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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 07:44

3ème partie.

 

Frank Cho délaisse donc son œuvre majeure pour aller tâter du crayon chez le plus gros éditeur de comics. Etonnant de la part de cet artiste qui a œuvré chez les indépendants purs et durs, Insight studio, et qui avait manifestement d’autres envies. Mais Frank Cho a été remarqué, très remarqué, et DC autant que Marvel lui ont fait des propositions.

Ce fut donc Marvel comics.

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Frank Cho, comme Mark Schultz avec son Cadillacs et dinosaures ou le français Jean-Marie Arnon, aime à la fois les belles femmes et les dinosaures. Il produit de temps en temps de petits croquis de dinosaures sertis de belles femmes dans des poses…appétissantes !

Son premier travail notable sera donc Shanna, qu’il réinvente littéralement.

Shanna n’est qu’un démarquage des pulpeuses reines de la jungle qui occupaient une grande place dans les années 30 et 40. Ces femmes étaient une version fantasmées des belles par les hommes, mixées avec un exotisme à la Tarzan.

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Shanna fut donc crée dans les années 70, sans génie aucun ni originalité.

Remarquons quand même qu’elle est devenue la campagne d’une autre copie made in Marvel, Kazar. Mais le reboot de Frank Cho reprend le personnage de fond en comble. Clonage, dinosaures intelligents et vicieux (comme les excellents ennemis des premiers Turok de Vaillant), le cocktail est détonnant, plaisant et fort bien mise en images par Frank Cho.

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(Golden comics no 2 avec des histoires de filles de la jungle ou comment des aventures des années 40 étaient plus intéressantes que celles des années 60 et 70. Etonnant !)

Marvel passe à la vitesse supérieure et il l’associe à Brian Michael Bendis sur la nouvelle série des vengeurs, les Mighty qui tournent autour de Iron Man.

Bendis est un très bon auteur, mais il gâche (à mon sens) son talent en étant devenu une machine à pondre 4 séries mensuelles plutôt que de confectionner son  œuvre ultime. Il pourrait probablement sortir quelque chose de la trempe de Watchmen ou de Dark Knight, en tout cas je suppose qu’il en serait capable.

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Au lieu de cela, il demeure corporatiste et il bosse comme le principal pilier chez Marvel.

Il dédouble donc les Vengeurs, Civil War n’avait pour finalité que de créer ce second titre, et l’ensemble est, comme toujours, plaisant à lire et bien calibrer. Arès bénéficie pleinement de cette redéfinition et ces aventures sont plutôt pas mal, quoiqu’elles reposent sur un long arc, Ultron, puis sur le retour de Carnage. Des arcs plaisant à lire mais qui ne resteront pas dans les esprits. Là est le paradoxe Bendis.

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Frank Cho s’en sort plutôt bien même si il réalise ses cases avec un sens de l'économie et selon ses capacités. Cho dessine en fonction de ses forces, des personnages bien dessinés en premier plan, et ses faiblesses, d’autres éléments sont relégués au second plan. Une composition graphique assez intéressante mais qui présente quand même des faiblesses, voire un sens de l’économie. En tout cas, Frank Cho dissimule ses limites avec maestria, mais à mon sens, il lui manque des qualités de réel faiseur de comics.

 

En tout cas, Frank Cho ne tient pas la distance pour ses 22 pages mensuelles puisque il se fait remplacer, et il émigre carrément sur la série Hulk de Joeph Loeb (encore un talent de l’écriture en comics qui ne cesse de s’améliorer, bien que ses idées  servent essentiellement le spectaculaire de l’histoire) pour un petit tour.

Frank Cho a du mal à tenir le rythme des comics, mais voilà qu’on l’annonce sur la cinquième saison d'UItimates !

                            
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                (chapeau bas à l'équipe de Scarce qui a traité très tôt de F.Cho)

Bref, Frank Cho est un grand dessinateur moderne.

S ‘il arrive à mêler avec maestria plusieurs genres de dessins antinomiques, le réaliste comme la caricature animale, il me semble bien plus à l’aise avec le strip qu’avec le comics, bien que dans ce dernier cas, ses comics valent quand même le coup d’œil.

Un recueil des moderns masters lui a été consacré, je pense en effet que c’est pleinement mérité.
J’espère quand même que Frank Cho va se concentrer à nouveau sur ses premiers amours et qu’il laissera une emprunte aussi grande que ses meilleurs prédécesseurs.

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Published by Bastien Ayala
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 07:54

2ème partie

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Il était une fois... est une œuvre qui s’envisage de multiples façons et l’histoire demeure le pilier de cette œuvre si riche. Nos explorateurs de l’espace ne vont pas tarder à s’élancer dans de nombreuses aventures et chacune va permettre de délivrer une parabole intéressante.

Il était une fois l’espace voit donc la nouvelle génération de cadets de l’espace (une référence à Flash Gordon, lecture de jeunesse d’Albert Barillé ?) qui vont œuvrer dès le second épisodes dans une planète de sauriens évolués et bipèdes devenu intelligents.
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 Un sage saurien leur explique tranquillement que son espèce avait eu à faire à une seconde espèce dominante qui, parfois, mangeait leurs œufs. Comme cette espèce les attaquait directement et que les œufs ne lui suffisait plus, elle fut exterminée par les Sauriens ! La portée de cette anecdote est quand même effrayante et, glissée parmi des aventures de 5 minutes sous formes de sérials intelligents, elle ne fut même pas remarqué par nos chers censeurs !

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Un autre épisode intéressant, les cro-magnons, replonge nos amis dans l’origine de la terre avec un peuple semblable au notre qui demeure encore à l’âge préhistorique. Après quelques aventures, nos trois héros vont leur délivrer un message : il faut que leur espèce évolue et apprenne de leurs propres erreurs et, quand le temps sera venu, la confédération d’Omega sera là pour eux.

