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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 08:19

. Parlons un peu de l’aventure MAD MOVIES, que vous avez rejoint au numéro 10. Récemment Jean Pierre Putters vous a tiré un vibrant coup de chapeau. Quels sont vos souvenirs marquants ?

 

. J’ai rencontré Jean Pierre alors que j’effectuais un stage de fin d’études de documentation à la Cinémathèque Française. Comme le stage était moins intéressant que prévu, j’ai dû envisager de faire un mémoire plutôt qu’un rapport de stage ; et comme j’étais « en plein dedans » j’ai proposé comme sujet : les fanzines. Pour cela j’ai contacté de nombreux fanéditeurs et j’ai rencontré Jean Paul Nail de VAMPIRELLA et Jean Pierre qui habitait Champigny sur Marne à l’époque. L’entretien s’est très bien passé et nous sommes restés en contact par la suite, par courrier, lors des festivals organisés par L’ECRAN FANTASTIQUE ou à l’occasion de déplacements à Paris. Début des années 80, j’ai travaillé un an et demi à Paris et là on a eut l’occasion de se voir beaucoup. Je crois qu’on a sympathisé tout de suite. A la base je pense que, outre notre passion pour le cinéma fantastique, on s’est aperçus que les mêmes choses nous faisaient rire. On se surprenait souvent à penser la même chose au même moment en réaction à un évènement ou une remarque. Et quand j’ai eu envie de passer au stade de l’écriture, ça s’est fait tout naturellement et avec les encouragements du « Rédac’ chef ». Le ton que Jean Pierre a donné à MAD MOVIES dès le départ, permettait de traiter sérieusement de n’importe quel sujet en ne se prenant pas au sérieux pour autant. A l’époque c’était tout simple : « Tiens, j’aimerais faire un article sur tel sujet » ; « O.K. pas de problème, vas-y » et comme on était moins tributaire de l’actualité, on faisait vraiment ce dont on avait envie. MAD a commencé à se structurer vraiment après le numéro 20. En ce qui me concerne, comme je n’étais pas sur Paris, que j’avais un boulot, ma collaboration bien que régulière restait un peu « en marge » et pas forcément mentionnée. J’ai tenu la rubrique vidéo un moment, les « adieux » aux personnalités décédées, des articles de fond sur Stephen King, Superman, etc et des visites de tournages ou j’étais invité (HELLRAISER 2 & NIGHTBREED)…

 J’aimais bien surtout rédiger des « Notules lunaires » car en quelques lignes et avec une information très limitée, parfois même seulement une illustration, il fallait broder un petit texte rigolo. Là ça tournait parfois au ping-pong avec Jean Pierre qui rajoutait souvent son grain de sel ou plus… Je me souviens notamment de la notule sur un film dont le héros s’appelait « Tor » et que se concluait par « et c’est ici que la notule se termine… à tort ! » ; ce qui a provoqué l’ajout complémentaire des tas de jeux de mots sur le même schéma. Cette façon de faire très conviviale a permis une complicité grandissante avec les lecteurs ; de même lorsqu’il racontait de façon délirante la vie supposée des rédacteurs dans « 4, rue Mansart ». Sur la fin, il nous arrivait même de faire des notules qui ne parlaient pas de cinéma ; uniquement pour se faire marrer. C’est dans cet esprit qu’il a lancé la « Mad Rubrik » qui lui permettait de parler de tas de trucs différents toujours sous l’angle de la « déconne » et il m’est arrivé de lui fournir de la matière. Mais comme je ne participais pas aux réunions de rédaction, c’était en discutant au téléphone que je proposais des choses où qu’il m’en demandait.

 

Le gros avantage de faire partie de la rédaction de MAD MOVIES c’est que ça permettait d’avoir des invitations aux festivals, de récolter du matériel publicitaire pour publication, de rencontrer des tas de gens. Notamment la plupart des fanéditeurs de l’époque : le cher Alain Petit (LE MASQUE DE LA MEDUSE) un passionné tout azimut à l’enthousiasme communicatif et un gouffre de connaissances, le regretté Pierre Charles avec qui j’ai fait mon premier marché du film à Cannes et dont le CINE ZINE ZONE constitue une somme inégalée sur les cinémas italiens et espagnols notamment, le prolifique Norbert Moutier toujours d’attaque, mon vieux camarade Suisse Hans Furrer (VAMPIR), Marc Toullec avec qui je suis toujours en contact et tous les autres croisés à la librairie de Jean Pierre MOVIES 2000 où au détour d’un festival : Pierre Pattin, Christophe Gans, Christophe Lemaire, François Cognard, … même si on ne se fréquentait pas régulièrement, on avait du plaisir à se croiser régulièrement… moi du moins ! Après mon retour en Bretagne en 1980, j’ai rencontré Eric Summer, qui avait fait une pub monstrueuse sur une radio locale pour THE BAT, et m’a fait participer à ses projets (et il en avait le bougre !) dont la publication de la revue TRAVELLING, qui a été une chouette aventure ou on s’est bien marré. Plus récemment, mais ça doit faire quand même plus de 15 ans, j’ai sympathisé avec Fabrice Lambot avec lequel on a passé un temps fou au téléphone au moment ou il débutait ATOMOVISION et que je n’ai rencontré que 10 ans plus tard…

 

. Concevoir et fabriquer un fanzine ou une revue à l’époque ne devait pas être de la tarte ; qu’elles étaient les principales difficultés ?

 

. Je pense que faire un fanzine correspondait à quelque chose comme une « carte de visite » destinée à ceux qui partageaient les mêmes passions et ç’est pour cela que les zines qui ont dépassé les 3 ou 4 numéros sont rares. Les fanéditeurs ont été recueillis par les publications qui avaient une vision à plus long terme comme MAD MOVIES, STARFIX, L’ECRAN FANTASTIQUE ou CINE ZINE ZONE. Les moyens techniques étaient plus rudimentaires à l’époque et certains zines ont été tirés avec la technique de la ronéo (les premiers MAD d’ailleurs) qui était très peu chère mais également très embêtante d’utilisation et très sale. La plupart ont été faits en photocopie, avec les différences de qualité que ça implique mais qui facilitait l’ajout d’illustrations, notamment les pavés de presse qui ornaient les pages cinéma des journaux. Après, il fallait aller à la pèche dans les revues étrangères ou traîner dans les quelques boutiques spécialisées en cinéma de Paris pour tenter de trouver des photos ou des dossiers de presse toujours précieux. Le côté « distribution » était le plus embêtant ; quelques librairies acceptaient les fanzines mais ne les mettaient pas forcément en valeur et quand on y retournait quelques mois plus tard impossible de mettre la main sur les invendus et donc de se faire payer ! Ca fonctionnait mieux en échange de pub entre zines. A l’époque, un titre qui « marchait bien » vendait dans les 200 / 250 exemplaires.

 

. Comment étiez-vous considérés par les autres revues de cinéma et les critiques ?

 

. Au départ si je me souviens bien il y avait quand même un peu de condescendance envers une revue qui ne craignait pas les couvertures choc, les sujets en marge et parler de films que les autres évoquaient à peine ; tout cela avec un ton pas très orthodoxe. De plus, par le choix de Jean Pierre Putters d’assumer tous les risques en finançant personnellement la revue, elle ne dépendait pas de ressources publicitaires aléatoires. Cela permettait aussi d’avoir de la distance par rapport aux attachés de presse qui n’avaient pas de prise pour tenter d’obtenir une couverture ou un certain nombre de pages sur « leur » film. La gestion de MAD MOVIES par Jean Pierre a été exemplaire car il savait ce qu’il voulait en faire et l’a très bien fait. Je n’oublie pas le temps qu’il y a consacré ; il a une énorme force de travail qui me rend admiratif.

 

. Quel est votre sentiment sur la forme actuelle, le contenu et le style du MAD MOVIES « nouvelle génération » ?

 

. J’achète MAD MOVIES tous les mois (mais je m’y perd avec toutes les formules !) et le fait d’y avoir ajouté un DVD me réjouit car leur sélection est en général intéressante, alternant classiques et nouveautés. Au niveau des choix éditoriaux, ils ont le courage de leurs opinions et ça me semble très « Mad » d’esprit de mettre en couverture des films auxquels ils croient et qui risquent de ne pas trouver leur clientèle. Le revers c’est le risque que les lecteurs ne soient pas d’accord avec leurs choix. A titre personnel, je dois dire que je ne suis pas du tout fan des films comme SAW, HOSTEL, MARTYRS… et autres films très violents et souvent ultra complaisants qui s’amalgament, à tort, au genre fantastique. Ca n’est pas nouveau, je me rappelle avoir été très dérangé par la première projection de LAST HOUSE ON THE LEFT au festival du Berlitz alors que HILLS HAVE EYES introduisait une distance par rapport à un sujet quelque peu similaire. Sinon, je trouve les « notules » trop longues et parfois « limites» lorsque l’humour insiste sur le scato, le macho… c’est une question de dosage. Mais pour l’avoir fait, je sais qu’il est à la longue difficile de trouver des accroches nouvelles et de se renouveler. Le interviews carrières sont intéressantes et souvent pointues. Je lis avec plaisir la rubrique Vidéo, les portraits des légendes du fantastique brossés par Toullec et bien sur le « Fantastic Guide » toujours très informatif et à pleurer de rire !

