillonnant. Il avait pris à bras le cœur la reconnaissance des droits de Shuster & Siegel à propos de Superman et il entreprit une série d’action pour obtenir au moins une pension en ce sens.

Dick Giordao était plus que sensibilisé à ce problème puisqu’il siégeait dans ACBA, l’academy des artistes du comics book qui prônait des droits de royalties, le retour systématique et intégral des planches originales.

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Il démissionna le 4 novembre 1970 à cause de tensions créatives pour aller suivre son ami Neal Adams, afin de fonder un studio qui allait être une grande épopée.

Continuity fut le premier nom de ce studio. Il consistait à donner au plus grand nombre possible d’artistes du boulot que ce soit dans les comics, un peu, mais également dans les travaux commerciaux, publicitaires (dont les produits dérivés pour les comics) et des travaux d'encrage dans les comics book.

De grands talents des comics, citons entre autres Jack Abel, Michael Golden, Steve Leialoha; Bob MacLeod, Marshall Rogers, Frank Miller, Bernie Wrightson, Wally Wood travaillèrent à une période ou à une autre, avec plus ou moins de régularité dans ce studio qui offrit une opportunité aux artistes d’exercer dans d’autres disciplines que le comics book.

Il y avait à la fois un esprit communautaire mais c’était aussi le résultat de la formidable attractivité qu’exerçait Neal Adams à la fois sur ses admirateurs, de nombreux artistes ont tenté de le copier, ou alors sur ses confrères. Cette association était nommée Crusty Bunkers et elle dura de 1972 à 1977.

Le comics le plus célèbre qui fut alors traité par eux demeure le premier crossover Superman/Spiderman.

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Justement, parmi la foule d’artistes qui tentaient d’imiter, par admiration surtout, le style de Neal Adams, ce fut à mon sens Dick Giordano qui y réussit le mieux. Les artistes dirent de Dick Giordano qu’il était toujours disposé de donner de son temps, de ses avis et de ses conseils et qu’il était très accessible. En outre, ce détail est cocasse, les photos de Dick Giordano le montrent à cet époque comme un italo-américain qui n’aurait pas dépareillé dans le casting du parrain !

Mais si Dick Giordano continua à œuvrer sur des comics en qualité d’encreur, principalement des comics de DC, il quitta cependant Continuity en vendant ses parts à son associé Neal Adams pour… 1 dollar !

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Dick Giordano se mit donc à son propre compte, en free-lance, et on le retrouva notamment ses prestations graphiques sur les emballages (superbes) des poupées Mego de super héros. Il fit également des travaux d’encrage dans les comics, toujours pour DC mais également pour Marvel.

Après toutes ces enrichissantes péripéties, Dick Giordano reprit donc le chemin de l‘éditorial pour de nouvelles et marquantes aventures.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 07:03

5ème partie

 

Les années 60 ont vu la nouvelle vague des super héros made in Marvel qui ont, avec seulement une poignée de titres, bousculés le marché et secoué le géant DC.

Ce dernier avait à la fois une vision et un management d’un autre temps, des gens brillants certes, mais qui concevaient le genre avec un esprit proche du pulps de ces années 40. Aussi, Dick Giordano fut engagé par DC pour dynamiser ses comics et Dick s’y est employé avec talent.

 

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Chez DC comics, un mouvement de protestation est en train de naître. Des auteurs qui ont fait leur preuve, citons Bob Haney, John Broome, Arnold Drake, Gardner Fox ou encore Otto Binder ont lancé un mouvement qui demandait une couverture sociale, des royalties et des droits de propriété sur les personnages ainsi qu’un intéressement aux bénéfices. Pour toute réponse, la direction de DC se décida de les congédier.

Le haut directoire de la firme sentait qu’il était temps de procéder à un changement de cap de ce lourd bateau qu’était DC et ce fut Carmine Infantino qui fut l’éditeur en chef.

Dick Giordano revint donc à New-York où il apprit la situation, à posteriori.

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Il eut la charge de 8 titres qui étaient Aquaman, Blackhawk, Bomba le garçon de la jungle, Teen Titans, Secret six et il mis sur rails deux nouveautés qui furent remarquées : Le Creeper et Hawk & Dove avec Dikto.

Dick Giordano fit donc venir une bonne partie du staff de Charlton, dont Dikto, Steve Keates, Denny O’Neil…

Sa volonté était de donner un nouveau coup de fouet à ses titres que l’on disait un brin usé, en retard par rapport au ton et au style dynamique et captivant de Marvel. Or, sur ce plan-là, Dick Giordano s’en sortit fort bien.

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Si le Creeper et Hawk & Dove ne furent pas des grands succès, ils ont quand même offert à la firme de nouveaux personnages qui demeurent toujours dans le patrimoine de DC.

