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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 08:00

Chris Claremont demeure donc contraint à ne plus se plier au dictat de son éditeur, Bob Harras, qui connaîtra par la suite la promotion d’éditeur en chef qui fera subir à Marvel le pire marasme créatif de son histoire. Mais Chris Claremont demeure « hot », selon l’expression du moment. Toutes les autres firmes de la place le courtisent, et il y en a une myriade au début des années 90. Ainsi, Chris Claremont ira donc en free-lance, mais l’aventure ne fut pas un grand succès, loin de là, et son parcours sera courbe. 

Presque tout de suite après le départ de Marvel, que l’on devine déchirant, Chris Claremont ira se coller sur une longue période de l’aventure Aliens vs Predator. Une première mini-série fut un hit commerciale, 350.000 exemplaires pour un indépendant. Dark Horse triomphe donc dans sa politique d’adaptation de films, un filon gâché par Marvel mais surtout par Dc (une longue tradition de médiocrité). Cette collaboration demeure, au dire des échos de l’époque, longue, peu compréhensible et encore moins trépidante. Il y a pourtant Butch Guice aux dessins mais on pouvait s’attendre à mieux. 

Chris Claremont vient rapidement se délayer dans l’aventure Image, qui triomphe à ce moment-là. Curieusement, il ne s’agira que d’un petit tour assez peu fructueux. Il écrira Wildcats, en n’important rien de majeur (si ce n’est un personnage fade, le Chasseur, dont il conserve les droits) ou le très mauvais Cyberforce (là, tout est fade et terriblement peu inspiré).

Mais l’évènement, le hit à venir dans lequel tout le monde croyait fut la lancement de Sovereign 7, une nouvelle mouture de super-héros made in Chris Claremont qui créa, fait rare en ce temps-là, l’événement chez Dc comics. La revanche serait qualitative pour Chris Claremont, qui damnerait le pion à Marvel en termes d’histoires « red super hot ». Dc prépara l’événement avec les grandes formes et l’assez bon Dwayne Turner fut dépêché aux dessins, tout en laissant les droits à Chris Claremont. Alors qu’en fut-il de cette série où tous avaient les meilleurs espoirs ? 

Pas grand chose, à vrai dire ! Les premiers échos furent unanimes : la série est bavarde (une caractéristique à retenir), ennuyeuse voire même obscure ! Les pires travers de Chris Claremont en quelque sorte. Aussi Dwayne quitta le navire S7, qui connut quelques interactions avec le Dc universe, et Ron Lim le remplaça (en clair, ce fut déjà moins hot).

Chris Claremont accomplit par ailleurs une autre minisérie « Whom  Gods destroy» qui bénéficie de superbes dessins de Dustin Abel. Mais l’aura de Chris Claremont demeure quelque peu ternie, pour le plus grand nombre. Il n’a plus sa patte magique, son mojo de l’écriture, et le résultat demeure assez pénible, voire peu inspiré. 

Il s’agit à mon sens d’un problèmes chez tous les artistes qui ont une période de feu intense qui forge leur réputation, prenons les Rolling Stones ou encore Dario Argento pour le cinéma. L’intensité créative des débuts demeure évanouie et il ne reste que la technicité. Donc, j’ai peine pour  Chris Claremont mais il semble que son talent ce soit quelque peu émoussé. Toutefois, il conserve encore quelque crédit et il écrit une saga relative aux Jedï.

Néanmoins, il revient en 1998 chez Marvel comics qui va mal, terriblement mal. Tous savaient que les comics multipliés à outrance perdaient de leurs intérêts, que les gadgets et les numéros 1 lassaient le public, qui partaient par centaines de milliers. Chris Claremont revint, et cela fut interprété comme un nouvel élan créatif, où Marvel retournerait vers une approche qualitative de ses personnages. Et bien, il y eut certes un élan créatif, mais pour atteindre quelques degrés en plus, pas davantage (il faut prendre en compte qu'on remonte à partir d'un niveau assez bas).  Chris Claremont eut donc un poste éditorial et il promit, Marvel annonce toujours fièrement ses prochains projets, que les effets de cette nouvelle direction créative se fera sentir dans l’année en cours, ou au début de la suivante. Pour ma part, je ne retiens que des échecs ET Deadpool qui demeure à sauver. Le reste, je vous en laisse juge… 

 Chris Claremont repris donc après Heroes Reborn (qui lit encore ces comics ?) les FF sur Heroes Return (et ceux-là ?). D’après les avis que j’ai entendus ou lus, il ne s’agit pas d’une franche réussite mais juste d’un recyclage de l’ère, brillante, d’Excalibur. Chris Claremont restera moins de 3 ans et on lui réaffectera les X-men, qui demeurent quand même les moins épargnés de cette mauvaise période Marvel. Il paraît que son premier grand arc demeure assez mauvais et touffus. Les éditeurs lui avaient demandé d’ignorer le film qu’ils pensaient voué à l’échec, et ils firent machine arrière toute devant leur incurie éditoriale (ts, ts…). Chris fut donc jugé moins hot, beaucoup moins, et on fit venir Grant Morrison pour une ère intéressante (très intéressante, mais je ne suis pas un spécialiste du tout*). 

Chris Claremont eut donc le droit à son propre titre, X-trem X-men, ainsi que l’assez bon Salvador Larroca (dont le style connu des phases bien différentes). Pour anecdote, j’ai demandé à un de mes amis de me passer un bloc complet de cette série publiée chez Panini.  J’ai trouvé l’histoire longue, ennuyeuse, voire peu compréhensible. Le pire est qu’il célébrait le retour ou la mort de Betsy/Psylocke, un personnage que j’avais apprécié sous l’ère Jim Lee, et je me suis rendu compte que cela devait être sa seconde mort ou résurrection. C’est quand même triste de devoir lire un tel arabesque pour une série écrite par Chris Claremont… 
La grande question que je me pose à son sujet demeure le problème des droits. Chris Claremont a tout crée, réinterprété et posé les bases des X-men à un point tel qu’il devrait, normalement, de superbes rentes pour avoir développé autant ce titre, qui devint quand même une famille de titres au volume de vente massif. Je n’ai pas d’informations précises à ce sujet, mais il semble que non. A son retour en 1998, Chris Claremont disait avec ironie qu’il avait une famille à élever… Triste pour le troisième créatif, après Jack Kirby et Stan Lee, qui a tant donné à cette firme à la réputation si ingrate. Est-ce que  Chris Claremont aura mieux été récompensé que Jack Kirby ? A priori et selon la loi de 1978, on peut l’espérer. Mais comme les films des 3 X-men basés sur ces œuvres ont du rapporter 1 milliard de $ de chiffre d’affaires, Chris Claremont devrait être au minimum millionnaire ! Mais l’affaire de Dave Cockrum, rémunéré in extermis à partir du second film, ne laisse rien présagé de bon. 

Nous avons donc maintenant un artiste qui a clairement donné le meilleur de lui-même à une firme qui génère des millions de $ sur ses œuvres et dont j’aimerais connaître la gratitude exacte à son encontre. De plus, l’interview de Comics Box nous apprend qu’il n’a pas été retenu éditeur en chef de la branche X-men, alors qu’il s’agissait du candidat naturel.  Chris Claremont a hélas connu des problèmes cardiaques vers 2005. Si vous regardez les photos de lui il y a quelques années et une assez récente, vous aurez un choc tant il a perdu du poids. 

