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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 08:00

Ishoro Honda demeure un grand réalisateur japonais dont certaines des créations demeurent très largement enracinées dans la culture japonaise pop, à commencer bien sûr par Godzilla. Le succès de ce film à monstres fut tel qu’il donna quand même naissance à un courant, ce qui n’est pas peu rien. Ishiro Honda  fut donc prisonnier de ce succès et, devenu un artiste maudit, il a en quelque sorte été condamné à ne faire que du Kaiju-eiga, les films à monstres géants. Toutefois, il est parvenu à se faire financer un film splendide, Motango, qui demeure en quelque sorte son œuvre personnelle, et quelle œuvre !

Motango raconte le naufrage de plusieurs survivants qui échouent sur une île assez étrange. D’une part, les marins de l’équipage ne parviennent pas à l’identifier et de l’autre la végétation elle-même les déconcerte. Ils s’organisent, ils tentent de capitaliser au mieux leurs équipements et ils sont évidemment guidés par l’espoir de rejoindre la civilisation. Mais deux marins trouvent un autre bateau qui a échoué avant eux. Ils trouvent un carnet de bord du commandant mais les faits qui y sont consignés demeurent stupéfiants, guère compréhensibles.

Les faits s’accélérant et l’environnement qui paraît à premier abord inoffensif commence à leur poser des problèmes. Ils entendent comme des voix, des appels lancinants qui ne sont pas réellement humain ni tout à fait des cris d’oiseaux. Puis certains d’entre eux disparaissent. Les faits se recoupent avec les avertissements/observations du capitaine du précédent équipage, qui s’est évanoui mystérieusement. De plus, les provisions s’épuisent, et ils sont obligés de manger quelque végétation qui leur paraît pourtant si étrange. Il y a bien quelque chose qui les guette, quelque chose qui les empêchera de repartir, quelque chose qui orchestre patiemment un piège, elle veut en quelque sorte les assimiler et qui va emmener les survivants aux portes de la folie, quand bien même un seul parviendrait à finalement s’échapper d’extrême justesse…

Motango demeure donc un film qui repose sur une intrigue, celle-ci glisse d’une situation de normalité pour se loger dans un surréalisme des plus psychédéliques. Les héros, ici un couple, ne prennent pas conscience du danger qui se cache, tel certains prédateurs, dans la normalité apparente afin de mieux capturer leurs proies. Il s’agit donc d’une situation de survie, où les règles pour se sortir de ce piège demeurent à découvrir au fur et à mesure. Motango est un film splendide du point de vue picturale. Il est vrai que le cinéma japonais demeure artistiquement abouti et il a expérimenté des courants réellement intéressants. La photographie, en l’occurrence, demeure particulièrement aboutie et elle contribue à distiller une impression de surréalisme que le spectateur ne remarque pas initialement.

Motango aura d’ailleurs une véritable importance pour certains réalisateurs japonais encore en activité. Ils auront été séduit à la fois par le film et par sa portée, en quelque sorte le thème de la drogue qui annihile la conscience en la diluant dans un état de béatitude extrêmement délétère. Matango aura été en avance sur son temps, il préfigure en effet le courant psychédélique de près de 5 ans mais il vous laissera immanquablement un certain souvenir, pour peu que vous ayez l’esprit curieux !

Motango demeure donc l’œuvre de référence pour les initiés d’Ishiro Honda, la première état bien sûr Godzilla. Le succès de Gozilla fut tel qu’il fut condamner à tourner des suites ou des variations sur le même thème. Ainsi, les monstres tels que Varan m’ont beaucoup déçu, de même que les énièmes suites de Godzilla qui entamèrent considérablement l’aura du tout premier. Toutefois, il faut reconnaître que les participations de Ishiro Honda étaient invariablement remarquables par la grâce de ces monstres, hélas interprétés par des acteurs au lieu de la méthode d’animation d’image par image, et que les tonalités chromatiques de ces métrages relevaient presque de l’œuvre picturale. Mais quand même, quelle belle carrière que celle d’ Ishiro Honda qui fut choisi à l’origine pour le premier Godzilla car il avait réussi un film militaire à la logistique et à la technique impressionnante !

Note : J' ai découvert pendant la réalisation de cet article un site réellement intéressant, Astronef magazine. Il s'agit du genre de site/blog/source d'information que j'aime, c'est à dire qui a une culture variée et qui nous emmène dans plein de confins. A découvrir !

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Published by Bastien AYALA
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 08:00

Criminalia est le titre vidéo du film de Lugi Zampa, un cinéaste italien engagé, d’un giallo majeur. Toutefois, il ne demeure connu que des amateurs qui ont eu la chance de le voir lors de sa sortie confidentielle en salles, sous le titre « devine qui va mourir ce soir ? » ou en vidéo, sous le titre inepte de Criminalia. C’est celui que nous retiendrons et il cache, croyez-moi, un excellent giallo à la thématique engagée. 

Criminalia raconte l’histoire d’un journaliste dont la carrière n’a pas progressé, incarné par Johnny Dorelli. Il travaille dans les parties inférieures d’un journal à gros tirage, il écrit des romans criminels bon marchés (des giallo ou gialli, ironiquement ). Il passe de temps en temps voir son fils adolescent qu’il aime mais il se déchire violemment avec son ex-femme. De plus, il a un caractère de beauf violent et envoie lestement bouler tous ceux qui le dérange. Bref, un produit de sa génération, un brin violent quoique pas méchant.

