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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 14:17

1ère partie 
 

 

 

Pierre Mouchot est né en 1911. C’est un homme au tempérament accompli, un grand sportif, qui avait un sens patriotique exemplaire. Il avait surtout des dispositions artistiques qui le menèrent vers le dessin.
 Après un parcours qui aurait du l'orienter vers le notariat, Mr Mouchot se tourna vers la peinture, et son corollaire : le dessin.
Il exerça en 1938 cette activité qui lui tenait à cœur et dont il avait pressenti les fabuleuses possibilités de narration.  Rappelons que les conditions des premiers dessinateurs/artistes furent exécrables : les salaires étaient pour la majorité faibles, il fallait travailler beaucoup tandis que les propriétés ou personnages appartenaient aux éditeurs.


Mais la seconde guerre survint et Pierre Mouchot se trouva à Lyon, que l’on considère de nos jours comme un haut lieu de la résistance. Lui-même fut un résistant engagé et actif. Il s’évada 3 fois, il fit de la contrebande de papiers administratifs, il prit le maquis (où il continuait à dessiner afin de faire vivre sa femme ainsi que son fils et sa fille). Ainsi Pierre Mouchot fut distingué pour de nombreux faits d’armes ainsi que des actes héroïques.

 

Fantax fut conçu dès la fin de l’année 1945 mais sa parution eut lieu dans l’année 1946.

Fantax est un justicier urbain, pur et dur qui fait respecter les bonnes valeurs ainsi que la justice. Son vrai nom est Lord Horace Neighbour, qui n’hésite pas, la nuit venue, à se transformer en Fantax. Fantax demeure hautement déterminé. Sa profession dans le civil est attaché d’ambassade. Il combat les crime et ses représentants avec conviction et ardeur mais il redevient un doux père de famille lorsqu’il évolue avec sa femme et ses deux enfants.

Pierre Mouchot se fit aider pour créer Fantax d’un autre grand monsieur, un pionnier à qui on doit beaucoup : Marcel Navarro.
 Mr Navarro, qui nous a quitté en 2004, fut le compagnon d’un temps de résistance de Pierre Mouchot. Il était rédacteur en chef et quelques fois pigiste pour différentes rédactions de Lyon. Il appréciait beaucoup Pierre Mouchot, nous l’appellerons par son nom de plume Chott et ce dernier lui confia que, après cette guerre, il songeait à être son propre patron. Mr Navarro imagina donc les caractéristiques de Fantax et lui conféra une personnalité ainsi qu’une identité.

Fantax représentait à l’époque quelque chose de nouveau, de sensationnel voire d’explosif pour les kids de l’époque. Le temps était encore aux récits guerriers, aux personnages forts qui permettaient aux enfants de s’identifier à un modèle masculin supérieur. Fantax connut, étonnement, un réel succès.
 Les tirages successifs du premier numéro se succédèrent et Mr Mouchot tenait là un succès, et la ferveur des fans.

D’autres héros comme le Casseur ou Big Bill naquirent, et ce fut là le début d’une belle aventure familiale, grâce à l’énergie d’un homme méritant qui put créer à lui tout seul un genre et une maison d’édition dans des conditions très mauvaises, ainsi qu’une concurrence nombreuse.
Mais la suite ne se passa pas comme prévue et la suite de Fantax fut une douloureuse épreuve pour Pierre Chott…

 

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 08:01

La grande frousse demeure une bonne cuvée de Jean-Pierre Mocky. J’entends par bonne cuvée , et il y en a beaucoup chez Mocky, qu’il s’agit d’un film fort agréable à regarder, que le ton du film est tantôt badin, tantôt sombre et que l’on passe un excellent moment.
Retour sur un film qui a connu quelques difficultés lors de sa sortie…

La cité de l’indicible peur est tout d’abord une adaptation du fameux Jean Ray. Un fameux écrivain belge mais surtout un type au parcours incroyable puisque Jean Ray aura vécu de quoi remplir quelques vies avant qu’il ne se mette à écrire. Son œuvre la plus fameuse est Malpertuis et, c’est assez singulier, Jean Ray était assez doué pour décrire des ambiances qui tendent vers le gothique.

La cité de l’indicible peur demeure assez couillu de la part de Mocky puisque le matériau de base, le roman, a la réputation d’être assez difficile à adapter, notamment en ce qui concerne les ambiances puis le ton du récit lui-même.  Mais Mocky s’en sort extrêmement bien en ce qui concerne l’ambiance, on a vraiment l’impression de vivre dans une ville fantomatique, et pour cause…

Dans la petite ville de Barges, un monstre rôde la nuit et terrorise absolument toute la population. C’est bien simple, plus personne ne se risque à sortir la nuit et la ville devient de fait une ville morte où tout le monde a peur de tout.
C’est dans ses conditions assez spéciales qu’arrive le personnage joué par Bourvil, Triquet. Alors que son collègue et lui cherche un dangereux bandit, ils doivent choisir au début du film chacun un village. Avec sa bonhomie et son air emprunté, Bourvil hérite de Barges.
Conformément au type de rôle auquel il est habitué, il ne comprend guère pourquoi la ville est prise de panique, il pense que ce doit être à cause de son bandit, et il va tout faire pour l’arrêter, en ayant vaguement conscience qu’un monstre mythologique rôderait ici ou là.
Le maire, joué avec le brio habituel de Jean Poiret, est trop heureux d’envoyer ce représentant de la justice tombé providentiellement dans sa ville, où décidément, tout le monde suspecte tout le monde.
Le policier finira par trouver le monstre, en fait un pauvre quidam qui prenait son pied à terroriser son monde, mais sa capture soulève d’autres problèmes, d’autres meurtres se produisent et on ne plus maintenant suspecter le monstre.