Pour ce qui est du dialogue avec lui, Chris Claremont répond hélas avec des réponses au langage corporatiste. Il ne relate jamais clairement la gravité de ses problèmes avec Marvel, quand il ne les élude pas. Il n’aime guère qu’on lui parle de ses œuvres passées, sur lequel il a dû en effet beaucoup revenir et où se trouvent l'essentiel de son aura, mais il préférerait qu’on lui parle de ses œuvres à venir (qui ne suscitent guère plus de réelle ferveur). Voici sur Chris Claremont, un grand talent des années 70 qui a quand même fait avancer les standards d ‘écriture de son époque et qui a subit la « Marvel Way » dans la pire acception du terme. Maintenant LA devinette : si  Chris Claremont demeure le numéro 3 de la Marvel en terme d ‘apport de personnages et de titres crées, qui serait le numéro 4 ? 

Notes : Je ne peux que vous encouragez à aller consulter régulièrement le site de mon ami Persepolis, qui demeure la référence pour moi dans ce domaine. Il a également fait des fiches sur Claremont que je vous invite à consulter.

*Selon mes amis, je ne connais rien aux X-men !

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Published by Bastien AYALA
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 08:00

2ème partie

Chris Claremont demeure avec John Byrne le golden boys de Marvel. Tout lui réussit, il est parvenu à changer le plomb en or (les X-men), Marvel renoue avec l’excitation des années 60’ et de l’ère Stan Lee (qui est bien loin désormais), le succès critique demeure incontestable. Bref, il s’agit du sacre de Chris Claremont comme figure de proue du bateau Marvel. Mais il y a quelques nuages qui viennent paradoxalement du succès des X-men, qui doivent tout à Chris Claremont solidement épaulé par John Byrne. Aussi, ces quelques années à venir vont en quelques sortes éprouver le Capitaine Chris Claremont qui devra lutter de l’intérieur pour continuer à jouer de sa partition sur les X-men. 

Le titre X-men demeure un succès incontestable. Les fans sont légions, l’audience a enfin des bonnes raisons de se souvenir pourquoi elle se nomme parfois « Marvel Zombies » et Marvel propose enfin chaque mois des aventures haletantes qui peuvent délivrer du sensationnel et de l’inattendu, denrée devenue rare chez la Maison aux idées. Mais des tensions internes secouent la production du titre, John Byrne qui demeure incontestablement un prodige graphique et qui a de fortes aspirations scénaristiques, collabore à la trame et essaye de faire passer ses idées. Comme notre démiurge Chris a de fortes idées qui vont parfois à très long terme, il ne peut accéder à toutes les demandes du bouillonnant John Byrne qui abandonne le navire après le terme de la saga Phénix. Déjà, le grand manitou de Marvel, Jim Shooter, intervient pour finalement supprimer Jean Grey car « elle a quand même tué plusieurs milliards d’êtres vivants ». Aussi, une opinion subjective de doit d’être respectée, pire, qui oblige au tandem créatif de refaire la fin de l’épisode. Une intrusion manifeste dans un processus créatif qui, à mon sens, demeure quelque peu partiale (quoique vous pouvez avoir votre idée sur la question). Ce sera d’ailleurs le début des ennuis du grand Chris, où plutôt le début des hostilités avec l’éditorial qui devrait pourtant lui laisser les mains libres et lui préparer habilement le terrain. Il n’en sera malheuresement rien. 

Chris continue son petit bonhomme de chemin, après l’ère John Byrne, en vient une seconde. Elle qui capitalise un peu le parcours, trépidant, déjà effectué par l’équipe. Le talent pour l’introspection des personnages de Chris Claremont prend quelque peu le pas sur les longues saga du début, comme si on voulait rationaliser le profil et donner de la chair à chaque personnage, même secondaire. Cette orientation demeure une fois de plus une réussite puisque les personnages y gagnent une dimension et ils demeurent réellement proche des lecteurs. Aussi, parmi mes proches amis qui demeurent « accros » aux X-men, il s’agit pour eux d’icône qui ont une dimension telle qu’il s’agirait presque de personnes qui ont côtoyé pendant longtemps leur maturité, enfance- adolescence puis l’âge adulte (une sorte de lien immédiat et puissant pour un retour en arrière vers une période heureuse donc). Ce type d’attachement presque viscéral s’observe énormément chez les lecteurs français et trentenaires (voire plus) des X-men grâce au fameux Spécial Strange qu’il convient de remercier pour l’œuvre accomplie.

Donc les X-men, dans les années 80, ont le droit aux meilleurs dessinateurs du moment, qui puisse accomplir les 17 pages devenues 22 sous l’égide de Jim Shooter. Bien sûr, les stars de cette époque sont quand même John Byrne et George Perez (qui aurait fait des merveilles sur le titre, il n’a fait qu’un annual). Mais le titre a le droit aux meilleurs artistes du moment. Ainsi se succèdent l’ère Paul Smith, John Romita Jr (pas dans sa forme la  plus aboutie), Marc Silvestri… Chacun d’eux permet de conférer au titre une dimension, une saveur, comme un cycle inhérent à une vie. Mais le meilleur vient à mon avis de la capacité d’adaptation de Chris Claremont, qui demeure le second point fort de cet écrivain talentueux. 

Chris Claremont écrit de manière assez incroyable et il a fait sienne la fameuse méthode Marvel way, un synopsis bâti à toute vitesse qui prend forme selon les capacités des dessinateurs émérites. Chris Claremont a un style réellement original. Il livre des scripts assez denses qui contient plein d’idées que le dessinateur sélectionne et agence comme il le ressent. A charge pour Chris de réécrire ou en donner une seconde interprétation. Il s’agit à mon sens d’une collaboration assez unique qui montre les incroyables dispositions de   Chris Claremont pour la rédaction de ses histoires : il laisse une belle marge de manœuvre à ses dessinateurs. Non seulement il ne demeure pas fâché à propos d’éventuels changements ou de dénaturations, mais en plus il les encourage ! Cela me semble assez unique et insolite, un scénario demeure une structure, scindée en petites phases qui doivent construire un ensemble cohérent, plus encore sur les X-men qui peut s’apprécier sur des années, en ce qui concerne de l’évolution d’un personnage seulement. 

Pour revenir sur la fibre littéraire de Chris Claremont, une des marques évidentes demeure son attachement envers les personnages dont il a eu la charge. Il les traite comme des personnes ou presque et il leur confère une rare fidélité. Ainsi Chris Claremont écrivit les histoires de Miss Marvel, l’assez faible Carole Danvers dont les aventures ou le potentiel ne convainquit personne. Mais Chris Claremont fit en sorte d’inclure ce personnage mineur dans son panthéon des X-men après que Malicia lui eut volé ses pouvoirs. Rare qualité que cette loyauté d’un auteur envers ses personnages !

Chris mène donc son cheptel de personnages dans les années 80 avec une préférence pour les personnages plutôt que pour les grandes sagas à coups de théâtre forcés. Il permet donc d’accumuler un univers prodigieux, dont certains personnages sont mis de côté, en jachère de quelque sorte. Il s’agit là d’une œuvre réellement titanesque, qui ne tient que par le talent et la cohérence d’un seul auteur. Mais voilà qu’on vient lui gâcher sa longue et patiente construction, sans tact.

L’éditorial chez Marvel* s’est développé sous la tutelle de Jim Shooter pour devenir structurée et invasive, beaucoup trop. On demande donc à Chris Claremont une déclinaison des X-men avec par exemple une nouvelle génération de X-men. Il s’agit donc des New Mutants, histoire de faire le pendant aux New Titans (la seule réussite créative au niveau des X-men, mais qui n’a pas le même potentiel de base, les mutants, par rapport au best-seller de Marvel). Il ne s’agit pas à mon sens d’une bonne série, même si elle a eu une phase expérimentale et son intérêt ne tenait que par la bonne grâce de Chris Claremont. D’ailleurs, que reste-il de nos jours des personnages de ce titre ? 