Or, un soir, il reçoit une lettre lui indiquant qu’un présentateur de programmes pour enfants va être tué. Il en fait part à la police en leur donnant la lettre mais celle-ci ne bouge pas. Il va à tout hasard voir le présentateur en question pour l’avertir mais il trouve celui-ci inerte, le crâne défoncé. Il a donc de graves problèmes : il demeure sur les lieux du crime et la police nie avoir eu connaissance de la dite lettre. Au travail, il en informe le vieux patriarche responsable des journaux mais son supérieur directe, qui a vu la lettre, nie par lâcheté avoir lu la lettre en question. Il demeure bien conscient d’avoir loupé une occasion, de s’être fait avoir à la fois par la police et par son ami/supérieur  et il regrette de ne pas avoir exploitée l’occasion.

Il a une seconde occasion grâce à une seconde lettre qui lui indique qu’un joueur de football va connaître le même sort sous peu. Il mitraille donc à l’entraînement et il se rend en même temps que les autres quand un gardien retrouve son corps, le crâne défoncé. Il a juste le temps d’appeler son journal pour avoir la première page alors que la police vient le cueillir pour l’interroger. Le fils du patron souhaite des méthodes plus « novatrices » pour son journal, en clair du sensationnalisme, et il marche avec lui. La police demeure obligé de le relâcher et il obtient enfin sa promotion. Il travaille en tandem avec le fils du chef. Tous les deux décident d’exploiter ce fait au maximum. La population demeure précisément épouvanté et un phénomène de psychose collective augmente spectaculairement les tirages.

Le journaliste et le fils du patron sont surveillés par la police, les lettres sont contrôlées, il ne se passe plus rien. Georgio risque de revenir à son point de départ si rien d’autres ne se passe et que la folie tombe. Avec son fils, il passe devant une carte de la ville et il dessine en rouge un trait reliant les deux premiers meurtres puis il remonte ce trait pour former un V. C’est le V de la mort où tous ceux qui se trouvent dans cette zone sont en danger. Le patron revient de son voyage en Allemagne et on le retrouve mort, la tête encore une fois fracassé, dans le fauteuil de son bureau. Est-ce que Georgio avait finalement vu juste ? Qui est le tueur ? Georgio va-t-il échapper à la police qui lui en veut ?

Criminalia repose sur deux points forts qui s’additionnent.
Le film est un giallo, on doit donc deviner qui est l’assassin. Il nous est donc présenté dès la première demi-heure (il s’agit donc d’un des protagonistes de l’histoire) et nous passons une bonne partie du film à nous demander qui il est réellement. Je peux vous certifier qu’il y a juste de maigres indices, mais que la révélation de celui-ci va vous choquer. Personne n’avait pensé à lui. D’ailleurs, si je passe le film ou je le regarde avec des amis, je fais le jeu suivant : j’arrête le film avant la révélation et je demande à ceux qui ne l’ont pas vu de me dire qui est le tueur ! Il y a toujours 0 % de vainqueurs !

Pour le second point, la thématique du film demeure une incontestable réussite. Le comportement de Georgio symbolise la déliquescence de la société occidentale. Il est opportuniste, il exploite sans vergogne les morts d’innocents, il est immoral. Georgio symbolise la chute des valeurs morales mais il s’en mordra les doigts, intimement. Le journalisme en prend plein son grade. Il est vrai que, en Angleterre par exemple, le Sun ne fera pas dans la dentelle avec le rachat de Murdock l’australien. Le pire sera à venir, en fait il se trouve dans nos propres kiosques avec la presse people qui demeure sidérante de viduité, prête à exploiter, dans une moindre mesure, les malheurs des gens connus.

Le scénario, excellent sur la forme tant que sur le fond, demeure l’œuvre de Sergio Donati, qui a su parfaitement appréhender l’évolution de la société et en faire un scénario dans l’air du temps. Il s’agit donc d’une œuvre à la mécanique scénaristique parfaite, avec une intrigue haletante qui vous entraîne dans une spirale haletante, une caractérisation excellente et une fin bouleversante, qui vous laisse sur une macabre incertitude. L’intépretation de Johnny Dorelli demeure de bon niveau. Johnny Dorelli est une star en Italie et il a épousé 3 tops dont la dernière en date, Gloria Guida n’est ni plus ni moins que la lycéenne elle-même !


 Dorelli demeure un showman accompli avec une carrière passée dans la musique, comme acteur puis présentateur à la télévision. Renzo Palmer demeure toujours autant truculent, de même que la belle Sydney Rome qui nous donne une belle intépretation de la garce vénale. La cerise sur le gâteau demeure la musique de Ennio Morricone, inspiré comme toujours, dont le lancinant thème du Monstre, le titre original du film, peut se loger dans un coin de votre tête longtemps après l’avoir vu !


Note : Il mostro est donc sorti sous le titre Criminalia en vidéo. Il vient de ressortir en Italie et il qualifié par les critiques, enfin, de chef-d’œuvre. Il est vrai que je ne les contredirais pas.

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Published by Bastien AYALA
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 08:00

Bonjour à tous !