Un solide scénario, où personne n’est réellement ce qu’il semble prétendre être, une intrigue à deux niveau, la cité de l’indicible peur est une réussite dans sa partie.
Mocky semble à l’aise en ce qui concerne l’adaptation de ce roman, réputé pourtant très difficile à réaliser, et il alterne le burlesque et la tension.
Ce qu’il y a de meilleur, à mon sens, dans la cité de l’indicible peur, c’est que des décors typiques de petits villages de province, que nous avons tous connus, sortent de leur affligeantes banalités pour devenir sombre, magique voire mystique. C’est cela la qualité principale de cette adaptation au sens fantastique : Mocky a su faire jaillir l’irréel du banal, l’exception du quotidien avec astuce. C’est pour cela que la cité de l’indicible peur est un film qui consacre l’un des nombreux talents de metteur en scène du cinéaste Mocky, décidément à l’aise dans tous les genres.

Pour en revenir au film lui-même, il est à déplorer que Jean Ray est mort l’année même où le film fut fait, 1964 et que les producteurs causèrent quelques soucis à Mocky. Le film ne se nomma pas lors de sa sortie la cité de l’indicible peur mais un titre plus benêt, la grande peur.
Il est vrai que le ton du film, de par la présence de Bourvil, était plus léger alors que Jean Ray avait écrit une œuvre plus sérieuse. Mais sans cette concession, le film ne se serait évidemment pas fait… Mais lors de la p rojection destinée avec le producteur, celui s'est plaint du film et à même traité certains acteurs de ringards. Mocky lui a sauté dessus et il s'en est suivit un pugilat ! Mocky, avant de lui sauter dessus, lui a dit en substance : "on ne badine pas avec les artistes !"

Ainsi la grande frousse est ressortie 8 ans plus tard. La grande frousse fut un échec commercial et critique lors de sa sortie initiale. Devenue la cité de l’indicible peur, doté d’un nouveau montage, le film devint un succès critique et public ! Mocky, rusé et habile, a racheté les droits du métrage et il s’est offert une belle revanche qui démontre surtout la versatilité des critiques !

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 08:00

2ème partie 

Jean-Pierre Mocky est donc un cinéaste établi à l’orée des années 70. Son style est connu, le public apprécie ses films qui sont parfois des succès ou des échecs relatifs. Mais surtout, les comédiens apprécient tout autant tourner avec lui puisque après le décès de Bourvil, d’autres deviendront des « réguliers » de Mocky. Celui-ci va continuer à tourner tout en proposant des œuvres tout aussi décalées, osées, innovantes mais surtout iconoclastes.
Les années 70 sont assez intéressantes du point du vue politique.
Après une sorte de chape de plomb, nommons là censure, où il n’était pas possible de remettre en cause le pouvoir de l’Etat et ses dysfonctionnements, Mai 68 semble avoir ouvert une digue.
On assistera donc au film à intrigue politique où un homme seul se dresse contre le système, assez crasseux par ailleurs. Yves Boisset fera des merveilles et Jean-Pierre Mocky l’abordera avec son pertinence.

Pour l’heure, Jean-Pierre Mocky propose encore et toujours une série de films qui n’ont que peu d’ éléments en commun. Citons Solo, l’ombre d’une chance, chut ou encore l’Albatros.
Je suis honnête, je n’ai hélas pas vu tous les Mocky dont cela. C’est quelque part une chance, car je sais que j’ai encore tous ces films à découvrir et je m’en réjouis, grandement car je sais que je vais passer de fort bons moments en leurs compagnies.
Aussi je vais m’attarder quelque peu sur Un Linceul n’a pas de poche.

Le thème est celui du journalisme, activité ô combien primordiale pour le citoyen et que le politique aimerait contrôler à la fois pour combiner dans son coin mais aussi pour obtenir une image valorisante. Après tout, sur quoi nous basons-nous pour élire un politique outre nos « idéaux » politique ?
Le personnage principal, joué par Jean-Pierre Mocky, devra se débattre pour se sauver de ce nid de frelons.  Nous sommes dans les années 70 dont on dit que les magouilles ont commencé sous l’ère Pompidou et il s’agit de sujets en or pour des cinéastes engagés qui n’ont qu’à ouvrir les journaux ou relever des scories de la vie moderne.

L’autre film que je retiens particulièrement est l’Ibis Rouge.
Film encore une fois que seul Mocky est capable de nous proposer, l’intrigue tourne autour d’un tueur qui assassine ses victimes à l’aide d’une écharpe brodée d’un ibis rouge.
Sur ce canevas quelque peu morose, Mocky nous sert une galerie de personnages assez fabuleuse dont un ultime rôle pour le vénérable Michel Simon.
Illustre comédien dont la carrière et l’aura se superpose parfois à Marseille, Michel Simon était alors au crépuscule de sa vie et il ne trouvait plus de rôle alors que la scène et la caméra étaient ses raisons d’être. Jean-Pierre Mocky lui confia ce dernier rôle, farfelu en diable, et les ragots sur les problèmes de mémorisation de texte de M.Simon étaient faux.