Mais la boîte de pandore est ouverte, et les éditeurs vont allégrement puiser dedans, quitte à user d’ailleurs le démiurge à sa tâche. Wolverine, le plus populaire et belliqueux des X-men, accède à son titre en 1988, et il s’agit là du premier de la légion des personnages à avoir son titre, sa tentative de titre, sa mini-série. Marvel va puiser dans ce vivier, en écornant le potentiel des personnages pour une exploitation à court terme qui, à mon sens, gâche le potentiel des personnages. 

Une heureuse réalisation, à mon sens, demeure l’ère Excalibur en en tandem avec Alan Davis. Chris Claremont consent à utiliser deux X-men pour pouvoir reprendre Captain Britain et son cast, car il avait beaucoup apprécié les travaux d’Alan Moore sur le titre. Il s’agit d’épisodes frais, légers, qui virevoltent dans les monde parallèles presque infinis de Marvel. Les intrigues sont amusantes, parfois haletantes et Chris Claremont se permet quelques bons mots. Une réussite à saluer, quoique le titre sembla avoir perdu de sa magie avec le départ d’A.Davis. Le retour de ce dernier sera d’ailleurs une réussite qui renoue sans problème avec la maestria de la première période du titre, au point même qu’on croirait qu’elle a été élaborée dés lors. 

Ainsi Chris Claremont se voit adjoindre la star de la fin des années 80 sur ce titre, celle qui égale les meilleurs moments de l’ère Byrne, Jim Lee. Il s’agit à mon sens d’un artiste réellement fabuleux, qui rend magnifique chaque personnage quoiqu’il ait tendance à les transformer en statues. Le titre X-men redevient une nouvelle fois haletant, pour le meilleur.

Les sagas d’action reviennent mais elles demeurent rehausser par la caractérisation, encore plus aboutie, des personnages qui semblent hésiter de camps, faillir à cause de leurs doutes ou turpitudes. Mais Bob Harras a la main lourde, très lourde. Il refuse à Chris Claremont un arc qui verrait le pervertissement de Wolverine. Bob Harras campe sa position et nie au recréateur des X-men, à celui qui leur a donné toute leur chair et leur dimension, le droit d’une intrigue qui aurait effectivement être spectaculaire. L’argument selon lequel Wolverine aurait été privé pendant un an de titre ne tient pas. En effet, rien de plus facile que de raconter plusieurs histoires antérieures en agitant le spectre du côté obscur du personnage. 

Chris Claremont a dû être épuisé par cette ingérence constante, et il quitte en 1991 Marvel à qui il a tant apporté. Le X-men no 3 nouvelle série affiche juste à la fin de l’histoire un petit bandeau qui indique : « Chris Claremont : 1976-1991 ». Un gâchis inexcusable qui semble reproduire le mauvais goût de l’affaire Jack Kirby. Chris Claremont s’est expliqué sur ce sujet et Semic, qui demeurait jusqu’alors avare d’informations éditoriales, retranscrit son texte. Humble, Chris Claremont raconte que les X-men seraient une partition dont il serait le musicien, comme Neil Gaiman le demeurait (mieux traité par Dc en l’occurrence) de Sandman. Il s’agit d’un gâchis fabuleux de la part de Marvel, qui va en accumuler beaucoup d’autres dans cette décennie, mais aussi une libération douloureuse pour Chris Claremont qui va voir ailleurs, auréolé de son incroyable aura de créateur le plus « hot » des comics. Cette aura va-t-elle résister aux années 90 ? Vous connaissez déjà la réponse…
 

Note : *Veuillez consulter un de mes articles en 5 parties pour Marvel World qui relate ce modèle de gestion.

 

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 08:00

1ère partie
 

Chris Claremont a beaucoup contribué à l’histoire des comics, énormément. Il a quand même porté sur ses épaules savantes le plus gros succès en termes de branches de comics d’un éditeur de comics. Je traite donc d’un auteur qui a repris, crée et développé une somme de personnages et d’intrigues époustouflantes qui demeurent très chers, vraiment très chers, dans le cœur de certains lecteurs de comics.


 

Chris Claremont est né en 1950 en Angleterre. Jeune adulte, il était gagné par la passion de métier d’acteur et il se rendit pour l’occasion à New-York, où les cours d’acteurs et les casting offrent pas mal de possibilités. Afin de subsister, il décroche un emploi peu intéressant chez Marvel qui ne décèle pas en lui tout de suite ses grandes possibilités dramatiques. Aussi il demeure assistant, c’est à dire qu’il demeure dévoué à des travaux éditoriaux où beaucoup d’échelons sont à gravir, que ce soit aller chercher le café, exécuter des directives ou répondre au courrier des lecteurs. Sa première série continue demeure quand même Iron Fist. Il s’agit d’une bonne série qu’il anime avec un nouveau venu qui finit ses obligations chez Charlton Comics, John Byrne. Bizarrement, John Byrne paraît roder son style sur ses premiers épisodes mais ses travaux chez Charlton, à commencer par Rog 2000 (sa création fétiche), démontre que son style était très tôt au point. Iron fist ne durera pas ce qui, commercialement, me paraît inexplicable puisqu’il s’agit de loin de la meilleure période du titre où toutes les menaces demeurent fort imaginatives et originales dans leur agencement (Angar le cri, le retour du Bommerang ). Chris Claremont fera preuve d’une de ses qualités majeures dans sa dramaturgie : une habile caractérisation et un sens de l'épique. 

Len Wein, encore lui, vient juste de relancer les X-men avec le fameux Giant-Size no 1 qui voit le passage de flambeau entre les deux équipes. Len Wein demeure débordé, littéralement, par la confection de ses multiples titres ainsi que ses responsabilités éditoriales. Aussi il donne à Chris Claremont l’opportunité d’écrire le titre des X-men. Ces mêmes X-men demeurent l’un des rares titres crées par le bouillonnant Stan Lee qui ne fut pas un succès à long terme. Même si le titre s’en sorti mieux que Captain Marvel, il fut massacré par Arnold Drake au scénarii qui rendit les aventures des premiers X-men bien compliquées et moins haletantes. Certes, le grand Neal Adams revint au scénarios & dessins, mais curieusement, il ne sauva pas le titre (alors qu’il avait une audience fidèle qui aurait du mathématiquement se reporter). Donc il y eut bien ce relaunch, mais il semble que ce fut une tentative où on ne plaça guère d’espoir puisque Len Wein abandonna immédiatement le titre à  Chris Claremont. 

Pourtant, Chris Claremont fit fort, vraiment très fort. Il donna une substance littéraire à chaque personnage, dont il éleva par ailleurs la personnalité et augmenta de fait son attrait envers le lecteur. Chris Claremont se réapproprie chaque X-man, qu’il traite savamment avec adresse à un moment ou à un autre. Il possède à mon sens un grand talent littéraire appliqué aux comics, il maîtrise tous ses (ces) personnages à qui il donne sens, intérêt et substance. Il s’agit d’ailleurs d’une grande première dans les comics, puisque leurs péripéties demeurent d’une part intéressante, mais de l’autre les personnages intègrent une dimension psychologique réellement nouvelle. 

En outre, il convient de saluer le sens de l’intrigue de Chris Claremont sur les X-men. Chris fait preuve d’un évident talent pour les aventures épiques, qui il est vrai, trouvent un sommet vers la fin du run de Dave Cockrum où ses sagas, la guerre avec les Sh’iar où le rencontre avec Mesmero puis le retour de Magnéto. Ces aventures sont réellement imaginatives, variées et inspirées. En terme de créativité, il s’agit d’un nouveau big bang puisque Chris Claremont insuffle un nouveau souffle créatif qui faisait quelque peu défaut à l’univers Marvel : l’audace et des territoires neufs.