Je suis très, très, très content d’avoir enfin fini ces deux longues séries d’articles, des dossiers presque sur Brian Michael Bendis d’un côté et sur Jean-Pierre Mocky de l’autre. J’ai commencé sur un coup de cœur, puis j’ai eu la volonté de dérouler le fil aussi loin qu’il le fallait. En tout cas, boucler les dernières semaines de chacun d’entre eux a été pour moi très difficile.

Aussi, je vais me mettre en mode « sommeil » et passer quelques vieux articles mais dans une cadence moindre. J’en ai plein dans mes dossiers, dont beaucoup de perdus. J’ai quand même la tentation de traiter d’un autre cinéaste français majeur, mais pour l’instant je suis trop fatigué pour me tuer à la tâche.

En revanche, du côté des comics, il y aura un cycle d’interviews que j’ourdis depuis le début de cet été et cela devrait être, tardif certes, mais surtout assez intéressant ! Pour l’heure, je vais attirer votre attention sur Metaluna.

Qu’est-ce que Métaluna ?

Il s’agit d’un fanzine fait par des pointures qui reprend quelque peu l’esprit « fanzine » des premiers Mad Movies, c’est à dire de parler avec passion et liberté de certains films ou œuvres obscures mais toujours avec la volonté de leur rendre justice mais aussi d’attirer votre attention sur des films singuliers, assez rares qui plus est.

L faut savoir que Jean-Pierre Putters, le créateur de Mad Movies lui-même participe à l’aventure, mais surtout que d’excellentes plumes telles que Fabrice Lambot ou Jean DePelley sont aussi du voyage. Je vous recommande la lecture de cet ovni du cinéma qui gagne à être connu pour s'embarquer dans des heures passionnantes de lecture.

Pour commander les Metaluna, cliquez ici.

Maintenant, un petit trailer qu’il convient d’apprécier comme il faut.

Il faut pour cela visiter le dynamique site nommé Goldorak gate.


                                       (Gaiking, le successeur de Goldarak au Japon !)


C’est explosif mais surtout il renoue avec l’enfance de la plupart des vieux trentenaires que nous sommes. Encore une fois, nos amis italiens font très fort en rendant hommage à Goldorak, Mazinger Z et Getter Robot. En effet, ils ont eu toutes ces séries, et d’un bloc, alors que nous nous sommes contentés de Goldorak, en sachant d’ailleurs pas qu’il existait tant d’autres séries prêtes à être diffusées…

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Published by Bastien AYALA
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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 08:01

La question que nous sommes en droit de nous poser est la suivante :

Que somme nous en droit d’attendre d’un artiste ayant les capacités de Brian Michael Bendis ?

L’homme est doué, il connaît mais surtout maîtrise tous les mécanismes de l’écriture, mieux encore dans les comics book mais cette aptitude est grevée par son attachement au corporatisme de Marvel.

Brian Michael Bendis a en effet signé il y a quelques mois une prolongation de son contrat d’exclusivité chez Marvel. C’est à dire qu’il va être encore positionner en fer de lance de la société, qu’on va le poster aux postes clé des titres de l’entreprise si on  estime qu’il est le plus capable pour cela. Or, comme il est l’un des tous meilleurs, que Strazinski est parti (lui en a eu marre des méthodes de gestion de Marvel avec Brand new day), Brian Michael Bendis se trouve en première ligne.

La première question est pour combien de temps ?

Si on le laisse tranquille pour ses séries, il pourra évoluer comme il l’entend.

Un scénariste a besoin de calme pour évoluer et scripter dans son coin, avec sérénité.

Or Brian Michael Bendis pouvait alors proposer des séries qui lui étaient personnelles, Alias par exemple où il développait son art, mais on lui a mis Ultimate SM, puis les Vengeurs, Dardevil. S’il est capable d’écrire jusqu’à 4 séries par mois (poussons jusqu’à 5), qu’il a 5 mois d’avance, ses capacités et son temps ne sont pas extensibles à l’infini et il doit quand même se limiter. Or, si la direction de Marvel le pousse à accepter une série, c’est dans son contrat, ce sera au détriment d’une autre. Ainsi, occupé sur 2 séries Vengeurs, la moitié de ses capacités sont utilisées. Il subira donc une part de contrainte qui lui enlèvera une part de sa fraîcheur, de ses envies en écriture.

Il y aura aussi une part de frustration qui pèsera un jour ou l’autre.

Brian Michael Bendis a proposé à Marvel et à DC un crossover définitif Dardevil/Batman. Or on lui a répondu que cela n’entrait pas dans l’optique de la politique des deux firmes, maintenant en conflit. Belle occasion perdue pour nous lecteurs, les crossovers depuis 1994 ne sont pas les meilleurs, et un script, une envie forte de scénariste qui tombe à l’eau.

La seconde question est quand reviendra-t-il à des projets personnels ?

Pour redevenir un artiste de premier plan, pour entrer définitivement dans le panthéon des top artistes qui ont laissé des œuvres marquantes qui sont entrées dans la « légendes du comics book », Dark Knight ou autre Watchmen. Brian Michael Bendis devra trouver du temps et freiner sa production mensuelles. Pour cela, il devra quitter sa production multi-mensuelle et se consacrer à une œuvre, ou même plusieurs, qui le sacreront définitivement.


A mon sens, il en est capable, il pourrait le faire.

