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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 08:00

 

Voici la seconde collaboration que j'ai realisée avec France comics.

Cet article a été bouclé il y a longtemps. Mais comme j'étais occupé et que j'avais confié les masters
il y a pas mal de mois, j'attendais que quelqu'un à France comics l'édite. Or le staff de France comics attendait que je l'édite par moi-même ! Voilà donc comment un projet pareil reste dans les limbes. C'est le grand mantitou, et jeune papa Stéphane qui a débloqué la situation, et je crois que cela nous a bien fait marrer, en fin de compte. je continue donc cette collaboration en pointillée avec ce staff sympa et hautement respectueux qu'est France comics.

 

1ère partie

Adam Hugues est un grand du comics book, quand il se donne la peine de bien vouloir nous proposer quelques productions ! Les nouveaux venus dans les comics ont peut-être admiré certaines de ces couvertures, car sa production assez récente ne comporte que des covers, mais il convient quand même de retracer sa carrière qui recèle quelques bons moments !

 

1 Les débuts.

Je risque de faire du mal à certains dessinateurs en herbe qui tâtent du crayon, mais Adam Hugues a ce qu’on appelle un talent inné. Né en 1967 dans le New Jersey dans la ville de Florence, il s’est exercé au dessin durant son adolescence avec une certaine  facilité. Un de ses passe temps consistait à redessiner les comics, dont ceux de son idole, Jack Kirby. Son premier contact marquant avec les comics se produisit grâce à ses cousins.

Il demeure donc influencer par les stars de son époque, Kirby, John Byrne et plus tard, Dave Stevens (on peut même considérer une parenté dans le style). Un petit point sue Dave Stevens qui nous a récemment quitté : il s’agit d’un artiste lent, appliqué qui excelle dans la représentation des femmes et d’un rendu abouti. Il possède une certaine ligne claire qu’a eu en son temps John Byrne. Les contours des personnages sont surlignés et l’anatomie demeure gracieuse. Si bien que, contrairement à d’autres, il n’a pas suivi la voie normale qui consiste à passer par une école de dessin afin de parfaire ses dons et d’apprendre la technique indispensable. Aussi, à l’âge de 21 ans, il commence professionnellement son premier travail notable, Maze Agency. Il s’agit de l’œuvre que porte un excellent scénariste qui a plutôt travaillé chez Dc, Mike.W Barr. Barr est un solide scénariste qui a livré de fort bons travaux chez Dc, citons quelques Batman & les Outisders (1ère version puisque un second volume est en cours de publication chez Dc), mais surtout Batman, year 2 avec Todd MacFarlaine et Alan Davis. Mike W.Barr livre des histoires policières, c’est le genre dans lequel il excelle et, même s’il décline ce genre dans l’univers des comics, il demeure fort capable dans la caractérisation et le suspens.


La suite ? Allez sur France comics pour la lire !
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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 08:00
2éme partie

3 Fathom : la sirène à Michael Turner !


1998 représente en quelque sorte la seconde vague d’Image comics. La première date de 1992 avec les 7 artistes qui partaient du giron oppressif de Marvel. L’un d’eux, le médiocre dessinateur Jim Valentino, déclarait à juste titre que si un créateur engendrait un personnage et qu’il devait payer pour avoir un comics ou un produit dérivé issu de sa propre création, cela était profondément injuste. 

Mais ce fut une nouvelle ère pour Image, les talents qu’elle avait formés et qui ont explosé (Scott J.Campbell), ou qui sont venus d’ailleurs (Mad ! ou encore Humberto Ramos) vont avoir leur propre titre dans une division crée par Wildstorm, spécialement pour eux ! Si Image fut red super hot à ses débuts, ce vent de folie s’est beaucoup essoufflé. La ligne Cliffhanger devait redonner à Image de sa superbe.