 

. Enfin, une ultime question, êtes vous fan de Jésus Franco qui bénéficie depuis les années 70 d’une forte aura et qui séduit de nouvelles générations de cinéphiles ?

 

. J’aime bien certains films de Franco comme L’HORRIBLE DOCTEUR ORLOFF, LES NUITS DE DRACULA, JACK L’EVENTREUR…  plutôt son début de carrière. Depuis, j’ai un peu décroché et je crois que je ne lui ai pas pardonné d’avoir « subi » une projection de LA FILLE DE DRACULA à une séance de minuit, qui m’a littéralement achevé. En fait, je pense que la personne ou plutôt le personnage Jésus Franco est souvent plus passionnant que ses réalisations ; de l’entendre parler de ses films donne envie de les voir, du moins dans la version qu’il en a dans sa tête. Je ne l’ai croisé qu’une fois à Cannes ou il donnait une conférence de presse mais pour ceux qui l’ont fréquenté (comme son ami Alain Petit) il fascine beaucoup par ses diverses facettes : charme, roublardise, intelligence, culot, enthousiasme, mythomanie… bref un être très complexe et attachant par son besoin compulsif de tourner.



Merci beaucoup Mr Burel pour cette interview fort intéressante !
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Published by Bastien & Macel Burel
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 08:00

. Marcel Burel, bonjour. Les fans les plus attentifs de MAD MOVIES et de METALUNA savent que vous avez écrit, ou que vous écrivez encore pour ces revues et que vous êtes passionné de cinéma fantastique. Mais pouvez-vous vous présenter succinctement aux lecteurs ?

 

Bonjour. Je remercie les fans « attentifs », car ma collaboration active avec MAD MOVIES, a du se terminer au début des années 90. Et mon « comeback » dans METALUNA  est un peu providentiel car si j’avais toujours l’envie d’écrire, j’en avais perdu l’habitude et ça s’est révélé un peu plus difficile que je ne le pensais de reprendre la plume. Mais comment résister aux appels amicaux des sirènes… (J.P. Putters , Fabrice Lambot et Jean Depelley ; bonjour les sirènes !!!). On avait tous l’envie de s’y remettre et de redémarrer une nouvelle aventure. Et on a craqué ! 

 

Vers la fin des années 70, j’ai fait partie de cette bande de fans qui étaient passionnés par le cinéma fantastique, horreur, science fiction, bis, etc… C’était une période foisonnante car le genre parvenait à sortir du ghetto et on avait le sentiment qu’il y avait encore beaucoup à découvrir et à faire découvrir. Mon premier texte (illisible maintenant) est paru dans le numéro 10 de MAD MOVIES et l’amitié de Jean Pierre Putters m’a encouragé à continuer. Par la suite j’ai collaboré ponctuellement à d’autres fanzines comme CINE ZINE ZONE, MONSTER BIS… avant de publier mon propre fanzine THE BAT (un seul numéro de paru) suivi d’un FANTAZINE, encore plus amateur. Il y a aussi des revues comme TRAVELLING entièrement conçu à Brest par Eric Summer (maintenant réalisateur de séries télé) dans la foulée du développement des radios libres.

 

 . Comment est née votre passion pour le fantastique ? Quel est le film qui vous a fait rêver enfant ou qui vous a captivé au point de vous intéresser au genre ?

. Difficile à dire ; au départ il y a un amour du cinéma en général depuis ma plus tendre enfance. Je suis originaire d’un petit village du sud-finistère qui possédait un cinéma « Le Dolmen », ouvert tous les week-ends. Les programmes étaient familiaux avec une préférence pour les comédies « à la française », les films de « cape et épée » avec Jean Marais, des westerns, des films de pirates… bref tout ce qui était « tous publics ». J’y allais systématiquement, peut importait le film montré, parfois même à une seconde projection et dans ce cas la patronne ne me faisait pas payer une nouvelle fois le 1 (ancien) franc que coûtait la séance ! Je ne garde aucun souvenir de films de S-F ou fantastique. Par contre j’ai du voir LA GUERRE DES BOUTONS une bonne douzaine de fois !

 

. Quand j’avais 10 ans environ, ma famille est venue vivre à Brest. Il y avait à l’époque  une petite dizaine de cinémas et je me suis mis à fréquenter ceux qui projetaient des films d’aventures et d’action, comme tous les gamins. Mais là encore, je ne me souviens pas d’un film particulier qui m’ait marqué, ça a plutôt fonctionné à « l’imprégnation ». Petit à petit  j’ai eu la curiosité de découvrir des choses différentes et c’est à l’adolescence que j’ai pris goût au cinéma fantastique et me suis mis à rechercher plus particulièrement les films du genre. Je me souviens notamment de mon premier Hammer film : LES MAITRESSES DE DRACULA qui m’a  beaucoup impressionné et par la suite j’ai guetté les autres productions : LES VIERGES DE SATAN ou LE RETOUR DE FRANKENSTEIN qui restent parmi mes « Hammer » préférés. Je suis un « enfant » de la seconde moitié de la Hammer ; à l’époque, en province, il était déjà impossible de voir LE CAUCHEMAR DE DRACULA ou FRANKENSTEIN S’EST ECHAPPE. Des cinémas comme le VOX sans être réellement spécialisés, comme le BRADY à Paris, diffusaient pas mal de films « bis » et je me souviens y avoir vu LES VAMPIRES DU DOCTEUR DRACULA avec Paul Naschy qui avait une certaine gueule sur grand écran, LE MASSACRE DES VAMPIRES, LE CHATEAU DES CHIENS HURLANTS, LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES… J’étais (et je suis toujours, je le pense) bon public et j’en étais au stade boulimique où il me fallait en voir le maximum ; le stade critique viendra plus tard. Comme à l’époque je ne connaissais personne partageant les mêmes goûts ; je me faisais ma petite culture de base en commençant à rechercher de la documentation sur le sujet.

 

. J’ai découvert MIDI MINUIT FANTASTIQUE en kiosque, mais c’était le dernier numéro. Au même moment L’ECRAN FANTASTIQUE lançait une nouvelle formule et CREEPY et VAMPIRELLA abordaient mes deux sujets de prédilection : le cinéma fantastique et la B.D. Il y a eu aussi le livre de René Prédal : LE CINEMA FANTASTIQUE qui le premier défrichait les différents thèmes et malgré ses défauts et les nombreuses erreurs m’a permis d’avoir un « cadre » d’ensemble du genre. Par la suite j’ai dévoré les bouquins de Jean Marie SABATIER, de Gérard LENNE, de J.P. BOUYXOU qui m’ont ouvert des perspectives d’approfondissement du genre. Enfin il y a eu la découverte des fanzines qui commençaient à pulluler…

 

. Pour une certaine génération récente, nous avons du mal à imaginer ce qu’était la vie d’un cinéphile à l’époque.  Vous étiez obligés de guetter les sorties ou ressorties de films pour satisfaire vos goûts ?

 

. En circuit normal, étaient distribués les films récents et à la fin des années 60 de plus en plus de films de S-F notamment connaissaient des sorties « normales » : LA PLANETE DES SINGES, 2001 L’ODYSSEE DE L’ESPACE… et ont contribué à ouvrir le genre au grand public. En salle « Art & Essai » il était parfois possible de découvrir quelques curiosités ou classiques en ressortie. Par contre, d’autres salles plus populaires fonctionnaient différemment ; à l’époque je ne connaissais pas grand-chose aux circuits de distribution et ne m’étonnais pas de découvrir un Vampire italien une semaine, un Zorro espagnol la suivante ou une momie mexicaine la fois d’après… au petit bonheur la chance ! Sinon, il restait les « Séances de minuit » du samedi soir qui permettaient de découvrir, sans aucun ordre logique, des œuvres plus anciennes le temps d’une projection unique. Je me souviens d’avoir vu à Tours, un GODZILLA  suivi le samedi d’après par MACISTE CONTRE LE FANTOME puis par L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR… On ne savait pas si on aurait la possibilité de les revoir de sitôt ou jamais et souvent en rentrant du cinéma j’écrivais le scénario du film détaillé et la fiche technique… pour garder une trace ! Et ce n’est pas du côté de la télévision qu’il fallait se tourner pour trouver son bonheur… Quoique BELPHEGOR m’ait laissé des traces et que j’ai découvert le « serial » avec la diffusion hebdomadaire des épisodes de DAREDEVILS OF THE RED CIRCLE / LES TROIS DIABLES ROUGES dans l’émission « La séquence du jeune téléspectateur » !