Un épisode qui délivre a priori un message intéressant mais sans plus, mais qui prendra à la fin de la série une résonance incroyable.

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Le long voyage demeure également très intéressant.

Il montre une expédition de trois membres, des pionniers de l’exploration spatiale qui finissent leur long voyage de 1000 ans pour finalement arriver à Cassopiée. Le technicien, assez probablement un ancêtre de Maestro, est impatient d’arriver aux confins de l’exploration spatiale et il a le secret espoir de rencontrer des extra-terrestre. Or, l’exploration spatiale a bien avancée depuis son départ et Cassopiée fut colonisée depuis bien longtemps. Lui-même est un vestige d’une ère révolue dont il est l’un des derniers dinosaures !

Un bel épisode, avec une portée dramatique assez intéressante bien qu’atténuée pour cause de jeune audience. On retrouve cependant cette idée dans les Gardiens de la galaxie, le comics Marvel de Gene Colan et d’Arnold Drake (qui avait des idées…démentes !).

Enfin, ces épisodes en forme de one-shot, nommés aussi loners dans les séries américaines, sont sur le point de s’achever après le no 10 de la série.
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Mais un autre épisode demeure savoureux, la planète mytho.

Psi, Pierrotet Métro captent un signal de détresse d’une planète éloignée où une expédition semble s’être acclimatée à son naufrage, son vaisseau reposant sur un très haut sommet.
 Il faut dire que l’équipage trouve quelques amusements à interférer avec les autochtones qui sont bien moins résistants ou évolués qu’eux. Aussi, ils s’amusent avec eux jusqu’à inspirer une religion centrée la dynastie familiale du chef de l’expédition.
 Il faut dire que cette dynastie reproduit celle des dieux grecs/romains avec Jupiter et toute sa cohorte.

Pierrot et Psy, écoeurés par le comportement égoïstes de ces « dieux », va donner à cette espèce secondaire le feu alors que Jupiter l’avait formellement interdit !

Une bonne histoire, une de plus, où ce panthéon trouve une explication amusante sans que jamais Psy ou Pierre ne mette le doigt dessus malgré que cette situation « leur rappelle quelque chose ». Un bel humour de la part d’Albert Barillé et un épisode dont la portée est assez amusante.


Mais à partir de l’épisode 11, un arc narratif majeur va se mettre en place, avec adresse, pour que toutes les intrigues convergent jusqu’au final.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 00:00

1ère partie

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Albert Barillé était un très grand monsieur du divertissement à la télé qui a toujours su proposer des programmes intelligents, didactiques qui s’adressaient aux enfants sans les infantiliser, ce qui est encore de nos jours assez rare. Il restera célèbre pour sa fameuse œuvre il était une fois... qui commence avec l’homme. Devant le succès remporté, il continua avec un second volet, dans l’ère du temps, nommé Il était une fois l’espace. Or, cette saga que nous avons peut-être trop vite considérée comme uniquement destinée aux enfants, recèle bien des qualités, sur lesquelles il convient de revenir.

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Il était une fois l’homme fut un grand succès de la télévision depuis sa diffusion en 1978. Non seulement l’œuvre était à la fois pédagogique et instructive, mais jamais elle n’était ennuyante ou prétentieuse. Un savant équilibre entre ces deux domaines qui ont trouvé ici une harmonie. Aussi, la série fut rediffusée dans nos chaînes française, en l’occurrence FR3 et elle s’exporta naturellement en Europe où elle suscita le même intérêt. Il faut dire que les diffuseurs appréciaient de trouver des programmes didactiques qui, pour une fois, n’assommait pas les enfants.

Albert Barillé, homme orchestre de cet ensemble, pensa donc à une suite de son Il était une fois... l’homme. Pourtant, l’ultime épisode, pessimiste en diable, montrait que les hommes s’anéantiraient dans une guerre finale avec des fusées et des bombes…

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Ironiquement, tout ce qui était spatial et space opéra était tendance depuis Star Wars. Aussi la suite fut naturellement Il était une fois... l’espace qui projette l’humanité quelques siècles dans le futur où elle s’est finalement développée et même, elle vivrait en harmonie avec d’autres espèces humanoïdes.

Il était une fois l’espace reprend les meilleurs éléments d’Il était une fois l’homme, à savoir des personnages caractérisés et récurrents qui traversent les épreuves et qui permettent aux spectateurs de s’identifier, pour les projeter dans ce futur optimiste.
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L’action s’est déplacé de la terre à Cassopiée, une sorte d’ONU spatiale qui compte plusieurs espèces amies hormis celle d’Omega, dont le Général et le Teigneux ont une mauvaise nature.

Les héros de cette série sont de tout jeunes pilotes qui sortent de l’académie, Pierrot et Psi (alias de Mercedes) qui vont devoir faire leurs preuves dans des missions d’exploration. A leurs côtés, le spectateur-nous- va découvrir la complexité de ce monde.
Au travers de leurs aventures,  la série se permet également de délivrer des paraboles et des messages qui offrent une certaine résonance avec notre monde actuel.
Nos héros, Mercedes et Pierrot, seront accompagnés du fameux robot caractériel métro qui les aidera pendant toute la série, pour même se révéler une arme définitive.

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Les épreuves de notre jeune équipe demeure parfaitement orchestrée par Albert Barillé, qui demeure le chef de toute cette saga à la cohérence très forte et qui allie un tour de force assez remarquable qui va permettre à Il était une fois l’espace de dépasser son simple statut d’œuvre pour enfants.

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 07:41

2ème partie

 

University square est un succès : le lectorat accroche et Frank Cho parvient à vendre sa série à un système de syndication pour les comics strips. Mais Frank, pour profiter de cette nouvelle aubaine qui lui permet de toucher un nouveau lectorat, reprend sa série de 0, un rebot en quelque sorte.

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La nouvelle série sera Liberty meadows, les prairies de la liberté.

Cho reprend tous ses personnages et il les insert dans sa nouvelle série.