Chris Claremont demeure habilement soutenu en cela par le talent graphique de John Byrne, la paire créative demeure la meilleure des années 70 sur un titre aussi long (je pense également à Steven Engelhart/Marshall Rogers ou Neal Adams /Denny O’Neil). Les X-men redeviennent enfin sensationnels, excitants et il se passe mille choses dans le titre, qui paraît tendre vers de nouvelles frontières qui explosent les anciennes limites de Marvel Comics. Le titre est un succès, John Byrne demeure motivé par l'aventure. Tous sont conscients de tenir quelque chose de nouveau, un ton renouvlé, un souffle innovant et les X-men s’imposent en best seller de la firme. Une belle remontée en quelque sorte, une revanche en définitif. 

Parallèlement, il continue avec John Byrne les splendides Marvel Team up qui ont fait le bonheur des lecteurs de Spécial Strange. Ces histoires où Spider-man fait équipe avec un autre personnage de Marvel demeurent réellement intéressantes. Je retiens pour ma part le team-up avec Red Sonja, qui demeure puissant et éloquent. La paire Byrne/Claremont demeure l’un des tous meilleurs duo artistiques des comics pendant ces années 70, le meilleur même selon la majorité.  

Le talent de Chris Claremont tourne à plein régime. Il se permet de fort habiles sub-plots qui trouvent leurs dénouements plus tard, et même quelques fois bien plus tard. Chris Claremont maîtrise totalement ses personnages, il imprime sa marque « littéraire » appliquée à l’ensemble des personnages qui demeure tôt ou tard traité sous sa plume, qui demeure habile, nous pouvons que en convenir. Les histoires ou les « arcs » demeurent des sommets en terme de déchaînement créatifs. Il y a ce fameux Prothéus qui brûlent des mutants ou des gens pour pouvoir déformer la réalité (on parle des idées bizarres de Grant Morrison, mais l’élève Claremont hérite d’un 10/10 sur ce coup là) ou encore le fameux et quelque peu judicieux club des damnés (l’élite du monde a toujours été mutante, amusant !). Prenons aussi Arcade ou encore le glorieux « days of futur past » qui demeure un classique instantané et qui pose des problèmes de paternités pour les œuvres à venir (Terminator par exemple). Il s’agit à mon sens pour Chris Claremont d’une période de feu, celle où les créateurs peuvent se permettre toutes les audaces car leurs fibres créatives fonctionnent à plein régime (voire les Beatles, des cinéastes divers, il s’agit d’un schéma classique). Tout ce qu’entreprend la paire d’élite, John & Chris, demeure un sommet en termes créatifs et même, osons, ils ont élevés le standard d’écriture des années 70. Plus qu’une performance, mais les problèmes de Chris Claremont vont venir d’un ennemi tapis dans l’ombre et sournois, l’éditeur de chez Marvel !

 

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 08:00
La grande menace, dont le titre original est le toucher de la Méduse, est un film qui n’a pas laissé un grand souvenir dans la mémoire collective ni même chez les cinéphiles. La grande menace s’inscrit pourtant dans la vague apocalyptique des années 70 où le Diable menaçait frontalement l’humanité. Cela a commencé avec l’Exorciste, puis s’est pérennisé par un courant dont le chef de file se nommé la Malédiction. Dans son sillage, suivront Holocaust 2000 ou encore l’Antéchrist.
La grande menace bénéficie de 2 stars reconnues qui sont Lino Ventura et Richard Burton.
Mais une question se pose : que vaut la grande menace dans cette catégorie ?

Adapté d’un roman de Peter Van Greenaway, la grande menace demeure une production ambitieuse qui a su convaincre les deux grandes stars précitées de participer à ce film fantastique, genre qui ne brille pas particulièrement dans les Oscars ou les Césars. C’est donc que le script déploie manifestement des qualités.

Morlar est un écrivain à succès qui mène une vie de reclus. Alors qu’une catastrophe aérienne se produit, il est tranquillement assis devant sa télévision quand un étranger, dont nous ne verrons pas le visage, fait irruption chez lui et le frappe à la tête avec une statuette. Les coups sont si violents que le sang gicle sur la télévision et les légistes révéleront que la boîte crânienne est fracassée. L’inspecteur Brunel, joué par Lino Ventura, est dépêché sur les lieux. Il s’agit d’un inspecteur français qui officie à Londres dans le cadre d’un programme d’échanges.
Personne n’a rien remarqué puisque deux événements simultanés, un match de football ainsi que la catastrophe aérienne, occupèrent l’attention de chacun.

Contre toute attente, Morlar respire encore malgré son crâne fracassé et on l’emmène à l’hôpital alors que les docteurs estiment que son cas est désespéré, que sa vie ne tient qu’à un fil, et que son lit serait mieux alloué à une victime de la catastrophe. L’inspecteur est obligé d’enquêter sur le passé de Meldek pour trouver une piste. Il va voir sa psychiatre, jouée avec talent par Lee Remick, qui a des choses stupéfiantes à lui révéler.

Justement, l’élément le plus singulier qu’à trouvé l’inspecteur est un étrange cahier regroupant des coupures de presse de Morlar qui compile toutes les catastrophes.
La psychiatre lui révèle que Morlar souffrait d’une sorte de délire de persécution, qu’il était persuadé d’avoir le sinistre pouvoir, malgré lui, de provoquer ces catastrophes.
Ainsi, on remonte le fil de son enfance et, effectivement, ses parents meurent dans un accident de voiture improbable alors que l’enfant se sentait envahi par une force extérieur. Le même schéma se reproduit encore, notamment par un incendie mystérieux qui tue un de ses professeurs qui fut immonde avec lui. A chaque fois, Morlar jure que cela s’est produit malgré lui, comme s’il était sous l’emprise d’un pouvoir plus fort que sa volonté.
L’affaire est bizarre pour l’inspecteur qui ne sait que penser. Les faits sont troublants, les coïncidences défient de loin les statistiques et la piste de son assassin ne se dessine toujours pas. Deux faits troublants viennent se rajouter : son supérieur anglais le somme de ne s’occuper que de l’affaire Morlar tandis que ce dernier produit une activité encéphalique anormalement élevée, qui consterne tous les médecins.
L’inspecteur poursuit le fil de son enquête et il parvient à faire tomber le masque de rationalité de la psychiatre : elle est intiment persuadé que le pouvoir de Morlar est réel et qu’il a bien provoqué les catastrophes. D’ailleurs, une inauguration en grandes pompes d’une église va bientôt avoir lieu et justement, le cerveau de Morlar redouble d’intensité. Dans ces conditions, la découverte de l’assassin apparaît comme secondaire.

La force de la grande menace réside dans le processus de l’enquête qui permet de faire revivre le personnage de Morlar par des flashbacks. Personne ne croit au début à ses dires de malédictions mais tous, les personnages comme les spectateurs, le ressentent comme une évidence. Quelque chose d’important se prépare, et tout y mène avec le fatalisme de l’inéluctabilité.

Le personnage de Morlar est très intéressant. Il tente de combattre son sort mais il en est bien incapable puisque il ne trouve aucune aide. Il subit la malédiction malgré lui, sa vie privée est une hécatombe et il vit comme un reclus, avare de relations sociales. Quand le tueur s’apprête à le frapper, il a le temps de dire : « enfin ». Une grande performance de la part de Richard Burton, dont on se souvient généralement pour avoir été deux fois le mari d’Elizabeth Taylor alors qu’il a eu une grande carrière hollywoodienne. Clint Eastwood se souvient de ses problèmes d’alcool pendant le tournage de Quand les aigles attaquent, qui obligeaient le film à prendre du retard.
Mais la grand menace nous rappelle qu’il fut un très grand acteur, il est décédé en  1984, et sa conviction rend crédible ce personnage improbable, qui a une certaine épaisseur. Rien que son regard est saisissant. La grande menace demeure idéale pour redécouvrir ce grand acteur dont le talent est manifeste.