Aquaman fut à mon sens la série la plus intéressantes telle qu’elle fut reprise par Dick Giordano avec une équipe artistique époustouflante, bien qu’elle ne fut pas de premier plan. Steve Keates et Jim Aparo, alors au sommet de son art, ont propulsé le roi des océans dans un tourbillon d’aventures bizarres, des sortes d’aventures à la fois étranges et épiques qui virent le roi des mers propulsé dans d’autres dimensions, aux prises avec des télépathes ou victime de paradoxes dimensionnels trépident. Si cette ère du titre n’est pas célébrée, en France, elle a pourtant été traduite dans les étranges aventures où on assiste même à un brillant crossover entre Deadman et Aquaman, avec même une partie dessinée par le génial Neal Adams en personne. Les deux épisodes se complètent à merveille et l’intrigue de l’un résout les questions laissées en suspens dans l’autre épisodes. La formule parait alors si au point que je suis étonné qu’elle ne fut pas rééditée de sitôt !

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A mon sens, Aquaman est le sommet de cette première ère éditoriale de Dick Giordano.

Les Teens titans furent une reprise, si ce n’est une continuation de ce qui existait déjà et ce fut l’intéressant Nick Cardy, déjà artiste de l’âge d’or, qui s’occupa alors graphiquement du titre.

Un autre point sur les talents d’éditeur de Dick Giordano, il avait à la fois le chic pour obtenir des relations très créatives avec ses artistes mais il fit preuve d’audace, encore une fois après l’ère de Charlton, pour repérer de nouveaux talents tels que Gerry Conway ou encore Marv Wolfman et même Len Wein. Ajoutons qu’il avait dirigé les premiers pas de Roy Thomas sur Son of vulcan chez Charlton, et ce ne fut ni plus ni moins qu’une entière génération de grands scénaristes du genre qui fut repéré par lui.

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Mais Dick Giordano était également un artiste et il continua, en plus de ses activités éditoriales, de dessiner des comics. Ce fut donc la période pour le moins insolite de Wonder Woman que Dick Giordano reprit son métier d’encreur, parfois sur les dessins de Mike Sekowsky avec Denny O’Neil.

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L’approche, qui consistait à secouer le titre et le premier personnage féminin de DC, voyait donc Wonder W. abandonnait son costume et se vêtir avec une tenue civile pour lutter anonymement dans la société. Cette new Wonder Woman ne fut pas une réussite mais ce fut un des premiers revamp notable appliqué à un personnage majeur.

Mais l’équipe, agrémenté du grand talent Neal Adams, appliqua la même formule avec plus de bonheur au tandem Green Lantern/Green Arrow pour des épisodes de légende qui tinrent enfin la dragée haute au concurrent surnommé la maison aux idées.

Le titre fut édité par Julius Swartz, et Dick Giordano ne fut que l’encreur, mais il se forgea une longue et durable amitié avec Neal Adams qui porta ses fruits et qui l’emmena vers d’autres aventures.

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               (le crossover Deadman/Aquaman a eu lieu dans Aventures fiction no 50)

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 07:41

4ème partie

 

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John Pertwee démissionnaire, il fallut donc encore et toujours trouver un nouvel acteur. Ce qui fut amusant était la réticence des candidats. Certes le rôle permettait d’être connu et reconnu, mais il était essentiellement à la destination des bambins et il risquait surtout de trop coller à la peau de l’interprète de la série. Malgré ces conditions et contre tous pronostiques, le plus populaire des interprètes du Docteur allait prendre le rôle pour la plus longue prestation jamais dédiée à la série par un acteur.

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                               (Tom Baker et Lalla Ward)

 

Tom Baker fut le dernier d’une longue liste de noms envisagés pour occuper le rôle du personnage… que nul ne tenait à occuper !

Adolescent destiné à devenir prêtre, Tom Baker choisit après six années au contact des ordres de revenir à la vie civile et il embrassa la carrière d’acteur. Si on le vit notamment au cinéma dans un rôle dans un des Simbad, sa carrière végétait et Docteur Who fut pour lui une belle opportunité qu’il sut mettre à profit.

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Il marqua en effet le rôle d’un caractère fantasque qu’illumine parfois un sourire enjôleur tel le chat du Cheiser d’Alice au pays des merveilles. Par ailleurs, il n’hésite pas à passer pour un demeuré afin de mieux tromper ses adversaires. Sa prestation dans le rôle du Docteur fut un triomphe, malgré le fait que ses prédécesseurs étaient eux-aussi de très grands acteurs qui avaient su conquérir les fans. Le succès de Tom Baker fut tel qu'il demeure depuis lors Le Docteur de référence dans le cœur des britanniques.

 

Son allure était d’ailleurs des plus amusantes puisqu’il portait une écharpe bien trop longue pour lui ainsi qu‘un chapeau. Il s’agissait d’une erreur de la costumière lors des premiers essais que Tom Baker estima néanmoins être une excellente idée.

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L’aspect le plus amusant, en ce qui concerne Tom Baker, est qu’il ressemble terriblement à un sujet de sa majesté tel qu’on peut en croiser dans la vie de tous les jours, là-bas !

Mais le grand talent de Tom Baker consiste à débiter des textes décrivant les événements les plus improbables qui soient tout en gardant dans les yeux une réelle conviction qui les crédibilsent. En outre, le personnage adore se gaver de bombons en forme d’ours (son successeur n’aura pas les mêmes goûts).