L’Ibis Rouge vaut surtout pour sa poésie assez incroyable.
Mocky filme bel et bien dans des décors réels, mais il y a toute une poésie, un décalage avec la réalité, que l’en rencontre que Jean-Pierre Jeunet ou dans le cinéma si particulier de Claude Lelouch. Une œuvre unique donc, emplie d’émotions, qui est une pierre précieuse de plus dans la carrière ciné de Mocky, qui nous a quand même proposé un beau collier.

Le roi des bricoleurs demeure lui aussi hautement recommandable.
Une paire d’entrepreneurs parie sur une maison délabrée afin de la retaper pour la revendre à un Ministre. Sachant que tout le monde, dans le roi des bricoleurs, est un peu pourri, le film peut s’apprécier comme une charge véhémente du monde des affaires, dont le bâtiment qui explosait dans ces années 70.
Ce fut aussi l’occasion pour le comique Sim de passer en premier plan. Si l’on retient de nos jours sa participation aux grosses têtes, Sim est un comédien qui, bien employé, a incontestablement une aura comique.

Mais le roi des bricoleurs demeure surtout pour Jean-Pierre Mocky et Michel Serrault de sceller une belle et profitable association cinématographique qui se terminera… le plus tard possible ! Cette association ou relation de confiance durera 11 films jusqu’en 2007, année où l’acteur est mort en nous prenant tous par surprise. Mais elle offrira de solides fleurons au cinéma français Attention, il faut saisir la nuance : le cinéma français et non le Cinéma français.

Mais cela se déroule surtout dans les années 80…

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 10:09

1ère partie

Vous connaissez sûrement presque tous Jean-Pierre Mocky ?
Il s’agit d’un pan entier de notre cinéma national, en tout cas, un auteur/scénariste/acteur/réalisateur qui a donné à notre patrimoine cinématographique une de ses facettes qui en font la richesse. En effet, les 51 films de Jean-Pierre Mocky sont presque tous différents, ils ne se ressemblent que peu et Jean-Pierre Mocky a œuvré dans tous les genres, avec pour résultat des œuvres qui demeurent parfois réussies, plus souvent encore passionnantes et surtout mémorables.
Il convient donc de revenir quelque peu sur la carrière fort riche de Jean-Pierre Mocky qui continue de faire du cinéma, encore et encore avec une volonté farouche.  

Jean-Pierre Mocky serait né en 1929 à Nice. Il débute dans le cinéma en tant que second rôle dans la comédie. Mais son aspiration était bien d’être réalisateur. La gouaille, l’énergie de Jean-Pierre Mocky sont à retenir, elles l’ont à la fois aidé à passer des portes mais aussi desservies.
Ainsi, la première porte que Jean-Pierre a passé et celle du grand Hervé Bazin. Il l’a en effet tellement convaincu qu’il était l’homme de la situation pour adapter son roman sur l’univers psychiatrique, l
a tête contre les mursl, que H.Bazin lui a cédé gratuitement les droits de son livre pour le cinéma. De plus, Jean-Pierre Mocky est parvenu à convaincre l’excellent Paul Meurisse et Pierre Brasseur, acteur d’exception, de jouer dans ce film avec une rétribution basée sur les recettes. Un beau bouquet pour les producteurs, qui hélas ne lui ont pas donné leur confiance pour la réalisation. Ce fut alors George Franju, un cinéaste d’exception et atypique du cinéma français (Judex, les nuits rouges) qui fut choisi par compromis car Jean-Pierre Mocky pensait qu’il pourrait largement influer su sa réalisation.
Comptez qu’en outre il y a en second rôle Charles Aznavour, que le sujet du film présente deux approches de la psychiatrie d’alors, que le film est très intéressant…une œuvre à retenir.  

Relatif échec, Jean-Pierre Mocky va dieu merci enchaîner plusieurs autres films avec des succès divers mais dont un des premiers est à retenir : les dragueurs.
Les dragueurs, réalisé l’année suivante, raconte avec cocasserie les aventures de mâles qui oeuvrent en essayant de transcender les règles de des mœurs de l’époque. Le film est un tel succès qu’il a imposé le terme de dragueur dans le vocable populaire. Très fort !  

Réussites exemplaires, films toujours cocasses qui n’hésitent pas à brocarder les travers de ses contemporains, Jean-Pierre Mocky a réussi à aligner une belle série de films sans faute, qui ont en plus la patine de l’intemporalité puisqu’ils peuvent encore se voir de nos jours et qu’ils auront la même saveur pour les prochaines générations.

Le drôle de paroissien montre donc Bourvil et le truculent Jean Poiret. Le premier est un noble ruiné qui, par désespoir, se met à piquer dans les troncs des églises puisque « Dieu a dit qu’il aiderait les pauvres. » D’abord par quasi accident, notre voleur parvient à en faire une entreprise familiale avec pour ennemi un inspecteur de police joué par Francis Blanche (il ne risque presque rien !). Le film fit quelque peu scandale à l’époque alors que le ton de l’œuvre était badin. Jean-Pierre Mocky a donc vu juste : le film est plaisant, il bénéficie alors de l’attention des médias ( et des autorités religieuses !).
Vous pouvez voir ou revoir le drôle de paroissien avec vos enfants ou vos parents, le film est toujours aussi savoureux et intemporel ! 

L’étalon est quand à lui tout aussi savoureux. Pour que les femmes soient épanouies, il faut qu’on supplée aux défaillances de leurs époux !
Sur ce principe, le personnage de Bourvil va donc leur fournir du bonheur et l’affaire va monter loin, très haut en fait puisqu’un député assez crétin (excellente prestation de l’acteur) va s’y retrouver mêler. Film comique qui laisse au spectateur toute sa latitude pour rire, l’étalon anticipe quelque peu la libération de la femme.  

Mais Bourvil nous quitte en 1970 à l’âge de 53 ans. Jean-Pierre Mocky raconta à la télévision qu’il vivait avec douleur son cancer et que, trois jours avant sa mort, il était venu, fatigué, pour une promotion afin de donner un coup de pouce à Jean-Pierre Mocky…

Une grande perte mais la route de Jean-Pierre Mocky continue, pour un nouveau cycle...

 

Bonus : la bande annonce d'un drôle de paroissien !

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 08:00

Bonjour à tous ! J’avoue que je n’ai guère eu de temps  pour faire quoi que ce soit dans cet espace ces deux derniers mois. Pas grave car d’un côté j’ai une grande réserve d’articles que ce soit en comics ou en cinéma. Ce qui est plus dommage, c’est que l’un d’eux en particulier, Superman vs Spider-Man est truffé de fautes et de mots manquants ! Je le reconnais volontiers et merci à Yaneck pour sa pertinence.

Maintenant, quelques liens qui devraient vous intéresser et que je vous recommande.

Plus amusant encore, lors de mes vides-greniers de seconde partie de week-end, j’ai fait la connaissance d’une personne assez cool qui a eu pour activité récréative de recouvrir des objets avec des vieux comics, tel Andy Warhol !

Thierry, c’est son prénom, ne m’a pas rappelé sur le moment. Mais je l’ai recroisé lui et sa charmante amie et, en discutant, on s’est aperçu qu’on habitait dans la même rue ! De plus, il est aussi sur over-blog pour un blog assez intéressant qui fédère pas mal de troupes et qui mérite d’être visité régulièrement : Fantasy-sur-Gaïa. Le loup blanc, tel est son nom, nous emmène dans d’autres univers !

Voilà pour les trois semaines à venir !  

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 08:00

Brian Michael Bendis avait donc du mal pour se faire remarquer, beaucoup de mal. Sa carrière vivotait et les rentrées d’argents promettaient des lendemains difficiles. Sa première œuvre, Jinx, dont il a assuré lui-même les dessins et le scénario, lui a rapporté en premier versement la somme très modique de 144 $ ! Une broutille qui frise l’insulte !

Aussi, Brian Michael Bendis se doit de frapper un grand coup pour enfin se faire remarquer car plus les années passent, plus son rêve s’éloigne. Ce sera donc Torso qui, contrairement à ses autres œuvres, sera adapté d’un fait réel qui n’a guère été exploité jusqu’alors, une aubaine.
Le fait réel en question est réellement incroyable : le plus grand policier de légende des USA est confronté au premier tueur en série de recensé ! Ni plus ni moins.

Eliot Ness avait donc combattu la corruption à Chicago où Al Capone était notoirement en cheville avec les autorités de la ville. Il faisait la pluie et le beau temps, que ce soit dans les bas fonds ou dans les hautes sphères de la ville. Une anomalie qui était devenue trop voyante dans cette Amérique de la crise de 1929.
Eliot Ness est né en 1903 de parents norvégiens. Après des études de droit qui le mena à travailler comme enquêteur dans des compagnies d’assurances, il reprit ses études pour la criminologie. Ce second cursus le mena donc à Chicago où il y avait du travail à abattre, et par la même occasion des truands. Edgar Hoover chargea deux équipes de coincer Al Capone : Ness eut la responsabilité du volet fiscal.

Il eut une équipe de 50 hommes sous ses ordres puis il en retint 9, ce furent les fameux incorruptibles. Après avoir détruit les distilleries de A.Capone, avoir échappé à de nombreuses tentatives de meurtres, Ness permit à ce que al Capone soit condamné à 11 ans de prison. Auréolé de gloire, il fut nommé à Cleveland en 1935 alors que la prohibition prenait fin et il avait encore à purger la ville de la corruption qui y régnait, mais aussi à lutter contre ce fameux tueur en série…
Brian Michael Bendis assure le scénario et les dessins. Mais il est aussi aidé au scénario de Marc Andreyko pour le scénario. Il est vrai que l’intrigue repose sur une certaine reconstitution historique qui demande une certaine rigueur, sous peine de se faire huer par la critique sans que celle-ci ne traite de l’histoire.

Eliot Ness arrive donc à Cleveland où il hérite du poste de responsable de la sécurité publique. C’est le maire qui a fait appel à lui et, encore une fois, Ness fait si consciencieusement son travail que la mairie se sent en danger !
Mais un problème plus grave, ou du moins plus retentissent, survient : un tueur en série tue de la manière la plus ignoble qui soit en ne laissant de ses victimes que des morceaux de corps, voire les torses. Il sera donc nommé Torso.
Eliot Ness se doit de relever cette affaire. Il a la pression du maire, qui est ravi que Ness mette toutes ses forces dans cette affaire au détriment de la corruption. Les journaux créent une véritable psychose et la population est affolée.

Mais le problème demeure qu’il s’agit d’un tueur d’un genre nouveau pour lequel il n’existe aucun type de méthode d’enquête. D’ailleurs, ces méthodes pour appréhender un tueur d’un genre nouveau sont encore à créer.
Eliot Ness fait ce qu’il peut mais il peine, énormément.
Il réunit une équipe réduite qui sera nommée les inconnus, afin de ne pas s’exposer inutilement aux médias. Mais le tueur continue à pratiquer ses crimes et les inconnus peinent réellement à trouver une piste exploitable. Les répercussions sur la carrière de Ness ainsi que sa vie privée se font de plus en plus néfastes… 

Un contexte solide permet déjà de poser de belles bases au scénario. Mais Brian Michael Bendis fait bien mieux. Si la participation de Mark Andreyko demeure à déterminer avec soin, on peut cependant opiner que Brian Michael Bendis  s’est approprié tout le récit avec maestria que ce soit dans le scénario : Ness apparaît comme un type normal qui n’a pas la carrure d’un super flic mais plutôt comme un policier pour qui les méthodes constituent une part importante qui garantit le résultat.

En outre, le dessin demeure le point fort de Torso. Non que Brian Michael Bendis soit un dessinateur exceptionnel qui a un style qui en mette plein la vue comme la référence ultime, Steranko ou même Frank Miller (son émule le plus reconnu), mais en l’occurrence le dessin sert parfaitement le récit. Comme un vrai metteur en scène, Brian Michael Bendis trouve des idées de mises en pages graphiques dans chacune de ses scènes qui demeurent, pour certaines, des petites trouvailles absolument remarquables. Brian cisèle ses scènes dans des mises pages audacieuses qui tendent à tirer parti au maximum du support du neuvième art. Ses descriptions des cadavres sont à la fois réussies mais elles s’impriment dans notre mémoire. Du grand art sinon une expérimentation aboutie !

Brian Michael Bendis tire parti du collage de certaines photos d’époque, des fiches de police qui permettent d’authentifier son récit. Mais son utilisation de sa mise en page est géniale : il distille une chorégraphie pour certaines scènes, dont celle de la découverte d’un cadavre, avec une maestria remarquable. Le lecteur, s’il est disposé, peut ressentir un certain vertige à la découverte du cadavre.

En outre, les champs de profondeur sont remarquablement bien mis en valeur et Bendis use avec inspiration du noir, du blanc et même du gris pour s’approprier des volumes, privilégier une chorégraphie ou des angles incroyables qui font de la plupart des pages de Torso une œuvre à la fois maîtrisée, ambitieuse par son approche et réussie par ses expérimentations abouties ! Une grande oeuvre diablement réussie qui permettra à Brian Michael Bendis d’obtenir le prix Eisner du meilleur espoir en 1999.

Cela lui permettra d’être remarqué par les professionnels du milieu et donc de voir sa carrière progresser spectaculairement.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 07:47

2ème partie

Brian Michael Bendis est un tenace. Il a persisté alors que tant d’autres ont abandonné. Il faut dire que le marasme économique des années 90 ont vu le marché s’effondrer de près de 90 % et les lecteurs passer à autre chose. Mais le salut viendra d’un des leaders du marché, un leader qui manque de souffle quelque 5 ans après sa création mais qui lui donnera une opportunité qu’il saisira : Image comics.

Image comics a connu un succès qui laisse songeur. Tous ses premiers titres furent des succès, qui se vendirent en centaines de milliers d’exemplaires pour les premiers numéros. Mais la spéculation s’est effondrée, l’engouement spectaculaire est passée et on a vu un peu plus près, une fois le brouillard dissipé, la valeur réelle des histoires.

Ironiquement, si le mainstream était le créneau majeur de Image, la reposition stratégique d’Image se fera davantage avec des courants créatifs, voire d’auteurs. Un sacré virage en quelque sorte. Mais pour l’heure, en 1997, c’est Todd Mac Farlaine et son Spawn qui tiennent toujours le sommet de l’affiche grâce à des ventes qui sont toujours dans le top 100.
Spawn et Mac Farlaine sont des cas à part. On a l’impression tenace que Mac Farlaine n’est pas capable ou n’a pas la volonté d’insuffler un renouveau, un second souffle à son personnage. Il a d’ailleurs abandonné les crayons au numéro 20 ou peu de temps après et il signe les scénarios. Mais les scénarios à la mode Todd Mac Farlaine sont d’une rare indigence. Si la méthode Marvel consiste à donner un script sommaire, la méthode Mac Farlaine est une page griffonnée à la hâte qui contient les grandes indications, à charge pour le dessinateur de trouver le rythme et la scénographie de l’œuvre.  

De plus, Mac Farlaine laisse sur son titre le même scénariste, Brian Haberlin, qui ne casse pas des briques, il ne les polit même pas. Spawn suit donc son petit bonhomme de chemin, avec quelques déclinaisons dont on se demande même si l’ensemble sert à vendre les jouets de la gamme. 
Mais Mac Farlaine repère Brian Michael Bendis sur Torso et il lui propose une série dérivée sur les détectives qui font partis de l’univers de Spawn, Sam et Switch.

Le concept est infime, tout comme la série centrale, mais Brian Michael Bendis va néanmoins insuffler quelque substance au titre. Mieux, il va raconter une histoire passionnante dans les 10 numéros sur lesquels il travaillera.

L’arc nommé nnn verra enfin quelque chose de passionnant se produire chez Mac Farlane production. Enfin un comics digne d’intérêt depuis l’Angela de Neil Gaiman ou encore le Violator de Alan Moore. 
L’intrigue voit des tueurs sans face débarquer partout et tuer tous leurs opposants. Sam et Switch auront la vie sauve, mais ils la conserve de peu. Si le dénouement déçoit, l’ambiance, le caractère haletant ainsi que l’action sont prenants. Une grande première pour cet éditeur d’Image, mais aussi une grande dernière qui ne durera que guère plus de 10 numéros.

En tout cas, Brian Michael Bendis est repéré par Joe Quesada et il sera le fer de lance de l’ère de Marvel que Joe met en place.  Dessinateur exceptionnel au style qui ne cesse d’évoluer, Joe Quesada a franchi à pas de géant les marches de débutant à celui de rédacteur en chef, en à peine 10 ans !

Joe avait une formation artistique puis il fit quelques travaux pour une boîte de jeux vidéos. Un gamin d’un magasin dans lequel il bossait lui aurait montré le Dark Knight de Frank Miller, ce fut un choc. Il entra dans un comics shop où on lui conseilla un numéro de Watchmen, ce fut un second choc. Quesada tenta sa chance et, prenons un raccourci, il se retrouva chez DC pour dessiner 6 numéros très appréciés de the Ray nouvelle version qui le firent remarquer. Il dessina avec maestria Batman/Azrael, une des toutes meilleures aventures de Batman. Il redesigna le costume du nouveau Batman, une réussite intégrale puis il alla bosser chez Vaillant, la firme qui clama crânement être la troisième du marché, un temps.

Après quelques très bons numéros de Factor-X chez Marvel, avec un Peter David au top de ses capacités, il réflechit aux propositions de Image, qui lui proposa de rejoindre ses rangs. Tout compte fait, en gardant de bonnes relations avec un peu près tout le monde, Joe Quesada finit par ouvrir sa propre boîte de comics avec son copain Jimmy Palmiotti.

Event comics produisit donc différents comics dont le fameux Ash, un gars ordinaire qui trouva lors d’un incendie un mystérieux objet lui conférant des pouvoirs et une apparence hors du commun. Magnifiquement dessinés, Quesada est un des plus brillants de sa génération voire l’un des tout meilleurs, Ash ne bénéficie pas des scénarios qui puissent soutenir sa réussite graphique. Quel dommage…
Après quelques succès d’estime, dont 22 brides, il était devenu évident que Event avait un sacré potentiel mais ne l’exploitait pas correctement, en tout cas pas de la bonne manière.  

La bonne direction prit forme en 1998 avec les débuts de l’aventure Marvel Knight. L’ère Marvel selon Bob Harras, piètre scénariste mais dirigeant à la poigne de fer, se traduisit par une détérioration qualitative de tous les titres de la firme mais aussi de l’usage abusif de crossovers peu convaincants.
Marvel Knight fut donc un deal où des personnages extérieurs, Dardevil (Quesada et Kevin Smith), les Inhumains (Jae Lee et Paul Jenkins) ou encore le Punisher (Bernie Wrightson en petite forme) en encore Dr Strange par le créateur de Concréte (Paul Chadwick).

Le sensationnel, la qualité reviennent enfin chez Marvel, enfin par des tiers. Marvel, qui ne cesse de communiquer agressivement et se vanter de monter les meilleurs projets, parfois des déceptions, peut se vanter de tenir une équipe de grand talent, voire plusieurs et même enfin d’insuffler du sang neuf dans leurs comics.
Ce seront Dardevil, et dans une moindre mesure les Inhumains, qui mériteront cette réputation flatteuse. Les deux autres comics sont quelque peu à reléguer dans un endroit…moins exposés. Qu’importe, la réputation de Joe était établie, et elle repose sur un schéma simple : qualité = auteurs de talents + concepts neufs, ou rénovés. Tiens, c’est le même postulat que l’ère Stan Lee et Jack Kirby presque 25 ans plus tôt !

En 2000, devant l’effondrement créatif et le marasme des ventes, un coup de tonnerre se produisit : Joe Quesasa devint le nouveau rédacteur en chef de Marvel et on nous promettait, vive la magie de la communication moderne, un nouvelle impulsion pour la maison aux idées.  Personnellement, je fus plus mesuré que cela mais d’autres se chargèrent de crier à l’événement, ou du moins de le reléguer.

Toujours est-il que J.Quesada applique une recette simple mais logique : il faut mettre des talents sur les séries les plus porteuses ou emblématiques. Et c’est là qu’intervient le recrutement de Brian Michael Bendis...

 

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 08:07


Brian Michael Bendis est né en 1967, à Cleveland. Comme le rappelle avec malice Brian K.Vaughn, dans l’excellent comics The Escapist, Cleveland a vu naître un nombre incroyable de grands talents des comics, à commencer par deux amis d’enfance qu’étaient Joe Shuster et Jerry Siegel.
Le jeune Brian a très tôt choppé le virus des comics. Il était clair dans son esprit, dès l’âge de 13 ans, qu’il serait un jour un professionnel des comics. Et il visait haut puisqu’il voulait en effet être l’égal de George Perez, c’est à dire un dessinateur !

Pour se faire la main, et en quelque sorte, prendre ses marques et de bonnes habitudes, le jeune Brian va donc s’exercer au dessin, abondamment, en faisant lui-même ses propres histoires. Ces titres de jeunesse reprennent bien sûr les personnages qui le fascinent, essentiellement ceux de Marvel qu’il dévore assidûment.
Il n’a pas négligé, ce sera heureux pour la suite de sa carrière, le travail d’écriture qui est quand même le corollaire du dessin. Ainsi, il a proposé au collège une novelisation des X-men et des Starjammers, il fallait oser quand même ! Son professeur, manifestement ouvert et progressiste, le gratifia d’un A+, soit la note maximale. Un début d’encouragement qui dû rester dans un coin de sa tête lors de ses moments de doute. Et des moments de doute, hélas, il en subira beaucoup.  

De 20 à 25 ans, Brian Michael Bendis subira son chemin de croix. Il est obligé de postuler chez les éditeurs, dont les plus modestes, pour tenter encore et encore de décrocher le premier travail qui en amènerait d’autres.
En attendant, Brian galère et il se souvient encore, mi-amusé, mi-désabusé de ses périodes de vaches maigres. En l’occurrence l’ingrat travail chez Mac Donald qui lui permettait de payer les factures tandis qu’il s’allouait du temps pour se perfectionner, encore et encore malgré les refus. Une longue file de refus qui ne le découragea pas, sachant quelle était sa voie et tâchant de s’y tenir.



Un petit mot  pour son style graphique d’alors. Même s’il a bien sûr connu de grands progrès, dû à un travail exigent et permanent, j’ai cru reconnaître le style de Paul Gulacy, lui-même disciple du grand Jim Steranko. Brian Michael Bendis reconnaît en effet Steranko comme une de ses grandes influences qui, ce n’est pas un hasard. Steranko est reconnu comme l'un des pères du roman graphique.  


Brian Michael Bendis n’a pas de chance. Lui et ses amis de sa générations, que le public actuel connaît puisque ceux-ci sont quand même David Mack ou encore Mike Oeming, vont débuter avec lui chez un éditeur modeste mais dont les succès critiques parlent pour lui : Caliber press. Ce petit label fondé en 1989 a quand même publié prés de 1300 comics, il fut considéré comme le leader des éditeurs indépendants mais il mis la clé sous la porte en 2000… Outre ces grands talents qui font les beaux jours du marché mainstream actuel, citons également la découverte et la publication des premiers travaux de Ed Brubaker mais surtout The Crow, de James O’Barr qui fera grand bruit ! L’échec de cette petite structure est une perte immense  pour l’industrie toute entière, car elle permit la découverte de talents qui trouvent là leur première porte ouverte. Un gâchis !  

Toujours est-il que les efforts répétés de Brian Michael Bendis finissent par payer, puisqu’à défaut de salaires mirobolants, il parvient néanmoins à attirer l’attention de la critique avec la publication de ses premières œuvres, qui sont indéniablement prometteuses. Goldfish demeure en effet très aboutit. Il s’agit d’un roman noir sur les turpitudes d’un joueur professionnel qui va devoir mener une lutte acharnée et complexe dans l’univers de la maffia afin de retrouver son jeune fils. Un des intérêts majeurs de l’intrigue demeure que son plus grand adversaire et la mère de son môme, qui ne se laissera pas déposséder de son bien le plus précieux, quoique son pouvoir de caïd lui tient autant à cœur. Une œuvre intéressante, qui ne fait pas pâle figure par rapport aux romans noirs.  Brian Michael Bendis honore les comics et démontre par la même occasion que ce médium peut se hisser au même niveau que les livres, pour peu que l’on soit quelque peu ambitieux. 

 Brian Michael Bendis  connait  donc un début de carrière long, difficile. Mais il va produire une oeuvre qui va rester et qui va le faire exister aux yeux des critiques et des professionnels : Torso.

 

Note : merci à Franck Mars pour sa collaboration active !


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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 08:00

4ème partie 


Les Vengeurs, puisqu’il s’agit de ce groupe, n’a jamais été un groupe de catégorie A. C’est en effet étrange mais le titre a été délaissé assez vite par Stan Lee et Jack Kirby pour se retrouver dans des mains moins expertes (de toute façon, Lee & Kirby représentent le summum de leur époque). Idem pour la constitution du groupe, on passe des figures de proue de l’éditeur à une composition moins glorieuse : Œil de Faucon, Vision, La Sorcière Rouge, Vif Argent…
Que des personnages qui n’ont pas eu assez d’envergure pour voler de leurs propres ailes.  

Mais le titre a quand même vécu de belles périodes : la première de Lee/Kirby, la guerre Kree/Skrull de Neal Adams et Roy Thomas, David Micheline/John Byrne/George Perez mais surtout, sur la plus grande période du titre Roger Stern/John Buscema.
Bien sûr, cette liste m’est personnelle et vous pouvez à loisir ajouter votre tandem créatif préféré.


Chuck Austen a suivi pour reprendre les rênes du titre d’un Goeff Johns en partance pour DC mais il n’a pas fait long feu non plus. Un cas unique ce Chuck Austen : il a joui d’un crédit immense de la part des éditeurs mais ce capital s’est assez vite envolé. Il est vrai que son style était assez verbeux et il privilégie plutôt les relations entre personnage que l’action. Bref, on croirait parfois lire du Chris Claremont, celui des mauvais jours.
Chuck Austen s’est donc vu retiré ce titre ainsi que toutes autres commandes chez les deux grands, bizarre comme carrière…  

Joe Quesada a pour volonté de rénover les titres phares de Marvel en assignant, si possible, un grand créateur sur chaque série. Ce sera donc Brian Michael Bendis qui sera choisi à la tâche.
Etonnant à premier abord pour un auteur qui semble exceller dans le polar. Certes mais Brian Michael Bendis est un auteur doué dans de multiples formes de narration. Avengeurs en sera une preuve éclatante !  