Le récent coup de tonnerre donné par Robert Kirman a propos du fait que les scénaristes se doivent de travailler en indépendants pour pouvoir récolter, à terme, le fruit de leur talent, demeure pertinent. Mark Millar cultive également cette optique et des résultats tangibles sont là (Wanted, Kick Ass).

Brian Michael Bendis a prouvé qu’il pouvait tutoyer les cimes, surtout avec Torso, et il pourrait devenir, définitivement, un top artiste, il est à mon sens à la lisière de cette catégorie, comme Alan Moore, Frank Miller ou encore Mark Millar.

Que lui manque-t-il ?

Peut-être de ne plus être justement le grand pro de chez Marvel mais bien un free lance qui ne bosse pour lui, et pour l’art !

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Published by Le Royaume des Avis
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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 08:20

Brian Michael Bendis a beaucoup galéré pour devenir un pro, beaucoup. De ses débuts laborieux chez Caliber jusqu’à l’arrivée chez Marvel, assez vite sur des titres porteurs, il est vrai, le chemin de croix a été long. Les boulots alimentaires ont été longs, et pénibles. Il n’est pas rare, surtout dans ses premières interviews en fait, que Brian Michael Bendis y fassent référence et qu’il avoue, implicitement, qu’il ne souhaite jamais y retourner.


Ainsi Brian Michael Bendis a adopté un comportement très « corporate », c’est à dire qu’il s’est pleinement immergé dans le moule Marvel. Ce moule Marvel, quel est-il ? Ma foi un peu près ce que vous lisez, c’est à dire des séries multiples qui visent à dédoubler un succès (Mighty Avengers qui a justifié Civil War), ou encore à les répliquer (Ultimate Spider-Man, qui ne tient que grâce au talent de Bendis) ou encore les gros events téléphonnés (House of M, justement).


Brian Michael Bendis se plie à ces turpitudes éditoriales, parfois de bonne grâce, parfois de mauvaise grâce. Ainsi, il a avoué dans un Comic Box que les récentes réunions créatives chez Marvel, où chacun réagissait et apportait sa pierre à une histoire voire même la corrigeait, ne lui convenait pas du tout. LA méthode existe depuis longtemps dans le milieu des comics. Elle a donné fortuitement naissance chez DC à la mort de Superman car la storyline annuelle avait été trouvée trop moyenne (pourtant, le niveau était alors bien bas !). Aussi Jerry Ordway a dit : « Tuons-le ! ». Les séries télé aux USA se font comme cela mais Marvel a adopté cette méthode de travail, elle a le mérite d’avoir donné naissance jusqu’ici à des séries aux concepts spectaculaires, ce qui n’est pas dans le style de Bendis.


La méthode de travail de Brian Michael Bendis est justement des plus intéressantes, il aime travailler dans son coin, seul, la nuit. Brian Michael Bendis est donc un animal solitaire mais surtout très productif. Il a avoué avoir parfois jusqu’à 6 mois d’avance sur ses séries mensuelles ! En outre, il apprécie recevoir des suggestions de ses pairs dessinateurs qu’il inclut parfois dans ses intrigues. Cette remarque semble contredire l’histoire des réunions de travail, nous y reviendrons. Pour le reste, il dit avoir eu l’idée du script définitif de Ultimate SM en une nuit mais il n’a pas voulu se hâter et il a été traîné dans un centre commercial pour capter l’air du temps ou les coutumes des ados. C’est cela Bendis, un scénariste ultra-rapide, concis, qui est aussi ultra fiable. Aussi il a pleinement la confiance des éditeurs, qui savent tranquillement qu’il accomplira son travail dans les délais et ils peuvent même lui confier une surcharge de travail, que ce soit des mini-séries supplémentaires ou alors même tenter de lui confier le fameux crossover annuel, clé de voûte commercial de tout éditeur qui se doit d’être réussi, ou à défaut de présenter un potentiel excitant.


On a donc pu avoir Bendis sur le lancement d’Elektra, ce qui était un certain atout commercial car Bendis était, il l’est encore, un nom commercial. Sa réussite chez Marvel a été médiatiquement orchestré en haut lieu puisque Bill Jemas lui-même ne tarissait pas d’éloges sur ses dispositions à l’écriture : il est bon, excellent et chacune de ses séries sont des must à acheter. Une réussite qui est confirmée depuis déjà plus d’un septennat. Un petit bémol encore, le même précédemment exposé que dans la première partie de cette conclusion, consiste à appréhender sa grande productivité comme de très bon niveau, mais qui ne se hisse quand même pas aux cimes du comics book… C’est dommage, réellement regrettable….

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Published by Bastien AYALA
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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 18:48


Conclusion également pour Brian Michael Bendis, bien que ni son œuvre ni sa carrière n’ont encore atteint la moitié de ce qu’il devrait encore faire. Mais comme pour le cycle Mocky, il convient donc de clore notre loong dossier sur Bendis, et de statuer sur l’artiste.

Tout d’abord, il paraît évident que la meilleure production de Brian Michael Bendis concerne ce qui touche au polar. Notre scénariste a compris tous les rouages, toutes les ficelles et il en tire fabuleusement parti dans des histoires relatives au genre, au du moins, qui mêlent ce genre et un autre.