Le cadre demeure donc un asile pour animaux ayant des difficultés comportementales.

Le petit canard Frank devient un véto, Brandy a manifestement obtenu un diplôme en psychologie car elle est aide psychologique pour animaux.

Si les inénarrables Dean, Tony (en retrait hélas), Ralph et Leslie sont toujours de la partie, et quelle partie ! D' d’autres personnages apparaissent briévement, quittent la scène, ont une moindre importance ou de nouveaux font leur apparition. On a donc le droit à la vache psychopathe (qui fait un remake de misery d'après S.King), Khan le poisson-chat qui est la terreur du lac, Jen l'autre bimbo blonde de la série ou encore le raton laveur atteint du toc de la propreté.
Cependant, on peut quasiment parler de remake de University square.

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                              (au revoir à Frank 1ère version, le canard devient humain)

Il y a aussi Julius, le patron de cet asile qui est le supérieur de Brandy et Frank, qui est obsédé par Khan, le poisson chat surpuissant qui lui met régulièrement une rouste de premier ordre.

En gros, les gags reprennent avec la même hystérie, le même ton iconoclaste impayable.

Le rythme reste frénétique et, bien que Frank Cho soit lié avec son rythme de 3 cases par planche, il parvient néanmoins à délivrer des intrigues complètes qui allient  caractérisation et  comédie.

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Nous assistons donc à l’idylle contrarié de Brandy et de Frank, au  milieu des catastrophes (tempête de neige, incendie, une vache psychopathe qui nous refait le coup de misery, les fiançailles de Brandy) qui permettent de garder le rythme et de nous intéresser à tous ses personnages.

 

Car c’est aussi cela, Liberty Meadows, une histoire parfois poignante qui convainc au milieu de gags souvent très réussis. Brandy est l’héroïne de la série qui, par touche, nous rappelle également de très bons comics d’amour (enfin, leurs mécanismes) avec une idylle qui n'en finit pas d'être contrariée avec Frank, le héros de la série qui n'en mène pas large.

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L’autre point excellent de la série demeure le talent graphique, le don serait un qualificatif plus juste, de Frank Cho.

Ses dessins sont incroyablement expressifs, sa caractérisation est impressionnante de justesse car  Frank Cho passe de la caricature (pour les animaux) aux traits parfaits de Brandy, ou de tous les autres personnages féminin.

Frank Cho s’impose définitivement comme un maître moderne du dessin, il semble avoir assimilé des styles parfois différents comme Frank Frazetta ou les grands maîtres du strip avant lui. D’ailleurs, Frank Cho essaime souvent Liberty meadows d’hommages et de clins d’œil à d’autres strips glorieux (Lil’Abner, Popeye, Calvin & Hobes, les Peanuts, Hagard du nord…) par pure reconnaissance des ces génies passés. Il en est en fait tout à fait digne !

 

 

 

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 08:01

 

1ère partie

 

 

Frank Cho est un artiste d’exception !

Certes, ce terme est un peu galvaudé puisque l’on peut l’employer pour pas mal de nouveaux artistes qui font leur apparition et qui présentent un grand talent graphique.

Mais Frank Cho demeure bien plus que le nouveau talent graphiste prometteur qui vient de percer chez Marvel, Image ou DC. Non, Frank Cho n’est pas exactement venu aux comics avec pour vocation de dessiner du super-héros, il s’était déjà formé aux comics strips, avec maestria.

  le royaume des avis-copie-1

Frank Cho est encore un cas de ces enfants précoces qui s’amusent à dessiner un peu partout sur des cahiers parce que cela est chez eux inné. C’est cruel pour ceux qui suent sang et eux mais il semble que la vocation de ce natif Coréen, né en 1971 et arrivé aux USA en 1977 était déjà toute tracée.

Frank Cho découvrit donc toute la culture graphique de comics strips (très variées aux USA dont les plus glorieux sont les Penauts et Garlfield, parmi tant d’autres) mais aussi d’autres artistes tels que Frazetta.

En tout cas, sa carrière artistique entra en contradiction avec ses études puisque Frank Cho dessina autant qu’il put pendant son cursus solaire puis universitaire. Il fut poussé et motivé par ses parents pour tenter de devenir infirmier  mais l’envie de faire jaillir des personnages de son esprit vers le papier était déjà le plus fort.

Aussi il participa à plusieurs fanzines universitaires dont « The owl » puis le journal universitaire du Maryland.

Ses premières œuvres, déjà maîtrisées, lui permirent de prendre contact avec les syndicats d’édition pour son premier comics strip, le fameux University Square qui contient l’ensemble de son œuvre actuelle, à la fois ses personnages, son style, son humour et ses « obsessions ».

 Cover GirlS

University 2 demeure en quelque sorte son œuvre de jeunesse, mais une œuvre déjà maîtrisée de bout en bout et qui s’inscrit immédiatement dans la cour des plus grands, une performance rarement égalée !

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University square présente donc une galerie pas possible de personnages  puisque, dés les premières pages de cette histoire, des savants en biologie se demandent où sont passées les drogues qui  leur servent à mener à bien leurs expériences ?

Autre détail, ils se demandent aussi où sont passés les animaux de laboratoire qui doivent leur servir de cobayes pour ces mêmes drogues et autres injections ?

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La réponse est simple, les seconds ont ingérés par accident les drogues et ils se mettent à parler, à exprimer une conscience et une personnalité.

Ni une, ni deux, ils partent de là pour échouer dans une université où pas grand monde, finalement, ne s’étonne de converser avec des animaux qui  peuvent parler et remplir des formulaires d’adhésion !

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On a donc le droit à une belle galerie de personnages bien loufoques comme il faut, notamment le crapaud hypocondriaque, le petit ours de cirque bien frappé et Dean, le petit porc amateur de bière, d’alcool et de femmes.

L’humour et le style de Cho sont déjà parfaitement au point.