Il aurait en effet incarné à la perfection le rôle, en se l'appropriant totalement grâce à un jeu d'acteur très au point jusque dans les moindres attitudes ou mimiques.

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Les aventures de ce quatrième docteur étaient assez endiablées, de l’avis de tous, et les scénaristes offrirent des aventures marquantes. Pour ma part, j’ai bien aimé celle où un monstre se posa sur le Tardis, rendant ainsi impossible toute fuite pour le Docteur !

Même si l’un des points essentiels du personnage demeure son aversion pour la violence et sa capacité à communiquer en toutes circonstances, les monstres étaient bel et bien présents au long de la série.

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Ainsi ce fut une cohorte de personnages grotesques, parfois effrayants qui se succédèrent lors des années de Tom Baker ! L’émission, principalement destinée aux enfants -il faut le rappeler- effrayait pas mal de bambins qui allaient se réfugier derrière le canapé. Aussi une expression naquit grâce au show et elle passa depuis lors dans le langage commun, « behind the sofa (se réfugier derrière le canapé)», était assez véridique ! Les jeunes britanniques allaient donc se réfugier derrière le canapé devant les monstres toujours plus fantasques que rencontraient le docteur et ses campagnes.  La série reçut donc des plaintes et il faut quand même avouer qu’elle avait sacrément évolué depuis ses débuts !

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Le show était donc un triomphe et il avait depuis longtemps sensibilisé et accoutumé le grand public à des concepts assez délirants de la S.F tels les paradoxes temporels ou les races extra-terrestres et encore les lasers. Aussi, la Grande Bretagne fut sans doute l’un des rares pays à accueillir StarWars avec flegme !

Par la suite, Docteur Who dut lutter contre des programmes américains qui occupèrent ce créneau tel Buck Rogers ou encore Galactica. Et ce fut alors une concurrence frontale puisque les séries étaient programmées aux mêmes horaires ! Mais ce fut notre Docteur, dont la mythologie de la série ne cessait de s’enrichir, qui remporta la victoire avec, aux commandes, de solides histoires ainsi qu’une remarquable interprétation.

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On vit notamment l’arrivée de K-9 le chien gadget assez daté, les guerriers de la glace, les pyramides de Mars, le Traken ou encore ce robot qui grandissait jusqu’à devenir géant dès le premier épisode de Baker.

Le départ de sa campagne Sarah Jane, en cours de saison, fut un événement qui secoua la série et qui fut comparable à un changement de Docteur !

 Un des épisodes annonçait quelque peu la Chose version Carpenter, avec trois années d’avance !

Ce fut aussi l’ère du merchandising à grande échelle, bien que les Daleks ne furent pas oubliés la décennie précédente, avec des jouets Mego (Dennis Fisher là-bas). Le Docteur passa donc d’interprète bien gras à une poupée le faisant ressembler à Ken !

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La série fit une très discrète apparition en France en 1989 sur TF1.

Alternant avec la diffusion du Prisonnier, la seule série qui surpasse Docteur Who, pour être diffusée tard le soir ou tôt le matin. Autant dire que la série, dont nous vîmes cependant quelques visuels ou même la poupée Mego, nous sembla définitivement extra-terrestre ou alors terriblement anglaise, au choix !

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Mais comme ses prédécesseurs, Tom Baker se lassa de la série malgré le fait qu’il tint quand même 7 longues années dans le rôle, ce qui demeure aujourd’hui un record inégalé !
Les britanniques considèrent Tom Baker comme l'incarnation définitive du Docteur...

Il jouit, depuis lors, d'une grande attention des médias et des fans qui lui permet de diffuser ses considérations sur le rôle et la série. On annonce depuis pas mal de temps son retour, que ce soit dans une nouvelle mouture des 3 Doctors ou dans un épisode digne de ce nom, mais cela ne s'est toujours pas produit.
 Tom Baker épousa par ailleurs sa belle partenaire à l’écran, la mignonne et fluette Lalla Ward pour une période…de 16 mois !

Il fallut, comme toujours, lui trouver un remplaçant qui soit à la hauteur après cette très longue période de stabilité et de succès.  Mais je ne suis pas certain que, ce coup-ci, les dirigeants de la B.B.C aient réussi leur pari…

 

Bonus : Un spot de pub, court, qui nous montre les capacités d'acteur de Tom Baker accompagné de sa belle épouse d'alors, la mignonnette Lalla Ward. 

 

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Bonus no 2 : Pour intéresser les réfractaires à la série, voici le trailer en vostfr de la nouvelle saison avec le 11ème Docteur, le jeune Matt Smith.

Pour l'instant, je n'ai pas d'avis définitif sur la réussite de cette nouvelle ère qui suit le second triomphe de la série, celui de l'équipe Russel T. Davis/Eccletson/Tennant. Attendons donc...

 

J'en profite néammoins pour tirer un coup de chapeau aux très nombreux fans qui oeuvrent pour la reconnaissance de la série alors qu'aucune chaine leader ne la diffuse pour l'instant.