Et Michael Turner dans tout ça ? Les propositions de Jim Lee étaient alléchantes et faire parti de cette grande aventure était des plus tentantes mais il s’est résigné à rester dans le giron de Top Cow, par reconnaissance envers Marc Silvestri.
Il créa donc Fathom, une sorte de succédané de Namor et des légendes relatives au mythe de l’Atlantide. Il est à noter que Michael était un grand sportif et que justement, la plongée était l’une de ses passions.

Que dire de ce comics même si chacun a son avis ?

Ma foi, le storytelling demeure réellement mauvais. Pour lire ces numéros de Fathom, il faut tourner son comics de 45° afin de suivre les péripéties de Aspen, son héroïne.
Mais la série est un hit, un gros, qui permet à Top Cow de renouer avec les premières places du top 100. Fathom, bien que toute nouvelle, aura le droit de participer à des crossovers incongrus avec Lara Croft et Witchable, le tout dessiné par Michael Turner en personne, s’il vous plaît !

Mais Michael Tuner ne peut tout assurer, la poursuite de sa série et les demandes de Marc Silvestri, dont le travail de son poulain lui permet encore de pérorer que Top Cow demeure une firme majeure des comics.
Michael Turner a ses propres ambitions personnelles, et il souhaite faire ce que son boss a fait auparavant en quittant Marvel : voler de ses propres ailes.

Mais il y a un problème, et un gros : Marc Silvestri

 

4 Les années éprouvantes !

 

Marc Silvestri considère en effet que le département de Top Cow lui demeure redevable sous prétexte que Silvestri a alloué des sommes qui ont permis à Michael de développer son univers. Pour faire bref, Silvestri ne veut pas laisser partir son meilleur poulain et il emploie des moyens que vous saurez apprécier par vous-même. En tout cas, si Marvel avait usé de tels procédés, il n’y aurait pas eu d’Image comics ni même de Top Cow.

Le salut viendra des artistes/scénaristes Jeph Loeb et Geoff Johns. Alors que Silvestri a assigné le distributeur Diamond pour ne pas diffuser un seul des comics estampillés Aspen, les deux scénaristes font intervenir DC pour aider Michael. En 2003, les poursuites judiciaires entre Top Cow et Aspen sont closes. La procédure aura durée une année. Il en résulte un deal bizarre : une myriade de couvertures ainsi deux histoires assurées par son studio pour DC comics.

Ce sera donc une histoire relative à Superman, Godfall, après le numéro 206 du titre. Cette histoire a bien fonctionné même elle ne demeure pas un sommet inoubliable des comics.
La seconde et plus notable collaboration fut  le retour de Supergirl dans les pages alors hot de Superman/Batman.

Avouons qu’il s’agit d’une assez bonne histoire, bien ficelée et que le choix de Michael en tant que dessinateur demeure assez pertinent tant il est doué pour croquer les femmes. Jeph Loeb est en forme et cette histoire s’impose comme une référence dans l’histoire de Superman.

Ainsi Michael Turner a le feu vert pour lancer comme il se doit Aspen. Il va embaucher quelques dessinateurs qui ont un trait proche du sien : citons Koboll, JT Krull ou encore Talent Cadwell.

Hélas, si Michael fait un carton lors de ses prestations chez les deux grands, sa firme et ses créations ne remportent pas le même succès. Peut-être, après tout, que le lectorat souhaite voir les artistes sur les grands héros mainstream, ou alors, il faut un concept béton, ce qui n’était pas le cas de la firme Image. Ses séries, comme Soulefire, sont sympathiques mais elles ne constituent pas un sommet créatif. Peut-être que le public en a assez de lire des histoires mal ficelées comme en a proposé Image comics ou encore des studios qui s’annonçaient prometteur mais qui n’ont pas tenu leurs promesses (le studio Avalon). 

Mais le vrai problème de Michael demeure le cancer, celui des testicules en l’occurrence.