Il s’agit d’un humour hystérique, dysfonctionnel qui plonge ses personnages dans de savoureuses situations. Dean se prend veste sur veste avec les femmes, ils trouvent tous un bon  pote de cuite avec Tony, un étudiant dont les deux yeux regardent dans des directions différentes (comme un caméléon !) mais il y a surtout Frank.

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Frank est un petit canard, une sorte de personnage neutre et vierge qui est loin de la fureur de ses pairs. Il est timide, rempli de qualités « humaines » mais surtout, il rencontre et il tombe éperdument amoureux de Brandy, l’égérie absolue de notre cohorte d’animaux déchaînés.

 

 

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:05

Après des problèmes informatiques, ils sont sans fin, je peux continuer la suite du programme avec la reprise du cycle dédié à Frank Cho puis, normalement, Mr Manatane.

Le site était donc en semi-sommeil, je le regrette mais on repart dès cette semaine avec, cela a toujours été le but, des articles de fond sur des sujets de plus en plus variés et qui ne sont que faiblement portés sur les news.
movie Green Lantern Teaser by joshwmc

Tout d’abord, en préambule, un petit trailer de fan sur Green Lantern.

Si le personnage de DC comics était d’abord une habile variation du mythe d’Aladin, la bague remplaçant avantageusement la lampe et son djinn, ce n’est que la version de l’âge d’argent qui a permis d’étendre l’univers sur un plan cosmique.

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Passé les aventures de Neal Adams et de Denny O’Neil, un sommet du comics, le titre s’est mis à ronronner sans jamais plus retrouver de sommet.

Il est toutefois à considérer deux visions qui ont proposé des éclairages intéressants. Celle de Steven Englehart qui a plongé Hal Jordan dans des aventures cosmiques tout comme un one-shot, assez peu connu, de John Byrne et Larry Niven nommé Ganthet’s tales qui offrent des visuels très intéressants de ce que pourraient donner les aventures des Green Lantern, au summum de leurs possibilités.

Au lieu de cela, nous avons eu des aventures redondantes, sans sel ni intérêt où Hal Jordan était bêtement un mécano chez Ferris air…

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Un autre scénariste réputé, Ron Marz, a repris le titre après l’extinction du corps dans le fameux Green Lantern 50 qui voit Hal Jordan sombrant dans la folie. Une bonne idée (de l’éditeur ?) et qui vit l’arrivée et l’émergence d’un successeur, Kyle Rayner.

A mon sens, ce fut une litanie de banalité que commit ce scénariste, un niveau moyen mais sans plus qui passe à côté du potentiel. Bof, bof…


Mais Geoff Johns est l’un des meilleurs créatifs qui soit venu chez DC, une perle capable de puiser dans un personnage maltraité sa substance initiale, son potentiel, pour enfin proposer LA version qui s’impose.

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Je lui tire encore mon chapeau pour s’être occupé du cas Hawkman, une arabesque sans fin depuis la fin de Crisis, pour en proposer un redémarrage qui demeure convainquant.

Avec Green Lantern, il a totalement perçu le potentiel de la série en offrant des sagas épiques et passionnantes. Si vous ne suivez pas les DC universe, vous ne savez pas ce que vous ratez !

La Sinestro war a élevé Green Lantern au niveau qu’aurait dû être la première trilogie de Star Wars, ni plus, ni moins !

green-lantern-concept-art
A la limite, 22 pages par mois ne suffisent pas à Geoff Johns et il a assez de matière, de personnages, d’intrigues, de dramaturgie pour produire beaucoup plus !

En tout cas, ce film de Green Lantern se doit de respecter sa vision et de proposer une alternative crédible aux fans de Star Wars. S’il parvient à toucher le grand public, il serait intéressant de voir une partie des fans de la saga de George Lucas rejoindre les rangs de ceux de Green Lantern et nous, fans de ce comics, nous aurions vu juste !

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Sur un tout autre sujet, je vous invite à regarder un excellenttrailer, celui de Légion qui a l’air prometteur. Si les idées de la lutte du bien contre le mal ont déjà été abordé dans les comics autant qu’au cinéma, citons au hasard Prophecy, Légion a l’air prometteur à la fois dans la vision du conflit qu’il propose et son aspect bourrin.

Wait and see…

Au fait, et pour conclure, excellente année 2010 !

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 08:01

Voilà un bon film qui demeure quelque peu oublié mais qui mérite toute votre attention.  Un film qui nous envoie dans un futur où l’homme se trouve aux prises avec ses propres créations qui se rebellent violemment contre lui. Mais, surtout Mondwest contient les germes d’une autre production majeure de la décennie suivante : Terminator.

Justement, la belle illusion s’effondre brutalement : les automates se révoltent tous simultanément et ils font un véritable carnage sur les touristes (la scène est hallucinante) ! Il y a très peu de survivants à cette première attaque et même les techniciens ne peuvent que fuir. Mais je vous rappelle qu’il n’y a que le désert autour et que le piège est total, d’ailleurs il se confond dans un monde d’illusion. Le second point intéressant demeure cette mystérieuse révolte de la mécanique. Le manque de raison apparait curieux, il y aurait quelque chose, une force supérieure qui pousse les mécaniques au pire. Pour une fois, le manque d'explications demeure intéressant car il permet plusieures intérprétations et toutes les conjonctures restent possibles.

Justement, Arnold Swarzenegger s’est inspiré du jeu de Yul Brunner avec respect pour parfaire son attitude d’androïde de Terminator. Donc, on admet une parenté de fait entre les deux films, sinon les deux acteurs. Mondwest ne fut pas un énorme succès, ce qui est dommage, mais il a connu une autre suite produite, fait rare, par un autre studio. Il est à noter que l’ennemi d’Arcade dans les X-men peut s’apparenter à cet univers de pièges mortels et d’illusions. Même si le film demeure une demi-réussite (là, à vous de vous faire votre propre avis), il permet quand même au spectateur de rêver sur ce concept un peu fou. On annonce de temps en temps un remake qui pourrait  peut-être voir le jour en 2009.
Note : Le film est sorti en k7 il y a longtemps chez R.C.V mais je ne connais pas d'édition française en DVD. Vous pouvez un premier trailer ici. Je vous propose aussi un second plus long ici. Enfin, Psychovision a également fait un critique du film, différente et intéressante.