Le processus résulte d’un brainstorming intense avec l’éditor Tom Brevoort, un éditor respecté des artistes comme du management, ce qui demeure somme toute assez rare chez Marvel !
Brian Michael Bendis, lui et Quesada se réunissent pour tenter de refonder la série et lui donner de nouvelles bases. Le postulat est le suivant : il faut mettre les « big guns » de Marvel dans la série comme l’a fait en 1996 DC avec succès dans la JLA.
Tom Brevoort est contre, il pense que les personnages « secondaires » font le charme et l’âme de la série mais il ne l’emporte pas.   


Les épisodes se succèdent, avec au début un David Finch assez inspiré. Intéressant que le parcours de ce enfant de Top Cow. Certes, Marc Silvestri l’a formé mais il l’a quitté pour mener sa propre carrière qui le mène à ce comics de premier plan.
Il a avoué récemment qu’il était miné par des doutes quant à son art, ce qui est à mon sens un lapsus d’artiste qui ne pourra que progresser et nous surprendre par la somme de talents qu’il est prêt à déployer. Je gage qu’il va nous surprendre.   



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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 08:00

La Sf et le cinéma français paraissent être deux notions distantes, presque incompatibles. Il y a peu d’œuvres françaises qui abordent l’horreur ou la SF ? Pourquoi ? Parce que ce genre n’est pas considéré comme noble et qu’il se faisait étriller par la critique française d’alors, qui préférait ses auteurs de la nouvelle vague, presque exclusivement. Aussi, les films de SF sont des exceptions, des tentatives ou des paris.
Alors que les Italiens tournaient des films d’horreurs, de SF pour les exploiter sur leur sol mais surtout à l’international, les français restaient sagement dans les films de cape et d’épée, dans le registre le plus divertissant dans les années 50 et  60.
Je ne connais qu’une seule exception, remarquable, à ce marasme cinématographique : le ciel sur la tête !  

Le ciel sur la tête date de 1965. Il s’agit d’un film  produit par la Gaumont, qui demeure depuis lors un poids lourd du cinéma français. Entre des œuvres commerciales, le ciel sur la tête fut soutenu par un  producteur de légende, Jean Poiré. L’approche de ce film est française, c’est à dire qu’elle évacue le spectaculaire au profit d’une approche réaliste, froide et quasi-documentaire.  

Le ciel sur la tête raconte une RR 1, c’est à dire une rencontre de type 1 entre un observateur terrien et un objet extra-terrestre. Justement le phénomène était en vogue à l’époque : les journaux reléguaient dans leurs colonnes les cocasseries de témoins d’OVNI qui étaient décidément bien nombreux dans notre douce France !
Il s'agit d'ailleurs d'une peur anscéstrale puisque les Gaulois graignaient ce fait !
Peut-être, en fait sûrement, s’ennuyait-on dans notre France profonde alors un petit coup de trop (la quantité n’est pas définie !), un face-à-face mal défini avec un éclairage trop persistant et pan : l’ovni !  

                                       ( attention : cette photo n'est pas contractuelle !)


Le ciel sur la tête ne prête pas à rire, pas du tout. Le film est réalisé et co-écrit par Yves Ciampi, un réalisateur qui nous a quitté en 1982 et dont la carrière reste hélas confidentiel. Quel dommage car le ciel sur la tête est un chef d’œuvre de concision et il ne ressemble à aucun autre film sur le même sujet.
Une alerte RR 1 sérieuse est transmise à l’armée. Celle-ci prend la mesure très au sérieux car le RR 1 pénètre notre territoire. Il est donc décidé d’envoyer les moyens, et ils sont conséquents. On mobilise donc des pilotes de chasse, les protagonistes principaux, pour aller au contact de ce R R 1. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls puisque les Russes s’affairent de leur côté.

Les chasseurs sont appuyés par le fleuron de nos porte-avions, le Clémenceau si ma mémoire est bonne, et il vont devoir affronter l’inconnu.
Mais cet inconnu, nous est-il hostile ?   

On ne plaisante pas dans le ciel sur la tête ! Nous sommes aux côtés des pilotes après avoir suivi un temps leur vie de tous les jours. Le film a un ton rigoureux, presque documentaire et nous sommes presque dans la peau du personnage principal, joué par André Smagghe.
Seule prestation recensée au cinéma pour André Smagghe, acteur au physique en granit qui semble sorti d’une bd de Buck Danny. Comme dans un roman, nous suivons l’action avec lui car ses pensées ponctuent l’action du film tout en décrivant ses doutes : quel est-cette force inconnue avec laquelle il doit entré en contact ?   

L’autre point fort du film réside dans le crescendo du suspens. La tension ne cesse de monter et on va vers l’inconnu. Pour le tournage, la marine française a largement apporté son soutien puisque il fut possible d’obtenir des images d’un porte-avion en action. Evènement rare quoique impressionnant, le ciel sur la tête se voit octroyer des moyens techniques de premier ordre. Mais toutes les défenses sont tendus vers un objectif, un seul, mais quel est cette lumière lancinante et quel sera le résultat de cette confrontation annoncée ?   

Je vous laisse hélas sur cette interrogation sachant que le ciel sur la tête est une œuvre qu’il est difficile de voir. Toutefois, il appartient à la Gaumont, donc il est susceptible de passer sur le câble. De plus, il est passé jadis sur l’excellent cinéma de quartier de l’indispensable Jean-Pierre Dionnet. Mais pourquoi ne lui a-t-on pas donné de 7 d’or, de récompenses pour son legs tellement incroyable ? Merci Jean-Pierre !
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