Après un accident survenu lors de l’une de ses pratiques sportives, on lui diagnostique en l’an 2000 ce cancer qui nécessite des traitements très lourds et fastidieux. Michael aurait été soigné dans le même établissement que le fils de Jeph Loeb, qui est hélas décédé. On aurait ainsi enlevé une importante partie des tissus osseux de sa hanche ainsi qu’une autre ablation.

Il semblait pourtant que Michael était sorti d’affaire, tous l’espérait, et qu’il participait de manière occasionnelle avec Marvel, avec un deal semblable à celui de DC pour développer des couvertures mais surtout quelques comics avec son ami Jeph Loeb.
Il est vrai ces projets ont été repoussés, mais à une époque ou des divas telles que Mad ! sont incapables de pondre 5 comics d’affilés, nous n’avons pas été particulièrement attentifs à sa santé. Aussi sa mort fut un choc immense, dont l’onde de choc ne s’est pas encore atténué… 


Michael Turner était donc un prodige de l’ère Image. En quelque sorte la dernière superstar que nous a révélé cette firme. Peu de dessinateurs ont pu s’imposer aussi vite, encore moins créer aussi vite leur firme. Ironiquement, il demeure même le dernier à l’avoir fait et ce dans un contexte aussi peu porteur. Certes il avait des défauts. Certaines couvertures, telles celles de Civil War, ont clairement fait apparaître des lacunes d'odre anatomiques, surtout en ce qui concerne les éléments de la vie courantes et les hommes.
Il est vrai que l’école de Marc Silvestri privilégie un certain esthétisme plutôt qu’une anatomie rigoureuse ou encore un storytelling adroit. Une anecdote plaisante à propos de l'art de Michael Turner est que l'on retrouve ses dessins dans d'autres domaines que les comics, comme le tunning ou des sites dédiés aux femmes. Il est rare qu'un artiste de comics puisse en effet voir célébrer ses dessins dans d'autres médias, comme s'il était dans l'air du temps.
En outre, Michael Turner nous peut tous nous faire rêver, consciemment ou inconsciemmment. Qui n'a pas n'a pas rêvé de travailler dans les comics et de voir son travail susciter un tel engouement ?
Il incarne, même si je considère que ce concept est en quelque sorte un miroir aux alouettes, le fameux rêves américain bien que le destin a été cruel envers lui. De plus, comme il était un trentenaire, la perspective de sa mort s'appréhende plus facilement pour la plupart d'entre nous qui sommes trentenaire.
Qu’importe, il a suscité un réel engouement, et il a même amené une audience vers les comics, ce qui demeure une belle performance. Je parie même qu’il aurait corrigé ses défauts dans les années à venir afin de parfaire son art… si le destin lui en avait laissé le temps.

 

Note : Aspen est publié en France par Delcourt.

Il y aussi un site français dédié à Michael Turner, cliquez ici.

 


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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 08:00
1ére partie


Michael Turner, une star de la seconde génération image nous a quitté ce samedi 27 juin 2008. Voilà un artiste qui compte de nombreux fans passionnés mais aussi des détracteurs tout aussi virulent. Mais Michael a quand même connu un parcours étonnant dans les comics, une ascension rare de nos jours puisqu’il est un des derniers à avoir su monter une firme de comics sur son nom : Aspen. Mais voilà que la maladie l’a emporté, finalement, alors que Michael Turner avait plein de projets, d’entrain, et que sa carrière aurait du l’emmener haut, bien plus haut.

1 Les débuts

 

Michael Turner était ce que j’appelle un talent spontané : petit, il griffonnait des pages et des pages en reproduisant des personnages de comics. Lors de l’entrée de la vie active, passé le cap de ses vingt ans, il réalise que l’emploi qui le ferait le plus rêver serait quand même une aspiration qui le titille depuis longtemps, être dessinateur de comics.

Cela peut sembler un rêve un peu fou mais justement, une nouvelle vague de comics dégage un nouveau souffle et une énergie peu commune : Image comics.