 

. Quels sont les films que vous regardez encore avec plaisir après toutes ces années ?

 

. Il y en a tellement… mais dans ma cinémathèque idéale il y a certainement des classiques du genre comme KING KONG, LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN, LES CHASSES DU COMTE ZAROFF… dans la S-F des années 50 j’aime toujours beaucoup LES SURVIVANTS DE L’INFINI et LA GUERRE DES MONDES ; Et puis il y a  (presque) tous les films HAMMER bien sur dans lesquels je me replonge régulièrement avec toujours autant de plaisir. Comment oublier Bava ? Il faudrait les citer tous. Argento au meilleur de sa forme avec LES FRISSONS DE L’ANGOISSE et SUSPIRIA que j’ai redécouvert dans la superbe édition DVD récente. Bizarrement il y a des films que j’ai adorés et qui m’ont déçu par la suite. Ca a été le cas de PHANTOM OF THE PARADISE que j’ai vu et revu ; et qui m’a un peu insupporté  un moment. Je l’ai également redécouvert tout récemment après un long « purgatoire ». Dans le genre, ROCKY HORROR PICTURE SHOW me réjouis toujours autant. Quoi d’autre en vrac : LE MAGICIEN D’OZ, LE BAL DES VAMPIRES, LA PLANETE DES SINGES, le fabuleux THE INNOCENTS de J. Clayton, STAR WARS, STARSHIP TROOPERS… Et puis (je dirais même surtout) il y aussi les petits films de série B sans prétentions dont certains sont d’authentiques petits bijoux comme : TREMORS, LADY IN WHITE, TOURIST TRAP, DEAD AND BURIED, NEAR DARK, RE-ANIMATOR, BASKET CASE, NIGHTBREED, MOTEL HELL, LE CROCODILE DE LA MORT… Il y a enfin les « inavouables », les nanars, les productions inclassables et délirantes comme le SHE d’Avi NESCHER, THE BARBARIANS, MESA OF LOST WOMEN, HOPITAL MASSACRE, les films indonésiens de la série THE WARRIOR, des films turcs incroyables plagiant STAR WARS, SUPERMAN , SPIDERMAN ou LUCKY LUKE…, pour lesquels le qualificatif de « culte » n’est pas galvaudé comme c’est souvent le cas actuellement où des films roublards s’auto proclament « cultes » ; alors qu’il faut au contraire une sacrée dose de  naïveté et d’inconscience pour pouvoir accéder à ce « statut »

 

. Qui sont parmi vos idoles, acteurs ou réalisateurs, celles  que vous avez rencontrés ?

 

. Les deux interviews les plus chères à mon cœur sont celles de Peter CUSHING et de Donald PLEASENCE dont je suis fan absolu. Celle de Cushing, je n’y ai pas cru jusqu’à la dernière minute car elle avait été arrangée par Eric SUMMER pour le magazine TRAVELLING à l’occasion de la sortie du film BIGGLES. Il m’avait laissé un message concis : « soit chez toi, tel jour à telle heure, Peter CUSHING va t’appeler ».

 Connaissant le goût de l’ « oiseau » pour les blagues, je me demandais si j’allais me laisser avoir de façon aussi grossière. Mais il avait réussi à m’accrocher et le jour prévu j’étais devant mon téléphone avec mon petit magnétophone et j’attendais en commençant à râler. Lorsque le téléphone a sonné et qu’une voix m’a demandé : « Vous avez une communication en PCV d’Angleterre… est ce que vous prenez ? ». J’ai dû bafouiller quelque chose et je me suis retrouvé la gorge nouée pendant 30 secondes.  L’entretien a été conforme à l’image que j’avais de ce parfait « gentleman » et pendant 20 minutes il a été d’une gentillesse incroyable, drôle, émouvant et sympathique à la fois. En ce qui concerne Donald PLEASENCE, j’avais écrit un petit article sur lui dans un vieux MAD MOVIES, que je lui avais expédié. Il m’avait remercié avec une photo dédicacée et un petit mot où il me disait qu’il venait de tourner un petit film intitulé HALLOWEEN ! Quelques années plus tard j’ai appris qu’il était invité d’honneur au festival d’Avoriaz et Marc TOULLEC a réussi à me décrocher une interview. Le soir précédent je demande à  mon camarade Jean Pierre PITON de L’ECRAN FANTASTIQUE d’assister à son entretien. Exercice difficile, car l’acteur répond de façon courte et souvent détachée pour ne pas dire désabusée à toutes les questions. Il est souvent question de l’argent qu’il a gagné sur tel ou tel film… Bref, je me dis que le lendemain matin ça ne va pas être de la tart…iflette ! A l’heure du petit déjeuner je retrouve un PLEASENCE  en pleine forme, rigolard, une coupe de champagne à la main et démarre une discussion passionnante et détendue. Comme quoi, ça ne tient parfois pas à grand-chose !

 

J’avais fait une interview carrière du maquilleur d’ ELEPHANT MAN Christopher TUCKER à son domicile près de Londres pour MAD MOVIES et nous avions sympathisé. On s’est téléphoné de temps en temps et envoyé des cartes de voeux pendant une dizaine d’années. Il a été un des invités du sympathique Festival de L’Imaginaire à Clermont Ferrand  (organisé pour la partie cinéma par MAD MOVIES) et je lui servais de guide - interprète. Il y avait également Christopher LEE que j’ai croisé pendant quelques jours, très pro, très bavard, parfois un peu grincheux quand il refuse des interviews en prétextant « ils vont encore me parler de DRACULA ».

 

L’avantage des festivals, c’est qu’on y rencontre pas mal de monde, notamment à Avoriaz qui était un endroit privilégié pour cela. Au niveau des interviews il y a eu Jim « MUPPETS » HENSON, David CRONENBERG, Ralph BAKSHI, Russell MULCAHY, Christophe LAMBERT très sympathique, Clive BARKER, Barbara HERSHEY, Dario ARGENTO, Douglas HICKOX, Michael ARMSTRONG, Freddie FRANCIS, Melanie GRIFFITH… et pas mal d’autres. Pour Michael ARMSTRONG qui était présent à Avoriaz comme scénariste de HOUSE OF THE LONG SHADOWS, je me demandais s’il s’agissait du même M. ARMSTRONG de MARK OF THE DEVIL. J’ai posé la question à quelqu’un qui m’a assuré que ce dernier s’était suicidé. Le seul et unique Michael ARMSTRONG s’est bien marré lorsque je lui ai dit en début d’entretien que je pensais qu’il était décédé ; la confusion venait de Michael REEVES qui lui était bien mort ! Il en a reparlé en rigolant dans une interview qu’il a donnée plus tard à un fanzine anglais FANTASYNOPSIS. On n’était pas toujours très pro à l’époque avec notre matériel amateur ; souvent il y avait quelque chose que ne fonctionnait pas et je me souviens d’une interview à pure perte car le radio-cassette mal réglé enregistrait France Inter ! A Cannes, où c’est plus délicat d’obtenir des entretiens, on pouvait quand même croiser le jeunot Sam RAIMI qui distribuait des badges à l’entrée de la salle de projection d’ EVIL DEAD, Stephen KI NG buvant un demi à la terrasse du Carlton ou demander une dédicace à un Peter JACKSON débutant...

 


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Published by Bastien & Macel Burel
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:54

Bonjour à tous.

 

Je pense que le volet dédié à John Byrne vous a plu, en tout j’ai eu quelques réponses sympathiques dans d’autres canaux.

Je remercie encore une fois mon collègue de plume, Stéphane Maillard et j’espère avoir convenablement traité la carrière de ce grand talent des comics.

Toutefois, il y avait tellement à dire sur lui, il a tellement accompli et son actualité est si riche que l’on pourrait encore et encore deviser sur l’artiste.

En outre, il semble que son caractère bien trempé soit également un sujet intéressant mais je n’ai pas abordé cet angle car d’une part je n’ai pas d’informations très précises puis de l’autre, si cela ne permet pas la compréhension de son œuvre, je préfère rester respectueux.

 

Il est en tout cas évident que John Byrne possède une solide base de fans, que ses œuvres continueront à séduire de nouvelles générations dans les années et même les décennies à venir, ce qui constitue la marque d’un grand mais il convient de reconnaître que son style s’est appauvri, au contraire de George Perez, l’autre artiste ultra doué de sa « génération ».

 

Enfin, je voulais aussi vous présenter Dommsday + 1 qui est généralement assez mal connu.