Lino Ventura demeure lui aussi crédible, quoique ce personnage ressemble à ceux qu’il a interprété pendant toute sa carrière. Ancien catcheur reconverti avec succès dans le cinéma, Lino Ventura connaîtra de grands succès jusqu’à sa mort, en 1987. Je l’associe volontiers à Jean Gabin, des sortes de figures patriarcales à qui rien ne résiste. 
L’autre bonne surprise du casting demeure nin qui joue la psychiatre. Détail amusant, elle avait justement joué la mère de Damien dans la malédiction. Lee Remick demeure convaincante de bout en bout puisque son personnage connaît un affaissement psychologique qui viendra à bout de cette femme pourtant solide.

La grande menace demeure un grand film, à découvrir au plus vite. Il vous entraînera dans sa spirale diabolique tout en vous intéressant à ses personnages qui demeurent fort bien écrits, joués et crédibles. La réalisation demeure à la hauteur et elle nous implique émotionnellement dans l’intrigue, dont le dénouement ne nous est annoncé que par indices.
Enfin, les effets spéciaux sont à la hauteur voire même surprenants pour un film de cette époque, 1977. Mais le meilleur des effets demeure le regard de Richard Burton qui demeure saisissant et qui devrait durablement rester dans votre mémoire, comme cet excellent film doit regagner la place qui est la sienne, parmi les meilleurs films de tendance apocalyptique des années 70 ! Note : Le DVD est disponible à la vente ! Achetez-le ou faîtes vous le prêter !

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 08:00

Les séries télé anglaises ont connu quelques périodes dorées, je situe la première dans les années 60 avec Avengers, le Prisonnier ou encore le Saint. A mon sens, la seconde se déroule de nos jours avec la reprise fabuleuse du Doctor Who, qui demeure sans égale. Mais s’il y a bien une série que l’on a tendance à oublier, même si beaucoup la connaissent, c’est bien le Saint avec le sémillant Roger Moore !

Le Saint fut inventé par le romancier Leslie Charteris. Le personnage était à la fois un gentleman un rien Arsène Lupin et un redresseur de tort, parfois assez violent. Leslie Charteris avait eu l’idée géniale de créer un sigle pour son détective, celui que vous connaissez et qui permit de caractériser ses romans au premier coup d’œil et de leur donner une identité visuelle très forte. La série est un succès, un gros.

Il faut dire que Leslie Charteris sait fort bien écrire, ses intrigues, ses rebondissements, ses situations périlleuses ainsi que les belles femmes sont savamment maîtrisés : un travail d’orfèvre ! D’origine chinoise par son père, Leslie Charteris crée le Saint (les initiales de Simon Templar) dès son troisième roman. Ce grand monsieur décédé en 1993 à l’âge de 86 ans était un expert de l’écriture : ses romans, bien que datés, impressionnent encore par son sens de l’intrigue et sa dramaturgie.

Maintenant Roger Moore. L’acteur est né en 1927, il a explosé en 1958 avec le rôle d’Ivanhoé pendant 39 épisodes puis il a connu des rôles qui l’ont mené toujours plus haut, jusqu’à James Bond en 1974 avec Vivre et laisser mourir. Entre temps, il fut le truculent Lord Brett Sinclair dans Amicalement vôtre, que l’on peut toujours regardé avec plaisir. Le Saint demeure un rôle que Sir Roger Moore voulait jouer, mais il n’a pas pu obtenir les droits de la série. Ce sera le talentueux producteur Brian Clemens, scénariste talentueux et réalisateur, qui lui offrit le rôle.

Roger Moore ne pensa pas en avoir pour plus d’une saison, 6 mois de tournage, mais la série eut du succès et on adapta tous les romans de Leslie Charteris, pour une durée de 3 ans. Ce fut ITC qui, dans sa grande période créative, adaptera le personnage en édulcorant quelque peu la violence des romans pour que les enfants puissent suivre les aventures du Saint.

Tout le monde pensait donc en avoir fini avec le personnage, mais voilà que les USA provoquèrent un coup d’éclat. Un grand network diffusa au hasard, pour boucher un horaire de diffusion, un épisode de la série. Ce fut un gros succès. Les dirigeants n’y croyaient pas. Il recommencèrent, et ce fut un vrai succès. Ils furent donc obligés de négocier avec la firme ITC d’autres saisons. Brian Clemens convoqua Roger Moore, un pool de scénaristes pour repartir dans l’aventure et celle-ci dura…6 ans de plus !

En 1969, la série se finit et Roger Moore en sorti lassé, très méfiant à l’égard des séries télé. Paradoxalement, Amicalement vôtre ne connut pas le même sort et la série ne fut pas reconduite, alors qu’elle demeure un classique en France, elle a même passé le rideau de fer et elle a institutionnalisé le Buddy-Movie.

La série a connu un autre interprète, pour le Retour du Saint (mais Jean Marais l'avait déjà joué dans les années 50), mais le souvenir de Roger Moore demeure le plus fort. Si on regarde de plus près, le Saint demeure le prototype de héros des années 30, une sorte de détective classieux sans problème d’argent, qui est à l’abri de la police, qui provoque la mafia sans crainte et dont les aventures l’opposent même aux espions étrangers. Une sorte de héros dont il ne convient pas de se poser trop de questions pour accepter l’énormité de ses aventures, ni même l’extravagance de son invincibilité : un héros qui fait rêver en quelque sorte.

 

 

 

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 08:00

Puisque les chaînes françaises ont tendance à rediffuser certains programmes, en vérité les mêmes, vous avez sûrement vu ce logo quelque part en bas d’un générique d’une série télé. Pas de n’importe quelle série télé, une bonne série télé innovante et britannique qui ont amusé notre jeunesse. Le Saint, Chapeau melon et bottes de cuir, Amicalement vôtre, le Muppet show ou encore Destination Danger ou le Prisonnier. ITC est indiscutablement un acteur majeur qui a su produire et proposer des séries et des films de grandes qualités. Retour sur une compagnie de production qui mérite toute votre attention !

ITC, acronyme de Incorporated Télévision Compagny fut fondée en 1954. IL s’agit d’une nouvelle structure de production qui était conçue pour être indépendante des chaînes de télévision. Une sorte de prestataire indépendant qui est mis en compétition avec les chaînes anglaises. ITC se devait donc d’être compétitive et elle l’était.

Le but d’ITC était donc de produire des programmes rentables qui puissent s’exporter dans le monde entier. Les visées d’ITC étaient donc de fournir des programmes dans le reste du monde, en concurrence avec les américains. Des succursales furent donc crées et les séries ITC furent donc proposées dans le monde, dont des endroits surprenants. Amicalement vôtre fut ainsi vendu en Russie sous le titre…Des deux !

ITC a produit dans les créneaux porteurs que ce soit dans le cinéma ou la télévision. Le chiffre d’affaire de la société fut conséquent, ITC fut une vraie réussite. ITC avait ses propres studios, à Elstree et on retrouve ici et là quelques menues similarités dans certains shows des années 60 et 70.

ITC parvenait remarquablement bien à s’imposer dans tous les genres porteurs. La mode était aux espions dans les années 60 ? Le Saint, Destination danger ou encore le Baron vinrent répondre à la demande. Le Prisonnier fit mieux encore en créant une des toutes meilleures œuvres, tout support confondu.
Les programmes pour enfants étaient porteurs ? ITC produisit quand même quelques séries fantastiques d’une qualité qui semble maintenant inaccessible avec les séries de Gerry Anderson, les Thunderbird, le Muppershow, Joe 90, Supercar...