Michael se fait un portofolio puis part tenter sa chance dans les conventions. Il est repéré par le truculent Marc Silvestri. Silvestri demeure un dessinateur intéressant de comics mais la proximité de stars sur le point d’exploser, Jim Lee pour ne pas le nommer, lui permet de faire évoluer son style. Ainsi, Silvestri se trouve au bon endroit au bon moment. Ses prestations réussies sur Wolverine constituent une des toutes meilleurs périodes du titres et il devient, lui aussi, « hot ». Il se lancera dans l’aventure Image et franchement, il n’aura pas à le regretter.

Michael Turner est donc engagé dans le studio Top Cow. Une des qualités de ce studio est d’engager, de former puis de faire mûrir des talents à leurs propres rythmes (un peu comme les vieux studios de jadis). Ainsi, Michael Turner a commencé en faisant des décors pour une série. Puis on lui confie une mini-série sur le personnage de Ballistic, un des personnages hautement oubliables des X-men maisons de Top Cow dont il est difficile de se souvenir, plus encore de relire.

Mais Michael Turner a passé avec succès ce premier test et il est prêt, fin prêt pour une série d’envergure. Celle-ci va venir et elle va exploser, pour une bonne partie grâce au talent de Michael…

 

2 La sorcière la plus hot qui soit : Witchblade !

 

C’est donc une série née de l’imagination (avec limites) de Marc Silvestri et de David Whol qui apparaît enfin en 1995. Le concept est simple, vraiment basique. Il demeure en quelque sorte issu de la mode des « bad girls » en vogue dans les années 90, bien que la recette comporte quelques pincées de romantisme, d’héroïc fantasy, le tout dans un contexte moderne. Une femme policière trouve un gant magique qui agit de manière symbiotique avec sa porteuse. Elle en hérite, en quelque sorte, de même que les nombreux problèmes qui vont de pair.

Le concept est assez limité, l’histoire elle-même est assez redondante. Elle est pourtant le fruit de Christina Z. et de Brian Haberlin qui suivent la bible de Silvestri et de Whol. Mais le grand intérêt de Witchblade sera la forme, à défaut du fond. Michael Turner rend la série fortement attrayante sur le plan graphique. Il donne un attrait incroyable à cette Sarah Pezzini qui demeure sexy en diable. Certes, la formation du studio Top Cow n’insiste pas sur les règles du storytelling ou du nombre cases réglementaires que nécessite une page  afin de développer une histoire.

Mais le succès de Witchblade a deux explications : le dessin de Michael Turner qui rend glamour la série ainsi que les très faibles ressorts scénaristiques qui posent le dilemme à Sarah d’affronter un homme pour lequel elle a un fort penchant.

Une des raisons du succès de la série demeure assez singulière : les filles apprécient le ton de la série, l’aspect romantique ainsi que les graphismes capiteux et élégants de Witchblade. C’est bien simple, Witchblade demeure ce qu’il y avait de mieux pour proposer une passerelle aux fans de mangas vers les comics.

La série demeure un hit, un gros. Il s’agit en quelque sorte de la seule trouvaille de Marc Silvestri pour son studio. Il n’aura de cesse de la décliner avec notamment son pendant masculin, Darkness. Toutefois, alors que Michael s’en va après le numéro 25, il semble que l’attrait et la fascination exercée par Witchblade s’essouffle dangereusement, comme si le personnage avait épuisé tout intérêt après ces 25 premiers numéros.

Pour anecdote, Paul Jenkins fut embauché par Top Cow afin de rendre le studio cohérent et rationnel, si cela pouvait être possible… Quand il demanda aux têtes pensantes de Top Cow ce qu’était en fin de compte la Witchblade, on lui dit que personne n’en savait rien !