Moi-même, je l’avais lu dans différentes interview de John Byrne (Heroes, Scarce 18…), j’avais lu un article très intéressant dans Buzz comics de mon distingué collègue Brother Ray, mais je ne l’ai eu qu’assez récemment.

Quel dommage que Doomsday + 1 ne soit pas davantage connu et reconnu !

Il s’agit pourtant d’une série assez dynamique, qui s’insère fort bien entre Kamandi de DC et la planète des vampires d’Atlas Comics et il pourrait toujours être adapter en films ou en séries. Un bon moment de comics en somme qui tranche avec les comics de super héros.

 

Maintenant, je suis content de commencer le cycle d’interviews que j’avais en tête depuis la création de ce blog, il y a déjà plus d’un an !

J’ai toujours voulu rendre hommage aux créateurs/éditeurs/participants de fanzines, citons donc Scare, Heroes, les éditions de l’Hydre, Swof, Kirby, Back-up, sans lesquels il n’y aurait pas ce blog, ni même l’idée d’écrire.

 

Si il y a des interviews qui sont déjà en boite, dont une non encore traduite d’un éditeur qui a beaucoup fait en France et dont l’apport mérite d’être reconnu, il me faut une pièce centrale pour commencer ce cycle et j’ai quelque peu égaré certaines coordonnées.

 

On commencera donc par le cinéma et c’est Marcel Burel qui ouvrira le bal.

Marcel Burel était un des participants régulier de Mad Movies, une des deux revues de référence sur le cinéma fantastique en France.

Auteur de bons articles généralement caractérisés par une grande qualité critique, j’ai noué par hasard le contact de Marcel Burel sur…e-bay !

J’apprécie beaucoup les affiches de cinéma, et une de mes marottes consiste à en change chaque mercredi.

Aussi je lui ai acheté une affiche, et ayant reconnu son pseudo, je lui ai proposé cette idée que Mr Burel a très gentiment accepté, qu’il en soit pleinement remercié ici.

 

J’ai en effet souvent croisé de grands cinéphiles et ils sont généralement assez passionnant quand ils racontent leurs premiers contacts avec le genre, leurs coups de cœur, et la maturation de leur passion mais ils nous relatent aussi une époque qui n’existe plus.

C’est effectivement le cas avec Marcel Burel qui, j’ai souvent croisé des cinéphiles pour qui le cinéma s’arrête avec le dernier film de la Hammer film, demeure très ouvert.

En outre, malgré le temps que nécessite ce genre d’exercice, il a répondu à ces questions avec le plus grand sérieux et la meilleur volonté.

Je lui en suis donc fort reconnaissant et vous pourrez la lire en deux parties, dés demain !

 

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Published by Bastien Ayala
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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 08:13

2ème partie


Chaque numéros de Doomsday+ 1 , après le premier qui est un numéro d’exposition, nous montre une menace différente.

Généralement, il s’agit d’un ennemi du genre humain qui n’était alors pas assez puissant pour déclarer une guerre frontale contre le genre humain. Alors que ce dernier a presque entièrement disparu, des créatures bizarres sortent de l’ombre, prêtes à prendre possession d’une terre laissée à l’abandon après un acte auto destructeur initié par quelques uns qui ont condamné tout le monde.


Notre premier numéro voit donc le monde tomber sous une pluie nucléaire. Le second acte est la découverte d’un glacier dans lequel se trouvait un mammouth qui, réveillé, devient furieux. Une aide insesperée leur vient d’un autre occupant de ce glacier, le tonitruant Kano, qui se sociabilise et même se met au niveau de l’équipe assez vite. La fin du troisième acte demeure le renforcement des liens de ce quatuor assez improbable : un triangle amoureux et un homme préhistorique voués à survivre dans ce monde désolé.


Le second numéro oppose une armée de robots, qui semble exécuter un programme secondaire de défense qui leur ordonne d’éliminer tout ennemi dont nos survivants.

Ceux-ci ont penetré dans une base militaire et ils vont donc profiter de tout l’armement ultra secret.

En réalité, c’est le Dr Yomorov qui est devenu maître de cette armée robotique. Yomorov a fait ses adieux à sa propre chair car il est devenu un être cybernétique qui a des visées hautement totalitaire…


La troisième aventure confronte nos héros aux peace-keeper. Les peace-keeper sont des êtres cybernétiques intelligents qui représentent un gouvernement de 4000 espèces. Ils viennent pour déterminer quand détruire notre planète, histoire que ce cycle d’autodestruction ne se répète pas un jour, en encore plus gros et avec de pires conséquentes.

Devant la personnalité volontaire de nos héros, le peace-keeper en chef décide de leur accorder une seconde et ultime chance, qui est bien mince et la suite de leurs aventures vont nous le montrer.


Le quatrième numéro oppose nos aventuriers de la dernière chance a une menace secrète.

Ils répondent à un signal de détresse qui provient d’une banale maison. Il n’y a aucun survivant…humain. Il s’agit d’êtres amphibies qui viennent de l’empire caché et qui décident qu’il est temps de conquérir la terre laisser à l’abandon et désormais sans défense aucune.

Nos quatre protagonistes sont emmener sous la mer, dans des cités sous marines mais ils sont aidés par une race différente, les Amphibiens. Ces derniers ont évolué différemment Avec leur aide, ils défont les plans de l’empire amphibien.


Le cinquième numéro est mon préféré.

Il y a bien d’autres survivants humains. Il s’agit de militaires. Pas des pontes ou un état-major, non, mais un petit groupe de soldats peu gradés qui se sont trouvés protégés in extremis. Ils attirent et capturent donc nos héros mais ils ne veulent qu’une chose : les femmes !

Nos survivants vont s’échapper avec difficultés et, par réflexe bêtement compulsif, le sergent qui commande cette minuscule poignée d’hommes, va déclencher un missile dont l’entretien est défectueux ! Ainsi meurent la moitié de l’espèce humaine encore en vie…

Un bon épisode, qui change un peu des menaces rampantes, et qui montre un résidu d’hommes bêtement guerriers qui ont encore, malgré la catastrophe épouvantable, un réflexe destructeur primaire.

John Byrne va se souvenir de ce type de personnage, le quidam qui a un niveau intellectuel assez moyen, voire bas, et dont la réflexion viendra après l’action.


Le sixième numéro entraîne nos équipiers dans un monde qui semble leur convenir, dans un premier temps.
 Il s’agit d’une enclave où des singes évolués sont réduits à l’esclavage. Ils sont conduits par un hôte qui est accueillant, qui suscite l’empathie. Mais avant que le piège ne se referme, d’extrême justesse, le voile brumeux de la supercherie est éventé. Leur hôte se révèle être un singe doué de capacité télépathique, et il veut les soumettre à leur volonté.


Bizarrement, j’ai un septième numéro, édité chez Fantagraphics books, qui permet enfin à notre quatuor de trouver un havre de paix avec encore un humain, une sorte de savant réfugié dans l’Aerie, une base perchée dans l’Himalaya. Ce savant nommé Stinson Temp est est bienveillant, il a été en quelque sorte piégé dans cette base lors de la pluie nucléaire et il est aidé par des robots. Mais des ennemis font le siège de la base pour tout détruire : des Yétis agressifs qui mettent en péril cette frêle oasis de paix. Après que l’attaque ait détruit un petit être d’un nouveau genre, une sorte de petit singe télépathique représentait les espoirs du professeur…

 


Ainsi se clôt provisoirement Doomsday+1.

Cette série s’inscrit dans l’ère du temps, c’est à dire une exploitation du péril et de la peur atomique, qui avait déjà trouver une puissante œuvre au cinéma avec la Planète des singes puis en comics avec Kamandi ou encore la Planète des vampires chez Atlas.


Doomsday+1 ne fonctionne pas comme Kamandi, davantage basé sur l’imagination débridée du grand Jack Kirby.

Doomsday+1 jette davantage un pont vers le cinéma ou la série télé : chaque épisode construit sa propre histoire qui mène vers la suivante.
 Le rythme est vif, l’action est tonique et les personnages, quoique un brin stéréotypés, qui sont opposés à des menaces hautes en couleur qui ont tendance à légèrement se répéter.

Du point de vue de notre époque, le tout est sympathique et fort divertissant.

A sa sortie, Doomsday+1 devait être détonnant, excitant.


Le séquençage de l’histoire me fait penser à Ulysse 31, où les héros sont confrontés à une menace par épisode avant de trouver une issue qui leur soit favorable.

Quel dommage que LUG ou Arédit n’aient pas traduit cette œuvre à l’époque, ou deux-trois ans plus tard comme à leur habitude de jadis !