La SF était un créneau à la mode ? ITC se lança dans le fameux Cosmos 1999 qui divise encore aujourd’hui les fans mais qui dont on se souvient presque tous.

Pour la partie films, la branche cinéma de télévision produisit quand même des films qui sont remarquables comme Dark Cristal, la grande menace, la série des beaux-pères, la Compagnie des loups, la dernière sirène, Saturn 3, ces étranges garçons venus du Brésil, Capricorne one…Bref, des films de qualité qui n’ont pas d’équivalent de nos jours dans les productions américaines, toujours plus dociles à simplifier les intrigues pour plaire au plus grand nombre.

ITC a ralenti son activité dans les années 80, le secteur télévision n’était plus aussi florissant et hélas, il semble que la société gis dans ses cendres. La raison ? Probablement un défaut au niveau du management qui n’était plus capable d’allier concept et créateurs de talent. Si des estimables créateurs comme Brian Clemens ou Gerry Anderson sont des auteurs et des producteurs de légende, leurs successeurs se sont montrés trop technocratiques et pas assez artistiques. Quel dommage !

ITC s’est finalement effondré et une bonne partie de son catalogue fut vendue à la MGM. Quand on voit le grand film que la firme au lion a produit, Basic Instinct 2, on se dit que l’ère de gloire d’ITC est définitivement une addition de talents et une période lointaine !

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 08:00

2ème partie 

Marshall Rogers jouit, en ces toutes fins des années 70, d’une renommée chez les fans de comics, d’une audience, de l'attention des éditeurs mais aussi d’un prestige. Alors qu’on aurait pu l’attendre sur de gros projets chez Marvel ou chez DC, il suit son compère avec lequel il a revampé Batman : Steven Engelhart.  

Steven Engelhart est un auteur très capable, mais il a clairement eu une période où il était plus inspiré que par la suite. Il peut être clair et ingénieux autant qu’il a produit des écrits, par la suite, où il était contemplatif et ses personnages méditatifsdans des intrigues pas toujours convaincantes.  Bref, un auteur qui  était bon mais qui est devenu  moins brillant,  et qui l'ignore.

En tout cas, Marshall le suit pour produire Coyote, un personnage de Steven Engelhart chez Eclipse comics. Coyote n’est pas un personnage qui n’aura suscité de passions, autre que celle de Steven Engelhart. Outre une petite poignée de numéros pour Docteur Strange, Marsall Rogers aura suivi Steven Engelhart dans son propre univers, qui est parfois un peu lassant. Ainsi suivra le détective Scorpio Rose, une autre création de Steven Engelhart qu’il porte dans son cœur. Mais la carrière de Marshall devient confidentielle, bien que des fans soient déjà conquis. Le marché est volatile, et de nouvelles gloires attirent davantage l’attention que lui.  

Aussi il collabora à quelques comics, son nom reste prestigieux, mais ce ne sera pas l’explosion tant attendu. Artiste lent qui ne reste guère plus d’une poignée de numéros sur un titre, Marshall va s’éparpiller sur des projets qui, même quand ils sont intéressants, ne sont pourtant pas de premier plan. Ainsi on va le revoir dans le mainstream sur Justice League Europe, pour 2 petits numéros afin de soulager Bart Sears, mais aussi sur Excalibur dont le départ d’Alan Davis enlève à ce titre sympa et enjoué beaucoup de son charme. Cet épisode 20 de la Jle avec le Beeffeater est une grosse rigolade, avec ce nouveau  super-héros  qui veut reprendre  le flambeau de son père, qui a  essentiellement  usé ses capacités  dans  un pub  plutôt  que dans  des combats.  Le Beeffeater  parviendra  quand même  à  mettre en  péril  la comique et  inspirée Jle, malgré  lui alors qu'il était venu pour rejoinre ses rangs !
 

Le problème est que le style de Marshall Rogers semble s’étiolé. Il a perdu son trait fort et précis. Son art de placer ses personnages dans les décors permettait de faire des configurations démentes, un style que seul lui maîtrisait à ce point. Dans cette seconde partie des années 80, Marshall ne maîtrisait aucun de ses deux points forts, ce qui est quand même une déception. Pour les lecteurs non avertis de ces deux titres, Marshall Rogers n’est qu’un remplaçant qui n’égalait ni Alan Davis, ni Bart Sears alors que ses travaux de Detective comics semblent déjà loin, très loin. Le trait de Marshall est moins puissant, les contours sont moins marqués et il semble qu’il ait perdu la main. 

Le compagnon de toujours, Steven Engelhart, pense à lui pour la grande reprise de Silver Surfer. Stan Lee a quitté les affaires, lui qui avait demandé à ce qu’on ne touche pas ce personnage après lui mais Marvel ne veut laisser aucun terrain en friche.

Steven Engelhart est donc assigné à la reprise du Silver Surfer, et ses épisodes ne seront pas convaincants. Le Silver est donc un être qui se déambule dans l’espace au grès des luttes contre les factions extra-terrestres antagonistes. L’intrigue est lourde, pesante. L’action est atone, et les enjeux ne sont guère palpitant. Silver Surfer vit des aventures redondantes, qui capitalisent sur l’héritage passé et puisent dans le bestiaire alien de la Marvel (très développé). Le titre réussit à endormir le lecteur et seul Jim Starlin viendra rendre le titre passionnant, mais il réintroduira ses propres créations.  

Marshall Rogers tiendra 10 numéros de suite pour ne revenir que de manière erratique. Steven Engelhart a dit de lui dans une interview qu’il se lasse des retards de son collègue et, à demi-mots, qu’il pourrait le lâcher. Belle reconnaissance envers son collègue qui l’a pourtant suivi dans des comics à la gloire des créations de Engelhart et qui servent ses propres aspirations. 

En 1989, Marshall Rogers est choisi pour dessiner Batman dans son strip ! Une grande première qui permet de retrouver le trait si intéressant de Marshall, fin et précis qui confère au chevalier noir puissance et majestuosité quand il se déplace à travers les building. Mais encore une fois, Marshall Rogers ne tient pas la distance et il passe la main à…Carmine Infantino. Si ce dernier artiste est bon, sa période de gloire date quand même d’il y a 25 ans et il fait démodé, énormément ! D’ailleurs, le strip s’arrêtera assez vite. 

La carrière de Marshall Rogers devient donc erratique et quelque peu dure à suivre. Il est toujours plus ou moins lié à DC pour lequel il livre de temps en temps des dessins pour des chartes graphiques ou encore quelques épisodes exceptionnels (deux d’affilé, guère plus). Il reprendra la suite d’Erik Larsen dans le titre Spider-Man pour deux numéros spéciaux.

En revanche, Marshall Rogers est plus présent pour ce qui est le para-comics : les dessins pour les conventions, les commissions pour les fans (de très très belles qui montrent qu’il n’a rien perdu quand il voulait bien se donner la peine).  

Mais Marshall Rogers collabore encore une fois avec son ancien partenaire de la dream team de Detective comics, qui convainc des nouvelles générations de fans et qui s’inscrivent durablement comme des épisodes de légendes. Steven Engelhart clame à tout va que ces épisodes ont même servis pour le film de Batman en 1989. J’ai quand même un doute…
En tout cas, Batman Dark Detective est un événement en 2005 quand ces 6 numéros sortent enfin. Le Joker est de retour, Steven Engelhart nous le promet fou mais inspiré, Silver Saint Cloud revient, bref c’est l’événement.  

 Que vaut le résultat ?