Ainsi Torso m’apparaît comme sa réussite la plus exemplaire même s’il y a d’autres trésors de haut calibre qui mérite notre attention. Je retiens particulièrement Alias, dont la seconde lecture me fut bien plus profitable que la première. Le personnage de Jessica… est ciselé avec passion par Bendis et il s’agit véritablement d’une bizarrerie de l’édition. Un peu de Marvel way, mais DC commet aussi des impairs.


J’ajoute que le premier arc de The Pulse a aussi retenu mon attention.

Il raconte le calvaire d’une journaliste venue interviewer Norman Orbson et qui devine, durant l’entretien, qu’il est véritablement le Bouffon Vert. Une excellente intrigue, vraiment solide, qui permet de rendre, un temps seulement, de l’intérêt à Spider-Man. SM st une série qui fut bien chahutée par les éditeurs de Marvel, et le retour d’entre les morts d’Orbson est une pilule bien amère. Ce premier arc de The Pulse permet justement de la digérer quelque peu. Parfois, assez souvent même, on suit une série dédiée à un personnage juste pour les excellents moments de lecture qui nous ont offert l’étincelle de la passion. Si Marvel a tout saccagé avec Maximum Carnage ou autre saga des clones, Bendis lui rend enfin de l’intérêt.

Le crossover House of M, qui était censé porter le style de Bendis au pinacle, peut apparaître en fin de compte un peu décevant. Il s’agit encore une fois d’une commande de l’éditorial, où comment l’issue d’un crossover a pour objet d’instituer un événement marquant (le nombre limité de mutants en l’occurrence). Si Olivier Coipel offre une prestation sans fausse note, il faut quand même avouer que House of M ne se lit plus avec le même plaisir une fois le buzz de l’événement passé. Dommage que Brian Michael Bendis ait manqué cet événement qui lui servait quelque peu à exploiter les graines semées dans Avengers Disassembled et de ramener d’entre les morts (bof) Œil-de-faucon de manière aussi peu spectaculaire.

Pour ce qui est des Vengeurs, j’ai des retours positifs sur cette série mais aussi d’autres qui considèrent que la série est plate, qu’il ne se passe pas grand chose tant elle est plate. C’est amusant, c’est exactement ce que je pense de Ultimate Spider-Man qui, à mon sens, se lit vite et fait moins fort que nos épisodes vintages de Stan Lee et de Dikto. Le rythme, le sens de l’intrigue ou même encore les dialogues me paraissent être définitivement du côté de la première version, quoique j’apprécie aussi l’ère Gerry Conway. Bien sûr, tout cela est sujet à débats et je ne prétends pas l’emporter.

C’est à mon sens le nœud du problème avec Brian Michael Bendis. Il n’a pas atteint le niveau d’un Mark Millar, mais je le situe juste derrière.

Il ne cherche pas à créer ses propres licences (c’est un tort), ses histoires sont moins mémorables que celles de Millar, disons moins spectaculaires et elles marquent moins l’esprit autant que les personnages.

Certes, il y a des différences entre les deux auteurs, tous les deux de haut calibre, mais à mon sens, Bendis n’a pas su exceller là où Millar a fait de Ultimates une série d’excellence, la plus remarquable pour Marvel depuis bien des années (Marvels justement ?).

Plusieurs raisons sont à évoquer pour tenter une compréhension de cet évaluation, nous allons les voir la fois prochaine…

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Published by Bastien AYALA
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 16:10

2ème partie

Justement, Jean-Pierre Mocky est obligé de demeurer son principal agent, son producteur et son meilleur promoteur, quelle gageure !

Excellent gestionnaire, Mocky a racheté la plupart des négatifs de ses films qu'il loue aux chaînes cablées ou les grandes chaînes ( le cinéma français semble se limiter aux mêmes 50 anciens films sur TF1 et France 2).

Il raconte donc dans son dernier livre qu’il se rend à ses festivals, parfois modestes, pour présenter lui-même ses films au public. Un peu le même circuit des producteurs de fruits qui se passent des grosses chaînes de distribution et qui vont livrer leurs produits directement chez les gens, sans intermédiaires omnipotents.

Mocky raconte d’ailleurs avec astuce qu’il renoue en cela avec les débuts du cinéma où les forains achetaient les films et allaient de ville en ville pour projeter les films devant un public ébahi. Il s’agit d’une liberté mais aussi d’un chemin de croix pour un tel cinéaste qui est fort mal respecté en cela et qui n’a toujours pas déposé les armes. Quelle combativité !

Dans le livre que je vous ai présenté, cette fois je flingue, Jean-Pierre Mocky raconte qu’il n’a pratiquement jamais eu de reconnaissance officielle : pas de Ceasar ou autre distinction cannoise. Sur ce dernier point, Jean-Pierre Mocky tacle avec malice et férocité Gilles Jacob, l’éternel président du Festival de Cannes. Pour vivre au-dessus de Cannes, je peux vous certifier que je ne vais plus à ce « festival » qui demeure le mont Olympe du Cinéma. LA dernière fois, j’ai bien croisé des « producteurs » et leurs amies habillée comme si elles allaient à un bal de Walt Disney et que elles-mêmes en étaient LA Cendrillon. Excités, la bave aux lèvres, je leur ai donc demandé quel était cet événement mondain qui les faisait tant frémir : ce fut assez ridicule quand un de ces « producteurs » m’avoué que c’était pour l’avant-première, « mondiale » de Schrek 2 ! L’année dernière, y-avait-il Kung –fu Panda ?

Jean-Pierre Mocky n’a donc jamais été honoré comme il se doit, son statut dans le cinéma français, par les critiques officiels demeure celui d’un outsider, d’un franc-tireur que l’on invite de temps en temps sur un plateau télé comme « bon client », celui qui va râler et que des crétins de journalistes en cinéma vont se foutre de manière indirecte.

Jean-Pierre Mocky avoue qu’il est parfois bien obligé de passer par ce cirque médiatique. Je rappelle qu’une nullité de journaliste a quand même osé demander à Jean-Claude Brialy pourquoi il écrivait ses mémoires alors que celui-ci était marqué par la maladie. Ce dernier, impérial jusqu’au bout, lui a répondu qu’il en éprouvait le besoin.

Est-ce que ce même journaliste est pétri de honte ?

Jean-Pierre Mocky, donc, a un statut à part. Il n’est pas sanctifié par les Critiques officiels, et le grand public, dans sa plus large acception, ne l’a pas encore assimilé à un de nos plus précieux réalisateurs en activité.

Comble de l’ironie, Jean-Pierre Mocky raconte dans son livre que la collection DVD qui lui est consacrée, les jaquettes illustrent depuis le début de ces articles la plupart de ses films, valent pour lui toutes les récompenses du monde…

Quelle désolation que l’on ne le fête pas comme il le mérite et qu’il soit obligé de se contenter d’aussi peu ! Il est satisfait que la collection, qui n’est pas disponible partout et qui mérite de faire un petit effort pour que l’on puisse la trouver, ce n’est pas la dernière bouse à l’américaine qui est vendue partout et simultanément, s’est quand même vendue à plus de 350.000 exemplaires. Jean-Pierre Mocky raconte que des gens lui écrivent pour lui dire qu’ils se cotisent pour en acheter ou alors qu’ils se les prêtent. Bref, il s’agit d’un mouvement spontané qui est appelé à s’amplifier, qui ne doit rien à la « puissance » des médias mais qui vient bien de l’attachement et de la reconnaissance du public qui, quelque part, ne suit pas l’avis de tous ces officiels prescripteurs de nos goûts.

Alors que penser, in fine, de l’œuvre de Jean-Pierre Mocky ?

Elle est diverse et incroyablement variée, dans tous les genres.

Elle constitue un panthéon pour beaucoup d’acteurs artistes français.

Certains de ses films sont assez marquants, je me suis rappelé en avoir vu deux qui, gamin, m’avait quand même marqué et que j'ai été étonné de découvrir qu'ils étaient de lui.

Et bien je pense pour ma part que les films de Jean-Pierre Mocky peuvent s’apprécier comme une collection de grand classiques comme du Molière. On se doit de les lire, ils contiennent des sacrés morceaux d’anthologie bien qu’ils soient de niveaux divers, avec de très bons, des bizarres et très peu de moyens. On se les passe de mains en mains, dans la famille et les amis et on en discute encore des années et des années après, en se disant que, après tout, c’est vachement bien et que le type qui les a fait était un sacré gars.

Voilà donc comment j’appréhende Mr Mocky, un cinéaste à qui il ne mérite pas grand chose pour être culte, classique comme ses œuvres qui vont défier le temps pour des générations et des générations.

Mais au fait, quel beau parcours vous avez fait depuis votre naissance à Nice en 1929, cher Monsieur Jean-Paul Adam Mokiejewski, je pense que la postérité vous attend.

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Published by Bastien AYALA
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 07:23


Exercice difficile que de proposer un avis, de statuer sur un cinéaste qui a tant fait et tant accompli dans tous les genres ou presque, qui a tourné avec les plus grands du cinéma français tout en ayant une culture encyclopédique du cinéma.  Toutefois, il faut quand même que je boucle ce cycle sur Jean-Pierre Mocky par une conclusion.
Mais avant mesurons encore une fois l’hauteur de sa stature.


Le caractère de Jean-Pierre Mocky demeure lui-même des plus singuliers.
Voilà un homme qui n’aime pas perdre de temps avec les usages mondains et les hypocrisies sociales qui jalonnent la bonne société. Notre homme est au-dessus de cette inanité et il n’en a d’ailleurs pas tiré le meilleur parti, c’est évident. Ce tempérament est d’ailleurs artistique, par essence. Je suppose, laissez-moi cette liberté, que l’homme est tourné par l’avenir, préoccupé par ce qu’il doit encore accomplir et que jamais son besoin d’accomplir, de produire une œuvre, ne semble se tarir.

Jean-Pierre Mocky a pu emmener des vrais personnalités dans ses films.
Ne parlons pas des « acteurs commerçants » mais de vrais passionnés.
Que ce soit les rôles principaux, ou dans les seconds rôles, Jean-Pierre Mocky aime les seconds couteaux pittoresques, une véritable galerie de rôles, de personnalités forment une addition de talents impressionnantes.
Jean-Pierre Mocky parvient aussi à obtenir la participation de chanteurs à qui il a proposé des rôles intéressants et remarquables. Citons Dick Rivers, Nino Ferré qui a composé la musique de l’Albatros et qui a également joué dans Litan un personnage fort intéressant.
Mais celui qui a été le mieux servi demeure, à mon sens, Eddy Mitchel dans A mort l’arbitre.
Il s’agit d’un de ses meilleurs rôles et il est formidablement bien mis en valeur si bien que l’on s’en souvient des années après, surtout de son destin final.


Jean-Pierre Mocky a des budgets qui sont moindres, des conditions de tournage indignes de sa personne, de son talent et de sa stature. Et alors ?
Personnellement, je méprise quelque peu les grands films hollywoodiens qui se foutent de moi en alignant des dizaines de millions de $ dans un film et oublie complètement de proposer un scénario digne de ce nom. Des bouses en diamant telles que Independance Day, Godzilla, Bad Boys, Mission Impossible 2 ou encore tellement d’autres me débéctent de plus en plus par la viduité qu’elles érigent en norme.

Jean-Pierre Mocky ou les jeunes cinéastes talentueux ont le mérité de proposer des œuvres, des films parfois imparfaits, certes, mais qui ne proposent pas de schéma usé jusqu’à la corde et qui n’endorment pas mon encéphalogramme jusqu’à devenir plat et, finalement, inopérant.
Mocky n’a plus de budget valable ?

C’est une honte alors qu’il pourrait être subventionné par des chaînes comme Arte, former des bataillons de jeunes cinéastes ou techniciens qui pourraient alors mettre le pied à l’étrier, événement très précieux dans une carrière où le clinquant du Cinéma dissimule bien des conditions miséreuses et douloureuses.
L’argent gagné dans les Julie Lescaut, ou autres séries que je ne regarde jamais, ne peut pas être redistribué dans un circuit novateur qui  permettrait à de vrais talents de faire leurs premiers pas ?
Mais n’est-ce pas le but du CNC et des chaînes de télévision de soutenir la création ?

Au lieu de cela, nous avons des blockbusters franchement loupés ou indignes comme Arsène Lupin ou Belephégor (mais comment peut-on parvenir à un résultat aussi indigent ?). Ce genre d’affaires continuent à se produire et on perd une chance de tirer parti de l’expérience exceptionnelle de Jean-Pierre Mocky, une honte…



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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 18:39

 

Cette looooongue série d’articles est né de la lecture du livre, des plus intéressants, de Jean-Pierre Mocky nommé cette fois je flingue. Un livre passionnant, que je vous incite à acheter ou à vous faire prêter. Mais pour une fois, je laisse la parole au maître lui-même avant d’entrer plus en avant dans les détails ! Cliquez ici.

Jean-Pierre Mocky a une carrière fabuleuse, d’exception. Il a connu tant et tant d’artistes, réalisateurs, acteurs, musiciens, scénaristes, producteurs, journalistes et Ministres de la culture. Son livre fourmille d’anecdotes, dont une fraction seulement ont servi à réaliser ces articles, mais il dresse un tableau sans concession de la « grande famille du cinéma » dont il semble quelque peu mis à l’écart.

Il faut quand même insister que, ceci est patent, Jean-Pierre Mocky a un caractère qui lui est propre, spécial et entier. Ceci l’a manifestement aidé autant que cela l’a desservi.
Ainsi je le perçois comme un individu, non une personne, qui n’a pas de temps à perdre et qui suit sa voie. Il trouve vain certaines conventions et il les a toujours transigés. S’il a fait tourner les plus grands du cinéma français, nommons les plus réguliers qui furent Bourvil et Serrault, il a toujours eu des rapports orageux avec les producteurs puisqu’il est royalement fâché avec…pas mal de monde.

Cette partie de son livre demeure assez intéressant, il décrit les rites et les coutumes du cinéma français qui l’ont exaspéré mais surtout il énumère certains producteurs avec lesquels il est en froid.
On peut commencer par les journalistes, qui ont tendance à se donner le mot comme des insectes pour descendre une œuvre de concert, avec celui qui trouvera la phrase la plus sentencieuse ou ironique afin de descendre l’œuvre avec panache. Le film est haché menu mais le critique peut s’enorgueillir de son trait d’esprit. Ce chapitre nommé les journalistes ne sont pas des chiens, rend honneur à certains mais en descend nommément d’autres. La liste et les circonstances sont dans ce chapitre. Jean-Pierre Mocky raconte une anecdote fabuleuse : le grand Jean Marais est tombé sur un critique assassin dans un restaurant et il l’a contraint à manger son papier vénéneux !

Il raconte également que certains de ses anciens assistants ou personnes à qui il a mis le pied à l’étrier lui ont splendidement tourné le dos. Il en donne la liste ce qui permet de, pour une fois, de passer le rideau de fumée qui cache cette partie peu reluisante du cinéma français. Jean-Pierre Mocky n’oublie pas pour autant les Ministres de la culture. Seuls André Malraux et Jacques Lang étaient selon lui des Ministres compétents et pouvant comprendre les artistes.

Le reste, il démontre qu’il ne s’agit que de relations de complaisance, de promesses sans suite ou tout simplement de politiques qui sont mis à ce Ministère faute de mieux. Jean-Pierre Mocky raconte une splendide anecdote, quand Catherine Trautmhan, Maire de Toulouse d’alors, a accepté un rendez-vous avec lui. Son assistante décommande la veille, mais il avait quand même envie d’aller au restaurant le lendemain. Il a justement aperçu la dite Ministre en train de déjeuner avec une papesse de la mode !