Cela n’empêchera pas la Sorcière à la lame d’avoir le droit à une série télévisée, une adaptation en animée et ce fameux film annoncé depuis des années. Après tout, si Top Cow a épuisé toutes ses ressources créatives en un seul personnage, autant en tirer parti le plus possible !

 


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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 08:00

2ème partie
 

Les maîtres du temps offrent une histoire d’une grande qualité avec ce qu’on nomme de nos jours un twist , bien que je préfère les termes « retournement de situation ». Ce twist est l’acte final, et  celui dLes maîtres du temps demeure  si bien agencé qu’il nous cloue dans notre fauteuil. Seul un autre film plus récent, le sixième sens, a pu atteindre un tel résultat. 

Le début du film nous montre Piel, un petit garçon, qui fuit avec son père une menace invisible et furieusement meurtrière. Le père a à peine le temps d’appeler à l’aide un des ses meilleurs amis, Jafar, qu’il subit un terrible accident. Le père ordonne à Piel, âgé de quelques années seulement, pour se cacher dans une forêt dont le pistil éloigne la menace. 

Jafar ne perd pas de temps. Il cesse toute activité afin de converger sans attendre la planète Perdide. Mais il doit escorter par contrat un prince destitué, assez fourbe. Il est accompagné de sa maîtresse nommée Belle, qui demeure plus noble. Le périple qui mènera vers Perdide sera long et semé d’embuches. 

Simultanément à la progression haletante de nos protagonistes, le petit Piel devra survivre à la forêt de Pistil qui recèle en son sein une pléthore de menaces, mais aussi quelques merveilles et animaux sympathiques. Le périple de Piel verra donc des animaux étranges, dont l’amusant et réussi Ouin-ouin, mais il communique avec un communicateur que lui a laissé son père. Il demeure donc relié à Jafar, Belle et le prince félon mais ceux-ci iront chercher Piel avec l'aide de Silbad.

Silbad demeure un vieux loup de l’espace, qui semble tout connaître et notamment la rare Perdide. Il s’engage aux côtés de Jafar spontanément et il sera utile pour prévenir le petit Piel des dangers qu’il encourt et le rassurer. Sur la planète de Silbad, tous assistent à l’éclosion d’une plante qui donne naissance à des petits êtres télépathes pour qui les pensées peuvent « sentir mauvais ». Deux de ces êtres, Jad & Yula, se joignent au périple de Jafar.

Avant d’ espérer atteindre Perdide, tous seront confrontés à une autre planète étrange peuplée d’anges sans face. Ces anges raisonnent à l’unisson et ils sont tous reliés à un être télépathe, la conscience collective, qui retient tous les naufragés sous son joug. Il s’agira d’une aventure de plus pour Jafar et ses pairs, dont un aura l’heur de se distinguer mais le temps presse, horriblement pour le petit Piel. Il a atteint le centre de la forêt, hors d’atteinte du pistil, qui ne le protège plus des frelons qui ont tué ses parents et une bonne partie de la population.

J’arrête à ce moment de narrer les aventures de Jafar, Piel et les autres. Mais il faut que vous sachiez que la manifestation des maîtres du temps demeure primordiale pour ce récit, qui raconte un des meilleurs paradoxes temporels jamais écrits (à ma connaissance, bien sûr). Le long métrage se scinde en deux parties distinctes, le périple du petit Piel et les aventures de Jafar pour ne faire plus qu’un, sous l’intervention providentielle des maîtres du temps. Ils permettent d’élever le thème du paradoxe temporelle jusqu’à un haut niveau puisque les deux éléments ou lignes de l’histoire en forment une troisième et ultime, qui demeure fort déstabilisante. La réflexion que suscitent Les maîtres du temps, sur la synchronie liée au temps et les paradoxes, demeure lancinante encore longtemps après avoir vu le film. Aussi si vous ne le connaissez pas encore, ou que vous en ayez un souvenir diffus, quelle chance vous avez ! 

