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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 06:54

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Parvenu à susciter à nouveau l’intérêt des médias en seulement quatre numéros, à raviver la flamme chez les anciens lecteurs puis en créant la ferveur chez de nouveaux fans, la JLA est redevenue hot ou hype avec seulement un story arc des plus intelligents. Est-ce que la suite allait s’essouffler ou, au contraire, prendre de l’ampleur et confirmer les espoirs mis dans ce titre et dans le talent de ses auteurs ?

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Le cinquième numéro de la JLA raconte, en seulement 22 pages, l’arrivée d’une nouvelle super héroïne, ramène du passé un couple infernal de savants fous, propose une réflexion sur la « mort » des super héros dans un monde où ils ne cessent de revenir (la mort de Superman était alors très récente), le tout avec une belle fable en rapport avec le terme justice.

 

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La nouvelle JLA est débordée ! Une arme magnétique du 23ème siècle nommée IF ne cesse de générer d’importants dégâts et la JLA peine à la contenir. Mais une nouvelle héroïne fait son apparition et stoppe de manière providentielle IF.

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Tomorow Woman est donc cette nouvelle supér héroïne et elle s’intègre très vite à l’équipe. Mais Tomorow Woman est en fait une création, un androïde, d’Oscar T.Morrow et du Professeur Ivo, deux savants fous aperçu dés les années 60 qui, dans une compétition vouée à satisfaire leur égo, ont crée un parfait androïde pour l’un, et le réceptacle d’une âme pour l’autre. Refusant in extremis de tuer la JLA, Tomorow Woman transcende en effet sa programmation en se révélant ainsi davantage qu’un androïde…

 

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Un petit conte moderne en seulement un épisode, qui dit mieux ? Aucun épisode de la firme Top Cow, même tous les épisodes publiés jusqu’alors pas cette firme pourtant leader en terme de marché n’avait jamais atteint le dixième de cet intérêt. Un personnage  marquant, une réflexion sur l’âme, ce petit aparté de la Justice League nouvelle version est franchement des plus réussi.

 

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A noter que cet épisode est symptomatique du cauchemar que va vivre Grant Morrison sur le titre pendant la période où il va présider à sa destinée. Les auteurs de Superman, Daniel Jurgens, Miss Simonson, Karl Kessel (pourtant le plus doué), devaient à tout prix trouver une nouvelle idée pour raviver l’intérêt des quatre titres Superman, vite retombé après la mort puis le retour du héros emblématique de la firme. Alors que cette idée de mort fut trouvée par hasard, Jerry Ordway l’ayant lancé à l’encan lors d’une réunion, il fallut bien trouver autre chose. Et cet autre chose, ce fut cette transformation du personnage en être électrique ! Ce gimmick, dont on savait qu’il n’allait pas faire long feu, eut lieu dans Superman 123. Le problème est que les pouvoirs du personnage nouvellement bleu et électrique étaient alors mal définis et ce numéro de JLA 5 était l’une de ses premières apparitions dans l’univers de DC. Grant Morrison allait donc devoir jongler, et ce ne sera pas la première fois tant son titre était alors devenu la vitrine de la firme et que chaque changement, mort, retrait d’ennemi allait compliquer inextricablement l’écriture de son titre.

 

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Les épisodes 6 et 7 voit l’arrivé d’un nouveau membre de la JLA, un peu plus permanent cette fois, ainsi qu’une guerre parmi les cieux qui est susceptible de ravager la terre. L’ange Zauriel s’évade des cieux où l’ange renégat Ashmodel souhaite se rebeller, probablement poussé par Neron, l’assez intéressant vilain d’Underworld Unleashed que l’on a hélas assez peu vu depuis cette mini-série. Zauriel, poursuivi par ses pairs, trouve refuge au sein de la JLA mais, alors qu’il explique ce qui se passe et les conséquences pour le monde terrestre, le chariot céleste des anges apparait sur terre en menaçant le tissu de notre monde.

 

 

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La volonté de Grant Morrison était donc de fournir un nouvel Hawkman au DC universe. Sa volonté était donc de nomm

er Zauriel ainsi mais Paul Kuppering, alors éditeur de DC, avait ses propres plans pour le retour de ce héros si malmené et dont l’histoire fut déjà maintes fois écrites, et contredite, depuis Crisis.

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Tant pis ! Nous avons donc le droit à une apocalypse biblique, une bataille entre Ashmodel et Superman nouvelle version dans des épisodes impressionnants mais clairement pas les meilleurs qui soient pour l’instant. Un nouveau membre pour la JLA, qui aura rapidement droit à sa mini série par un Mark Millar qui n’avait pas encore déployé son talent et qui reste sous la tutelle de son ami et mentor Grant Morrison, ainsi qu’un nouveau pan entier d’un au-delà céleste au DC universe, cela reste quand même plus qu’honorable pour cet arc de deux épisodes !


 

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Published by Bastien Ayala
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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 07:38

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Le premier épisode de la JLA nouvelle mouture frappe fort. Surgissant de nulle part, échappant aux systèmes de radars et de détection les plus sophistiqués qui soient, un nouveau groupe de super héros font leur apparition publique devant les caméras. Leur charismatique chef Protex explique que lui et son groupe feront ce que les super héros n’ont jamais fait jusqu’alors pour les habitants de cette planète : ils aideront efficacement les humais pour la famine, l’ordre et à fertiliser leur environnement.

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Les forces civiles, tout comme nos super héros réguliers, sont perplexes. Certes ces nouveaux venus sont totalement inconnus mais nul n’a jamais entendu parler d’eux. Effectivement, ils commencent à mettre en pratique leurs ambitieuses promesses, d’abord les plus populaires : ils rendent fertiles le désert de Gobbi, puis ils installent quatre cités aux quatre coins de la planète puis ils éradiquent les super vilains en les exécutant devant les caméras.