J'apprécie donc le sérieux et le travail de sites tels que Beans on a toast, le Village ou encore la Allons-y team ou U-sub.net qui actent pour mettre des extraits en vostfr sur le net.

Bravo à eux !

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 07:36

3ème partie

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Le succès de la série est donc pérennisé mais il est toujours délicat de le renouveler, surtout sa tête d’affiche. Si le premier acteur qui jouait le docteur avait désigné le second, ce fut cette fois le producteur de la série qui sélectionna le nouveau venu.

Il devait à la fois avoir de la personnalité, être un solide acteur mais également apporter un style différent au personnage tout en étant différent de ses prédécesseurs.

De cette équation assez difficile, il sortit un acteur qui allait tout aussi bien s’en tirer que les deux prédecesseurs, son nom est John Pertwee.

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Tout comme ses prédécesseurs, John Pertwee fut formé à la dure, sur les planches, voire sur des compositions shakespeariennes. L’acteur, de la même génération que ses pairs dans le rôle du Docteur, commença dès 18 ans sur une pièce radiophonique de la B.B.C qui fut remarquée. Sa carrière se poursuivit normalement et elle fut très variée.

C’est donc un acteur parfaitement accompli qui hérita du rôle et qui allait imposer sa propre marque.

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John Pertwee est en effet grand, distingué, et il semble quelque peu avoir emprunté les accessoires d’un théâtre pour le rôle.

Le Docteur est cette fois plus apte à l’action, élancé, et les années « John Pertwee » vont être en effet plus dynamiques que celles de ces prédécesseurs.

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Le grand problème de cette première ère de Docteur Who demeure en effet son aspect pièce de théâtre. La série est tournée en décors et cela se voit tant et si bien qu’on a parfois l’impression d’assister à des acteurs qui débitent leurs dialogues comme ils le feraient au théâtre ou lors de répétions. Hormis cela, les effets spéciaux laissent naturellement à désirer puisqu’ils étaient rudimentaires. Il faut dire que c’était la section « technique » de la B.B.C qui s’occupait d’eux et le nombre de technicien était véritablement infime et ils devaient tout créer eux-mêmes. Une gageure !

 

Mais la série marqua son temps, ainsi que les spectateurs, et de nouveaux personnages allèrent marquer durablement la série.

Tout d’abord, il y eut le maître.

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Comme le Docteur, le Maître était l’autre Timelord à évoluer hors de Galliffrey mais si le Docteur était plutôt curieux et motivé par la connaissance, le Maître préférait modestement la conquête de l’univers ! En outre, il était arrivé à sa treizième et dernière régénération ce qui le mettait à cran. Personnage antagoniste suffisamment fort pour contrebalancer le Docteur, le Maître avait naturellement gagné sa place dans la série pour devenir un personnage récurrent quoique, là encore, assez proche d’un vilain de comics.

 

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L’autre personnage marquant fut Sarah Jane Smith.

Nouvelle compagne du Docteur, Sarah Jane devint la plus populaire de tous les compagnons de la série, même devant le personnage de la petite-fille du docteur qui épousa un membre d’une famille royale sur une autre planète et qui s’est émancipée de son grand-père, il y avait déjà bien des années !

 

Les années de John Pertwee étaient plus toniques, davantage portées sur l’action et le tournage n’hésitait plus à aller à l’extérieur des studios.

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Le Docteur lui-même versait dans le kung-fu et autres arts martiaux même si la pratique par John Pertwee nous ferait doucement rigoler aujourd’hui. Mais le programme est tonique, il est toujours écrit par les plus grands noms contemporains de la littérature fantastique anglaise et les idées semblent être toujours renouvelées.

L’ère du troisième docteur est donc vouée à l’action, endiablée, mais aussi caractérisée par un côté psychédélique bienvenu.

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Un épisode d’anthologie est à retenir, les trois Docteurs.

Un paradoxe temporel sans précédent oblige les Timelords à faire appel au Docteur.

Mais même notre docteur n’est pas de taille contre cet événement. Aussi les Timelords décident de faire appel…aux trois premières incarnations du Docteur en même temps ! William Hartnell et Patrick Troughton revinrent donc dans la série le temps de quatre épisodes mémorables. William Hartnell, hélas très affaibli, n’apparut que sur l’écran du Tardis pour sermonner le second et troisième Docteur, qui ont tendance à s’opposer et se jalouser devant et derrière la caméra ! Quand il voit ses successeurs, il lève les yeux au ciel pour se demander ce qu’il a bien pu avoir fait pour hériter d’un clown et d’un dandy pareils comme successeurs. D’ailleurs, quand John Perwee explique la situation à ses compagnons humains, il est parle des autres en disant nous-mêmes. Savoureux !

Ce fut hélas la toute dernière apparition de William Hartnell qui, déjà très affecté par sa maladie, décéda en 1975...

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John Pertwee s’est montré à la hauteur, nous avons une troisième version du Docteur qui est des plus réussies mais le comédien, qui a quand même occupé le poste de 1970 à 1974 (loin devant les trois années de ses prédécesseurs), est fatigué par le rôle ainsi que les tournages. Il a envie de retourner au théâtre et il tire sa révérence à l’issue de l’épisode « Planet of Spiders » en se sacrifiant pour sauver Sarah Jane…

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Il est à noter que John Pertwee eut un fils acteur, nommé Sean.
Sean Pertwee est un peu connu des amateurs de films SF ou d'horreur puisqu'il a connu 3 des morts les plus cruelles à l'écran ces dernières années que ce soit dans Dog Soldier (ça allait encore), Wilderness (très éprouvante) et Doomsday (où il se fait quand même cuire, décapiter et bouffer).
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Solide acteur, Sean Pertwee confère une dimension très réaliste à ses personnages, alors que son père était plus fantasque. Sean fut pressenti pour prendre la place du 11ème docteur mais il ne fut pas retenu. Peut-être pour une incarnation successive ?


Mais revenons à John Pertwee.

Il s'est montré plus que convainquant dans le rôle qu'il a marqué de son emprunte et le show s'est fort bien renouvelé sous son ère. Son départ fut ressenti comme un séisme par les fans de la série.

Il fallut donc, encore une fois, lui trouver un successeur qui soit à la hauteur et qui propose une prestation personnelle qui soit aussi intéressante que les 3 premiers docteurs tout en les égalant. Mais qui fut donc cet oiseau rare ?

 

 

 

 

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 08:09

4 Action, action… Action-heroes !

 

 

Dick Giordano revint donc chez Charlton qui, de l’avis même de la direction qui en était bien consciente, stagnait plutôt pas mal question créativité. Des salaires bas entrainaient du contenu peu intéressant.

La tâche était rude, il fallait se retrousser les manches et avoir des initiatives, voire de l'audace. Dick Giordano correspondait alors à ce profil.

Dick Giordano fut donc nommé avec le titre de managing-editor.

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Il dut tout faire et pour cela, tout apprendre : de la conception d’un titre, de l’éditorial créatif et même le ru briquage de chaque comics.

Mais Dick Giordano était bien conscient d’une chose : la pauvreté des salaires alloués par l’éditeur… Charlton payait toujours 20 $ par page, les prix n’avaient donc pas bougé, alors que le plus bas tarif chez DC était de 45 $ par page !

Dick procéda de la même manière qu' Al Fargo avant lui : il se mit à la chasse aux talents pour se constituer une équipe. Il recruta alors Denny O’Neil, Steve Skeates et, dans la partie artistique, le très solide dessinateur Pat Boyete ou encore Jim Aparo. En outre, il pouvait compter sur deux talents déjà bien rodés : le très polyvalent Joe Gill et la méga star Steve Dikto, fidèle au poste par loyauté.

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Mais la somme de travail était immense : Dick Giordano devait s’occuper de 34 bimensuels soit 17 titres uniques mensuels ! Qui dit mieux ?

Le créneau majeur, le très impressionnant boom de Marvel l’avait montré avec éclat, était le genre super héros. Genre que Charlton connait avec ses titres dans les années 50 du second Blue Beetle et Captain Atom.

Cette fois, il fallait rationnaliser ce courant sous un titre générique qui fut donc Action-heroes.

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Dick Giordano devait leur donner une cohérence, une voie à suivre et une vision à terme.

Blue Beetle fut donc entièrement redéfini pour arriver à une version proche de Spider-Man. Puis fut créée Pete Cannon « Thunderbolt » (un titre manifestement prometteur au graphisme très soigné), Judomaster, et on ramena le barroudeur maison Sarge Steele, de même que la plus grande gloire de la firme dans ce créneau, Captain Atom. The Question apparut en back-up, par la suite, dans les pages de Blue Beetle.

L’ensemble fut pensé donc en amont et il fallut que les équipes créatives puissent être performantes. Dick Giordano acheta des comics de pays étrangers, à bas coût, afin de mieux rétribuer les équipes créatives dont S.Dikto. Ce fut d’ailleurs un des points les plus remarquables que les artistes citent souvent à propos de Dick Giordano : il respecte les artistes et ne les briment pas.

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Si le pack Action-heroes fut conçu en 1965, il investit le circuit en 1966.

Les histoires, disons-le tout de suite, n’étaient pas à la hauteur du génial Stan Lee et les Actions heroes n’avaient manifestement pas assimilé certaines trouvailles majeures de Stan, à commencer par un univers partagé assez bien agencé, des histoires rythmées ou encore un certain propos dans le contenu.

A tous les niveaux, les comics Charlton étaient à part car les Actions heroes, à l’occasion, pouvaient tuer un adversaire ou le laisser mourir, ce qui était à l’époque assez novateur (rappelons-nous d’un certain événement en 1954 qui reprocha la violence dans ce média).

Les histoires, que je vous invite à découvrir pour vous faire votre propre idée, ne rappellent ni les histoires de DC, ni celles de Marvel. A titre d’exemple, le personnage de Captain Atom a même subi un revamping pendant la petite poignée de titres qu’il occupa. Son costume doré devint subitement rouge/bleu et ses cheveux gris !

Mais les Actions-heroes rencontrèrent très vite leur destin.