 Féerie, mondes étrangers qui sont conçus avec une brillante imagination, caractérisation réussie de la plupart des personnages… Les maîtres du temps demeure une réussite splendide, preuve éclatante que le dessin animé peut prétendre à un niveau très élevé en ce qui concerne l’art. Ainsi la France célèbre le neuvième art avec conviction, pourquoi faut-il que le dessin animé (comptons les œuvres de René Laloux, Paul Girmault et tous les autres animateurs qui n’ont pas eu la chance de s’exprimer) ne soit pas reconnu à sa juste valeur ? 

Note : Je reviendrais peut-être sur le troisième films de René Laloux, Ghandar, qui comporte de beaux moments très poétiques. Mais je voudrais rendre hommage à René Laloux, décédé en 2004, qui a tant compté dans le paysage de l'animation française et qui a aidé tant d'animateurs. Enfin, je vous propse le trailer du film et aussi une critique fort réussie sur l'excellent site Devil Dead.

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 08:00

1ère partie
 

Le dessin animé offre à mon sens des possibilités fantastiques pour transcrire des visions et des histoires absolument fantastiques. Hélas pour nous, la mode des films de Walt Disney demeure si ancrée dans nos institutions que les dessins animés qui se permettent d’être originaux sont rares. Certes, il y a bien eu Ralph Bakshi, mais l’échec commercial de Tygra a stoppé net sa carrière. L’anime japonais m’a aussi beaucoup déçu malgré Akira et Laputa, mais je ne suis pas un fin connaisseur. Toutefois, un maître du dessin animé d’auteur était français et il se nomme René Laloux. Une des ses œuvres les plus notables se nomme les maîtres du temps, et elle demeure une réussite artistique inégalée. 

Les Maîtres du temps demeurent tirés d’un livre de l’écrivain français Stefan Wul, alias Pierre Pairault, qui l’a écrit en 1958. Il s’agit d’une œuvre assez intéressante qui ne fut pas condamnée à dormir sur l’étagère de collectionneurs avertis de Sf. René Laloux demeure un animateur de renom, qui s’est battu toute sa vie afin de monter les œuvres qu’il avait en tête.

Né en 1929, René Laloux s’est toujours intéressé à la peinture puis à l’animation, un art qui permet l’expression d’une imagination très intense, si on en a l’ambition. Il a collaboré avec Roland Topor (Téléchat !) sur des programmes mais il a réussit à monter en 1973 la planète sauvage, un film d’animation que l’on pourrait qualifier d’expérimental quoiqu’il soit abouti. La planète sauvage a rencontré un certain succès, il fut notamment sélectionné à Cannes mais René mis 9 ans à ce que son second long-métrage aboutisse, ce sera le superbe les maîtres du temps. 

La production des Maîtres du temps ne fut pas une sinécure, ce fut même un parcours difficile. René Laloux connaissait les œuvres de Stefan Wulf et il lui a proposé d’adapter l’orphelin de Perdide en dessins animés. Le travail d’adaptation prit fin en 1977 et un judicieux producteur, Jacques Dercourt, s’emballe pour le projet qu’il mène avec la firmeTélécip. La production revoit quelque peu le scénario, qui fait appel au dialoguiste Jean-Patrick Manchette. Moebius est sollicité en 1979, il s’agit d’une pièce maîtresse du film qui apporte son savoir et son talent aux designs des personnages et des décors. Moebuis a continué en donnant des indications de couleurs pour les scènes, élaboré un story bord en 10 volumes, ce qu’il lui a pris deux mois et demi. 
L’élaboration de la partie animée s’est faite à Budapest, par le Pannomia film studio. 110 personnes vont travailler pendant un an. Le problème est qu’il fallait payer mieux les dessinateurs car leurs salaires étant faibles, ils avaient d’autres activités professionnelles ! Il fallu donc jongler en terme de production mais le travail, élaboré à bases de cellulos (contrairement à la Planète sauvage) demeure d’une rare qualité. La musique demeure également un élément abouti des Maîtres du temps. C’est donc l’œuvre de Pierre Tardy et Christian Zanesi qui font la bo mais également l’environnement sonore des mondes des Maîtres du temps. Pour ce qui est de la bo, le morceau final qui accompagne le sort final de l’un des personnages (voire plus), demeure une splendide réussite, peut-être même l’un des tous meilleurs morceaux de chant classique couplé à un film. Comme tous les éléments du film, les artistes qui ont participé aux Maîtres du temps ont fourni une excellente prestation. 