C’est relativement intéressant, le feu sacré se ressent à travers quelques cendres, mais guère plus, du moins au scénario. Le Joker revient, pour une élection pour laquelle il veut être le seul candidat à l’arrivée. Les scénarios sont quelque peu macabre, un rien violent et la relation entre Siver Saint Cloud et Bruce/Batman est le  ressort émotionnel de ce Dark Detective. Marshall Rogers opère une synthèse de ses deux styles, celui élégant des années 70 et le second plus éthéré des années 80, qui lui ont moins été profitables.
Marshall Rogers opère un retour en force, très appréciable.   

Ce sera en quelque sorte son champ du cygne , puisque son fils le retrouve mort, inanimé sur son bureau en 2005 suite à une crise cardiaque. Une légende qui s’éteint, après un dernier baroud d’honneur mais ses travaux méritent surtout d’être découvert, notamment par les nouvelles générations. Personnellement, Marshall Rogers est l'un des mes artistes préférés. Son interaction avec les décors demeure de tout premier ordre et il a innové en ce sens, crée. Il n'a certes pas tenu toutes les promesses ou les attentes qu'on pouvait attendre de lui mais il reste à mon sens un artiste dont je ne me lasse pas d'admirer les oeuvres !
 

 

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 08:02

Batman est un personnage qui a une telle histoire, depuis 1940, qu’il a forcément des histoires qui sortent du lot, voire d’exception. Si les premières années furent celle de la création et de la mise au point du personnage ainsi que son univers, seul l’arrivée de Neal Adams et de Denny O’Neil lui donna des moments grandioses. Ceci se déroule à la fin des années 60. Les années 80 voient un apport indiscutable de Frank Miller qui hisse le personnage au pinacle. Mais entre temps, il y a donc l’apport de Steven Engelhart et Marshall Rogers qui demeure la référence pour les lecteurs de comics avertis.

L’ère de Neal Adams avait en quelque sorte mis fin à des années où Batman était clairement un personnage qui s’adressait aux enfants. De plus, la série télé du milieu des années 60, prestigieuse, semblait faire du personnage un justicier inoffensif voire un archétype qui ne contente que les enfants. Doublé par Marvel, les ventes du personnage chutaient et DC, sous l’impulsion de Carmine Infantino, reprit le personnage de Bob Kane en le dédommageant. Par un heureux concours de circonstances, Neal Adams arriva aux commandes du personnage et celui-ci eut le droit à des aventures sombres, parfois macabres où Batman reprit toute sa dimension de justicier avec des criminels réellement dangereux. L’ère Neal Adams a été mal traduite par Sagédition. Panini a tenté de traduire quelques aventures de The brave and the bold mais il semble que ce fut un succès modéré.

Après le passage de Neal Adams, Denny O’Neil continua le titre mais il s’était quelque peu essoufflé avec l’aide de dessinateurs comme Irvy Novik. Batman paraissait donc dans Batman puis Detective comics. La série qui nous intéresse est Detective comics puisque ce mensuel avait quand même le droit à quelque attention de la part des éditeurs de DC comics puisque Walter Simonson (au style impressionnant à ses débuts) était sur le titre.

Marshall Rogers fut donc adjoint à Steven Engelhart, qui venait de chez Marvel où il essuya quelques frictions avec sa direction. Un cas que ce Steven Engelhart, il écrit avec une forte dose de ressenti, sa patte en quelque sorte, où il s’applique à proposer une certaine personnalité aux super-héros ou alors les plonger dans un contexte intéressant. Steven Engelhart a fait une période mémorable sur Captain America, où il était suggéré que le chef des méchants aurait été…Nixon mais surtout sur Hulk. Hulk était un personnage qui était routinier puisqu’il se coltinait, mois après mois, un méchant aussi fort que lui. Steven Engelhart donna développa ses amis, dont Jim Wilson et donna du relief à ses ennemis, dont le retour de l’abomination, la fin de Mimic. Une poigné de numéros intéressants, qui contrastent avec le train train des aventures du géant de jade.

Pour son passage sur Detective comics, il rédigea ses scripts puis il partit en Europe. Il eut un choc quand il vit son accomplissement par Marshall Rogers, en quelque sorte des écrits sublimés par un dessinateur où quand la somme de deux artistes est supérieur à l’addition de leur compétence individuelle. Detective est à nouveau un titre haletant qu’il faut suivre car on est impliqué dans les péripéties de Batman. Il a fort à faire avec Clayface, puis le Penguin. Un politicien véreux nommé Thorne orchestre les médias contre lui. Un vieil ennemi nommé Hugo Strange, pas exactement lui mais son spectre, ce qui demeure un mystère de plus à dénouer. 

Le Joker s’invite dans la partie, et il n’aura jamais été aussi bien écrit. Le Joker se suffit à lui-même, on sait qu’il est imprévisible, explosif mais son traitement est généralement décevant, une sorte de gadget. Pourquoi un fou s’obstine-t-il à devenir un grand criminel ? Pourquoi faut-il qu’il soit cupide alors que la folie est tellement au-dessus de ces contingences ?

Steven Engelhart fera de lui un bouffon macabre et halluciné qui change le poisson en…lui-même ! Dans un brillant monologue, le Joker redoute que les gens ne mangent plus de poisson si son chantage ne fonctionne pas. Après réflexion, il se dit que la viande serait son prochain objectif. De plus, il tue sur une impulsion un de ses hommes de main, il est réellement imprévisible et tellement ingénieux. Ce traitement restera sans suite, hélas, suite au départ de Steven Engelhart.  Sur cet arc, les périples s’additionnent, ce qui laisse Batman perplexe tandis que Silver Saint Cloud a deviné qu’il était Bruce Wayne. Hugo Strange et Thorne sont de la partie et les intrigues se dénouent avec maestria. 

Marshall Rogers est à la hauteur des scripts de son collègue. Son interprétation de Batman sera un être massif, puissant qui se déplace avec art dans Gotham city. Marshall Rogers demeure si innovant que le décor met en valeur les personnages, les angles de vue sont audacieux et le lettrage occupe une place pour être réellement mis en valeur.
C’est presque un maître ou un artiste qui a le feu sacré.

Rogers et Engelhart font un travail comparable à Chris Claremont et John Byrne ( je trouve qu’il y a une parenté de style entre Byrne et Rogers) sur Uncany X-men : les titres sont diablement captivants, les intrigues font avancer les personnages qui connaissent une période créative dont le capital sera exploité par la suite.

Rogers et Engelhart se permettent même de réinventer le personnage de Deadshot, de le doter d’une armure pour ce personnage qui deviendra un des meilleurs vilains du DC universe, membre de Suicide Squad et plus récemment des Secret Six. Là encore, l’épisode est diablement réussi et le lieu de l’action est réellement inspiré, une exposition d'art moderne où les deux ennemis se poursuivent sur une machine géante à écrire.
Hélas le run de nos deux artistes est trop court, et ils ne seront réunis sur le personnage qu’en 2005, un gâchis de la part de DC qui tenait une équipe créative en or.

En France, le titre ne sera publié que dans 4 épisodes dans Batman poche 20 et 22, c’est à dire de manière anarchique, sans promotion particulière, ce qui donnera à ce run un caractère confidentiel alors qu’il est si fameux aux USA. En outre, aucun éditeur ne l’a republié par la suite, ce qui demeure quelque peu dommage. Car sur une série continue, Batman ne fut presque jamais aussi bien servi et que ces épisodes sont idéal pour intéresser tout novice ou lecteur dont le personnage n’est pas la tasse de thé…

Note : Un distingué et éclairé collègue, Niglo, a fait bien mieux que moi dans buzz comics en 2005, pour traiter à temps de la mort de Marshall Rogers. Je vous invite plus que fortement à lire la passionnante chronique de Niglo dont les renseignements et les illustrations sont de tout premier ordre. Bravo à lui !

 

 

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 08:00

1ère partie  

Marshall Rogers n’est connu que des amateurs quelque peu avertis des comics en France. Ces œuvres ont été publiées en partie mais pas dans des circonstances qui aient permis d’attirer l’attention sur ce grand talent. Aussi, je vais tenter de configurer les minces informations que j’ai à son sujet, sachant que je le considère comme un grand, très grand talent.

Marshall Rogers est né en 1950 aux USA. Tenté par des ambitions artistiques, il a néanmoins choisi un prudent apprentissage dans le dessin industriel et architectural. Il s’agit d’un art roboratif, technique, exigeant et qui ne laisse que peu de place à l’épanouissement créatif. Justement, l’appel de l’art titille Marshall Rogers qui se décide quand même à franchir le pas et à tenter, pourquoi pas, les comics. Il fera donc de petits travaux confidentiels, presque des fanzines, pour finalement travailler dans Deadly hands of Kung-fu, avec Chris Claremont sur les filles du dragon.

Les qualités artistiques de Marshall Rogers sont évidentes. L’homme a un trait de crayon efficace et ses personnages sont puissants, massifs tout en étant gracieux. Marshall possède une sorte de ligne claire qui rappelle celle de John Byrne : les contours de ses personnages sont efficaces. Pour un coup d’essai, c’est déjà un coup de maître et Marshall passe chez DC comics qui va mal, très mal.

En ces années 77-78, l’éditeur historique connaît presque un effondrement en terme de ventes. La situation est grave. Pour le titre Batman,  ses meilleurs moments, ceux donnés par Neal Adams sont loin. Marshall Rogers va donc être assigné sur Detective comics avec Steven Engelhart qui a une approche très artistique et sensitive de ces scripts : il écrit comme il ressent ses personnages ou ses histoires. Or Batman va être furieusement intéressant. Rarement le mythe de la chauve-souris n’aura été aussi intéressant et prenant.

Grâce à une poignée de numéros, les 471 à 479 et le 481, Batman redevient un titre palpitant où Batman doit se surmultiplier pour combattre un Joker qui n’aura jamais été aussi bien utilisé, un psychiatre diabolique dont on ne sait au juste si il est mort, un politicien très corrompu. Il s’ajoute à cela une vie privée compliquée avec un amour nommé Silver Saint Cloud qui pourrait ramener Bruce Wayne à une vie moins…agitée !
Ces périples ne seront pas trop, ils sont bien agencés et rendent la situation pour Batman périlleuse. Du sang neuf est enfin injecté dans Batman, avec la recréation de Deadshot, en vilain maintenant de premier ordre ou encore le Pingouin qui redevient coloré, un rien risible mais nocif et dangereux. Clayface est remis à l’honneur, bref il s’agit d’une réussite totale qui est hélas quelque peu passée inaperçue en France. Les américains, eux, font la fête à Marshall Rogers puisqu’il est considéré en 1979 comme un des trois grands que sont John Buscema, Curt Swan (surprenant) et lui.

Bizarrement, DC ne semble pas attaché son talent sur des projets de premier ordre car la paire reprend Mister Miracle après le très haut Jack Kirby. Les reprises des récits majeurs de Jack, comme les News Gods ou même Kamandi, ne sont pas des réussites artistiques chez DC. Ce sont même des épisodes qui demandent beaucoup d’indulgence et qui dilapide la sympathie et l’intérêt que nous pouvons porter à ces personnages. Pourtant, Rogers/Engelhart seront ceux qui auront fait pour le mieux en ce qui concerne l'héritage de Kirby, avec une petite poignée d’épisodes très inspirés.

Mister Miracle n’aura cessé, au cours de ses 16 premiers numéros par son créateur, à s' échapper à tous les piéges les plus tordus que lui auront dressés les sbires de Darkside ou des hommes puissants et fous. Le ressort de Mister Miracle consiste à s’échapper à des pièges bigger and better. Engelhart suit les pas de Kirby mais il change un élément de l’histoire : cette fois, ce sera Mister Miracle qui partira débusquer ses ennemis et il ne veut plus subir.

L’ère Engelhart commence donc avec l’enlèvement puis le conditionnement de sa femme, Barda. Scott Free voit rouge et il part investir Apokalips (déconseillé par les guides touristiques de DC). Un des périples qu’il affronte consiste à se voir attaché chaque bras sur une fusée différente qui vont l ‘écarteler. Le bigger and better est donc une formule assimilée par Engelhart et elle fonctionne bien. Le trait de Marshall est plaisant, mais son interprétation de Darkside ne fonctionne pas très bien, un minuscule impair sur une belle prouesse graphique…

  Marshall Rogers connaît son moment de gloire, mérité. Mais hélas il n’a pas très bien géré sa carrière puisque celle-ci ne va le porter au pinacle qu’il aurait dû attendre, quelque part près d’un George Perez ou d’un John Byrne. Nous verrons pourquoi sa carrière s’est enlisée mais pour le moment, retour sur la quitessence du Batman des années 70...

 

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 08:58

Bienvenue aux nouveaux lecteurs ! J’espère que vous avez apprécié ce blog et que vous vous y trouverez à l’aise. Nous finissons donc trois semaines dédiés Fantax puis Lug. Fantax est connu, mais juste des amateurs éclairés (il y en a !). L’Affaire Louis Trio/Hubert Mounier qui demeure l’un de mes artistes préférés, et qui mérite fortement d’être écouté pour y déceler la richesse de ses œuvres.

Pour le reste, j’espère aussi que la semaine sur le roi des singes vous a plu. Il était temps de rendre un hommage à ce pan de l’animation que nous connaissons mal et qui demeure intéressant au tout premier chef. Personnellement, je garde un souvenir magique de la diffusion de ce dessin animé lors d’un après-midi sans avoir réellement été annoncé.

Enfant, ce dessin animé m’avait enchanté. Je garde depuis lors ces fabuleuses images dans un coin de mon esprit et le revoir, adulte, ne m’a pas déçu. C’est exceptionnel de retrouver de la magie dans une œuvre de jeunesse et même de l’apprécier encore plus. 

Pour la quinzaine à venir, je vais m’arrêter sur un des artistes préférés dans les comics, qui demeure relativement mal connu en France (quelque part, cela double mon intérêt à son encontre) et qui avait une patte unique. Marshall Rogers n’avait en effet pas son pareil pour combiner personnage et décors afin de capitaliser le maximum d’une case de comics. Son emploi du lettrage est également de tout premier ordre. Malgré ses qualités, Marshall Rogers demeure encore mal connu dans notre contrée alors qu’il jouit d’une belle réputation aux USA. Un artiste à redécouvrir, un run de brio sur Batman, cela annonce une bonne semaine ! 

Pour la partie film, je vais m'intéresser à une société de production anglaise qui nous a offert les meilleurs séries télé. ITC n'a pas eu de rivale et elle demeure mal connue en France alors qu'elle a produit tant de films et de séries télé, dont certaines passent encore sur le cable ! Je vais vous présenter cette firme, puis une série de la firme et enfin un film !

Sinon, je vous invite à aller visiter le site de PhilipAlain. Il s’agit d’un portraitiste de talent et illustrateur qui peut réaliser des commissions de vos héros préférés. Profitez-en, il n’est pas encore connu (donc pas encore cher). Son style, déjà accompli, me fait penser au grand Alex Ross Bien que PhilipAlain ait une patte qui lui est propre.

Il a son propre site qui propose des animations qui m’amusent au plus haut point. Il y vend également ses comics ou ses livres et, pour avoir commander, je peux vous assurer qu’il est fiable et sérieux.

Cliquez ici pour aller le visiter et bonne lecture !

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