Doomsday+1 aurait été un bon souvenir de lecteur mais en tout cas, il reste à découvrir et, s’il n’est pas un sommet du comics book, il reste une œuvre assez distrayante, en tout cas une des perles de la défunte et regrettée Charlton comics.
Mais Doomsday+1 est aussi l’œuvre phare du récemment disparu Joe Gill, qui s’est montré alors fort capable de livrer une œuvre moderne et dynamique, avec l’aide de John Byrne, qui a très certainement apporté son dynamisme et son talent à ce qui est sa première œuvre marquante.

A vous de vous faire votre avis !

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 08:07

1ère partie


Si John Byrne avait déjà œuvré ici ou là, notamment sur Rogue 2000 déjà publié chez Charlton, ses débuts marquants semblent être à Doomsday+ 1.

Qu’est-ce que ce Doomsday+ 1 ?

Une série de SF qui brasse des thèmes déjà bien dans l’ère du temps, à savoir les années 70, et qui demeure une des œuvres la plus intéressantes de Charlton.

Il est temps que Doomsday+ 1 ait un peu plus de considération de la part des amateurs de comics français.


Doomsday+ 1 est une œuvre singulière et ce à plusieurs titres.

Premièrement, il s’agit de la collaboration entre un jeune talent qui va exploser, notre John donc, et d’un auteur éprouvé qui sait écrire de tout, et en grande quantité : Joe Gill.

Un sacré talent ce Joe Gill !


Mort assez récemment, Joe Gill avait la productivité et la polyvalence d’un Stan Lee : il était capable d’écrire tous les thèmes, pour tous les genres, aidé par une imagination qui semblait inépuisable. Joe gill travaillait dans la Charlton, qui faisait toute sorte d’activités relatives au monde de l’imprimerie (coloriste, maquettiste) et qui se débrouillait la plupart du temps pour se trouver là, à temps, pour obtenir en premier tout contrat d’écriture. Si la Charlton a révèlé de grands talents, Dick Gordiano, Denny O’Neil, Joe Gill ne voulait pas se faire distancer et il sut toujours rester en course et se mettre à la page.

 Vous pouviez trouver des scénarii de Joe Gill essentiellement pour Charlton (DC comics aurait dû le récupérer, un rendez-vous manqué), pour les comics de guerre, de monstres, de super héros mais aussi cet atypique Doomsday+ 1.


De quoi parle Doomsday+ 1 ?

Il s’agit d’un brassage du thème à la mode dans ces années 70 : l’humanité est condamnée et on va tous mourir !

Plus sérieusement, un dictateur d’un petit pays d’Amérique du Sud, Rycos, envoie un missile nucléaire, ce qui a pour effet domino de déchaîner l’apocalypse, le fameux A.D qui signifie After Destruction et qui a servit de prétexte pour maint et maint de films ou de romans.


Nos trois héros, un homme et deux belles femmes nommés Ellys Boyd ainsi sa fiancée Jill Maden et la scientifique japonaise Ikei Yashida, effectuent une mission spatiales dans l’espace. Leur vol démarre juste à temps pour échapper au grand désastre qui va s’avérer fatale pour l’humanité. Ils reviennent pour trouver une planète vidée de toute humanité.

Certes, ils ont pour chance de ne pas subir ce fameux hiver nucléaire, cette période de radiation mortelle pour les organismes animales et végétales.

En outre, ils trouvent un barbare nommé Kuno qui a été emprisonner dans la glace, et qui se réveille le plus naturellement du monde. Kuno est assez réussi visuellement, et après des petits problèmes de communications, il va devenir le quatrième élément de ce groupe de rares survivants, qui va justement devoir affronter maint dangers, car une fois le règne de l’homme achevé, des éléments hostiles vont se succéder pour prétendre conquérir le monde.


Doomsday+ 1 propose une formule à la fois simple, mais aussi efficace.

Simple car elle repose, voire même s’inspire de la planète des singes. Certes, Y the last man pourrait lui-aussi avoir emprunté quelques petits éléments à ce grand classique de Pierre Boule, mais il faut reconnaître que Doomsday+ 1 demeure assez convainquant et fort distrayant.


Justement, l’histoire est efficace car nos héros, dont la dynamique de groupe introduit un triangle amoureux, demeure des plus réussis et, même si la caractérisation n’est pas des plus parfaite, leurs aventures sont des plus alertes et dépaysantes.

Le monde a changé dès le lendemain de l’A.D, et les menaces qui rôdent ne sont pas des plus rassurantes non plus.

Mais ces menaces, quelles sont-elles au juste ?

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:31

Une des actrices les moins connues chez nous, Nadia Cassini, est en effet celle qui m’intéressait le moins.

Peut-être parce qu’elle n’a tourné presque que des sexy comédies, peut-être parce que je lui préfère Gloria Guida ou Lili Carati. En tout cas une chose étonnante a attiré mon attention en ce qui concerne Nadia Cassini : sa carrière s’est brutalement arrêtée en 1983.

Elle s’est évanouie du jour au lendemain, pour ne plus apparaître du tout !

Retour sur un mystère dont la résolution paraît assez incroyable.

Tout d’abord, le parcours de Nadia Cassini est bien plus intéressant que celui de ses consœurs de sexy comédies, elle est née Lou Müller en 1949 à Woodstock, connu comme un charmant bout de prairie qui fut un peu piétiné lors d’un petit rassemblement musical, entre amis.


De père allemand et de mère italienne, Nadia Cassini veut justement goûter à la liberté, et elle sait que sa grande beauté la prédispose au métier artistique.

Elle tâte donc de la danse, devient modèle, se produit dans des night-club mais c’est sa situation matrimoniale qui la fait venir en Italie : elle épouse le comte Igor Cassini en 1968.

Elle quitte d’ailleurs son mari en 1971 pour suivre un acteur grecque qui lui donnera une fille. Immergée dans le milieux artistique, elle tâta un peu du cinéma, en second plan et de manière disparate pour finalement accéder à des rôles un peu plus consistant.

On la voit en second rôle dans l’assez fun StarCrash, le choc des étoiles où David Hasseloff (celui qui trouve toujours de belles veuves à défendre dans K 2000 ou qui procède à d’édifiantes leçons de morales à la fin d’Alerte à Malibu) remplace Luke Skywalker.

Un film sympa, courageux qui mixe autant l’influence de la guerre des étoiles avec la mythologie d’Harry Rayhausen, mais sans les moyens de l’ILM !

Nadia faisait également pendant cette période des shows télé avec une ancienne vedette du cinéma », le Franco Ciccio qui tournait des parodies lourdingues avec son collègues, une sorte de Laurel & Hardi aux gags assez lourdingues. Le principal intérêt de ce duo ? D’avoir permit à Lucio Fulci d’avoir débuté fait ses classes de réalisateur avec eux.

Revenons un peu sur Lucio Fulci. Il explosa en 1979 avec L’enfer des zombies alias Zombie 2 qui s’est avéré une splendide fausse séquelle du film de George Romero. Aucun de ces deux films ne prête à rire, en aucune manière. Pourtant,  Nadia Cassini tourne dans une parodie où des morts fraîchement ressuscités ont beaucoup d’appétit pour cette si belle brune. Le gag récurrent de ce navet, n’ayez aucun doute dessus, consiste à la croquer. Quand un des protagoniste, encore en vie, demande s’ils la trouvent appétissante, les zombies (peints en vert) font un oui avec la tête ! Le meilleur gag de ce film ? Probablement !

Ainsi vers 1979, Nadia Cassini accède enfin à cette catégorie de sexy comédienne, en tête d’affiche !

Elle tourna donc dans 9 films qui constituent des défis de patience pour quiconque aime les films bien construits et quelque thématique en sus.

Bref, ces films sont lourds, relativement peu digeste et, si les Italiens nous ont largement mené sur le polar, le Giallo (genre qu’ils ont crée) et bien sûr le western, les sexy comédies ne tiennent vraiment que par leur icône féminine.

En plus, Nadia Cassini est chanteuse et elle a sa petite discographie à son actif.

Détail amusant, Nadia Cassini serait doublée pour ces sexy comédies alors qu’elle était chanteuse…Elle n’a en revanche pas brillée par son succès, mais si vous regardez avec curiosité un bac de 45 tours de la même période, pour la France, vous tomberez sur un lot incroyable de choses saugrenues.

Je ne sais pas pourquoi, mais nos reines des sexy comédies avaient la réputation de chanter fort mal… Gloria Guida a en tout cas largement validé cette réputation dans une prestation phonique qui est en effet horrible.

Toujours est-il qu’en 1983, Nadia Cassini disparaît du jour au lendemain de la scène cinématographique, pour ne plus apparaître nulle part.

Que s’est-il passé ? A-t-elle fait un beau mariage pour ne plus vouloir se compromettre dans la sexy comédie ?

Je le croyais jusqu’à il y a peu.


En fait, Nadia Cassini a connu une situation des plus insolites et des moins enviables : elle a subi une opération de chirurgie esthétique qui a mal tourné et elle s’est retrouvée avec de graves séquelles qui l’ont empêchée de reprendre toute activité.

Je ne crois pas que la chirurgie était au point à l’époque, ou du moins aussi fiable telle qu’elle semble l’être maintenant. Toujours est-il que l’une de ses oreilles est meurtrie.

Elle aurait ainsi touché la somme d’1 milliard de lires de l’époque et aurait été, de fait, obligée à stopper net sa carrière.

Nadia Cassini a refait surface assez récemment dans les médias italiens pour expliquer son infortune et on l’a retrouve à nouveau belle et tellement féminine.

Quel dommage pour cette splendide actrice que ses photos nous montrent pleine de vie et si belle ! Décidément, les reines de la sexy comédies ont connu des carrières assez tragiques.

 


Devinette : Qui est cette belle actrice qui a en quelque sorte succédé à la première génération de sexy queen et pourquoi est-elle très connue en Italie en ce moment ?


Réponse : il s'agit de Mara Carfagna, actuelle ministre du gouvernement de Silvio Berlusconni. Elle fut la cause d'une réaction outragée de la part de Mme Berlusconni et des murmures disent, en Italie, qu'elle serait très proche du Président du conseil (justement, ce sont des mauvaises langues qui la traite de langue habile).
Après une carrière à la télévsion italienne dans un show où elle fut l'animatrice, elle a adhéré à Forza italia et elle a dit que :"les homosexuels étaient constituionnellement stériles". Décidément, on a des cerveaux en état de marche à Forza italia ! 

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 08:01

Toujours dans la veine des sexy comédies italiennes, un courant cinématographique que j’ai peu vu mais à qui j’ai consacré quand même quelques articles, nous voilà enfin arrivé vers une actrice qui a connu un destin des moins appréciable : Karin Schubert !

Pourtant, vous avez sûrement vu Karin Schubert  quelque part, dans la folie des grandeurs de Gérard Oury et vous l’avez sûrement, tout comme moi, trouvé magnifique.

Pourtant la superbe allemande a connu un parcours qui n’a fait que la mener vers le bas.

Retour donc sur une actrice qui avait tout pour réussir mais dont la carrière n’a fait que chuter, mille fois hélas.

Karin Schubert est née à Hambourg, en Allemagne en 1944.

Elle s’est finalement vouée à la carrière de comédienne et elle joua dans une noria de petits films, dont « je t’aime » avec notre Dalida.

Ses vrais débuts, ceux où on la remarqua vraiment et où elle ne fut enfin créditée et en remarquée furent quand même la folie des grandeurs.


Gros budget, film assez au casting impressionnant, elle éblouit réellement dans le film dans le rôle de la reine dont le personnage d’Yves Montand est secrètement amoureux.

Elle enchaîne avec Barbe-Bleu, puis l’Attentat d’Yves Boisset, excellent et courageux film sur l’enlèvement de Ben Barka en France, en plein Paris et par la police. Elle eut également un second rôle dans le tonitruant Compagneros de Sergio Corbucci…

Bref, c’est assez remarquable, il y eut beaucoup d’autres productions mais sa carrière va prendre un drôle de tournant.

Karin Schubert commence dès 1972 à préférer l’Italie, mais hélas pas pour la série B.

Elle va effectuer quelques rôles dans les sexy comédies, où elle croisa alors des consœurs comme Edwige Fenech mais elle tourna aussi des films réputés assez durs psychologiquement et visuellement, dont le fameux punition.

Puis, sa carrière oscille vers un cycle de film orientés série B, c’est à dire qu’elle a perdu de fait le contact mais surtout l’aura nécessaire pour prétendre à des films de série A.

Sa carrière comporte donc quelques films d’action où elle joue les utilités de charme, puis des films sans grand intérêt voire même des navets. Mais une tendance est prise qui ira en s’amplifiant : elle n’avait pas peur des rôles dévêtus.

Elle jouera donc dans Balck Emanuelle en Afrique, où sa beauté contraste alors avec celle de Laura Gemser puis dans des films à la limite de l’érotique où elle demeure l’alibi de charme.

A la fin des années 70, ses rôles s’espacent et pire, elle n’est même plus à la tête des génériques. On la voit dans quelques navets, dont le fameux Panther Squad en 1984 qui fait les choux gras de Nanarland puis sa carrière prit un virage définitif.

En 1985 toujours, elle signe un contrat avantageux financièrement où elle tourna alors des films pornographiques. Ce fut quand même un coup de tonnerre !

Pour un premier contrat de 180.000 Deutch Marks, elle entama donc une carrière dans le porno qui devait durer 10 ans. Son contrat stipula alors qu’elle n’aurait pas à jouer de scènes anales, ni avec des noirs (c’était tabou à l’époque) ou encore avec des animaux.

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Pourquoi a-t-elle fait cela ?

D’une part, le cinéma de série B italienne était en chute totale à l’époque, et Karin Schubert n’a su se reconvertir dans d’autres domaines. D’autre part, son fils était alors toxicomane et Karin Schubert se serait « sacrifiée » pour pourvoir à ses besoins.

Toutefois, le cinéma porno n’est pas une sinécure, loin de là !


Une nouvelle « actrice » n’a une carrière qui ne dure généralement que 3-4 ans, période où le caractère sensationnel de son aura est déjà fané. C’est cruel mais hélas vrai.

Rocco Sifreddi, dans sa biographie nommée Rocco par Rocco, raconte que pour le déstabiliser lors de son premier tournage, les vieux de la vieille qui étaient solidement implantés dans ce milieux, utilisait pas mal de ruse pour qu’il n’assure pas lors du tournage.

On le coupla donc avec Karin Schubert, considérée alors comme déjà « vieille » dans le milieux. Mais Rocco en fut très content puisqu’il avait déjà fantasmé sur Karin Schubert bien des années auparavant.

Toujours est il que Karin Schubert fit une carrière assez longue dans le milieux du X.

Sa carrière s’acheva en 1994 lorsqu’elle avait alors 50 ans.

Son corps, son apparence voire ses formes n’ont plus rien à voir avec ce qu’elle était dans ses débuts. Certains murmurent ici ou là une addiction à la drogue, mais le fait est que sa beauté s’est consumée.

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Ainsi, comme sa collègue Lilli Carati, Karin Schubert est l’une des très rare à avoir franchi ce seuil du cinéma X dont on ne peut revenir. Elle y aura laissé son éclat et sa carrière.

Triste destin que celui de Karin Schubert !

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 07:29

Les vengeurs de la côte ouest demeure à mon sens un des derniers travaux de grande qualité de John Byrne. Le titre, on peut le dire, était déjà parti sous des mauvais auspices puisqu’il n’a pas connu de grands moments avant l’arrivée de John Byrne.

Il faut dire que les créateurs étaient quand même Steven Engelhart puis Alllen Milgrom aux dessins.


Steven Engelhart est un scénariste dont j’adore certains travaux, surtout son Batman avec Marshall Rogers, mais je trouve qu’il a perdu la main. Ses scénarii sont verbeux, il s’attache à dramatiser à outrance les personnages, pour leur conférer une dimension humaine. Il échoue, à mon sens, puisque le niveau de la Vision et de la Sorcière rouge ne dépasse le niveau d’un soap opéra.

Il faut aussi avouer qu’il n’est pas aidé par Allen Milgrom.

Ce bon copain de classe de Jim Starlin avait la réputation d’être un solide encreur mais ses talents de dessinateurs me laissent perplexe : personnages figés, proportions parfois bizarres, le tout sans aucune séduction. Bref, Al Milgrom prodigue du moyen, du très moyen.


Exactement comme Bob Hall qui a participé au lancement du titre avec Roger Stern, pour une mini-série en quatre parties.

Puisque nous avons eu la série dans Titans, rappelons quand même qu’elle était nettement surclassée par Excalibur, il convient d’avouer que Les vengeurs de la côte ouest était une lecture longue et fastidieuse car ni les dessins, ni le scénario la rendaient excitante.

L’arrivée de John Byrne, au numéro 42 rendit enfin la série palpitante. Mais John Byrne va déployer toutes ses capacités, c’est à dire à la fois ses tics de scénariste qui sont autant de défauts que de qualités. Retour sur un grand moment des Vengeurs de la côte ouest.

Les vengeurs de la côte ouest souffraient de longues sagas où des ennemis assez faibles, Master Pandemonium, donnait du fil à retordre à nos héros. Le problème est que ceux-ci étaient quand même des gros calibres en terme de puissance, mais aussi que ce personnage était assez risible : un possédé qui voulait récupérer ses membres remplacés par des démons ! (assez bizarre et extravaguant quand même, et ce ne fut pas la seule idée de ce type dans la carrière de Engelhart !).


Il y a même plusieurs sous intrigues que John Byrne va devoir boucler. Elles courent depuis Engelhart et elles s’étiraient dans un long marasme sans fin. Exit le craignos Master Pandemonium, vilain de seconde zone, valet d’un démon qui donne à ces Vengeurs plus de fil à retordre que Méphisto ou Loki. Cherchez l’erreur.

Mais John Byrne va appliquer les recettes qui seront ses marques de fabriques, pour le meilleur et le pire : la remise en cause de ce que l’on pensait acquis et le fameux « rien ne sera jamais plus comme avant ».


Le premier qui en prend pour son grade sera la Vision. Père de famille ( !!!), mari aimant ( !!!), John Byrne lui donne une nouvelle direction en contredisant un fait avancé par Roy Thomas : il ne fut pas construit sur le corps d’Human Torch.

Un élément de suspens intéressant, tant qu’il est bien mené et c’est ici le cas.

En poussant l’enquête, l’Human Torch original revient et son retour constitue un excellent moment de la série.


L’autre grand moment demeure la mise en abîme de la Sorcière Rouge. Elle perd son mari, ses enfants sont une matérialisation improbable de sa psyché, tout concorde pour l’amener du mauvais côté et rejoindre son père. Encore une fois, Marvel met un temps incroyable pour boucler cette intrigue et c’est Bendis et Olivier Copel qui bouclent cette intrigue avec House of M, plus de 15 ans après ! Qui a dit que les fans de Marvel n’étaient pas patient ?

Et encore, on pourrait voir les germes de cette inclination maléfique lors du premier passage de John Byrne dans sa première participation au titre mère, les Vengeurs.

Pour le reste, il y a la venue de U.S agent, personnage au potentiel certain que seul John Byrne saura entrevoir. Le dessin est à mon sens le dernier grand moment que nous offre big John : les héros sont puissants, bien personnalisés et les séquences d’action nous montre une grandeur et sont de qualité. John Byrne a des projets à long terme sur la série. Une série qui durera un peu plus de 100 numéros et qui ne laissera guère d’enthousiasme, il faut bien l’avouer.



Byrne nous pond également de nulle part ses great lakes avengers qui, à mon sens, sont à la base une bonne blaque. D'ailleurs, d'autres comme Joe Kelly dans son Deadpool sauront continuer cette savoureuse farce. Un groupe de plus dans le Marvel Universe, mais qui est réelleemnt différent de ses confrères !


Byrne avait de grands desseins pour la sorcière rouge, son pouvoir devait altérer toutes les réalités parallèles mais l’éditeur en chef, encore un balourd, a reviré d’opinion et lui a interdit d’exploiter cette idée qui était alors bien avancé par les multiples sub plots relatifs à Immortus. Encore une fois, la Marvel Way a frappé et John Byrne, écœuré après s’être investi, décide de quitter le titre alors qu’il avait encore plein de bons moments à nous offir.

Quel dommage !

Dernier excellent moment, inachevé dans la forme et dans les intentions de l’auteur, Les vengeurs de la côte ouest sont donc la dernière bonne œuvre de John Byrne.

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 07:30

3ème partie


C’est en gros à cette époque, bien que des habitudes avaient déjà été prises bien avant, que notre créateur adopta ses mauvaises habitudes. John Byrne avoue, je vous renvoie à l’interview publié dans Scarce 18, qu’il dessine d’habitude 3 pages le matin et qu’il écrit ses scénarii l’après-midi. Il se plaint de n’avoir des bons encreurs prêts à travailler avec lui, tous pensent à Terry Austin, aussi il se soumet lui-même à cette tâche jusqu’à en devenir un artiste complet. Le problème demeure que John Byrne prend des mauvaises habitudes, des raccourcis dans son art : ses poses deviennent de plus en plus systématiques, son encrage devient lourd et la lisibilité des débuts, la grâce de ses formes, sont un lointain souvenir et il s’essaye aux trames, un effet d’encrage qui donne un certain relief.

Hélas, mille fois hélas, c’est un peu prés à ce moment que son style dégénère.

John Byrne devient moins bon, il perd en attractivité et son dessin devient fade, bourré de tics.


On peut clairement voir l’âge d’or des débuts, Iron Fist, les Vengeurs Marvel Team-up et bien sûr les X-men, puis une phase de transition (ses derniers épisodes des X-men, les FF., Superman bien que je le trouve convainquant), pour parvenir à une phase où son style a perdu de son attrait, à partir de Wonder Woman peut-être.


Bien sûr, certains puristes auront peut-être leurs avis, ce qui touche à John Byrne est sacré, mais il convient de reconnaître que John Byrne demeure distancé par Geroge Perez qui lui, séduit encore et parvient à nous étonner et à nous transporter de bonheur.

Les années 90’arrivent et avec elles le séisme d’Image comics où les stars du dessins décident de se passer de scénaristes en décrétant qu’elles pouvaient s’en passer. Lourde erreur qui s’avérera funeste pour la suite (Jim Valentino et sa série crétine de Shadowhawk, Rob Liefeld).


Byrne aurait pu à mon sens rejoindre le giron d’Image mais il estime la démarche honteuse et sait qu’il est d’une autre génération, de la vielle école. Il est très critique envers la déferlante Image (en un mois, Image place 8 de ses comics dans le top ten), peut-être parce que sa succession à Chris Claremont dans les X-men s’est mal passée à cause du retard chronique Jim Lee   et que Bob Harras a tranché en sa défaveur.

Alors Byrne rejoint un collectif de grands auteurs dans label « Legends » de Dark Horse comme quand même Franck Miller qui crée Sin City, Mike Mignola et son Hellboy( à qui il file un coup de main) ou encore Monkey et O’Brien d’Arthur Adams.


Il crée donc les Next-men, une longue série d’au moins 35 numéros qui marque à mon sens une ère moins glorieuse pour Byrne. Si les scénarios sont sympas par la maturité de son traitement qu’il offre aux personnages, son dessin marque définitivement le pas en étant moins bon. Byrne s’est astreint très tôt à pouvoir dessiner deux séries mensuelles, et ce au détriment de son style et même pour se passer d’encreur ! Le résultat est triste, on reconnaît entre mille le style de Byrne parce qu’il adopte éternellement les mêmes poses, les mêmes attitudes, les mêmes expressions graphiques comme ferait un dessinateur industriel. Bref, le moule « Byrne » est au point, et il ne semble pas prêt à changer. C’est clairement  la limite de Byrne, il ne s’est pas renouvelé et son style est clairement moins bon que dans ses débuts. Il a pris à mon sens une voie commerciale, où il a choisi de produire et assurer deux rentrés mensuelles plutôt que de se renouveler artistiquement.

Si Byrne aurait suivi une voie artistique, il aurait pu parfaire son art, s’améliorer pour aboutir vers un aboutissement de son style. Mais ce fut le contraire…

Byrne est aussi scénariste où il a donné de bons moments, mais là aussi son talent s’est émoussé. Je situe la rupture après les Next men vers sa reprise de Wonder Woman chez DC, Il oppose Darseid  aux amazones pour en tuer une bonne partie. Puis il tente une histoire de clonage pas folichonne (le clonage semble beaucoup inspirer notre dessinateur-scénariste).


Byrne pond des intrigues lourdes, déjà lues et sans génie ou même originalité. L’alliage des dessins et des scénarios est moyen et s’oublie vite. Un défaut rémanent de Byrne est de s’occuper de la continuité dans les comics, revenir sur des faits obscurs ou de grandes histoires homériques. C’est pour moi le problème numéro des comics avec des histoires qui deviennent confuses et ne satisfont que quelques nerds et détournent les jeunes lecteurs ou le grand public de ce médium. Byrne en use et en abuse, et des fois cela leste.

Byrne a aussi repris Spider-man avec Howard Mackie, ce fut une période moyenne mais quand même mieux du bourbier crèatif que Marvel avait développé alors. Alors que Spider-man avait connu un apogée créatif avec David Micheline et Todd Mac Farlane au scénario, la succession fut moins inspirée et en plus, on exigea des cross over pénibles comme Maximum carnage (où les vilains tuaient à tour de bras, ce qui m’a détourné du personnage et ruiné sa magie définitivement), puis la ridiculissime saga des clones.

Donc la relance artistique n’est pas brillante mais la pente est sacrément remontée puisque le niveau était de toute manière très bas.


Byrne reprend aussi Hulk pour la deuxième fois mais seulement au scénario et il paraît que le résultat fut affligeant.

Il a tenté une nouvelle approche de son origine en la mêlant aux Skrulls mais on l’a vite enlevé du titre pour cause de médiocrité avérée, coup dur pour Byrne qui perd la confiance des éditeurs et des fans qui se détournent.

En outre, une des lubies de John demeure d’insister sur la continuité. Il reprend les X-men après l’ère Neal Adams Il rend hommage à Neal Adams en inclinant son dessin pour lui ressembler.

Ces épisodes sont-ils utiles ? A-t-on besoin de lire ces épisodes ? Doit-on vraiment exploiter toutes les parcelles, toutes les sous intrigues qui n’ont pas forcément de substance au risque d’alourdir le titre pour en faire une novelas sans fin (soap opéra sud-américain qui sont redoutables)?

Pour ma part et définitivement, non. Loin de là.


Quand Byrne lance "X-Men: The Hidden Years" il dit clairement en post-face de l'épisode un aux lecteurs qui attendent quelque chose ressemblant à ses X-men des 70's qu'il ne trouveront rien à leur goût.

Pire, il remue des histoires qui ne sont pas même anecdotiques, tente de plancher sur Angel et amène curieusement les FF sur le titre. Personne ne suis à par lui et le titre est arrêté au bout de 22 mauvais épisodes. Il en est de même de "Spider-Man: Chapter One" série obsolète dont Byrne parait-il dira qu'elle supplante l'originale(!!!).

Quesada a mis fin à ces séries et Byrne s’est senti offensé. Il a quitté Marvel avec colère en le faisant savoir (ça lui arrive) et file (de nouveau) chez DC.


Mais même là bas, on estime qu’il a perdu sa superbe au scénario et qu’il peut plomber un titre q’il n’est pas inspiré, alors on le cantonne au dessin avec des passages sur Superman et sur la Jla avec une réunion avec Claremont (malgré la longue brouille depuis leurs X-men).

L’arc en question sur les vampires est pénible, on a tout les mauvais tics des dessins de Byrne et l’inspiration épuisée depuis longtemps de Claremont. Ce qui devait être un cou p éditorial est un pétard mouillé qui ne dépasse pas le buzz de leur réunion.

C’est assez triste et ça ressemble à la compétition de trop de deux sportifs.

Byrne s’est aussi fâché avec le management de Dc et il n’a pas eu de séries pendant un temps jusqu’ à son retour dans la JlA confidentielle avec son vieux compère Roger Stern pour quelques numéros puis un arc dans Star Strek.


Pour conclure, j’ai vraiment fait un survol de l’énorme carrière de John Byrne en omettant plein de titres tellement il fut productif. Il a participé ou repris pas loin de 40 titres et il est même revenu deux fois sur certains (Hulk, Jla, Spider-man, X-men, Superman), c’est un record.


Mais un constat s’impose définitivement : il est moins bon que jadis car il a cédé aux sirènes de la facilité et de la productivité. Il est relativement en froid avec les deux principaux éditeurs de comics Marvel et DC (mais ceci n’est pas rédhibitoire) et son nom ne suffit plus à créer un buzz ou un élan d’enthousiasme.


En froid avec un peu près tous les éditeurs, dont DC comics, John Byrne se retrouve donc chez les indépendants, là où il a commencé il y a…longtemps ! Quel dommage de la part de ce qu’il convient néanmoins de qualifier de légende du comics book. IL semble que son caractère, ou disons plutôt son intégrité artistique, l’ait porté vers les problèmes qui semblent obstruer un grand retour, vers les éditeurs mainstream s’entend.

John Byrne a failli tâter du cinéma, un vieux projet dans les années 80 sur Green Lantern qui aurait été incarné par… Eddy Murphy ( ?) puis sur Superman IV, ce qui l’enthousiasma dans un premier temps puis, au vu du résultat, le glaça quelque peu.

 

Un grand auteur, qui a fait rêver des centaines de milliers de lecteurs, dont certains ont encore une grande ferveur à son encontre, mais une actualité faible et un dessin qui ne surprend plus personne. Ce dernier tend d’ailleurs à le ringardiser quelque peu et surtout, l’empêche de conquérir une nouvelle base de fans et donc de plaire à quelques nostalgiques.

Personnellement, j’espère que Byrne va trouver un troisième souffle en expérimentant de nouvelles approches de son dessin pour nous surprendre, innover et regagner la place qui était dans la sienne dans le cœur des amateurs de comics âgés à qui il a apporté tellement de plaisir !

 

 Note : remerciements à Stéhane Maillard qui a ajouté bien des précisions et qui possède une solide connaissance, en tous points meilleure que la mienne en tout cas, sur John Byrne !


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Published by Bastien & Stéphane Maillard
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 08:00

Je n’ai pas pour ambition ou même pour prétention de tout connaître des films de Kung-fu majeurs qui nous viendrait d’Orient, loin de là. Je suis tout au plus un amateur de ce type de cinéma, qui tente cependant de se renseigner ou de se tenir au courant lorsqu’un bon film nous arrive enfin.

Or, les nouveautés semblaient se faire rares depuis quelques temps puisque l’ère était plutôt aux ressorties d’œuvres plus anciennes.

Mais une excellente surprise arrive enfin, celle qui a changé la donne en ce qui me concerne, Ip Man !


Qui est Ip Man ?

C’est le maître en Wing Chu de…Bruce Lee !

Encore Bruce Lee !. Son père l’avait emmené jeune et confié à Ip Man pour apprendre un art marital capable de la canaliser et de l’aider à s’épanouir.

Bruce Lee s’était montré excellent, mais ses origines de quarteron allemand, par une grand-mère maternelle l’avait empêché d’accéder aux secrets les plus avancé de l’art que délivrait Ip Man. Peut-être est ce fait qui le stimula à chercher l’essence des arts martiaux et à créer sa propre codification : le Jeet Kun Do.


Revenons cependant à ce film.

Il narre les turpitudes de Yip Man, aux prises avec les Japonais, qui semblent parfois s’être comporté parfois comme des Nazis en Orient avec les Chinois ou les Coréens.

En l’occurrence, Ip Man était le maître le plus respecté et talentueux de son canton mais l’arrivée des Japonais a rendu caduc toute pratique des arts martiaux. Devant le rationnement organisé par les Japonais, même Ip Man doit se rendre aux mines pour tenter de subsister.

Mais les Japonais gardent un œil attentif aux arts martiaux locaux pour éventuellement s’approprier leurs techniques qui seraient enseignées aux soldats pour la conquête militaire.

Ip Man doit faire un choix : leur révéler son art, dont il est dépositaire, ou voir sa famille mise en danger par les Japonais.


Ip Man bénéficie surtout du talent efficace de Donnie Yen.

Moins connu chez nous que Jet Li, Donnie Yen est un excellent combattant mais aussi un acteur fort convainquant.

Né à Canton en 1963, Donnie Yen est parti à emmigrer avec sa famille à Boston en 1974 où il a appris avec application les arts martiaux. Il a donc dû revenir en orient pour parfaire son Kung-fu, notamment avec Wu Bin pendant 3 ans de manière intensive. Pour l’anecdote, Wu Bin était le maître de Jet Li.

Puis Donnie Yen a su intégrer le cinéma de Honk-Hong avec notamment le Sens du devoir 3, puis, après des hauts et des bas, il est maintenant une grande star dont Ip Man demeure en quelque sorte la consécration.


Ip Man prend, c’est décidément une coutume chinoise, de larges libertés avec la vie réelle de Ip Man puisque ce dernier était…policier !

Donc, une large part du film, qui se veut quand même être une biographie, est tronquée !

Il s’agit quand même d’un phénomène qui me dépasse quelque peu.

Ceci avéré, Ip Man est peut-être un des tous meilleurs films d’arts martiaux depuis 10 ans.

Le Wing Chu est montré dans toute son efficacité. Il s’agit d’un art marial court qui vise à parer et à attaquer presque simultanément. Il se pratique surtout sur un homme de bois et se rapproche énormément de la boxe occidentale dans la mesure où il cherche la ligne droite et qu’il vise à se poster à une distance assez courte. Dans Ip Man, on croirait voir une version live et réaliste de Ken Le Survivant !


L’histoire, la réalisation demeurent des plus intéressantes, bien que romancées donc, et l’intérêt dramatique du film paraît fort bien exploité : Ip Man porte son art martial comme un fardeau et sa charge pourrait lui coûter ce qu’il chérit le plus au monde, sa famille.

Un excellent film donc, une vraie perle à découvrir bien qu’il faille prendre des pincettes avec la réalité, et qui consacre Donnie Yen comme acteur de premier plan, bien que celui-ci n’est jamais démérité avec des œuvres fort estimables comme Spl.


Encore une fois, et c’est là le point amusant du film, l’ombre de Bruce Lee plane sur le film parce que c’est par lui que Ip Man a accéder à un statut de légende. Il est d’ailleurs présent lors des images d’archives à la fin du film.

 

Bonus : Le trailer, puis un extrait de Ip man !

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Published by Bastien AYALA
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