Jean-Pierre Mocky démonte en outre les mécanismes de l’avance sur recettes, de ce réseau obscur et manifestement partial que certains ont, et d’autres jamais ! Que ce système est basé sur l’art du courtisan et que son esprit initial est dévoyé. Un formidable bout du bouquin…

Enfin, il y a ce passage fabuleux et poignant de Alexandre Manivel, un aspirant cinéaste qui lui écrit une lettre superbe et poignante pour lui demander un coup de pouce. Jean-Pierre Mocky se fend donc d’une réponse dans son livre, en forme d’état des lieux, qui constituent le moment fort du livre. Cette réponse peut aussi s’apprécier comme un testament, d’un cinéaste rageur qui est finalement, toujours sorti des rangs. Mais à propos, quel type de statut ou de classification peut-on donner à Jean-Pierre Mocky ?

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 08:01

Dans le début de sa carrière chez Marvel, enfin parmi les projets qu’il peut vraiment imposer, Brian Michael Bendis s’investit réellement avec Alias. Il s’agit pour la forme d’un polar, il n’y a pas de doute mais Brian Michael Bendis doit composer avec une donnée essentielle qui paraît quelque peu contradictoire : y mêler un super héros !

Alias paraît dans la fameuse collection Max. Le lancement de ce type de division éditoriale est toujours une chance pour les débutants ou pour les projets qui sortent quelque peu du lot : l’éditor a toujours besoin de projets en masse sachant que seuls une petite poignée sont appelées à survivre.
Alias part sous de mauvais auspices : Brian Michael Bendis voulait le personnage qu’il affectionne le plus et qui est hors de la circulation depuis pas mal de temps : Spider-Woman I.

Brian Michael Bendis en était tombé amoureux depuis un annual d’Avengers au début des années 80 et depuis, il n’a de cesse d’avoir des rendez-vous manqués avec ce personnage.
Justement Alias en est un, et pas un des moindres.
Il était clairement prévu que le personnage de Spider-Woman devait être l’héroïne avec un postulat intéressant : qu’est-elle devenue après toutes ces années d’activité et comment a-t-elle occupé son temps ?

Une trame assez intéressante, qui permet à la fois de développer le caractère de ce personnage mais aussi de combler des zones d’ombres, ce qui représente de l’or pour un scénariste inspiré !
Mais Marvel frappe à nouveau, dans l’incohérence la plus totale.
Oui Brian Michael Bendis peut entreprendre cette série mais non, on laisse de côté le personnage de S-W pour un éventuel come-back. Brian Michael Bendis se trouve donc dans une position peut enviable : il faut réécrire ses scripts avec ce gros handicap.

Ce sera donc Jessica Drew et non plus Jessica Jones. On est chez Marvel après tout et il s’agit juste d’une décision éditoriale inapte, une de plus !
Jessica Drew était donc une héroïne qui aurait côtoyé les Vengeurs.
Ne cherchez pas, elle n’est pas apparu avec Alias même si j’ai suspecté un moment qu’elle fut Diamonback, une petite amie de Captain America (sauf erreur de ma part sur le nom !).

Pour le reste, Jessica Drew est devenue détective privée.
Il ne s’agit pas du meilleur métier mais cela lui permet à la fois de se tenir en équilibre entre une activité d’aventurier et le monde civil, et ses inconvénients.
Justement, elle rencontre de vraies difficultés qui l’éloignent de plus en plus de sa vie « d’avant » que l’on suppose plus dorée : ses enquêtes sont minables, ses clients méprisants et les flics lui causent des soucis à l’occasion.

La première affaire qui lui est confiée nous ramène dans l’univers du polar, ou plutôt ses bases et ces codes tels qu’ils ont été conçus dans les années 40 et qui semblent être des poncifs obligés.
Une femme vient la trouver pour avoir des nouvelles de sa chère sœur qui semble avoir disparu. Elle engage donc notre privée qui va la trouver. La version de « la sœur » ne colle pas avec ce que Jessica va trouver puisque la femme en question va se livrer à des ébats privés avec…Captain America !
Mais, il s’agit là encore d’un cliché, la femme se fait tuer et la police arrête Jessica. Celle-ci a filmé la scène et ne veut pas, en aucun cas, compromettre Captain America. La K7 devient un enjeu intéressant, un dilemme en fait, va-t-elle s’innocenter en dévoilant son contenu?
Mais surtout, qui tire les ficelles dans l’ombre et quels sont les intérêts en jeu ?


Alias est donc une réussite, couronnée non par un prix Eisner mais bien deux ! La série, dont je n’ai relaté que le premier arc, ne durera que 28 épisodes. Michael Gaydos, le dessinateur, sert avec talent les scénarii toujours inspirés de Brian Michael Bendis et la fusion textes/dessins est totale. Une réussite sans appel qui permet enfin à Marvel de proposer autre chose que du super-héros. C’était la volonté de Bill Jemas, gourou éphémère un brin allumé qui voulait secouer le nerd de base. Alias était donc voué à une existence tout aussi éphémère puisque Jemas s’est fait mettre à la porte avec perte et fracas.

Dommage, car même si on ne peut pondre 100 épisodes de cette trempe d’affilés, Alias vaut quand même sacrément le coup tellement on sent que Brian Michael Bendis est dans son élément !



 

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