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Si le retour des lecteurs était devenu soudainement assez bon, il semblait enfin y avoir quelqu’un à la direction de cette firme qui débitait traditionnellement des comics au kilo. Mais, hélas, les ventes ne suivirent pas du tout.

Sur certains titres, le retour avoisinait quand même le chiffre hallucinant de 82 % d’invendus ! Pourquoi ? On peut supposer que Charlton, qui n’avait pas les mêmes moyens que ses rivaux, et que ceux-ci ont stoppé dans l’œuf l’invasion de ce troisième compétiteur avec ses Action- heroes.

A titre d’exemple, DC avait 150 commerciaux qui parcouraient tous les points de vente du pays pour mettre en avant leurs produits, Charlton n’en avait que 5 !

Aussi, la direction stoppa vite les frais de cette initiative, qui n’était de toute façon pas dans les habitudes de la maison, concernée traditionnellement par la maîtrise des coûts plutôt que l’innovation.

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Les Action heroes furent un échec commercial mais ils incarneront pendant longtemps l’image de cette firme disparue au milieu des années 80. Dick Giordano n’ a pas démérité, il a su proposer quelque chose de différent et innovant et, si les personnages sont un temps mis en sommeil, un certain éditeur a remarqué les efforts de Dick Giordano…

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 07:58

3 Encreur, dessinateur puis éditeur…

 

 

Quelques mois après l’arrivée des Giordano dans le Connecticut, un ouragan nommé Diane fit de épouvantables dégâts, autant humains que matériels, et il ne resta plus grand-chose de l’usine Charlton. La catastrophe fut totale et il fallut tout reconstruire, repartir de zéro. Ce fut cet événement, par exemple, qui obligea Steve Dikto à se rendre à New-York pour trouver du travail, ce qui le mena dans les bureaux de Stan Lee chez Atlas…

 

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Mais dans la ville de Derby, Dick Giordano se souvient que la remise en état prit plusieurs longues et éprouvantes semaines de labeur ardu. Mais ce ne fut pas tout, tous les employés durent rechigner sur leurs salaires, dont on se doutait déjà qu’ils ne furent pas bien élevés, afin de passer le prix des planches de 13 à 6,5 $, une misère comparée aux 20 $ d’autrefois !

Avec le temps, le prix repassa de 10 $ la planche pour atteindre, à nouveau, le somme conventionnée de 13 $. Mais Dick Giordano était déjà dans le bain de Charlton comics et il se fit de solides connaissances avec les autres dessinateurs ou artistes travaillant pour la firme. Certains avaient travaillé pour des firmes du Golden age, d’autres étaient de nouveaux talents mais il comptait dans les rangs son fameux ami Sal Trapani. Il se fit d’ailleurs comme ami le fameux Joe Gill, le très polyvalent et sous-employé artiste de la firme qui était aussi un assez bon scénariste.

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Malgré les salaires assez bas de la firme, Dick Giordano refusait de se laisser aller à la facilité, à bâcler son travail pour gagner plus, et ses talents naturels de chef se firent peu à peu remarquer, aussi bien par le staff que par ses supérieurs.

Toutefois, Charlton comics ne représentait pas une carrière aboutie. Aussi Dick et Marie retournèrent à New-York où Dick trouva du travail chez DC, notamment dans les comics de romance à destination des filles, mais aussi avec Lili Galop.

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 Dick Giordano avait réussi un coup d’éclat avec le titre Lili Galop, puis il était retourné pour travailler chez DC, il avait déjà produit quelques travaux au début de sa carrière. Mais un changement eut lieu à la direction Charlton puisque le patriarche John Santangelo laissa la place à son fils John. Celui-ci chargea Pat Musulli de dynamiser la division magazine, qui comprenait justement la division comics.

Pat Musulli fit donc appel à Dick Giordano avec un défi : faire bouger les lignes de cet éditeur qui était toujours en retard d’une mode, qui ne parvenait pas à trouver une identité créative…avec des cordons de la bourse serrés !

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Dans les années 60, tous les éditeurs américains pouvaient faire le même constat : ce qui marchait commercialement, c’étaient les super-héros et Stan Lee avec sa firme moribonde avait montrer avec éclat que l’on pouvait donner un nouveau souffle à ce genre qui paraissait, avant cela, être l’apanage de D.C.

Or, Charlton avait racheté en 1954 une partie du catalogue de Fawcett, qui elle-même avait récupéré pour dettes le super héros le plus emblématique de la firme de Victor Fox, le Blue Beetle. La firme refit un relaunch du personnage, matinée de Superman, mais le comics périclita quelques numéros après, sans gloire aucune. Or, Dick Giordano comptait bien renverser la vapeur en suivant le modèle de Stan Lee avec de nouveaux héros on ne peut plus dynamiques…

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 07:31

doctor_who_logo1.png2ème partie


William Hartnell a donc déclaré forfait alors que la série était déjà bien lancée, aucune autre série populaire n’avait eu le droit alors à son propre film, mais le tournage était de l’avis de tous épuisant. Aussi il passa la main pour un nouvel acteur même si cela était très sensible à l’époque. Après tout, Sean Connery n’avait pas encore quitté James Bond et le concept de suite tout comme le remplacement d’acteur était assez délicat pour le grand public.