 


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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 03:32

Voilà un artiste qui demeure mal connu par les nouvelles générations mais qui était une star en son temps. Un dessinateur dont les audaces techniques a su fidéliser un lectorat ébloui par ses expérimentions graphiques . De plus, le grand public connaît son legs grâce à un autre auteur majeur qui lui a beaucoup emprunté. Aussi, il demeure indispensable de revenir sur la carrière du grand Steranko !

Le prodige du dessin est né en 1938 et il est initié très tôt au monde du cirque, du sport et de la rue. Il eut donc une activité de saltimbanque et même de cambrioleur !
Mais il se mit à pratiquer le dessin et si son modèle de référence demeure Jack Kirby, il sut rapidement trouver sa propre voie en s’émancipant et en se forgeant son style somme toute unique et reconnaissable entre tous, une adaptation habile de l’art psychédélique qui flottait alors dans le vent et dans les esprits de l’époque.

Jim travailla donc pour la Marvel et le moins que l’on puisse dire, c’est que Stan Lee et les autre misaient beaucoup sur le jeune prodige au point même qu’il fut envisagé comme successeur potentiel de Jack Kirby, lui-même en 1968 se méfiait pas mal du management peu reconnaissant à son égard.
Mais Jim apposa son style de légende sur quelques comics qui connurent grâce à lui des sommets narratifs et avant-garde : Nick Fury et Captain America. Le premier demeure un sommet de son art qui inclut surtout des expérimentations graphiques encore  très abouties et non surannées. Il réussit même à composer une page qui peut se lire de gauche à droite et…de droite à gauche !

Il s’agit d’un artiste véritable dans le sens où il crée, tente de repousser au maximum les limites du support Bd pour expérimenter, réaliser, s’affranchir des anciennes normes et en fixer de nouvelles.
Pour Captain America, il a participé à ce fameux arc où Captain est censé être tué et Bucky (Rick Jones) le pleure sur sa tombe .Il s’agissait bien sûr d’un piége fomenté contre Hydra pour obliger celle-ci à se dévoiler.
Qui peut donc dire, en sachant cela, que Ed Brubaker a inventé ou innové avec son histoire de la mort de Cap’ ? Certes, il a un sens aigu du récit qui lui fait honneur mais bon quand même, souhaitons que Ed se détache de ce récit en innovant par la suite.

Il y a quand même un petit bémol. A force de parfaire, il est en retard et le management de Marvel a du mal à gérer le talent prometteur même si elle est consciente du potentiel. Il y aura donc des couacs qui vont couper Steranko de la Marvel, qui doit de plus être du côté de Jack Kirby dans son affaire de droits et de reconnaissance bafoués. Bref, il symbolise une génération d’auteurs à qui on ne la fait pas et il n’a pas envie de trimer à des cadences infernales pour en prime être spolié de ses créations.

Jim fonde donc dès 1969 sa propre maison d’édition, Supergraphics où il continue à développer son art dans des œuvres soit expérimentales, soit relatives au comics américain. Notons que Jack Kirby (son mentor ?) s’est inspiré de lui et de son côté Houdini pour créer Mister Miracle

 

Jim Steranko s’est fait plus rare dans le milieu du comics, et  ses œuvres sont des événements majeurs. Ainsi, il a adapté Outland de Peter Haym avec Sean Connery, qui fut très apprécié par la critique de l’époque, et nous pouvons admirer les pogrès accomplis de l’artiste. Il favorise un certain découpage des traits et des lignes dans son art. Il initie de fait un courant d’un certain formalisme graphique qui va devenir une référence manifeste.
Jim a participé au cinéma entre autres choses et fut même le attaché à la création visuelle du premier Indiana Jones et du Dracula de Francis Ford Coppola.
Il a pesté sur les comics récemment à propos du sexe dans « the Pro » de Garth Ennis

Rappelons quand même que Jim demeure lié avec Jack Kirby, qui s’est montré très protecteur et patriarche avec lui et dont les liens demeurent évidents et manifestes. Ainsi Jim évoque avec grand plaisir le souvenir du King qui l’accueilli avec une simplicité désarmante dans sa maison. Leurs nombreuses contacts privilégiés ont permis à Steranko de s’émanciper de son maître et réciproquement, Mister Miracle demeure une version fantasmée et héroïque de Jim ! Jim Steranko a été encouragé par le King a s’émanciper de son style, de trouver sa propre voie en expérimentant. Ainsi, Jim faisait lui-même ses propres photomontages de dessins et de photographies, les splendides splash pages épiques et qui demeurent des somments visuels ou encore un sens de lecture multiple des cases !

Mais là où vous connaissez sans le savoir le style de Steranko, c'est à travers le fait que Frank Miller se soit référé ouvertement à ses travaux pour son style définitif dans Sin City ! Comme l’influence est ouvertement revendiquée, je ne parlerais pas péjorativement de plagiat mais davantage d’influences (tout consiste donc dans la démarche mais la nuance est fragile). Notons quand même que Scott MacDaniel apparaît comme un émule de Frank Miller ou de Steranko, on ne sait plus très bien !

Un autre grand artiste, assez mal connu du public français, demeure un emule intéressant de Steranko : c’est Paul Gulacy dont la parenté avec le maître est évidente. On pourrait même avancer que, si Franck Miller s’inspire de la troisième phase de la carrière de Steranko (la première demeure l’influence encore proche de Jack Kirby, la seconde correspond à son émancipation et ses expérimentations, puis la troisième s’indentifie grâce à son style proche de Miller). Par ailleurs, la carrière de Paul Gulacy demeure vraiment intéressante et je vous recommande Proie, le récit de Batman par Doug Moench qui confronte Batman au psychiatre Hugo Strange, qui atteint intimement Batman dans son être, grâce à ses analyses proches de la vérité. 

Je vous renvoie avec plaisir sur le site d’un auteur talentueux de romans et de Bd, Laurent Queyssi, qui traite avec passion et précision ce fabuleux artiste sans que je ne puisse faire mieux.


Notons enfin que certains des plus brillants artistes actuels rendent de temps en temps hommage à ce maître de la Bd contemporaine tel JH Williams III dans le Desolation Johns de Warren Ellis. Certains artistes lui font d’ailleurs des clins d’œil dans leurs compositions  lors de travaux ponctuels, notamment l’excellent Greg Horn pour une couverture sur Nick Fury (l’ère Steranko demeure la référence absolue du titre).

Ce qui est paradoxal dans le cas de Steranko est que son passage par Marvel l’a fait connaître à nous autres amateurs de comics mais l’a peut-être coupé du monde de l’art car son statut reste ainsi entre deux mondes où il aurait pu sans problème exceller. Il s’agit définitivement un des grands de sa génération fin 60’-70’ avec Neal Adams et Barry Winsdor Smith,Bernie Wrightson, mais Steranko a très vite coupé les ponts avec la production de comics pure pour aller vers d’autres cieux. Ainsi, Jim Steranko demeure lié au monde de la  magie américaine, dont il demeure l’une des références.

Il demeure dans un configuration artistique rare puisqu’il est lui-même le résultat artistique de l’influence d’un maître dont il a su s’émanciper afin de produire lui-même son propre courant et ses propres héritiers graphiques ! Donc Steranko demeure un artiste qui a plusieurs cordes à son arc et qui demeure farouchement indépendant. Qui a dit que les comics demeurent le seul horizon des artistes américains ?


 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 08:00

3ème partie : la sacralisation.   

Joe Quesada et Bill Jamas sont nommés aux commandes de Marvel, et il y a le feu dans la maison. En 1990, les ventes du Punisher, de Spider-Man et des X-men tutoyaient le million d’exemplaires vendus. Après le gros crash de 1993, les ventes s’effondrèrent pour ne dépasser que les 100.000 exemplaires à la fin de la décennie, au mieux.
Le vide créatif, les formules à répétitions qui sabrèrent l’événementiel (les morts, les crossovers, les directions événementielles piteuses) sont autant de scories qui ont coûté cher aux comics.  

La grande réponse créative est donc choisie : la ligne Ultimate.
Il s’agit des mêmes personnages que nous connaissons depuis presque 40 ans, mais en neuf.
Personnellement, le Ultimate Spider-man ne me transporte nulle part et paraît même moins intéressant que son auguste modèle. Mark Millar reprend donc les X-men. Pour une fois, ce n’est pas particulièrement probant. Ce n’est pas mauvais, il y a même des bons moments, mais on est loin du feu d’artifices de ses Authorithy. Mais Mark Millar va nous surprendre avec une nouvelle saga indispensable des années 2000 : Ultimates.  

Ultimates possèdent les mêmes qualités que Authority : excellente caractérisation, action intense, périls bigger and better, action haletante. Le palpitant est enfin revenu chez Marvel, et il se fait par la grande porte grâce à Millar et à Hitch, qui a enfin trouvé son style définitif et abouti.
C’est bien simple, Ultimate demeure la meilleure fusion du cinéma et des comics : grand écran et maxi-action.
Ces quelques numéros, plus d’une trentaine, sont tout simplement ce que Marvel a pu proposer de mieux dans le genre, depuis longtemps. Pour éprouver la réussite qu’est Ultimate, c’est bien simple : vous offrez le volume 1 à quelqu’un et il est fort possible qu’il devienne accroc. Sinon, je doute qu’il s’intéresse un jour aux comics !

Gros carton pour Marvel, les Ultimates peut enfin intéresser des lecteurs débutants qui ne trouveront pas mieux dans l’univers classique. Le pari de Bill Jemas et de Joe Quesada est remporté mais il y a des couacs : le rythme mensuel est largement dépassé !
De plus, le contrat léonin de Marvel oblige les auteurs à voir leurs idées et le contenu de leurs œuvres reprit dans les films ou les DVD, tout en touchant des cacahouètes (2000 $ selon Hitch). Bravo Marvel !
Si Mark Millar retrouve le même souffle dans son retour dans les Ultimates Fantastic Four ou Civil War, il a compris quelque chose : il faut qu’il crée quelque chose, un projet dont il a les droits.
Ce sera une pelletée de projets, qui seront lancés sous le titre Millarworld, dont le titre le plus fameux et le plus retentissant demeure pour l’instant Wanted.  


4ème partie : Le créateur à fort potentiel. 

Même si le succès est là, dans des proportions plutôt conséquentes, Mark Millar est intelligent, très avisé. Il est parfaitement au fait des réalités du métier : tout ce qu’il créera pour Marvel sera exploité sans qu’il en soit bien rémunéré ni même sans son avis.
Il connaît bien les rouages du système, l’affaire Kirby ou le cas de Len Wein qui ne touche rien sur les adaptations de Wolverine et il sent qu’il est temps de favoriser ses propres histoires.
Ce sera donc le tentaculaire Millarwolrd, qui s’étend à plein de petites maisons d’éditions comme Avatar, Top Cow ou Dark Horse. Il s’associe à des dessinateurs compétents, avec lesquels il partage les droits de suite, pour proposer au public une fournée de titres.
Jailliront ainsi les Unfunnies chez Avatar, Chosen chez Dark Horse puis le fameux Wanted chez Top Cow.

C’est un beau cadeau que fait Millar à la firme de Marc Silvestri, dont un projet demeure enfin au niveau des ambitions affichées de Silvestri, qui sera producteur exécutif pour l’adaptation ciné.
Wanted est le gros morceau du Millarworld, sachant quand même qu’un projet nommé Run avec Aslhey Wood demeure encore à ce jour non réalisé. Wanted est une adaptation d’un vieux projet qui visait à reprendre un comics de chez Dc dédié aux super-vilains : Secret society of super-vilains.

Wanted raconte donc l’engagement de Wesley, suite à la mort de son père, dans un des 5 camps de super-vilains qui ont terrassé les héros en 1986 puis qui ont manipulé la réalité afin de releguer leurs souvenirs au rang de héros de comics ou de séries télé bas de gamme. L’enjeu de Wanted est double : deux des camps de vilains veulent tout faire péter tandis que nul ne sait exactement qui est l’assassin de son père.
Le ton est iconoclaste, les punch-line sont nombreuses, parfois plusieurs dans chaque page et les vilains de DC revus par Millar sont hilarants.
 Ainsi, Fox est en fait Catwoman, Clayface est tas-de-merde, Sivana est le leader du camp de Wesley, le Parasite a une face de cancrelat et, cerise sur le gâteau, Bizarro est le gros con, la version trisomique de Superman (belle idée). Un des points forts demeure aussi que l’assassin ultime est quand même Deadshot, le personnage recrée par Steven Engelhart et Marshall Rogers. Mark Millar a été astucieux pour attirer l’attention des producteurs : son héros ressemble à Eminem et sa Fox a les traits de Halle Berry. 

Mark déborde de projets et il les mène habilement. D’une part il assure les commandes de Marvel dont il est l’un des tout meilleurs scénaristes, Bendis est quand même remarquable, de l’autre il fait éditer ses projets dont le War Heroes chez Dark Horse. L'actualité du moment est le fameux Kick-ass qu'il édite chez Icons, la branche created-owned de chez Marvel. C'est le déjà vétéran John Romita Jr qui signe les dessins, ce sera d'ailleurs sa seule co-création dont il a les droits. Il était temps !

Mais il a un potentiel bien plus fort : il aimerait proposer une version du Capital de Karl Marx où un auteur différent s’occuperait d’un segment particulier. Un grand projet qui lui permettrait d’accéder à un niveau supérieur, encore un. Mark Millar est aussi quelqu’un avec une vision politique certaine qu’il distille de temps en temps dans ses écrits, quand cela est possible bien sûr.
Ainsi Millar continue ses projets chez Marvel. Cette firme assez ingrate, quand aux suivis des droits, lui permet cependant une visibilité du grand public. Millar alterne donc avec talent ses propres projets dans la ligne Marvel Icons ou avec d’autres éditeurs puis il continue à entreprendre de gros projets chez la maison aux idées. Un bel équilibre, quoique je pense qu’il quittera un jour Marvel pour autre chose.    

 

Cet autre chose pourrait bien être le cinéma. Ainsi Millar s’est proposé pour écrire le nouveau Superman mais la Warner, décidément, ne lui a pas facilité les choses. DC avait censuré son retour sur Authority, reculé la parution de son excellent Superman : Red Son, une des toutes meilleurs histoires sur Sup dont la fin transcende le récit. Waener a prétexté que Millar était employé chez Marvel, donc qu’il y avait incompatibilité. Outre le manque de nez creux, Warner semble être de mauvaise foi puisqu’un artiste exclusif chez Marvel est attaché au projet Green Lantern. Pour ma part, je gage qu’un Mark Millar en pleine forme sur un film Superman serait un sommet de la saga…

Brillant, excellent  scénariste qui a des idées  de haut calibre,  un  sens certain de la narration ainsi qu' un réel  intérêt pour le genre super-héros, Mark Millar vient désormais d'être remarqué  par sa  capacité à fournir des concepts  qui  sont  lucratifs pour le cinéma. A mon sens, il devrait travailler pour ce méduim et nous livrer des histoires, de haute tenue comme toujours. Belle revanche pour l'enfant de Cotabrige qui rêvait devant Superman à la télévision !

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Published by Bastien AYALA
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 08:00

Chaque fin de décennie permet de dresser sereinement son petit bilan en terme de découvertes des talents. En ce qui concerne l’écriture, les années 2000 ont révèlé une pointure, anglaise comme les meilleurs scénaristes depuis les années 80, il s’agit bien sûr de Mark Millar. M.Millar a donc triomphé dans le domaine des super-héros avec un coup d’éclat : Authority. Pourtant, il était dans les parages depuis un petit moment et il avait grand peine à ce que son talent soit reconnu. Alors que le film Wanted, ainsi que l’édition française, sortent en France. Il est plus que temps de revenir sur ce grand talent dont les meilleurs années sont devant lui. 

1ère partie :  Les débuts. 

Mark Millar est né le 24 décembre 1969 à Cotabridge. Enfant modeste d’une fraterie de plusieurs enfants, il est fasciné par la série télé de Superman incarné par George Reeves. Il développe donc naturellement une certaine inclination pour les comics, dont ceux de DC qui sont assez largement publié en Grande Bretagne. Les écrits d’Alan Moore furent pour lui un choc, en terme de découverte, et il prit la décision d’écrire après avoir l’avoir rencontré lors d’une convention, dans les années 80. Il interrompit d’ailleurs donc ses études car ses parents décédèrent et il se tourna donc vers l’écriture professionnelle. Son premier travail date donc de 2000 avec la firme Trident.Il me semble qu’il fit aussi quelques piges dans le journalisme, et il interviewa notamment Grant Morrison qui bénéficia alors d’une aura d’écrivain talentueux à fort potentiel. Mais Mark Millar a suivi le même « cursus » que ses distingués aînés : travailler pour Fleetway/IPC.

Ce sera donc une myriades de séries pour ce vénérable éditeur qui s’est miraculeusement (par hasard, on l’air de dire ses créateurs) avec Judge Dredd. On le retrouve donc aux scripts de Judge Dredd, mais aussi des autres fleurons qui méritent tout autant votre intérêt comme Robot-hunter ou encore Rogue Trooper. Polyvalent, très capable et productif, Mark Millar est donc remarqué par DC comics, bien qu’il soit très probable que Grant Morrison les ait quelque peu aiguillé.

En 1994, il fait donc ses débuts puisqu’il co-écrit les scripts de Swamp Thing avec Grant Morrison. L’aventure chez Dc continue, mais les dirigeants sont incapables de détecter son talent ni de le mettre sur un titre majeur. Mais pour l’heure, Mark Millar est encore associé avec Grant Morrison pour créer un nouveau super-héros, Aztek. Aztek est un médecin choisi pour assumer la mission de protecteur de la terre selon une prédiction Maya contre un fléau cosmique à venir. Le titre ne dure que 10 numéros. En ce qui me concerne, je l’ai trouvé sympathique quoique guère exceptionnel. Mais Aztek demeure important en ce qui concerne les super-héros puisque ce titre remet en selle Grant Morrison sur un titre de super-héros, la JLA. La Jla marque en quelque sorte la fin définitive des mauvais titres de super-héros mal écrits comme Image en a produit tant et tant. Le public veut revoir des grands artistes sur ses héors préférés, et la Jla de Grant Morrison est à mon sens un comics majeur des années 90. D’ailleurs, Morrison clôt le destin d’Aztek dans les pages de la Jla, où il se révèle utile pour contrer le dieu maléfique anticipé par les Mayas, Maggedon.

 

 

2ème partie : la fin des années de doute.

 

Bizarrement, ce n’est pas Grant Morrison qui lui donne le coup de pouce décisif. Warren Ellis est un enfant terrible de l’écriture, une des 2 meilleurs révélations des années 90’ avec Garth Ernis. Warren Ellis se distingue cependant par son aptitude à pouvoir exceller dans le genre super-héroïque qu’il renouvelle et fait progresser. Il détonne aussi dans d’autres genres, avec  des grandes œuvres comme Planetary et, dans un autre registre, Transmopolitain. Son legs aux super-héros est Authority, une ultime mouture ravageuse de StormWatch, où il fait ce qu’il veut. Le résultat est explosif, il oppose l’équipe de 7 héros à des périls chaque fois plus importants lors de 3 arcs impressionnants de furie et de quintessence dans le genre super-héros. Warren Ellis finit avec le numéro 12, où il oppose Authority face à une force démiurge (créatrice de la terre). Il est difficile de continuer dans l’escalade de menaces, et la succession paraît compliquée, mais elle sera pourtant relevée avec maestria par Mark Millar. 

Faire mieux que Warren Ellis ? Cela paraît impossible et pourtant Mark Millar réussit très bien. Authority s’oppose aux vrais tyrans, ceux qui tuent dans des pays moins « civilisés » sans que l’O.N.U ne trouble réellement. Jamais les héros de Marvel, encore moins ceux de DC n’ont osé entreprendre cela. Ce serait en effet, à mon sens, la première des priorités pour une vraie équipe. Authority relève le gant et l’équipe dérange l’ordre mondial.

La réponse consiste en une parodie féroce des Vengeurs, aux ordres d’un créateur insensé qui a vécu dans l’ombre des Présidents des USA. Authority se heurte de plein pot avec ces pseudos vengeurs, qui constituent une infime avant garde des armées insensés de Kristen, une savoureuse parodie de Jack Kirby. Ce premier arc se permet beaucoup, notamment des détails subtilement glissés puisque Apollo se fait violer par le porteur de massue ainsi que le Commandant, le Captain America dégénéré. Cette séquence doit se regarder avec attention puisque le Commandant  a les mains sur sa ceinture pour déboucler celle-ci puis on le retrouve en train de déboucler sa ceinture, à la fin de la même scène après une ellipse.

Authorithy sous l’ère Millar est puissante, et iconoclaste.
Selon la tradition inaugurée par Ellis, les arcs sont fait en 4 volets et ils confrontent les héros à une menace « bigger and better », toujours plus imposante et démesurée.
 Une autre des menaces demeure la terre elle-même qui se rebelle, pour se débarrasser des humains. Le salut passera par le recours à un docteur criminel, qui a tué avant d’être dépossédé « les 4 premiers pays selon un classement alphabétique ». L’arc est dantesque, haletant, et sa résolution est incroyable. Ce thème original de la terre qui se révolte n’est pas perdu pour tout le monde puisqu’il s’agit du thème du dernier film de Night Shyamalan, phénomènes. Millar n’a pas fait un seul coup d’éclat, il impose durablement sa marque sur la série, aidée quand même par Frank Quietly, pour faire d’Authority la meilleure série de super-héros, celle qui fixe aux comics des super-héros un nouveau standard en terme de qualité.

 

ll se passe à ce moment quelque chose d’intéressant pour la carrière de M.Millar : elle explose car le scénariste devient subitement hot.
Wildstorm essaye de l’intégrer dans un deal pour en faire son scénariste maison, ainsi que Grant Morrison. Mais le deal est délicat : Scott Dunbier les veut mais DC a moins d’entrain : les super-héros d’Authority sont violents, décadents, ils ont une vie sexuelle (dont le fameux duo gay) et le 11 septembre 2001 vient de passer : l’heure est à la modération et au retour aux valeurs héroïques. Il convient donc de nettoyer tout ce qui pourrait mettre les titres de la firme dans l’œil du cyclone, Authorithy en tête. Le deal capote, mais le salut vient de la rigide Marvel, qui se secoue subitement sous l’action de Bill Jemas et de Joe Quesada, qui veulent secouer les fondations et qui voient en Grant Morrison et, désormais le tout autant apprécié, Mark Millar.

Ce sera pour une poignée de comics dont l’écrin définitif de Marvel : The Ultimates...

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