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Toutefois, alors que nos héros scrutent les actions de ces prétendants au poste de héros, leur antique satellite avec la vieille équipe de la Justice League est attaqué par des ennemis non identifiés. Wonder Woman et Green Lantern tentent de le défendre, alors que Métamorpho Man évacue ses équipiers, mais l’affaire tourne mal et l’ancienne équipe est hors course. Nos six héros principaux, il manque encore Aquaman, sont réunis dans un QG de relais. Ils réalisent une chose : le discours des nouveaux héros sonne faux, l’agression leur est certainement imputable, et cela prépare une guerre imminente.

 

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Le second épisode voit donc nos héros se rendre aux quatre cités afin d’enquêter. Cette division des équipes est directement héritée des anciennes histoires de Gardner Fox où des membres de l’équipe enquêtaient en binôme afin de diviser l’action. Batman et Superman sont stoppés net en plein vol par deux membres adverses, de même que Wonder Woman et Aquaman ou encore Flash et Green Lantern.

 

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En fait, quoique cachent ces ennemis, ils sont incroyablement puissants. Seul le Martian Manhunter rencontre en secret Protex, le chef adverse, comme s’ils se connaissaient ou qu’ils avaient quelque chose en commun. La dernière page montre Superman terrassé par la kriptonite, le batplane de Batman écrasé au sol, en flammes, avec toutefois un mince reflet de Bat dans la vitre.

 

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Le troisième épisode offre quelques révélations. L’équipe de super héros est en réalité une escouade des martiens blancs. Si le Martian Manhunters est un martien vert et pacifique, il existait sur sa planète une autre race plus belliqueuse dont la confrontation causa un génocide pour les deux tribus. Il semblerait donc que cette escouade, dont le vrai nom est l’hyperclan, ait réussi à fuir. Batman, ayant remarqué leur crainte aux flammes, a bien déduit leur nature et il parvient à défaire 4 membres à lui tout seul. Superman, qui a lui aussi réalisé que la kriptonite est en fait un implant mental de Protex, parvient à se libérer, mais le plus gros de la troupe des martiens blancs, environs 70 membres, est sur le point d’envahir la terre…

 

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Le quatrième épisode voit donc la confrontation finale entre les membres de l’hyperclan et nos membres de la JLA, dont seuls trois membres peuvent réellement se mesurer à des martiens blancs. Contre toute attente, et ayant mis les terriens au courant, des grands feux attendent les martiens blancs qui sont contraints d’opérer une retraite. Au terme de cette aventure, la JLA constate que les promesses de grandes réalisations de l’Hyperclan, dont le désert de Gobbi, était vaine et que c’est à l’humanité de prendre elle-même son destin en mains, la JLA ne devant pas intervenir dans son destin…à moins qu’elle fasse erreur !

 

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Avec seulement quatre épisodes, Grant Morrison  propose un scénario dynamique, rythmé par de très beaux coups de théâtre, avec une réflexion sur le devoir de super héros par rapport aux besoins réels des humains. Une grande aventure, digne d’une super production hollywoodienne à gros budget estivale, avec de brillants traits d’humour et une caractérisation réussie de chacun de nos sept héros. En seulement quatre petits épisodes, alors que l’attention des médias et des fans étaient focalisés ailleurs, soit vers une énième ineptie d’Image ou le dernier mort en date qui revient chez les X-Men, Grant Morrison remet la JLA au premier plan, la rendant soudainement hot, et au centre d’attention des tous meilleurs comics du moment. Une performance encore inégalée à ce jour. Et la suite ne va pas nous décevoir !

 

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Quant à Howard Porter, et malgré le fait qu’il n’ait jamais rencontré Grant ou conversé directement avec lui, son travail sur ce titre est de tout premier ordre. Il parvient à donner la meilleure version sur chacun des membres de la JLA avec un Batman gothique et inquiétant, un Superman iconique en diable. Son style me fait penser à un croisement entre Jack Kirby, pour la forme un rien cubique de ses personnages, et Jim Lee pour l’aspect attractif et apollonien de son trait qui attire à coup sûr le regard du lecteur.

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Enfin DC comics tient un dessinateur qui soutient la comparaison avec les meilleurs graphistes du marché. Enfin, chacune des icônes de la firme est dessinée de manière flamboyante. La réussite est là et le marché américain, au contraire des lecteurs français, ne s’y est pas trompé.  Mais est-ce que le meilleur reste à venir ou s’agissait-il d’une performance unique ?

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 00:22

 Cannon Films

2- Menahem Golan et Yoram Globus, le tandem complémentaire.

 


 

Fils de commerçants polonais juifs venus s’installer en Palestine (alors), Menahem Golan est né en 1929. Il s’intéressera assez tôt au théâtre et à l’art cinématographique en étudiant dans diverses écoles (Londres et New-York, notamment). Ce cursus fut interrompu pendant la guerre d’indépendance d’Israël où il aurait été pilote de chasse. Golan alla ensuite aux U.S.A où il fit ses classes en 1963 dans la réalisation dans l’une des meilleures écoles, dit-on, du pays, celle de Roger Corman où il fut l’un des nombreux assistants. Gageons par ailleurs qu’il apprit alors une certaine efficacité dans la réalisation…

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La même année, sans perdre de temps, il réalise déjà son premier film en Israël avec, comme producteur, son cousin Yoram Globus, de treize ans son cadet, avec lequel il connaitra ses succès les plus importants, sa période d’or en quelque sorte.

 

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En attendant, le duo se fait la main sur les productions locales pour le marché local, en Israël. Que ce soit dans des productions d’action, dramatiques ou encore humoristique, notre duo parvient non seulement à s’imposer commercialement mais également à exporter leurs films hors des frontières avec parfois de beaux coups juteux, comme ce Lepke le caïd avec Tony Curtis, grande star hollywoodienne à l’orée des années 60. Menahem Golan comprend le marché, lui donne des films efficaces qui remplissent le plus souvent ses objectifs initiaux en terme de rentabilité et, avec l’aide efficace de Globus aux finances, ils posent les pierres d’une fondation viable.

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Après quelques succès, la tentation pour notre tandem consiste logiquement à agrandir leur horizon : pourquoi ne pas tenter les U.S.A, le premier marché cinématographique par excellence qui, à l’aube des années 80, offre énormément de perspectives juteuses avec ce nouveau et second marché de la location vidéo qui permet de doubler les recettes d’une production à court terme. Avec le rachat de la Cannon et leur fine connaissance du marché, les possibilités s’annoncent immenses pour ce duo d’entrepreneurs…

 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:08

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Grant Morrison a proposé la reprise du titre, certes, mais avec une vision bien précise : il veut que les sept plus grands héros de la firme soient de la partie. Le staff éditorial de DC comics lui ria quasiment au nez : cela ne fonctionnera jamais ! Malgré ce blocage, de gens qui étaient pourtant sensés détecter les tendances du marché, et parce que le titre était au point mort commercialement, on lui concéda la concrétisation de ce concept malgré les doutes énormes des responsables éditoriaux.

Avant cela, et pour que l’équipe qu’il forme avec Howard Porter se mette en place, une mini-série en trois parties nommée Justice League: A Midsummer's Nightmareet scénarisée par Mark Waid et Fabian Nicieza scénarisérent une histoire en trois partie afin de créer une coupure avec l’équipe précédente dans une histoire un peu molle, bien loin de ce qui allait se produire sous peu, qui oppose les sept membres au Dr Destiny, un méchant récurent de la firme –mal connu en France- capable de manipuler la réalité.

 

 

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Pendant ce temps là, Grant Morrison commença à livrer ses scripts au dessinateur Howard Porter. Howard Porter ambitionnait depuis l’enfance, et bien sûr à la lecture de ses comics, de dessiner. Il eut comme professeur l’artiste Frank McLaughlin qui lui permit de se faire la main en encrant des arrières plans dans des planches.

 

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Grâce à l’intermédiaire de son professeur, Howard Porter put rencontrer des vétérans déjà bien introduits tels que Mike DeCarlo, Bob Smith, Denis Janke ou encore Ron Garney qui prodiguèrent de savants et instructifs conseils à notre jeune dessinateur, mais aussi des recommandations une fois que son style fut considéré comme assez mûr ! Ce fut d’ailleurs Denis Janke qui proposa ses planches aux éditeurs de DC comics mais l’attente fut longue et, alors qu’il n’en attendait plus rien, et qu'il était sur le point de se marier à l’âge de 22 ans, Howard Porter reçut par l’éditeur Ruben Diaz une proposition d’encrage à deux jours de son  mariage ! Il effectua donc sa commande pendant sa lune de miel !

 

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Ce fut donc pour Darkstar 13 et les numéros 3 et 4 de Showcase 94’.

La prestation d’ Howard Porter fut jugée concluante, mais il faut aussi reconnaitre que DC comics connaissait une rude hémorragie de dessinateurs de talents durant ces années.

 

Si la firme historique avait permis à Tod McFarlaine, les frères Kubert, Rob Liefeld, Alan Davis ou encore Joe Quesada de faire des premiers pas remarqués pour le public américain, sa politique de gestion des talents était tellement faible que tous ces auteurs étaient partis chez Marvel puis chez Image comics ! Les plus grands talents graphiques de l’époque se nommaient Dan Jurgens ou encore Barry Kitson ! Autant dire que nous étions à des années lumières des meilleurs artistes du marché !

 

 

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Howard Porter eut donc le droit de reprendre les destinées graphiques du personnage Ray, héros de l’âge d’or créée par Quality comics et dont la mini série de Jim Olwsey, dessinée par Joe Quesada, avait enchanté le public qui l’avait achetée, tout comme les critiques… Howard Porter raconte de cette période qu’il adorait alors travailler sur cette série où il fit d’ailleurs des progrès graphiques significatifs et assez rapides qui lui permirent de se hisser à un niveau supérieur. On le fit même dessiner un épisode d’Amalgam comics, JLX, le croisement de JLA et des X-Men où, effectivement, son trait et son style pouvaient enfin soutenir la comparaison avec les dessins hype à la Image comics.

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Sa confirmation intervint avec sa participation au grand crossover de la firme, Underworld unleashed, qui réunissait tous les héros et les vilains en cette année 1995, dans tous les titres, contre la tentation du vilain Néron qui leur offrait dans un pacte digne de Méphisto. en échange de ce que souhaitaient les héros, Neron voulait en contrepartie leurs âmes, le prix à payer étant bien sûr amer.

Cette mini série en trois parties, étrangement un peu oubliée de nos jours, était pourtant de haute tenue et ce fut d’ailleurs un vilain mineur, le Trickster, qui aida à défaire l’invincible, ou presque, Néron qui corrompit héros et vilains. Howard Porter était donc mûr pour un plus gros projet, qui allait d’ailleurs et de loin combler ses espérances les plus folles.

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Le numéro du troisième volume de la Justice League, rebaptisée pour l’occasion JLA, sortie enfin en janvier 1997 et on peut dire que, malgré quelques visuels promotionnels flatteurs axés sur les dessins d’ Howard Porter, la série ne souleva pas un intérêt massif du lectorat d’alors, tellement préoccupé par le dernier numéro d’une court vêtue Witchblade, d'un mystérieux Darkness ou encore d’un Gen 13 bien dessiné mais sans guère d'intrigue.

Le premier numéro fut pourtant vif et dynamique dans son intrigue, tout en redéfinissant avantageusement graphiquement chacun des sept « big guns » de la firme. Dans son genre, ce premier numéro de la JLA demeure un bijou, un modèle du genre, qui fit date et qui demeure d’ailleurs inégalé à ce jour. Retour sur l’un des tous meilleurs comics de ces dernières années...

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 07:54

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Au début des années 90, avec l’émergence d’Image, nombreux était les comics avec de belles pages mais sans guère de scénarii valables. Citons des titres tels que Gen 13, Youngblood, Witchblade ou encore The darkness  dont l’intérêt réel demeurait vraiment très faible. La raison ? Un effet de mode qui privilégiait le côté hype des comics, l’attrait de leurs dessinateurs vedettes, la cote des numéros mais, en revanche, les histoires étaient faibles, vides et leurs personnages excessivement mal caractérisés.  Ainsi, à titre d’exemple, en 25 numéros de Witchblade, l’intrigue avançait redoutablement peu et le concept lui-même de la série restait vague.


Cette époque de gros tirages pour les comics sonnait hélas le glas des comics bien écrits, qui coïncide d’ailleurs avec le départ de Chris Claremont des X-Men. Toutefois, la fin de la récréation vint de l’éditeur historique qui s’était largement fait dépasser par ces comics hypes, mais creux, sans jamais avoir pu les rattraper en termes d’intérêt commercial. En effet, distancé dans les grandes largeurs par Marvel et ses X-Men ou encore Image et ses séries précitées, DC comics allait en quelque sorte sonner la fin de la récréation grâce à un unique titre et un auteur particulièrement talentueux qui s’essayait enfin à un comics grand public. Ce comics se nomme la JLA et cet auteur Grant Morrison. Cette aventure reste un sommet des comics.

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Grant Morrison est un auteur écossais né en 1960. Enfant, afin d’échapper à des problèmes familiaux, il s’évadait dans la lecture des comics, notamment ceux de DC, ou avec les programmes de la télévision dont le programme Doctor Who qui fertilisa certainement l’imagination des meilleurs auteurs britanniques. Morrrison travailla vite dans la bande dessinée locale et, quand le phénomène Alan Moore ouvra à DC la possibilité d’un renouvellement en profondeur de l’approche du genre super héros, Grant Morrison fut à son tour sollicité par la firme américaine pour injecter du sang neuf dans des titres qui définirent, toujours en amont du travail d'Alan Moore, la future branche expérimentale nommée Vertigo.

 

C’est ce qu’il fit avec talent dans des titres tels qu’Animal Man ou la Doom Patrol, deux titres dont il sublima la portée super héroïque pour leur conférer un niveau expérimental mais applaudi par la critique (l’excellent fanzine français Scarce salua comme il se doit la prestation de l’auteur). Après un Batman Asylum dessiné par le talentueux Dave McKean, qui lui permit de faire quelque solides profits et une période de hiatus qu’il consacra à des voyages que l’on devine expérimentaux ou initiatiques, Grant Morrison décida qu’il était temps de revenir à la scénarisation à des comics grand public chez son éditeur fétiche, DC comics.

 

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Morrison avait donc approché le staff éditorial de DC comics avec une liste de comics qu'il souhaitait reprendre, ce qui sous-entend à rénover. Dans cette courte liste, il y avait Superman, aux mains du quatuor responsable de sa mort puis de son retour qui semblait d’ailleurs par avoir d’autre chose  à proposer, les Teen Titans qui agonisaient sous l’égide de Marv Wolfman et la JLA…

 

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Le volume 2 de la  Justice league avait connu un réel renouveau créatif sous l’égide du tandem Jean-Marc de Matteis et Keith Giffen. Mais les deux auteurs étant parti en 1992 après 5 années soit 60 numéros, les remplaçants dont Dan Jurgens (un auteur de seconde zone totalement surestimé par DC) puis Gérard Jones plongèrent le titre et ses personnages dans le marasme créatif le plus total. Absolument rien n’était intéressant, que ce soit les intrigues soporifiques, les non événements pourtant présentés comme tels, les prestations graphiques parmi les plus immondes qui furent, à l’opposé de la norme en vigueur de Marvel ou d’Image, ou encore des personnages relégués à la troisième zone. Ce fut donc dans l’indifférence la plus totale, au numéro 113, que la série s’arrêta sans réaction particulière et dans les profondeurs des ventes des comics. Enfin, il était plus que temps, DC comics se décida enfin à réagir…

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 16:10

La Cannon films ! Une société cinématographique américaine qui évoque plein de vieux souvenirs pour la plupart des cinéphiles qui ont connu les années 80 ! Petite firme de distribution soudainement vouée à de très grosses ambitions, la Cannon laissa pour legs une histoire intéressante voire truculente, un catalogue impressionnant, ses stars de cinéma mais aussi ses patrons qui furent à leur manière de savoureuses icônes, ainsi qu’un style et un ton tout particulier. Ainsi, la Cannon films reste indissociable de leurs patrons, les fameux cousins Menahem Golan et Yoram Globus qui ont incarné sur la scène médiatique cette firme dont les acteurs vedettes se nommaient alors Chuck Norris, Michael Dudikoff ou encore Charles Bronson.  Si le temps commence à rendre quelque peu lointaine cette odyssée cinématographique, il est intéressant de la raconter maintenant, avec le recul et les informations que nous possédons désormais.

 

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1-Les débuts de la Cannon films.

 

Assez peu connus de la plupart des cinéphiles, les vrais débuts de la Cannon films ont eu lieu en 1967 quand deux hommes d’affaires Dennis Friedland et Chris Dewey ont voulu se faire leur place dans le landernau cinématographique américain. Après tout, hormis les plus gros studios américains qui semblent vouer à durer éternellement, il existait alors une réelle place pour les petites unités ambitieuses qui pouvaient à la fois produire des films pour des petits budgets, de véritables espaces de liberté où certains talents pouvaient tenter leur chance, mais également la distribution de films étrangers dotés d’un certain potentiel commercial dont il fallait bien presser la moindre goutte.

 

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Cette stratégie commerciale a en quelque sorte connu son pinacle avec l’American Independant Pictures qui occupait un marché de friche délaissé par les majors et par la plupart des concurrents avec une durée remarquable sur le long terme. Roger Corman, véritable star de l’A.I.P a fait mieux lorsqu’il prit à son tour son émancipation au début des années 70 car non seulement il réussit à rendre viable et profitable ce modèle économique mais il afficha en outre une très belle respectabilité en diffusant sur le sol américain les films d’auteurs européens.


Durant cette époque qui commença donc en 1967 et qui alla jusqu’à la fin des années 70, la Cannon tenta donc ce modèle économique, à l’instar d’autres compagnies indépendantes comme l’aujourd’hui fameuse New Line (rachetée par Warner). La politique budgétaire était donc de rogner sur les coûts et assurer un rendement optimum de la distribution avec des budgets qui ne devaient jamais excéder 300.000 $ ! Quels furent les faits d’armes notables de la Cannon films version Dennis Friedland et Chris Dewey ? Pas grand-chose, même en puisant dans votre connaissance cinéphilique…

 

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Au milieu de petites productions érotiques, citons dans les co-productions quand même Joey avec Peter Boyle, La nuit des maléfices alias Blood on Satan’s claw (petit film anglais de très grande qualité ), ou encore Les sorciers avec Boris Karloff, en 1967, ou encore l’assez méconnu Apple, une comédie musicale de science-fiction réalisée en 1979 par un certain…Menahem Golan !

 

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Toujours est-il que la Cannon films de l’ère Dennis Friedland et Chris Dewey ne parvient pas à s’imposer de manière viable et les difficultés financières, qui s’amoncelèrent, obligèrent les Friedland et Dewey à vendre en 1979 la Cannon films pour 500.000 $ à Menahem Golan, avec son cousin et associé Globus, qui avaient tous les deux déjà bien fait leur trou dans leur pays d’origine, Israël.

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Published by Bastien Ayala
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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 19:38

Je relaie ce message que j'ai reçu de Patrick Julliard pour une soirée exceptionnelle ce vendredi 15 juin à Paris. L'un des tout meilleurs films de suspens, Torso, sera diffusé en salle ce qui constitue en soi un événement ! Ajoutons à cela la venue de Sergio Martino, son réalisateur, de même que son intérpréte Luc Merenda. Cela me fait rager d'habiter si loin de Paris...Voici le programme.

 

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Je tenais à vous informer d'une soirée susceptible de vous intéresser Panic! Cinéma profite de la venue à Paris de Sergio Martino pour organiser une double séance en hommage au maestro, en sa présence et en celle de Luc Merenda, son interprète fétiche. Venez nombreux vendredi à partir de 20h au Nouveau Latina, 20 rue du Temple, Paris 4eme. Bonus spécial : un verre sera servi lors de l'entracte. Je dédicacerai en compagnie de Luc Merenda des exemplaires du fanzine Monster Bis que je lui ai consacré.

DOUBLE PROGRAMME : Tarif 12€ Cartes UGC Illimité et Gaumont Le Pass acceptées

20H00 - TORSO De Sergio Martino ; Italie ; 1973 ; 1h25 ; VOST ; Numérique HD
Avec Suzy Kendall, Tina Aumont et Luc Merenda

Torso synthétise à lui seul ce que l’on peut se figurer lorsqu’il s’agit de Giallo, ce genre de film d’exploitation italien des années 70. Objet de culte total (il existe même un superbe Torso Fanzine en France), il propose ce cocktail unique de belles femmes et d’intrigues policières, avec son tueur masqué et son lot de sang. Une grand-messe à Panic! Cinéma, en preś ence exceptionnelle du saint-père : Sergio Martino.

 

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22H00 - LE PARFUM DU DIABLE De Sergio Martino ; Italie ; 1975 ; 1h41 ; VF ; 35 mm
Avec Luc Merenda, Dayle Haddon et Corrado Pani

Remarqué par un gangster patron d’un casino pour ses exploits en tricherie, Lucas se fait embaucher comme tricheur professionnel à une de ses tables de poker. Tout pourrait bien se passer si Lucas ne tombait pas amoureux de la maîtresse de son patron, ce qui le poussera vers d’autres malheurs. Exécuté avec grandeur, ce Martino là propose une vraie figure du héros à l’italienne, avec son sourire, son esprit vif et... ses poings !

 

Soirée événement hautement conseillée pour ceux qui sont à Paris où dans sa couronne !

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Published by Bastien Ayala et Patrick Julliard
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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 00:11

Né en 1945, « enfant » de la génération atomique post Hiroshima et Nagasaki, Go Nagai est un mangaka dont les adaptations de ses œuvres ont connu un succès foudroyant, dans les années 70, que ce soit à la télévision puis immédiatement après dans les produits dérivés. Si Osamu Tezuka est le père des mangas modernes, l’influence et l’héritage de Go Nagai se font toujours sentir, que ce soit dans les concepts dérivés de ses œuvres originales ou encore dans le culte que lui vouent ses fans dans le monde entier. Son œuvre originale est généralement beaucoup plus adulte, mature, sombre, apocalyptique que ses adaptations destinées à une audience jeunesse et donc forcement édulcorées. Si la démonologie occupe manifestement une place importante dans les préoccupations et les chimères de notre auteur, cela ne transpire que de manière cryptée dans ses œuvres.

 

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Go Nagai, après avoir échoué à ses examens d’université et avoir contracté une grave maladie, décide de devenir mangaka au grand dam de sa famille. Après être devenu assistant d’un auteur réputé à 20 ans, puis avoir fait publier quelques uns de ses héros, il a l’excellente idée de fonder sa propre maison d’édition à 25 ans et, durant la décennie qui en suivra, de publier des personnages qui deviendront des méga hits de l’audiovisuel et des droits dérivés. En effet, en 1972, Go Nagai crée le robot géant et lutteur Mazinger Z qui se trouve presque immédiatement adapté par la Toei. Si ce robot géant est piloté par le petit-fils de son créateur, Koji Kabuto alias Alcor  en version française (cela commence à se savoir…), son grand-père le met en garde lors de la remise de ce monstre d’acier : « Avec le Mazinger Z, tu pourras devenir l’égal d’un dieu ou un démon ».

 

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Prolongé avec Great Mazinger, qui combat contre des créatures nommées Mykene, une race parfois humanoïde venue du centre de la terre (comprendre l’enfer), Goldorak poursuit cette trilogie avec un robot aux cornes de démon… Si Goldorak a connu dés 1978 une levée de boucliers de la part des médias, intellectuels ou encore psychologues, il est amusant qu’ils furent tous passé à côté de ce sous-texte démoniaque qui leur aurait, pour le moins, donné un argument plus valable que leurs fadaises !

 

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L’autre saga mécanique se nomme le Getter robo, co-crée avec son propre assistant Ken Ishikawa, et le résultat en termes d’action, de dynamisme, d’héroïsme et de délires monstrueux génère chez le spectateur de tout âge une sensation assez proche que celle que pouvait procurer Goldorak jadis ou…maintenant !

 

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L’histoire raconte un professeur qui crée pour l’exploration spatiale à la fois une énergie nouvelle, l’énergie Getter, mais aussi trois vaisseaux qui, selon l’ordre dans lesquels ils s’emboitent, forment trois robots distincts qui peuvent ainsi aller dans les airs, sous la mer ou encore sous la terre. Mais cette mise au point coïncide avec l’émergence de l’empire des dinosaures qui désire – air connu- conquérir la terre ! Si le premier module de vaisseaux/robot ou prototype se faire immédiatement anéantir par les forces de l’empire dinosaure, un second équipage doit être trouvé d’urgence pour piloter un robot, armé cette fois, afin de stopper les attaques de l’envahisseur qui combine des dinosaures à des mécha…

 

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Grand succès, à l’instar de Mazinger Z qui fut d’ailleurs diffusé au Japon à la même époque, Getter robo se vit aussi affubler d’une suite, Getter robo G, qui vit un nouvel empire maléfique, l’empire des cents démons cette fois, prendre la relève pour défaire et anéantir la terre (enfin…le Japon en premier lieu, que tout le monde se rassure !). Plus percutante encore, toujours aussi satisfaisante en terme de dynamisme, de couleurs kitsh, de caractérisation, cette série n’était diffusée à ma connaissance en Italie uniquement où elle demeure encore de nos jours ultra populaire et réputée comme étant la meilleure série de notre auteur après Goldorak (qui bénéficia, il est vrai, d’une certaine dimension tragique chez son personnage principale). Après tant d’années d’attente, pour les fans avertis, un bienfaiteur de cette culture mécha, Koneko, a décidé de prendre les choses en mains pour traduire d’abord Getter robo, l’intégralité des 51 épisodes ont été traduits, et pour l’instant deux des 39 épisodes de Getter robo G. Une série dont les jouets ont été diffusés en France en même temps que Goldorak et que tous les enfants de l’époque ont pris pour des Golgoth !

 

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 (la vague des robots des années 70 ! Combien de robots postérieurs à Mazinger          Z doivent leur création grâce au succès de ce dernier ?)

 


Durant les années 70, Go Nagai devenu un golden boy de cette industrie ludique, le jouet de son robot Go Nagai institua le merchandising des héros de programmes télévisés, tant et si bien qu’il fut solliciter pour participer à d’autres créations. Citons Groiser-X, Bomber-X ou encore Jeeg Jaguar. Ses sagas Mazinger, de même que les Getter robo, se voient encore actuellement prolonger par des nouvelles séries, opus, mangas, remake, sans que toutefois la notion de continuité soit toujours de mise… Ce fut néanmoins un succès majeur, foudroyant et dont l’influence et l’attrait se font encore sentir et ce internationalement.

 

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Le succès de ces animés a donc permis à Go Nagaï d’accéder, assez jeune, à une certaine fortune matérielle qui lui a permis de travailler…pour le plaisir en creusant ses thèmes de prédilections. Nous avons donc eu le droit à des œuvres ultra-violentes, citons les œuvres ultra gore de Violent Jack ou encore du manga de Devil Man, dont la somme de gore, de sexe, de destins broyés, d’outrages graphiques ou encore de sadisme contrastent fortement avec l’innocuité apparente des adaptations à priori innocentes de notre homme, charmant et extrêmement courtois au demeurant, mais dont le versant sombre exprimé dans ses œuvres nous font froid dans le dos.

 

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A titre personnel, je recommande la lecture des mangas de Devil Man qui, en 5 tomes seulement, propose une vision dense, adulte, captivante et pessimiste au sujet proche du comics X-men (qui ne cesse de tourner en rond depuis vingt ans !).

Il y a donc une extrême dichotomie entre le créateur de genres qui ont bouleversé l’industrie de divertissement, de la jeunesse, avec le genre mécha (qui existait toutefois dans une forme moins définitive chez Tezuka), les super héroïnes pour filles (Cuttie honey) et l’artiste aux versants sombres, morbides et apocalyptique !

 

Ne serait-ce pas là d’ailleurs une dualité toute japonaise ?

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 14:15

Personnage apparu une unique fois lors du Golden âge dans The Marvel Family 1, Black Adam est un personnage qui n’a cessé de revenir, de frapper les esprits et, à chaque fois, avec une redéfinition toujours plus inspirée. A croire que les scénaristes ont été plus inspirés par ce personnage, juste une version noire du personnage principal, pour affiner une version intéressante et relativement indépendante de ce personnage, qui eut lui aussi sa famille.

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Black Adam était juste la première version de Captain Marvel et premier successeur du sorcier Shazam. Ayant pris goût au pouvoir et succombé à l’attrait obscur de celui-ci, il fut simplement défait lors de la première rencontre en  prononçant stupidement le nom du sorcier Shazam, qui l’avait pourtant envoyé dans un exil cosmique dont notre noir personnage avait mis plusieurs centaines d’années pour revenir. Redevenu humain, l’enveloppe physique du personnage est alors tombée en morceaux… Sa réapparition dans les années 70 délivre pratiquement la même histoire. Pourtant, ce personnage a un potentiel qui marque durablement les esprits, qui retient l’attention de tous. De personnage assez uniforme dans les années 70, il ne cesse de revenir pour un rôle d’abord important dans l’origine du héros, et ce dans la mini-série des années 80 Shazam ! par Roy Thomas et Tom Mandrake, puis à apparaitre comme un ennemi de poids, quasiment invincible et ce parmi les très gros calibre des années 80. Bref, le potentiel était bien là, il ne restait plus qu’à l’exploiter comme il convient…

 

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On peut quasiment dater ce renouveau dans l’approche du potentiel de Black Adam dans JSA, le titre de David Goyer et James Robinson. Deux créateurs qui ont travaillé d’abord dans les comics puis au cinéma avec des fortunes diverses (élevées pour David Goyer, moins chanceuses pour James Robinson et la pauvre adaptation de la Ligue des gentlemen extraordinaires dont il signa le scénario).

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A l’époque, ces deux créateurs avaient déjà une certaine côte, David Goyer venant de porter la première adaptation vraiment convaincante d’une bd Marvel à l’écran, avec le premier Blade, tandis que James Robinson a ébloui les lecteurs exigeants et la critique avec le très personnel et inspiré Starman. On pouvait donc se demander pourquoi ils choisirent une équipe datée dont aucun bon épisode n’a vraiment vu le jour ces trente dernières années !

 

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Contre toute attente, la JSA reprend de belles couleurs, avec des personnages presque renouvelés en termes d’intérêt, des intrigues intéressantes et un traitement graphique plus qu’inspiré. La JSA, composée de membres d’origine puis de nouvelles incarnations des membres décédés de la première équipe, s’allie pour contrer la menace d’un sorcier maléfique. La JSA opère sur deux tableaux qui sont les aventures de nos héros d’une part, puis une caractérisation habile des personnages d’autre part. Ainsi, petit à petit, la série récolte attention du public puis louanges des critiques.

Si David Goyer part au numéro 25, c’est le remarquablement doué Geoff Johns qui prend sa place pour écrire, d’abord à quatre mains puis seul, le titre qui voit des anicroches ou carrément des anomalies de l’univers DC enfin résolues. Cela commence donc avec le cas Hawkman, très faiblement géré par les éditeurs de DC qui ont superposé des histoires puis des origines contradictoires, puis pas mal de personnages secondaires qui ont chacun bénéficié d’attentions particulières. A ce jeu, Black Adam a particulièrement été bien gâté.

 

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L’origine du personnage a été enrichie, à l’instar des héros de Marvel où un élément tragique et psychologique vient rationnaliser le côté obscur du vilain afin de lui donner une réelle dimension. Adam, héritier un temps méritant du sorcier shazam, est revenu de longues missions pour voir son fils et sa femme morte, alors qu’il aurait dû les aider. Rendu fou par ce coup du sort (prévisible par la magie ?), il s’est alors rebeller contre le sorcier pour exercer les pleins pouvoirs comme il l’entendait. En outre, Black Adam subit un procès pour les homicides des parents de Billy Baston. La justice a déduit qu’il s’agissait de la personnalité de son incarnation mortelle et il en sortit blanchi, acquitté…

 

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Ultérieurement, à partir de JSA 45, Black Adam et une petite poignée de héros entreprenne de délivrer son pays d’origine, aujourd’hui nommé Hahndaq dont le méchant Kobra assure la gouvernance. Les autres héros, ritournelle habituelle, ne veulent le faire puisque la souveraineté du pays empêche toute intervention à moins qu’il y ait un mandat des Nations Unies. Black Adam, aidé d’AtomSmasher ou du nouvel hôte d’Eclipso, se rend là-bas puis renverse le régime en tuant Kobra…Black Reign est une bonne histoire, solide, typique du talent de Geoff Johns, qui place la JSA dans une situation de division puisque la majorité des héros désapprouve les méthodes de Black Adam.L'affrontement idéologique se transformera en affrontement mortel qui laisseraient des personnages sur le carreau qui en marqua d'autres durablement...

 

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Ce dernier devient pour l’heure un héros capable de motiver des équipiers autour de lui, ce qui est une grande première pour ce personnage un rien égoïste et individuel, et le leader d’un état souverain, l’imaginaire Kahndaq qui deviendra son fief. Ce point de départ sera utilisé pour la saga qui offrira un rôle de premier plan à Black Adam, surpassant en intérêt Captain Marvel lui-même, dans l’excellente série 52 écrite à 8 mains…

 

 

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Published by Bastien Ayala
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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 07:42

Si la série continue Power of Shazam ! n’aura en définitif que permit à réinsérer efficacement le personnage et sa ménagerie dans l’univers de DC, ce n’est pas tant la série continue de plus de quarante numéros qui aura servi le personnage mais bien l’utilisation de celui-ci dans différents événements ou séries ponctuelles de l’éditeur durant ces quelques quinze dernières années. Si le personnage de Captain Marvel n’apparait pas dans un rôle de premier plan dans ces événements créatifs, les différents créateurs et scénaristes ont rendu hommage à son statut de personnage d’exception.


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Si le personnage de Captain Marvel apparut historiquement dans la mini-série Legends, ce second cross-over eut le redoutable honneur de succéder à l’excellent Crisis d’une part mais aussi de réintroduire les personnages principaux de DC pour les intégrer dans la nouvelle Justice League tout en leur rendant leur quintessence. Mini-série en 6 partie nommée Legends, avec John Ostrander au concept, Len Wein aux dialogues et un John Byrne en grande forme aux dessins, offre un traitement assez intéressant à ces personnages dont notre Captain Marvel qui a un rôle central bien que relégué à la périphérie de l’intrigue.

 

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L’autre participation intéressante de Captain Marvel, dans les premières années post-Crisis, fut son amusante intégration aux premiers numéros de la Justice League. Mal intégré, notre personnage aurait la personnalité de Billy Baston et ne serait donc pas à même de subir certaines brimades de ses coéquipiers mordants tel que le pseudo fasciste Guy Gardner…Au bout de sept numéros où Captain Marvel fit en quelque sorte office de Superman de service, le personnage quitta son poste.

 

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C’est assez faible comme participations notables au sein de l’univers DC, comme si les éditeurs, tout comme les scénaristes ne savaient pas quoi faire au juste avec ce personnage…Pourtant, il y avait déjà un projet magique qui aurait dû réinstaller le personnage et sa fratrie dans un rôle de premier plan. Twilight était un excellent projet d’Alan Moore, avec David Gibbons prévu aux dessins, dont il n’existe plus aujourd’hui qu’un sysnopsis détaillé... Dans un futur proche, la civilisation a échoué et les super-héros, réunis en familles ou en groupes, ont pris la place des états au sein du monde pour tenter de guider, ou plutôt permettre de survivre, les humains.

Le monde est donc divisé en fiefs, avec ceux de la Justice League, des Titans, des Magiciens ou encore des vilains. Mais les deux fiefs les plus puissants, ceux qui sont les forces incontestablement plus puissantes que toutes les autres sont celles du fief de l’Acier, Superman ayant épousé Wonder Woman avec leur fils Superboy ainsi que leur fille Supergirl, face au fief du Tonnerre, Captain Marvel ayant épousé Mary Marvel et Captain Marvel Jr aujourd’hui plus puissant que Captain Marvel.

 

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Ces deux fiefs dominent le monde de manière non agressive, dans une métaphore géopolitique assez habile du temps de l’opposition entre l’U.R.S.S et les U.S.A avec les autres états au milieu…Cet équilibre présupposé semble empêcher l’être humain de reprendre son destin en main. Aussi les autres fiefs complotent entre eux contre les deux clans dominants, ainsi que les extra-terrestres inquiets d'un tel pouvoir concentré sur terre avec, en sous-main, Batman qui complote en secret avec d’autres grandes icônes de la pulp culture telles que Doc Savage, the Shadow ou même, si cela lui avait été permis, Tarzan ! Cette idée, qui date donc des années 80, permit à Alan Moore de la remanier pour devenir ultérieurement La league des Gentlemen extraordinaires…

 

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Le terme de Twilight voyait ce bel équilibre volait en éclats avec une résolution habile des destinées individuelles dont John Constantine aurait été le personnage clé ! Pourquoi Twilight ne s’est jamais concrétisé, malgré la promesse un peu prés certaine de lire le tout meilleur cross over que DC n’aurait jamais eu ? Parce que DC comics a retenu les droits de Watchmen, qui aurait dû revenir à ses créateurs 6 mois après la parution du dernier numéro.  Mais Watchmen fut le premier vrai Trade Paper Back a être publié de manière permanente dans le catalogue de la firme, inaugurant de manière durable ce marché et ce mode de diffusion alternatif de vente des comics !

 

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Etrangement, des éléments de ce concept ô combien brillant réapparut dans un autre projet phare de DC nommé Kingdom Come. Apporté par Alex Ross, épaulé par Mark Waid au scénario définitif, Kingdom Come voit aussi les héros ayant pris peu à peu le pouvoir après le retrait de Superman, suite à un attentant au gaz du Joker de Daily Planet et la mort de Loïs Lane. Entretemps, les super héros ont pris un pouvoir démesuré  et une catastrophe gigantesque, un incident nucléaire dans l’état du Texas, fut l'élément déclencheur qui voit les différentes factions des super héros, mais aussi des vilains qui complotaient dans l’ombre, s’affronter pour une résolution finale afin que l’humanité reprenne son destin en mains.

 

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Et dans Kingdom Come, qui peut s’opposer avec efficacité et contrer dans la terreur Superman ? Seulement le seul et unique Captain Marvel qui voit enfin son aura respecté et son potentiel fort bien mis en valeur…Le combat dans le numéro final de la série voit une utilisation assez intéressante de l’éclair qui deviendra une figure incontournable de l’éventail des capacités du héros. Captain Marvel n’a qu’à prononcer son nom magique pour que son éclair vienne frapper et foudroyer son ennemi.

 

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Si cette idée avait déjà été utilisée dans Legends, elle sera dorénavant employé dans les grands pugilats à venir du héros. Kingdom Come, en plus d’être une œuvre presque définitive sur les héros de la firme DC, permet enfin à notre personnage de l’âge d’or de retrouver son lustre et son importance de premier plan dont il n’aura jamais dû être amoindri.

Kingdom Come est donc en quelque sorte le point de départ d'un traitement et d'une vision rénovée de notre héros. Jadis personnage fantaisiste aux aventures débridées, Captain Marvel accède enfin à un nouveau nouveau, celui d'un personnage majeur qui demeure incontestablement un poids louds de l'écurie si on se donne la peine de l'employer convenablement.

 

Pour anecdote, Kigdom Come, dû aux talents de deux fortes personnalités créatives Alex Ross et Mark Waid, qui se sont d’ailleurs écharpés dés la sortie de la mini-série, pour s'attribuer la paterinité de tel ou tel traitement...  Mais ce retour en grâce de Captain Marvel sera suivi par d’autres moments  mémorables à venir, toujours hors de sa série, que ce soit pour ce personnage mais également pour sa famille et son univers…

 

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