Il fallait donc un acteur tout aussi convaincant mais également différent pour se glisser dans le rôle.

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Ce fut William Hartnell lui-même qui désigna son successeur nommé Patrick Troughton.

Tout comme son prédécesseur, il s’agit d’un acteur qui s’est accompli sur les planches, à la dure pendant des déçennies. Patrick Troughton accomplit donc mille et un rôle que ce soit dans les planches, un peu de cinéma mais également la télévision.

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Mais Patrick Troughton a une personnalité bien différente de son prédécesseur, qui pensait justement qu’il était le seul dans l’Angleterre à pouvoir lui succéder, il va insuffler un certain humour à son personnage qui se ressent pendant sa prestation.

La grande qualité de cet intérpréte réside dans sa capacité à passer de la colère à l'humour, de la séduction à la persuasion, le tout avec une hystérie assez bluffante.
Le Docteur va donc connaître de nouvelles aventures mais le côté S.F est désormais marqué par un élément majeur : les Timelords sont capables de régénérer 13 fois les cellules de leur corps afin de tromper la mort.

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En outre, le second docteur se rend sur la planète des Timelords nommée Gallifrey.

L’ordre des Timelords demeure tout puissant mais il est quelque peu en déclin, l’espèce étant repliée sur elle-même et peu intéressée à évoluer. Des règles strictes, une certaine décadence tel un monarque qui vit sur ces acquis, le décor définitif de la série est plantée.

Patrick Troughton a très bien imprimée sa marque sur la série mais un problème majeur est à déplorer. En effet, les séries étaient conservées sur des bandes magnétiques et la B.B.C a effacé certaines bandes pour pouvoir les allouer à de nouvelles séries. Il manque donc une grosse partie des trois années de Patrick Troughton et la perte demeure incalculable pour les générations actuelles !

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La B.B.C a donc lancé un appel à l’aide pour récupérer ces épisodes mais le magnétoscope n’existant pas à l’époque, seules quelques bobines ont été rapatriés des pays qui ont achetés la série dans le monde, mais ce ne fut pas suffisant…

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Il reste cependant une belle époque où le Docteur a pris des habitudes plus actives sur terre, en aidant activement les humains contre des menaces sans fin comme les Cybermen ou les sempiternels Daleks. Le Docteur a pris ses quartiers auprès d’une organisation nommée UNIT , spécialisée dans les problèmes extra-terrestres, et de nouveaux compagnons rythment les aventures de cette série.


Mais Patrick Troughton est, lui-aussi, fatigué par le rythme de tournage de la série qui était vraiment exigeant et éreintant, il connaissait également quelques problèmes cardiaques, et il abandonne le rôle en 1969. Comme pour William Hartnell, on nomme désormais cette période de la série « The Patrick Troughton’s years ». Il s’agit d’ailleurs d’une page qui se ferme en 1969 avec l’arrivée l’année suivante d’un nouveau Docteur mais également de la couleur ! La série entre de plein pied dans les années 70, voyons ce qu'elle a à proposer...

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 08:24

S’il y a bien un sujet que je regrette depuis le tout début de ne pas avoir traité, au Royaume et même avant chez C---s P---, c’est bien le Doctor Who !

C’est que, encore une fois en France, la série est partiellement inconnue, voire confidentielle pour la première ère. Aussi il faut, encore une fois en France, se démener pour trouver des informations, s’informer afin de traiter ce phénomène unique de la télévision, à savoir une fantastique série télévisée qui a désormais sa propre historique et sa propre mythologie qui dure depuis…1963 !

Je suis donc très content, fier même, de vous proposer ce long dossier sur cette série, une des toutes meilleurs série S.F si ce n’est ma série culte : Doctor Who !

 

1ère partie

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Série immensément populaire en Grande Bretagne, à un point tel que le très institutionnel Times a déclaré assez récemment que : « n’était pas anglais celui qui n’aimait pas le Doctor Who » ! Cela n’a l’air de rien mais je n’imagine pas le monde proposer une telle analogie pour une série française.

Là est d’ailleurs un des problèmes de notre société franco-française, elle a été incapable de proposer à la télévision une série aussi audacieuse et d’une telle qualité.

D’ailleurs, si des scénaristes comme Grant Morrison ou Neil Gaiman ont une telle fantaisie et une telle facilité avec la S.F, c’est parce qu’ils ont vu la série quand ils étaient enfant.

Doctor Who était à la base une série crée par la B.B.C.

Avant d'aller plus loin, et histoire de jeter un coup d'oeil sur plus de 45 ans de la série, je vous recommande de cliquer ici.

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Le but était de proposer à une jeune audience une série éducative grâce à un programme qui ne soit pas rébarbatif, ce qui est une alchimie assez délicate. D’ailleurs, la série mit quelques temps avant de trouver son équilibre.

L’histoire, qui est diffusée lors de la rentrée 1963 avec ce premier épisode nommé « l’enfant né hors de la terre » présente une jeune adolescente qui intrigue plus que de raison ses professeurs. Il faut dire qu’elle demeure excellente en physique, astronomie ou encore en calculs mais elle demeure ignorante en histoire, totalement.

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Son cas est si particulier que ses professeur, un homme et une femme, décide de la suivre pour voir où elle habite. Ils la suivent donc jusque dans un magasin désert, abandonné où ils ne trouvent qu’un étrange poste de police bleu.

Par hasard, ils rentrent dans la cabine et ce qu’ils trouvent demeurent au-delà de leurs soupçons les plus fous : l’intérieur de la cabine est étrangement vaste !

Là, un vieil homme qui est le grand-père de leur élève leur somme de partir.

Mais nos professeurs ne peuvent retenir leurs questions et on apprend que l’homme, le Docteur, ainsi que sa petite-fille sont issus d'une race d’extra-terrestre qui ont trouvé une retraite sur la terre. En renversant accidentellement les commandes, un des professeurs emploie une des fonctionnalités du vaisseau extra-terrestre nommé le Tardis : ils se déplacent dans le passé où ils sont capturés par une tribu préhistorique dont-ils auront du mal à s’échapper.

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Ce premier épisode met la pédale douce en ce qui concerne à la fois la personnalité du docteur mais également l’aspect S.F de la série. L’intrigue sert essentiellement à visiter une tribu préhistorique et à assister à une guerre pour le feu.

Tout au plus, une formule est lâchée en demandant l’identité précise du Docteur : »Docteur qui ? » et nos protagonistes mettent 3 épisodes à quitter cette ère.

Bien que solidement réalisé et interprété, ce premier épisode de Doctor Who ne parait pas, rétroactivement, comme fondateur en posant de solides bases à la série. En revanche, la série est très solidement réalisée et l’interprétation demeure efficace. Mais hormis ce voyage dans le temps, rien ne permet d’identifier la série comme S.F…

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Les débuts du Doctor Who passèrent donc relativement inaperçus mais le second épisode va brutalement changer la donne.

L’auteur du script, le talentueux Terry Nation, fut donc engagé pour écrire un arc narratif de la série (alors 4 épisodes) et il raconta avec humour que les Daleks, le nom des archi adversaires du Docteur à venir, viennent des lettres figurants sur ses encyclopédies.

Diffusés lors de l’assassinat de John F. Kennedy en novembre 1963, l’épisode Daleks va propulser Doctor Who au premier rang des séries populaires.

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Qu’est-ce qu’un Dalek, au fait ?

Un Dalek est une sorte d’amibe qui vit dans une carcasse en fer ridicule qui ressemble à une gobelet renversé assorti de ventouse pour le côté fonctionnel.

Allégorie du nazisme, la population des Daleks demeure hautement militarisée et semble vouer à conquérir et à dominer. Ils sont régis selon une discipline qui les prive de toute émotion et, dépersonnalisés, ils savent essentiellement quelques mots militarisés à l’extrême tels que : « J’obéis, identifiez-vous ou exterminer. »


Leur voix nasillarde ainsi que leur aspect si primaire leur confèrent un air ridicule mais il s’agit de grands génocidaires. Leur créateur se nomme Davros et ils ont eu un empereur. Leur présence est prédominante tout au long de la série et ils vont d’ailleurs gagner en importance.

La série est lancée, elle devient un succès populaire qui plait aux enfants, parfois aux parents, tant et si bien que William Hartnell, le Docteur, et les autres acteurs remettent le couvert pour d’autres saisons.
terry-nation_01_446.jpg                 (Terry Nation et ses ultra-populaires gobelets customisés)

Le Docteur et ses compagnons vont donc voyager sur d'autres planètes, résoudre des problèmes ou encore affronter des races belliqueuses. Le Docteur se caractérise par sa non-violence, sa soif de connaissances mais aussi une petite inclination à manipuler son entourage et surtout ses antagonistes. Exceptionnellement, un héros d'une série ne recourt pas aux armes ou à la violence mais bien sur son intelligence et sa capacité à trouver et à exploiter la faille de son ennemi.

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La série, mais surtout les Daleks, deviennent si tendance que deux films sont tournés en 1965 et, devant le succès, 1966. Le Docteur sera à l’écran un aimable Dr Tournesol incarné pour l’occasion par Peter Cushing et une Dalekmania va envahir la Grande Bretagne le temps d’un été.

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Mais les acteurs de la série régulière n’ont pas été invités à participer.

Il faut dire que les tournages sont assez longs, épuisants même et William Hartnell jette l’éponge après que les acteurs qui jouaient ses compagnons soient rentrés chez eux. Ainsi, après les compagnons, c’est l’acteur principal de la série qui fait maintenant défaut puisque W.Hartnell était atteint d’une artériosclérose qui limitait ses efforts.

Le show marche fort, il est presque un phénomène de société, et il était hors de question que la série s'arrête avec l'abandon de son acteur principal. Il fallut donc, le pari était risqué, trouver un nouvel acteur...

 

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