Le film est finalement fini à la fin 1981 et un accord est passé avec Tf1 pour la coproduction, ce qui demeure hautement nécessaire pour un film de cette ambition. Il y eut une promotion, assez timide, qui ne permit pas mille fois hélas aux maîtres du temps de remporter le sucés qu’il mérite. Le film est d’ailleurs passé quelques années sur Tf1, alors chaîne d’Etat, pour les vacances de Noël. Le seul tort des maîtres du temps demeure paradoxalement la qualité de son œuvre : les enfants n’ont pas compris le film à l’époque et les adultes n’ont pas tenté en masse ce beau voyage à l’aventure. Le public le plus alerte fut celui de Métal Hurlant, grâce à la collaboration inspirée de Moebius, mais il ne fut pas hélas assez nombreux.  

Il y eut un adroit marchandising autour du film puisque le film eut le droit, simultanément à sa sortie, à une adaptation en Bd (ce qui apparaît naturel), un 33 tours qui raconte l’histoire du film, un soutien actif de Métal Hurlant, des cahiers d’écoliers. Un fait m’échappe, je ne sais plus si les deux petits télépathes, élément qui permet aux Maîtres du temps d’être accessible aux enfants, ont été éditées en figurines (ma mémoire demeure incertaine). Donc les maîtres du temps a bénéficié d’une promotion indirecte que très peu de films modernes ont le droit.

La carrière du film ne fut pas florissante, elle-aussi. Les maîtres du temps se nomment The Time Masters en langue anglaise et il fit un flop aux USA. Toutefois, ceux qui ont vu Les maîtres du temps avec une bonne disposition ont pu être séduit par cette si belle histoire, qui mêle splendeur des univers, féerie, adroite caractérisation des personnages et une histoire qui demeure tellement ingénieuse…

 

 

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 08:00

Je suis parfois bien désolé de chroniquer des films ou des bandes dessinées confidentiels ou assez dur à trouver. Une fois de plus, les 7 bérets rouges s’inscrivent dans cette catégorie. Il s’agit d’un film que j’ai acheté dans un vidéo-club qui liquidait son stock. J’avais listé une kyrielle de films et mon ami/mentor Patrick Moschietto voulait ce film. Je jette toujours un coup d’œil sur les films qu’il prend, aussi j’ai commencé à regarder le début des 7 bérets rouges. Le début de ce film m’a si choqué que j’ai arrêté le film, téléphoné à mon ami pour lui demander ce qu’était ce film au juste. Je vais donc vous le chroniquer. 

Le début voit une tribu africaine faire un rituel de guerre, puis une femme blonde est mise sur une croix pour être violée par de multiples hommes. Les guerriers vont sur un site voisin avec des torches. Là se trouvent quatre mercenaires, les fameux bérets rouges, qui sont attachés en croix. Les guerriers portent leurs torches devant le visage des soldats, qui reculent instinctivement puis sous la torture. Le soldat qui se trouve derrière demeure empalé par une tige en fer qui demeure déclenchée par le soldat torturé dans son dos. Cette séquence demeure si sadique que j’ai cru me retrouver devant les pires moments de Cannibal Holocaust : une débauche de violences et de tortures qui secoue par son réalisme et fait du spectateur un témoin directe.

J’ai quand même repris le film, assez secoué, et la suite demeure plus intéressante. Nous sommes en Afrique noire, une zone géographique riche en matières premières dont les multinationales ont pour but de s’emparer malgré les populations locales qui constituent pour elles une contingence. Leurs agents locaux sont des mercenaires, en l’espèce des bérets rouges, qui doivent agir dans des opérations coup de poing afin de terroriser une population qui se rebelle.  

La mission voit donc 7 bérets rouges qui doivent aller rechercher des documents pris sur la précédente expédition. Les 7 bérets rouges sont quelques soldats locaux, une soldat, un chef un brin psychotique qui enrôle de force un guide connaissant le territoire où il faut se rendre à pied. La mission se passe « bien » puisque les 7 bérets massacrent un village, avec sadisme, et ils doivent maintenant regagner la zone occupée bien que les forces « rebelles » soient alertées et elles les talonnent. Les 7 vont devoir affronter des embûches mortelles. Ils perdront certains des leurs, un par un, pour le grand climax qui verra une attaque insensée d’un train investi par les bérets rouges qui seront confrontés à une armée numériquement trop nombreuse. 
Vraiment une réussite atypique que ce film de 1969, sorti en France en 1973 ! Les 7 bérets rouges demeure un film haletant, où le danger qui revêt la forme de la cruauté la plus absolue demeure omniprésente et il frappe sournoisement. Il y a en outre une réflexion intéressante de la condition des mercenaires en Afrique, qui sont le bras armé d’exploiteurs dans une partie du monde que personne ne regarde mais dont les habitants sont forcés de réagir. Le film ne cite pas expréssement le pays mais un des titres étrangers se nomme Congo Hell. Les paysages sont splendides, réellement. Un encart au début annonce que l'équipe du film s'est rendu dans des lieux où aucune équipe de tournage ne s'est rendue auparavant.
 Les mercenaires eux-mêmes sont d’anciens soldats professionnels qui tuent sur demande. Leur portrait n'est pas flatteurs car ils sont soit fous, soit désabusés. Dans l’ensemble, les 7 bérets rouges proposent des profils psychologiques assez intéressants. 

Certains acteurs de ce film demeurent remarquables sinon pittoresques. Ainsi le guide/témoin de l’histoire est joué par Ivan Rassimov, un très intéressant acteur yougoslave qui aura tourné dans de très bonnes productions italiennes dans les années 70. Il intérprétera des rôles marquants, mais souvent dans des compostions de méchants. Ivan Rassimov  aurait pourtant pu jouer sans problème des rôles de « bons », il nous a quitté en 2003. Il y a le grand Serge Nubret, un de plus impressionnants culturistes français, qui a eu la chance de jouer dans des films fort intéressants, comme les Titans de Duccio Tessari ou encore Hercule contre Goliath.
Serge Nubret demeure peu connu du grand public, mais il demeure réellement intéressant comme acteur et son rôle dans les bérets rouges permet de conférer une réelle humanité à son personnage.
Il y a enfin le fameux Kirk Morris, un ancien maître nageur qui eut la chance de se trouver dans la mouvance des péplums dans les années 58-64. Il aura joué dans ces années là quelques péplums dont certains sont appréciés, comme Masciste en enfer de Ricardo Fredda ou encore le pas si nul Goldocrak à la conquête de l’Atlantide. En revanche, Il demeure peu apprécié des amateurs qui le classe parmi les mauvais acteurs. A mon sens, le péplum est un genre si limité pour l'intérprétation et les intrigues que cela ne se remarque pas. En tout cas, Kirk Morris aurait pu jouer Musclor sans problème ! Et les 7 bérets rouges demeure son avant-dernier film.  

Enfin, il s’agit d’un très bon film du réalisateur nommé Mario Siciliano qui aura hélas exercé dans quelques films érotiques qui auraient peut-être eu une certaine côte pour les connaisseurs. