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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 08:00

Les critiques de cinéma ont tendance à écrire que la SF au cinéma était un genre mort avant 2001, qu’il n’y avait rien ou presque et que d’ailleurs seul Star Wars est à considérer après. Toutefois, c’est sans compter la grande vitalité d’alors du cinéma italien, qui était un bouillon de cultures.  Le très respectable Antonio Margheriti a livré 4 opus de films de Sf, la Hammer a produit son Alerte satellite 02, il y a aussi le sympathique Bataille au-delà des étoiles, aka The Green Slime. Mais 4, 3, 2, 1…Opération lune représente le modèle de la très bonne série B, que l’on peut regarder sans crainte de connaître l’ennui et qui laisserait même un agréable souvenir. 

Le Major Perry Rhodan est convoqué pour une mission. Celle-ci l’amène lui et les membres de son équipe dans un pays hostile où a atterrit une fusée de type inconnue. A son bord, se trouvent une superbe extraterrestre (de type Vénusienne ou sur les podiums de haute couture, au choix). Thora, c’est son nom, se révèle incroyablement autoritaire et regarde les terriens comme des petits enfants qui s’irritent facilement. 

Mais ayant atterri en milieu hostile, déchaînant les forces ennemies, Thora aura besoin de l’aide du sous-évolué terrien Perry Rhodan, qui aura fort à faire pour que la situation ne dégénère pas. De plus, un des camps ennemis a glissé dans son équipe un espion qui a toute sa confiance. Le Major Rhodan devra jouer serré, d’autant plus qu’à peu près toutes les factions rivales veulent cet étrange vaisseau, au matériel dévastateur et surpuissant. 

 4, 3, 2, 1…Opération lune mélange avec bonheur différents éléments comme les ingrédients de films d’espionnage, de la Sf, du charme avec des effets spéciaux économiques mais adroitement mis en scène, grâce à des plans serrés, pour créer l’illusion. Ainsi, le fameux vaisseau de Thora est suspendu par des fils qui sont cachés avec habilité  par la position de la caméra. Le principal de l’intrigue se déroule dans une carrière, probablement aux environs de Rome ou non loin d’un studio.   

Certains spectateurs tiennent le raisonnement que la faiblesse de  moyens condamne un film par son ridicule. Ce n’est pas du tout mon avis, et le réalisateur, Primo Zeglio, a bien assimilé l’essence des trucages qui doivent être des trompes l’œil pour le spectateur. Vieux routier du cinéma  d’aventures (dont le péplum), Primo Zeglio assure une réalisation tonique qui épouse bien l’histoire et ses rebondissements, du bon boulot. Lang Jeffries, un acteur chevronné du péplum et OS117 des années 60 se montre convaincant dans le rôle du Major Perry Rodhan, un héros doté de raison et de valeurs morales.
Les effets spéciaux, l’époque du film mais aussi le ton psychédélique du film, tout confère à 4, 3, 2, 1…Opération lune une belle patine des années 60 (1967 plus précisément). 

Pour finir sur Perry Rhodan, il s’agit quand même d’un héros très populaire dans son pays d’origine, l’Allemagne. Il est issu de romans de Sf qui ont bonne réputation, un mélange de Bob Morane et de Capitaine Flam qui possède toujours de nombreux fans et dont, étrangement, 4, 3, 2, 1…Opération lune demeurerait la seule adaptation (réussie) à ce jour.

La création de Perry Rhodan est amusante, un éditeur aurait défini le concept tandis qu’un pool de scénaristes aurait écrit une kyrielle d’histoires. Il me semble même qu’une Bd Perry Rhodan soit parvenu jusqu’à nous. Il est vrai que le créneau était occupé par Dan Dare, lointain cousin britannique de la firme Fleetway/IPC. 

Enfin, touche finale en forme de cette belle cerise cuivrée, la bande annonce est de toute splendeur. Selli, le titre phare de la B.o, peut vous hanter longtemps après l’avoir entendu. Elle demeure un des meilleurs morceaux de l’ époque, un rien pop que le générique illumine dans un torrent psychédélique de couleurs. L’ensemble laisse plus qu’un agréable souvenir, mais la patine d’une certaine qualité élaborée par des artisans doués, un souvenir haut en couleur d’un glorieux cinéma de jadis… 

Notes : Merci à Jean-Pierre Dionnet pour nous l’avoir montré jadis dans Cinéma de quartier.
Ce fut également l’antique éditeur vidéo Ciné 7 qui l’avait édité. Vous avez peut-être remarqué le tube Selli dans une pub de déodorant où des guerriers chinois, un homme et une femme, se battaient comme dans Tigre et Dragon.
D'ailleurs, je vous propose de jetter un bref coup d'oeil à cette pub !

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Published by Bastien AYALA
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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 08:00

La série télé à la mode qui cartonne en ce moment, et qui rend addict la plupart des personnes regardant ce type de programmes, est Lost. J'ai jeté un coup d'oeil au premier épisode et  certaines parentés avec un autre film, qui m’avait fait une grande impression, et qui repose sur un postulat identique. La similitude au niveau conceptuelle est telle que j’y vois une influence manifeste, mais certains amis me la conteste. Aussi, à vous de vous faire votre propre avis. 

Le film en question se nomme « les mutants de la St-Valentin », il fut diffusé sur M6 assez probablement un jeudi soir. L’histoire traite de 6 jeunes qui s’amusent sur une fête foraine mais ils s’embrouillent avec des forains. Ils doivent même décamper et les forains les poursuivent. Ils sont obligés de s’enfuir en bateau. Ils accostent sur une île qui semble venir de nulle part.

Sur place, ils trouvent des bâtiments vides, il n’y a personne mais tout semble daté voire figé dans les années 50’. Le problème demeure que les jeunes sont divisés et qu’ils sentent des présences. Ainsi, alors qu’un couple se promènent sur une petite colline, ils entendent distinctement des rires derrière la colline. Ils se hâtent mais il n’y a personne. Tous sont surpris, mais ils le sont davantage quand ils entendent les mêmes rires derrière la colline. Après la curiosité, ils se sentent menacés et ils comprennent qu’ils sont dans un piège, la tension augmente d’un cran. Une jeune fille suit une silhouette dans une maison, sur place il n’y a personne mais elle subit une tempête de neige qui monte en intensité. Finalement, elle disparaît pour être intégrée dans une petite décoration qu’on renverse pour voir la neige (où elle devient le personnage) ! 

C’ est cela Bloody new year, le film de Norman J.Warren. C’est un réalisateur britannique qui a commis quelques films moyens, voire sincèrement médiocres, et qui a clos sa carrière en 1987 avec ce film diablement inventif. Le scénario est ingénieux, puisqu’il plonge les protagonistes dans une spirale qui défie la raison et la logique, où le piége les avale sans qu’ils comprennent à quoi ils sont confrontés. Certes, le film souffre de réels défauts que nul ne nie : le film est cheap, les acteurs sont mauvais et les effets spéciaux sont tout juste acceptables. Mais en revanche, quel scénario ingénieux ! La fin se révèle assez brillante, ironique en diable et il a marqué les esprits des spectateurs. Pour ma part, je rêve d’un remake réalisé par John Carpenter, qui demeure un champion en ce qui concerne l’utilisation de l’espace et de la tension. Bloody New Year demeure une perle de série…C, mais quel scénario ! 

Revenons à Lost, qui bénéficie d’un gros buzz et d’une réelle ferveur des fans, et ils sont nombreux ! La polémique est tenu : s’agit-il d’une série conceptuelle, ou d’une histoire savamment orchestrée dont la fin va illuminer la série ?
Lost est une série dont la qualité de l’écriture demeure indéniable : les personnages sont adroitement caractérisés et les rebondissements sont le lot des héros. Il y a toujours une nouvelle péripétie qui vient menacer les héros et qui est présenté sous l’angle du mystère.

Mais il semble qu’à force de superposer les intrigues, coups de théâtre et accroître les mystères, on pourrait tomber dans les travers de X-philes dont la pesante intrigue gouvernementale  a plombé le charme de la série.
En sera-t-il de même pour Lost ? La parenté avec Bloody New year est il une vue de mon esprit, une coïncidence, ou une influence ?

Je viens de prouver que Lost est vraiment une série à mystères !
 

Note : Pour notre plus grande chance, Néo Publishing a édité Bloody New year sous le titre « Mortelle Saint-Valentin ». L’édition de même que le prix sont en appréciables et je vous recommande cet achat, d’autant plus que je ne vous ai pas révèle la fin du film ! 

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Published by Bastien AYALA
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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 08:00

J’espère que l’hommage à Luc Merenda vous a quelque peu intéressé. Je suis bien conscient que c’est difficile, quand on aime les comics, de s’intéresser au cinéma de genre. Pourtant, les frontières entre les deux para-cultures ne sont pas si ténues et il était grand temps de s’intéresser à cet acteur qui a de nombreux films à son actif, dont le très recommandable Torso.

Pour le reste, les articles sur Len Wein, Bernie Wrightson et la vague d’horreur chez DC constituent un tout. Il est diablement intéressant considérer ce courant comme ayant une filiation avec le Swamp Thing d’Alan Moore ou encore le Sandman de Neil Gaiman. Le point intéressant est que l’on dirait pas les enfants de ce courant, mais bien les petits enfants tant la qualité qui les caractérise paraît importante. A mon sens, le courant des années 70 semble daté, routinier tandis que celui de Vertigo pourra être lu sans problème dans 20 ans, alors que seulement une année sépare les deux ères !

En ce qui concerne le programme, il se déroulera sur 3 semaines et non deux, avec une troisième semaine consacrée à Hubert Mounier, pour sa carrière musicale et pour son talent/amour pour les comics. Hubert a été le seul des grands médias a toujours parler de son goût pour les comics, ce qui est un cas…unique.

Mais ce qui vous attend pour la première semaine sera la découverte d’un film de zombie inédit en France et seulement connu d’une poignée d’entre nous. Il est fort et il possède de nombreuses scènes chocs que je vous proposerai. Une belle découverte ! Ensuite, vous aurez le droit à une séance de rattrapage pour 4, 3, 2, 1 Opération Lune. Un savoureux petit film de Sf qui consacre le talent des italiens pour le domaine de la Sf, domaine dont ils étaient quasiment les seuls à tenter avant le 2001 de Kubrick et bien avant Star Wars. De plus, 4, 3, 2, 1 Opération Lune met en scène le preux Major Perry Rhodan, le Dan Dare germanique !

En outre, il y aura cet article que j'ai annoncé une fois, puis oublié, qui met en lien la série télé de Lost avec un film anglais de 1987 quelque peu méconnu. Le paralléle entre les deux réellement incroyable, et je me pose des questions depuis le premier épisode épisode de Lost sur "l'inspiration" des scénaristes. Bien sûr, comme nous n'avons pas la fin, nul ne peut emettre de jugement définitif mais la parenté est plus que troublante, et se doit d'être connue !

Pest our la partie comics, je vais m’intéresser à Mark Millar, qui est pour moi l’indiscutable grande révélation comics de nos années 2000. Certes, il y a toujours concurrence pour la place, j’apprécie beaucoup le trop rare Kevin Smith (meilleur dans les comics que dans les films), mais Mark Millar a réellement explosé et fait avancer les médias dès les premières pages de son excellente ère d’Authority. De plus, le comics et le films Wanted sont également des événements pour ce scénariste qui devrait aller encore plus haut dans la prochaine décennie !

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 08:00

DC comics était donc dans les années 50 et 60 une firme bien prude, presque irréprochable pour les ligues de morales américaines. Le genre super-héros était, chez l’éditeur historique, ce qu’il y avait de moins subversif ou violent. Pourtant, DC comics édita une quantité hallucinante de titres d’horreurs qui représentait une part non négligeable de son chiffre d’affaire. Retour sur un phénomène emprunt de paradoxes.  

Il semble que ces histoires d’horreur avaient déjà été publiées dans les années 50 par DC comics. Il demeure même possible de penser que ce genre soit très tôt apparu dans les comics. D’autres éditeurs importants en ont beaucoup produit et Chartlon comics, par exemple, en fit pendant longtemps. Mais la firme qui fut la meilleure, sur le plan de la qualité et du retentissement, fut la fameuse EC comics. Elle fit si bien les choses qu’elle provoqua indirectement, ou fut le bouc-émissaire, de la vague anti-comics des années 50. Aussi, il demeurait suicidaire de persister dans le même créneau.

Ainsi pour un titre phare de DC comme la maison des mystères, le contenu changea et on passa d’histoires licencieuses à des genres plus variés puisque le Martian Manhunter fit son apparition en 1955 puis eut le droit à des back-up dans les pages de ce propre titre. Ce serait en 1968 sous l’impulsion de Joe Orlando, rendu célèbre grâce à Alan Moore et sa citation dans Watchmen, qui rendit à Dc une nouvelle impulsion d’horreur avec une gamme qui se développa. House of secrets développa des histoires inhérentes au genre aventures avec un rien de lugubre. Ainsi il naquit le personnage d’Eclipso dans ce titre, qui fera parti du genre super-vilains bien plus tard (dans un excellent crossover).

On assista donc à une déferlante de titres d’horreur qui proposait des histoires courtes d’horreur avec des chutes cruelles. Le gore n’était pas véritablement à la fête et le caractère moraliste des histoires, plutôt historiettes, était évident. Il s’avère quand même que ces histoires plurent à une certaine audience, conséquente, puisque une gamme se développa et que des titres se vendirent bien. Il semble même que DC tentait de cachait à son concurrent, Marvel, les chiffres de vente exactes de ces titres de peur de se voir submerger sur le même créneau par cet éditeur qui lui avait déjà ravi sa première place.

Pour assurer les prestations graphiques de ces titres, Carmine Infantino et Joe Orlando eurent recours à de solides artistes philippins, dont certains sont des maîtres du noir et blanc, qui assurèrent une identité graphique aux titres de la gamme. Citons en quelques uns tels que Nestor Rondo, Alfredo Alcala, Enrie Chuan, Alex Nino mais il y en a pléthore d’autres. Mais d’autres artistes participèrent à ce courant dont le grand Neal Adams qui contribua de temps à autre pour des couvertures ou de rares intérieurs (à la demande de Carmine Infantino semble-t-il).

Que retenir de ces histoires multiples ? Un certain manque d’identité puisqu’il n’y a guère de liens entre elles. Les protagonistes se succèdent les uns au autres (il est rares qu’ils fassent plus d’un numéro) et, en ce qui me concerne, j’aurais du mal à me souvenir d’un contenu précis voire même d’une série. Il s’agit à mon sens de la faiblesse de cette mode, ce sont des histoires qui ont le goût de l’éphémère. Toutefois, la principale réussite de ce courant chez DC fut la création de Swamp Thing par Bernie Wrightson, découvert par DC, qui mit quand même deux ans à boucler 10 numéros. Mais quelle qualité pour ces numéros ! Il s’agit à mon sens d’un sommet de l’horreur, bien qu’il ne soit pas gore, où le maître du clair obscur distille une savante ambiance malsaine. La réussite de ce courant.

Toutefois, il y a les sempiternels frères Abel et Cain, les gardiens du titres qui tirèrent leurs révérences en 1983. Ce fut donc la fin définitive de cette ère qui aura aussi vu les trois sorcières d’âges divers et qui présentèrent elles-aussi ce qu’il convient de qualifier d’anthologie. Cependant, le prodigieux Alan Moore donna une nouvelle impulsion cardinale puisque il utilisa Swamp Thing, qui survécu par son aptitude à se mouvoir dans la catégorie super-héros, et il développa des références astucieuses à ces anciens titres d’horreur qui trouvèrent alors le plus beau des hommages.

Un second prodige, Neil Gaiman, créa sa propre série Sandman qui reprit avec bonheur et cohérence, ce qui manquait totalement à cette gamme, l’ensemble des figures de ce cheptel dans des histoires parmi les meilleurs de DC comics, tout simplement. Je vous rappelle que Sandman est toujours en cours d’édition chez Panini, et que vous devriez au minimum vous faire prêter un exemplaire par un de vos amis, sinon considérer l’achat de cette série si riche et d’une telle qualité.

Ainsi cette gamme de titres d’horreur au potentiel pourtant limité donna naissance, grâce à l’entremise des plus fameux talents britanniques, à la branche d’édition Vertigo en 1993. C’est bien simple, je n’ai guère lu qu’un titre qui ne soit pas satisfaisant dans cette gamme si ambitieuse et, même , révolutionnaire pour les comics. Il s’agit d’un fantastique bouillon de comics qui mérite, encore une fois, toute votre attention et qui recèle nombres de perles qui nous sont encore, hélas, trop peu accessible. Pas mal quand même pour descendance pour un courant mineur de l’horreur qui ne marqua guère les esprits non avertis !

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Published by Le Royaume des Avis
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 08:00

Len Wein est un scénariste qui a essuyé de fort mauvaises critiques dans le fanzinat français. A tel point que je me suis demandé pendant longtemps si il était aussi médiocre que cela. Certes, cette vague d’auteurs qui s’illustra dans les années 70’ (le relais de Stan Lee en quelque sorte) n’a guère plus donné de satisfactions par la suite et tous ont quitté les comics pour d’autres médias. Certes, on peut raisonnablement statuer que leurs histoires ou styles ne valent pas les coups d’éclats de Stan Lee mais quand même, ils ont apporté de bonnes pierres à l’édifice mainstream. Ce qui est justement le cas de Len Wein ! 

Len a commencé avec son pote Marv Wolfman, grands amateurs de comics tous les deux, ont su rentrer chez Dc et s’y installer. Ainsi on a donné une chance à des jeunes de 20 ans qui se sont montrés tout à fait capable ! Len Wein a pris en main quelques séries, dont Hulk où il a donné quelques moments farfelus (le monde sub-atomique où Hulk règne un temps, son idylle avec Jarella) que j’ai l’impression de retrouver avec planète Hulk. Il va prendre un temps le relais de Gerry Conway sur amazing Spider-man mais honnêtement, son passage est moins mémorable que celui de Gerry. D'ailleurs, il ne fait que le prolonger.

Sa version de Thor continue également la vision de Stan Lee et de Jack Kirby  mais le titre a perdu de sa magie et l’univers Asgardien me parait moins bien exploité. Len a surtout crée Man Thing et son quasi double Swamp Thing chez Dc  mais son morceau de choix demeure les X-men. Allez, vous avez peut-être lu un épisode de ce comics qui a lui seul est devenu une machine à cash dont Marvel essaye d’exploiter chaque recoin. 

Donc Len a laisser une grosse emprunte dans le comic book et sa vraie période sera grosso modo de 1968 (premiers débuts) jusqu’ à 1985 avec Watchmen, dont il sera le judicieux éditeur. Il partira avant la fin de la réalisation de Watchmen tout en reprochant la fin à Alan Moore qui se serait trop rapproché d’un épisode de la 4ème dimension. Len Wein ira travailler dans d’autres sphères, dont les dessins animés mais il aura collaboré à l’œuvre majeure des comics modernes. Toutefois, il gardera un pied dans le domaine des comics. 

Mais à mon sens, ses meilleurs moments seront son run sur Batmanau débuts des années 80’, dont il me semble qu’il fut également l’éditeur. Ses histoires sont bizarres, inventives et il s’intéresse à la galerie bigarrée des ennemis de Batman en leur donnant quelques moments mémorables. Il renforce aussi l’entourage de Batman en ajoutant de nouveaux personnages (la série oublie souvent que Bruce Wayne est aussi un homme d’affaires par son héritage). 

Il va surtout donner et conférer un aspect cosmique aux aventures de Superman et de ses alliés qui sera du meilleur goût ! Superman va tracter une planète ! Il va combattre Mongul avec sa cousine Supergirl avec un moment que j’adore : les deux kryptoniens scrutent la planète/arsenal de leur ennemi et leur vision est trop précise pour qu’ils réalisent la gravité du péril : ils se concentrent sur un  point alors qu'ils auraient du choisir une vue d'ensemble pour mesurer  l'ampleur de la menace. Bref, il y a plein de petites touches de ce niveau qui retiennent l’attention et qui confèrent de savoureux moments, même plus de 15 ans après une première lecture ! 

Enfin, Len Wein a repris après Crisis le personnage de Blue Beetle venu de la Charlton qui a revendu ses personnages de la ligne « action ». Len fait à mon sens un fort beau numéro zéro où il narre la mort du premier Blue Beetle (qui a même eu ses aventures publiées en France il y a des décennies, une sorte de clone du fantôme). Celui-ci se sacrifie mais assure le passage de relais à un de ses élèves nommé Ted Kord ! Futur brillant ingénieur mais super héros peu estimé par ses pairs, je fus surpris de son sort dans le spécial Countdown to infinity Crisis (qui a quand même eu le bon goût de ne durer que 80 pages !).

Le second coup d’éclat de Len Wein aura été de repérer puis d’engager Alan Moore pour écrire un bijou, sinon un diamant du comics moderne : sa création Swamp Thing ! Voir son œuvre ainsi sublimée doit être ressentie comme excitant ou blessant dans pour son propre égo ? Il semble que Len a été content même s’il a quitté son poste d'éditeur de Watchmen  au numéro 11 sur 12.  

Len ira travaillé dans d’autres secteurs dont le dessin animé ou la Tv puis il reviendra aux comics pour écrire le peu considéré Gunfire, un héros qui peut canaliser l’énergie résiduelle de chaque objet et le projeter. La série, vers 1993, ne durera qu’une quinzaine de numéros (avec Ed Benes aux dessins !) et Len ira tenter un obscur alliés chez Erik Larsen.

Une anecdote sur Gunfire, Garth Ennis l’aura ridiculiser à jamais dans son Hitman 1.000.000.000 quand son successeur viendra jouer les bons samaritains. Il se grattera sans trop faire attention ses propres fesses et il se transformera lui-même en grenade explosive ! On savait depuis le Spider-man de Stan Lee que c’était difficile d’être un héros mais alors là ! 

Ainsi Len Wein aura planté quelques semences o combien notables pour le comics book, que ce soit en personnages (toujours les X-men , Swamp Thing , le monde refuge de Hulk) que des bons moments qui inspireront de futurs auteurs (Grant Morrison pour les 7 soldiers et le côté cosmique délirant de sa JLA de très haut calibre. 

Le problème de Len Wein est qu’il caractérise à lui seul le problème récurrent des créateurs de comics. Il a cocrée Wolverine dans les fameux deux épisodes de Hulk. Il ne touche rien sur les droits de suite si ce n’est que pour les rééditions de ces histoires. Alors qu’un film sur Wolverine est tourné, est-il normal qu’il ne touche rien alors que le personnage demeure sorti de son imagination (affiné par Chris Claremont, il est vrai) ? Len Wein possède un meilleur contrat de la part de DC puisqu’il bénéficie de 10 % sur les bénéfices relatifs à Swamp Thing qui comptent, rappelons-le, deux films et une modeste série.  

Note : Je vous recommande surtout la très estimable interview de comic box, le no 47, où Len Wein relate le manque de reconnaissance moral et matériel de ce médium qu’il a pourtant fort bien servi ! Notons quand même que Len est toujours ami avec ses potes de sa génération et qu’il suit encore et toujours les comics !

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 08:00

Bernie Wrightson demeure une référence, la référence dans le domaine de l’illustration macabre où cet artiste a très tôt percé alors que le marché des histoires d’horreur était plutôt encombré par des artistes philippins assez compétents. Découvrez le parcours intéressant de Bernie Wrightson qui comporte quelques surprises mais qui demeure toujours, voire intimement, lié à l’horreur. 

Bernie Wrightson né le 27 octobre 1948 à Baltimore. Il demeure, encore une fois, un de ces prodiges du dessin qui passent le plus clair de leur temps à dessiner enfant. Il aurait fait un rêve récurrent et fort macabre d’une femme décapitée qui lui serait apparu avec une grande netteté ! Bien sûr, le jeune Bernie a dévoré tous les ECcomics qui passaient à sa porté et dont il était un grand fan. Là aussi, des images les plus gothiques se succédaient grâce au talent manifeste de plusieurs prodiges du dessin, ce qui a accentué le désir de dessiner de Bernie. 


Bernie Wrightson a suivi des cours de dessin par correspondance, ceux délivrés par la Famous Artists School du Connecticut qui, de l’avis de l’intéressé lui-même, étaient excellents. Il a donc commencé professionnellement comme illustrateur professionnel dans un journal de Baltimore, puis deux ans plus tard en 1968, il a montré certains de ses travaux à Dick Giordano qui l’a embauché sur le champ à Dc comics. Il en résultera ces superbes 10 épisodes de Swamp Thing, écrits par Len Wein, qui demeurent de l’avis de Bernie un de ses travaux préférés. Pour anecdote, Bernie devra enlever le E de Bernie pour cause d’homonymie avec un sportif de niveau olympique. Il a fallu à Bernie 2 ans pour produire la totalité de ces numéros qui assurèrent sa renommée et sa carrière.

Bernie Wrightson a donc rejoint un studio de dessinateurs de hauts calibres, Mike Kaluta, Barry Winsdor Smith, Jeff Johns dans un endroit tout simplement nommé The Studio. Il s’agit ni plus ni moins de la fine fleur artistique américaine des années 70. Bernie Wrightson ne produit donc guère pour les comics , il a d’ailleurs du mal à assurer un rendement mensuel avec une qualité satisfaisante. La proximité de ses pairs lui permet d’évoluer, d’apprendre des autres dans une belle synergie artistique qui demeure généralement fort profitable à chacun.

Bernie Wrightson s’intéresse plutôt aux récits courts d’horreur, spécialité de Warren Publishing dont les fleurons demeurent Vampirella, Creepie et Eerie. L’amateur averti pourra donc trouver quelques uns de ses travaux, rarement plus de 10 pages par numéro, et rarement quelques numéros à la suite. Mais Bernie Wrightson semble épanoui dans le créneau de l’horreur. 

Justement, il se fait plaisir en illustrant un des ses livres préférés, le matriciel Frankenstein de Marrie Shelley. Bernie Wrightson adore ce livre, et il accomplit comme œuvre personnelle une série de 50 planches qui accompagnent une nouvelle édition. Il ne s’agit pas d’une œuvre de commande aussi Bernie a mis plus de 7 ans pour produire un résultat à la hauteur de son engagement. Il lui fallu dégager du temps pour produire l’œuvre, et il s’est incroyablement investi sur la qualité de ces planches qui demeurent peut-être son travail le plus abouti.

Ainsi, il réinterprète la créature de Frankenstein en la rendant moins massive, presque un physique élancé bien que dotée d’une précision anatomique rigoureuse. La créature demeure belle, et le noir et blanc lui va si bien. Bernie s’est principalement astreint à jouer sur toutes les nuances du noir et blanc, à utiliser aux mieux les possibilités de son art en faisant ressortir avec maestria les volumes, et donner un champ de profondeurs denses pour certaines planches. Il parvient également à jouer sur le noir, l’ombre, pour y dissimuler des recoins inquiétants où peuvent se cacher des menaces inquiétantes. En cela, le style de Bernie Wrightson demeure psychanalytique puisqu’il réussit à reproduire l’essence même de nos cauchemars, là où les monstres imaginaires se cachent, dans les recoins peu éclairés. Du grand art qui demeure l’acmé de son œuvre. 
Ce travail lui a cependant demandé de recourir aux services éditoriaux de Marvel comics. A part quelques portofolio pour dégager des fonds suffisants pour financer cette œuvre, l’élaboration de Frankenstein s’est avérée longue et haletante pour notre maître du macabre. Aussi il a vendu le projet à Marvel qui n’a pas fait, il est vrai, un hit commercial mais qui a permis à la firme de prétendre à un effort artistique qui ne demeure pas dans ses habitudes. 

En remerciements, Bernie Wrightson s’est senti obligé de réaliser un projet sur Spider-man qui aura été pour lui, une grande souffrance pour dessiner un personnage pour lequel il a une attirance quasi-nulle ! Charles Vess fera pour sa part un beau projet sur Spidey qui demeure plus mémorable et qui s’inscrit dans la veine gothique moins macabre, axée sur l'ambiance.

Le vent du cinéma souffle dans la bonne direction pour Bernie Wrightson puisque l’excellent film d’animation, Heavy Metal qui célèbre le fameux magazine, lui permet un privilège rare pour un artiste, celui de donner vie à une de ses créations. Ce fut le débauché Captain Stern, sorte de parodie hilarante de Buck Rogers au physique de Superman (la mèche en S en prime), qui viendra s’inscrire dans ce joyeux ovni du cinéma d’animation. Heavy Metal, produit par le producteur/réalisteur Ivan Reitman, sera un joyau d’animation débridée qui, pour une fois, permet au spectateur de s’évader dans une réelle imagination rythmée par une bande son hard rock de haut niveau. Voici le lien de ce film hautement recommandé !

Mais Bernie Wrightson a une autre corde à son arc. Sa notoriété lui vaut d’être sollicité par Hollywood et plus exactement, pour commencer, sur un film modeste qui reprend le schéma des Ec comics qui lui sont si chers. Ce sera Creepshow produit par Laurel Entertainment, firme où œuvre George Romero, si brillant cinéaste. Stephen King s’est même associé aux scénarios de ces sketch assez gory et fun. Bernie Wrightson fera donc naturellement l’affiche du film ainsi que la bande dessinée, logique !

Les années le verront à la fois revenir dans le domaine des comics, associé avec Jim Starlin, mais aussi contribuer aux design de SOS Fantômes, bien que Bernie dit n’avoir guère vu son travail sur grand écran ! il réalisa le très intéressant Batman : the Cult, ou enfer blanc en vf. Il s’agit d’une des meilleures histoires de Batman qui demeure totalement retourné par un révérend séculaire. Il semble cependant que le personnage de Batman ou un autre n’importe peu pour le duo artistique réellement doué, et que l’histoire aurait pu convenir à Dardevil par exemple mais il s’agit d’une œuvre à découvrir ou à relire. Le duo fera un amusant Hulk & la Chose, qui demeure réellement comique et détendu. La chute de l’histoire demeure d’ailleurs un grand moment burlesque. Enfin, The Weird chez Dc viendra compléter le tableau même s’il s’agit d’une histoire moins fameuse. 

Bernie Wrightson aura donc un pied dans le domaine artistique pure et un autre dans les comics qui ne lui réservent pas toujours des œuvres à la hauteur de son talent. Ainsi il exécutera Batman contre Alien, par le sempiternellement médiocre Ron Marz (la preuve faite qu’il est possible d’avoir une longue carrière dans les comics en étant simplement médiocre mais disponible). Bernie participera également au peu fameux relaunch de Punisher sous Marvel Knight, qui ne convainc personne une fois le soufflet de la campagne de pub retombée. En fait, il semblerait que Bernie Wrightson ait eu un accident qui ait atteint des deux mains et son aptitude au dessin en demeure évidemment émoussé. 

Toutefois, Bernie Wrightson continue heureusement à continuer des collaborations envers Hollywood comme un film de Stuart Gordon, Space Tucker ou encore la conception des monstres & bestioles du sympathique Faculty. Mais il retrouve son vieux compère George Romero pour ToeTags, une série de comics limitée relative aux morts-vivants pour Dc comics.

Il s'agit manifestement d’un terrain d’entraînement puisque Bernie Wrightson collaborera étroitement avec G.Romero sur le tant attendu Land Of The Dead, que l’on n’osait plus espérer. Bernie Wrightson collaborera aux conceptions des zombies et du strory board. Il remettra ça encore avec l’excellent The Mist, qui demeure d’ailleurs un classique en devenir et qui contient effectivement des bestioles très… Lovercraft/ Bernie Wrightson !

Voici donc ce que l’on peut poser comme informations sur Bernie Wrightson, qui a pleinement mérité son titre de maître de l’horreur graphique. Il aura élevé l’usage du noir et blanc jusqu’ à très haut potentiel et ses meilleures œuvres, qui sont essentiellement des portofolio, peuvent s’admirer pendant des heures tant sa maîtrise artistique demeure aboutie. Bernie Wrightson aura eu la chance de pouvoir faire autre chose que du comics ou de l’illustration, même s’il demeure cantonné au stricte et restrictif créneau du macabre. 

Enfin, son héritier le plus talentueux demeure le non moins excellent Kelley Jons qui a pleinement assimilé le style de son maître mais qui a su évoluer pour trouver sa propre voie. La plupart de ses travaux, dans le domaine des comics, se rencontrent chez Dc comics où sa version de Batman demeure l’équivalent gothique du Spider-man de Todd Mac Farlaine, mais Kelly Jones n’a hélas pas eu le même succès que Mr Toys . Dommage, un crossover Spawn/Batman par Kelly Jones aurait eu du chien !

 

 

 

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 08:00

Luc Merenda demeure quelque peu spécialisé dans le genre  Poliziotteschi. Ce genre triomphe en Italie vers 1975. Il permet à la population le plaisir d’un spectacle assez insolite dans la réalité : la police triomphe intégralement de la mafia ! Si le roi de ce genre, plus précisément de cette vague, demeure le méconnu (en France) Maurizio Merli, il y a bien quelques seigneurs qui traversent ce genre, dont Luc Merenda avec ce très réussi calibre magnum pour l’inspecteur qui date.

Calibre magnum pour l’inspecteur date de 1977, en pleine vague qui voit défiler des légions de flics qui ont pour vocation de stopper la mafia, les malfrats divers et les criminels sanglants. Bref, il y a que faire et le public s’emballe dans les premières années mais le genre s’essouffle avant la fin des années 70. Parmi le peloton, il y a des bons éléments, des moins bons.

Calibre magnum pour l’inspecteur demeure un excellent fleuron du genre, un film solide qui demeure plaisant à voir si on a l’esprit ouvert.  L’histoire raconte l’arrivée à Naples d’un inspecteur peu commode mais détérminé, Luc Merenda. Il analyse la situation et il se rend compte que la famille mafieuse en place demeure l’ennemi principale qui pourrit la situation de la ville. Justement, il reçoit par courriers des informations précises sur ce clan, grâce à une taupe que personne ne soupçonne. Il est aidé par un fidèle et débonnaire allié, joué par le truculent Enzo Cannavale, qui râle devant les opérations du commissaire mais qui s’avère un fidèle allié.

X réussit si bien son entreprise que le clan demeure réellement en difficulté et, malgré les bâtons qu’on lui met dans les roues, il parvient à progresser un peu plus, en coupant un à un les tentacules de la pieuvre locale. Aussi, il subit quelques attaques, et se trouve confronté à un tueur assez retors, Corecane, qui va lui en faire voir. Corecane est intérpreté par un solide acteur, Adolfo Lastretti qui parvient à donner beaucoup de relief à un rôle pourtant stéréotypé. La spirale qui mène au clan va livrer ses secrets, l’indicateur n’est autre que la petite fille du patriarche, qu’il faut sauver d’urgence !

Rassurez-vous, calibre magnum pour l’inspecteur vaut bien plus que ce maigre résumé, beaucoup plus. Il y a tout d’abord le jeu de Luc Merenda, déterminé et patient, il utilise de tous les ressorts pour mener à bien son action. Luc Merenda offre une belle prestation de ce flic qui ne pense qu’à mener à bout sa charge, ce que personne n’avait réellement osé. Il fait équipe avec l’excellent Enzo Cannavale. Très bon acteur que ce Enzo Cannavale. Capable de jouer dans les registres les plus dramatiques, il réussit à rendre attachant le poncif du partenaire un rien lourdaud qui incarne la note comique du film. E.Cannavale a été cantonné aux rôles comiques, c’est bien dommage car il demeure capable de beaucoup plus.

Walter Hill, le réalisateur de 48 heures avec Eddy Murphy et Nick Nolte, se disait le créateur du buddy-movies, l’association de deux partenaires assez différents mais finalement complémentaires. Et bien Michele Massimo Tarentini l’a précédé de quelques années, et avec brio. Lui –même a suivi une formule qui existait déjà, notamment les films de Sergio Corbucci avec un cycle assez brillant qui comprend en autres Companeros !

Calibre magnum pour l’inspecteur demeure un bon film, qui alterne des moments forts comme la poursuite infernale de Luc Merenda d’un train régional, où des malfrats avaient balancé une bombe à l’ouverture des portes (un moment dont les spectateurs se souviennent) ou encore la très tonique scène de poursuite en Fiat (et oui !) après le hold-up de la banque.

La partition musicale demeure assurée par un très grand pro, Fabio Frizzi. Il donne un rythme à cette scène de poursuite qui demeure réellement nerveuse et trépidante. Son score ressemblerait à un frelon qui tournerait dans une boîte, comme si il avait inventé les pulsations de la techno avant l’heure.

Bref, calibre magnum pour l’inspecteur demeure un des must du film de genre. Luc Merenda fait office de shérif urbain et les bad guy sont nerveux et agressifs. Mais la mafia demeure montrée sous un jour assez peu reluisant.  Ainsi une jeune fille qui sert de « compagne forcée » et que le commissaire met dans un hôpital, ce qu’il ne l’empêchera pas d’être exécutée pour avoir parlé. Là encore, le cast est remarquable puisque ce personnage triste demeure jouée par Sonia Viviani, une superbe actrice qui semble avoir de réelles dispostions pour la comédie mais qui, hélas, n'a pas eu de carrière de premier plan.

Je souhaite donc qu'un distributeur avisé, (Néo Publishing ?) resorte bientôt Calibre magnum pour l'inspecteur qui est, définitivement, un solide film d'action qui peut faire pas mal d'ombre à la plupart des produtions d'action françaises de la même époque. C'est un film sec, nerveux, avec de nombreux moments savoureux dont la toile de fond, la camora, demeure hélas toujours aussi nocive. D’ailleurs, quand on voit la situation actuelle des ordures à Naples, on se dit que le titre original, Naples se rebelle, demeure quelque peu visionnaire !

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 08:00

Torso, au titre original qui se complète par « ce corps présente des traces de violences charnelles », demeure une entreprise filmée par un producteur majeur du cinéma italien, Carlo Ponti. Il a décidé de s’associer avec Sergio Martino afin de réaliser un « coup » commercial. Les moyens mis en œuvre demeurent assez conséquents car de belles ambitions furent portées sur Torso. Pour un  résultat qui s’avère réellement détonnant !

Le réalisateur Sergio Martino demeure généralement associé à son frère producteur, Luciano Martino. L.Martino demeure un important producteur, quoique pas du calibre ni du prestige de Carlo Ponti, marié à une certaine Sophia Loren. Il s’agissait de faire un succès et de surfer sur une vague initiée par un certain Dario Argento grâce à l’oiseau au plumage de cristal. On embauche donc un beau casting : Tina Aumont, John Richardson, Suzy Kendall et Luc Merenda. Le film a été conçu pour être réellement dérangeant, excitant, frissonant, et il atteint largement son but.

Sergio Martino se serait souvenu d’un fait d’hiver où un homme aurait trucider des membres de sa famille dont il aurait jeté de temps en temps des morceaux dans une rivière, en se baladant le plus normalement du monde comme si de rien n'était. Le scénario de Torso va bien au-delà de ce fait, qui reflète un quotidien un rien sordide. A Pérouse, un drôle de tueur commet un crime sexuel sur une étudiante qui faisait l’amour avec son petit ami dans une voiture.

La police essaye donc de mener son investigation dans la faculté de la ville. Les amies de la victime demeurent horrifiées par le crime, qui a secoué la ville, mais elles ne semblent pas être en mesure de faire avancer l’enquête. Un second crime a lieu, puis un autre. Les jeunes filles décident donc de partir à la campagne, dans une maison située sur une corniche qui surplombe une petite ville rurale.

Pour ce qui est du second crime, il est tout simplement hallucinant. Une des jeunes filles participe à une soirée hippie et elle est assez stone. Deux types essayent de profiter de son état de faiblesse pour coucher avec elle. Elle a un sursaut, malgré son état, et elle les quitte brusquement en tentant de rentrer par la forêt. Elle semble voir le tueur masqué, mais en regardant mieux, il n’y aurait personne. Elle se fait bien entendu tuer par lui. Cette scène demeure stupéfiante grâce à la beauté de la photographie : jamais une forêt n’aura été aussi splendidement photographiée. La scène alterne des teintes surréalistes comme l’orange en toile de fond. La réalisation adopte le point de vue de la victime qui ne maîtrise plus tous ses sens, ce qui explique la teinte de la photographie. Encore un point fort de Torso.

Justement, leur présence n’est pas passée inaperçue puisqu’elles ont mis le feux par leur attitudes provocantes. D’ailleurs, certaines d’entre elles demeurent réellement dévergondées et elles aiment les plaisirs de la chair, entre elles. Mais il semble qu’elles soient épiées. S’agit-t-il d’un aspirant trop entreprenant ? Du professeur qui semble bien connaître certaines d’entre elles ? Où du médecin un rien taciturne (Luc Merenda) qui, quel hasard, se trouve sur la ville ? S'agit-il de l'une d'entre elles ? Il peut en outre y avoir une autre hypothèse, plus mystérieuse encore…

Une des filles, Suzy Kendall, se casse une jambe et elle reçoit des sédatifs avec ordre d’être alité. Pendant qu’elle dort, le tueur frappe à la porte, et la boucherie commence. Quand l’héroïne descend, elle rencontre une de ses amies qui agonise et elle se rend compte que le tueur demeure dans la maison, ou très près de celle-ci. Il pénètre dans la maison et l’héroïne est obligée de se cacher. Elle assiste au dépeçage de ses amies, que le tueur découpe à la scie. Elle est obligée de se taire, malgré l’effroi de la situation, tout en se sortant de cette maison de l’horreur.

Le génie de la réalisation fait que on ne voit jamais le visage du tueur, très habilement dissimulé par des angles de caméra savants. L’héroïne se cache du tueur, obligée à puiser dans ses ressources pour échapper au tueur, et elle se cache dans son armoire qui est la seule issue provisoire. Le tueur pense avoir tué toutes les filles, mais il ferme à clef sa chambre et il repart.

En ville, on ne voit toujours que ses jambes et jamais son visage, il croise un groupe de jeunes éméchés. Ceux-ci braillent qu’ils se feraient bien ces nanas, au nombres de 6 (disons). Or, le tueur tourne les talonssubitement, c’est une de plus par rapport à celles qu’il a tuées ! Pendant ce temps-là, l’héroïne essaye de faire tomber la clef qui se trouve de l’autre côté de la porte. Elle essaye patiemment de faire tomber la clef sur un morceau de papier, puis de la faire passer sous la porte. Elle fait tomber la clef à côté mais, c’est le tueur revenu de toute urgence qui la dépose sur la feuille !

En ouvrant la porte, elle est condamnée à se retrouver face au bourreau de ses victimes, elle découvrira enfin sa véritable identité mais elle sera confrontée au péril extrême. Le souffle de la mort frole de très très prés l'héroïne.

Torso a donc énormément de qualités : la mise en scène demeure irréprochable, la tension demeure à son comble, la photographie demeure de toute beauté (réellement une des plus réussie que j’ai vue), les acteurs sont judicieusement choisis, le parfum de liberté des années 70 demeure savoureux. Mais en plus de tout cela, Torso demeure réellement pulsionnel. On ressent presque l’énergie de la folie du tueur, ses pulsions, dont le trauma psychologique demeure d’ailleurs expliqué par une scène peu convaincante.

Je ne peux que citer quelques membres du casting, hormis Luc Merenda qui paraît inquiètant. Il y a surtout la superbe et féline Tina Aumont, une femme splendide et libre qui était une excellente actrice et dotée d’une beauté incroyable. Elle était surnommée la femme aux yeux de chat. Bizarrement, elle ne demeure pas l’héroïne mais sa présence demeure un atout certain pour la distribution. Tina Aumont nous a quitté récemment, mais elle aura marqué les spectateurs avertis qui avaient vu ses films. Une grande et belle dame, d’une trempe assez incroyable et qui aura vécu une vie libre de toutes contraintes.

Il s’agit d’une œuvre importante, qui anticipe quelque peu Massacre à la tronçonneuse sur plusieurs points et non des moindres. Le talent des artistes devant ou derrière la caméra se combine avec réussite. Hélas, mille fois, Torso demeure inédit en France en salles (bizarre), comme en vidéo (impardonnable). Pour l’avoir vu dans de bonnes conditions en Italie, à Pérouse précisément, je peux vous certifier que cette œuvre mériterait au bas mot d’être vu dans une salle, dans des conditions optimum. Le Dvd n’est hélas disponible qu’en Italie ou aux Usa, où il a fait un carton. D'ailleurs, il y a quelques points communs avec  Massacre à la tronçonneuse. En tout cas, Torso est un film culte !

Pour ce qui concerne Luc Merenda, Torso n'est pas anodin. Il s'agit en quelque sorte du film qui l'a lancé sur le marché italien et qui a scellé sa collaboration avec Sergio Martino. Luc Merenda use d'un jeu restreint, ambigüe, qui laisse planer le doute essentiel : est-il LE tueur ? IL est  toujours  dans les parages, il semble avoir un intérêt tout particulier pour la villa où résident les jeunes filles, il se maintenir dans une étrange réserve ...

Nuote : Je vous renvoie à la critique de Psychovision, qui célèbre également Torso. Il est également intéressant d’aller consulter le très prometteur site legiallo.fr, qui a une iconographie incroyablement riche et dont l’auteur s’est lancé dans la critique de tous les gialli !

Enfin, quoi de plus naturel que de regarder le trailer du film ? Il est assez impressionnant et il retranscrit bien le côté malsin, adulte et psychédélique de l'oeuvre. Enjoy !

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 08:00

1ère partie

Luc Merenda ne demeure pas connu du grand public français, je le déplore. Il a pourtant tourné quelques bons films, je vous en présenterai deux cette semaine, et son jeu s’est réellement amélioré avec les années. Toutefois, sa carrière demeure assez singulière et elle mérite d’être évoquée, mais surtout d’être célébrée à juste titre.

Luc Merenda demeure paradoxalement plus connu en Italie qu’en France. Il est vrai que cet acteur, née en 1943 à Nogent-le-Roi, a eu un parcours réellement intéressant avant d’entrer dans le cinéma. Il a en effet beaucoup versé dans les arts martiaux puis la boxe, ce qui est en soi un apprentissage fort rigoureux. En 1967, il ambitionne de jouer dans le cinéma ou le théâtre. Il œuvre pour débuter comme photo modèle, il est vrai que Luc a beaucoup de prestance, et il réussit à forcer quelques portes pour commencer à tourner en 1970.

Luc Merenda décroche quand même le rôle titre de OSS 117 ne prend pas de vacances. La série des OSS 117 a connu quelques beaux succès dans les années 60 sous la caméra de André Hunebelle (les Fantomas) et elle a connu quelques interprètes, dont Kevin Matthews. Il s’agit d’une tentative afin de relancer la série, qui a rencontré un véritable succès public en France. IL est vrai que la mode de cette moitié des années 60 demeure au James Bond, qui a engendré une pléthore de productions, quelques bonnes mais surtout beaucoup d’indigentes. Le film demeure hélas assez mauvais, la faute a une réalisation qui manque de souffle et à un script assez confus.

Luc Merenda se rend à Rome pour les vacances en 1971, et la chance se renouvelle puisqu’il demeure une fois encore remarqué et, tout en continuant sa carrière de photo modèle, il s’installe en Italie tout en intégrant le circuit. Justement, il est managé par une grosse agence de casting et il intègre le générique de quelques films destinés à remporter quelques succès commerciaux, dont notre fameux Torso.

Le film est une réussite, une œuvre matricielle même, et on retient le visage de Luc Merenda malgré un générique qui compte quelques beautés de premier plan. Luc Merenda commence à tourner frénétiquement, beaucoup pour le producteur Luciano Martino, qui surfe sur tous les genres à succès public, et Luc se retrouve sur les films d’actions policiers, les fameux poliziottesco.

Luc impose son personnage grâce à un jeu qui fonctionne davantage sur son magnétisme, sur sa présence. Il est relativement mutin, observe beaucoup et demeure assez souvent silencieux. Luc tournera parmi ce qui se fait de mieux dans le genre de l’époque avec deux grands réalisateurs. Il y aura Sergio Martino : Torso,  La cité des jeux de hasard, la police accuse les services secrets accusent (excellent par ailleurs). Sergio Martino garde un assez bon souvenir de l’acteur.  

Mais Luc Merenda aura tourné avec le maître du poliziottesco italien, Fernando Di Leo. Di Leo réalise une série des films policiers qui s’intéresse à son époque, qui la scrute et en rend des œuvres didactiques et inspirées. Ainsi Luc sera le héros d’un petit chef d’œuvre, Salut les pourris, qu’aucun des films policier d’Alain Delon n’égalera en terme d’ingéniosité, de suspens ou encore de thématique. Luc et F.Di Léo tourneront encore,  notamment dans Colère noire, mais selon Di.Leo lui-même, les budgets et les temps de tournage, toujours plus courts, pèseront sur le résultat final qui sera moins bon. Luc Merenda jouera quand même de manière décontractée dans l’intéressant film policier tirant vers la comédie, les amis de Nick Hasard. Fernando Di Leo, aujourd’hui décédé, disait de Luc qu’il fut un acteur volontaire et perfectionniste, toujours soucieux d’améliorer sa performance à l’écran. Un bel hommage de la part d’un grand maître du polar, que les critiques françaises ou italiennes ont bêtement boudé.

L’ère du film policier touche à sa fin. Avec lui le marasme économique touche de plein fouet la production de films populaires made in Italy. Seuls survivent les comédies sexy et les films de Bud Spencer et Terence Hill, des gros succès populaires que ce soit en Italie, en France et en Allemagne. Les temps sont durs pour tout ces acteurs qui ont tant tourné dans un registre assez semblable, dont le fameux Maurizio Merli, et Luc Merenda subit cette crise de plein fouet.

Il a quand même l’occasion de jouer dans le film de Tinto Brass, Action qui date de 1980. Il s'agit d'un film d'auteur qui permet à Luc de varrier de rôle. L'histoire de Action est celle d'.un acteur qui vit des aventures hautes en couleurs dans un parcours initiatique tel que l'on en trouve dans le cinéma italien (je pense à Fellini et sa cité des femmes). Luc ait eu la possibilité de jouer un personnage plus complexe et élaboré que d’habitude. Hélas, sa carrière italienne s'essouffle avec ce film, tout comme celle de ces nombreux collègues puisque le cinéma populaire s'effondre assez brutalement. Action montre les possiblités certaines de Luc dans un registre plus nuancé. Nul doute qu' il aurait pu faire de belles prestations si on lui avait laissé l'occasion. Certes il tournera encore deux comédies vers 1986/87, mais le cinéma demeure un dur métier et il rentre en France.

Pour ma part, je l’ai vu très jeune dans le feuilleton préféré des français dans les années 80, Chateauvallon. N’ayant pas revu la série depuis, je me souviens juste d’une scène où le personnage de Luc emballe celui de Chantal Nobel. La série a été un succès, mais hélas Luc Merenda n’en a pas profité, quel dommage ! Son dernier film date de 1992 et depuis, Luc s’est reconverti en antiquaire dans la région parisienne.

Eli Roth, fan de Torso, lui a rendu hommage en lui demandant de jouer dans un rôle bref au début du second Hostel, un film réellement malsain, éprouvant, à la thématique forte, quoique réussie. J’ai eu une grande surprise pour la prestation de Luc. Il apparaissait comme posé, serein, jouant avec une totale maîtrise,  comme si son jeu d’acteur avait continué à se bonifier après toutes ces années. Une belle surprise, vraiment. Luc Merenda est maintenant antiquaire, il a eu une belle carrière, que je vous incite à découvrir, et il serait juste que cet acteur soit enfin reconnu et célébré dans son pays natal, la France.

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 08:00

Tout d'abord, je dois avouer que le dossier Michael Turner avait un goût imprévu.
D’abord à cause de l’événement lui-même, qui est fort triste et qui a surpris tout le monde.
Certes, je ne me suis pas étendu sur les défauts de dessinateur de Michael, l’heure n’est pas à la polémique mais bien à l’hommage.  Je crois que sa volonté de dessiner jusqu’au bout, de laisser une emprunte dans le monde des comics  lui a laissé une profonde sympathie si ce n’est une aura qui lui assurera une postérité…

Pour le reste, j’espère que le dossier sur les Maîtres du temps vous a donné envie de redécouvrir cette grande œuvre, tant du point de vue du dessin que de la portée de l’œuvre. La Sf à la française a bien existé, les Maîtres du temps constituent même un des plus éclatants joyaux de sa couronne.

Avant de vous révéler ce qui va venir, je voudrais saluer la venue de la petite Sarah Le Trodec, fille de mon estimé collègue de France Comics.
Je  souhaite aux parents tout le bonheur du monde, et une si belle petite fille va leur en apporter énormément. Je crains hélas qu’il aura moins de temps pour ses comics, jeux de rôles ou même ses films de zombies, mais je crois qu’il ne perdra pas au change, loin de là !

           (comme ton papa aime les super-héros, donc les alias, je lui suggère de te nommer la splendeur à Papa.
                                    Pour ta Maman, la merveille à Maman est tout aussi judicieux !)      

Un conseil si tu as des comics en bas d’une étagère, monte-les : les enfants s’amusent à les ouvrir pour séparer les pages.
Un second conseil, les comics peuvent heurter la sensibilité des enfants, aussi monte-les tout en haut de l’étagère.
Un troisième conseil, range-les dans une cave : tu n'  auras de toute façon plus le temps de les lire !

 


Pour la partie comics, il y a une belle trilogie qui vous attends sur Len Wein, qui a toujours été conspué, Bernie Wrightson (lui a connu la gloire directement), puis sur les fascicules d’horreur de DC. Les 3 articles forment un tout, et ils préfigurent même quelque chose de plus intéressant dans les comics, qui sont somme toute bien plus divertissant que le niveau moyen des comics : Vertigo !

Pour la partie film, je vais vous parler d’un acteur dont le nom ne vous dira sûrement rien, mais il a connu belle carrière, Luc Merenda ! Luc Merenda a connu une belle carrière en Italie, quoiqu’un peu trop cantonnée dans les films d’action. Je voulais faire quelque chose avec les collègues de Psychovision, mais cela n’a pas été possible. Vous aurez donc le droit à une semaine dédiée à Luc Merenda, qui a quand même connu une carrière fort intéressante (Oss 117, les films d’action/policier italiens, Tinto Brass, ChâteauVallon, Hostel 2 !).


Enfin, je signale l'existence d'un site français sur Superman qui vaut le coup : Planète Krypton !

Je ne saurais donner un meilleur exemple de site de passionné, qui collecte et met à disposition des informations sur le personnage, les adaptations, les Bd... Le tout est réellement captivant ! Cliquez ici pour y aller.


Il faut rester curieux !

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Published by Le Royaume des Avis
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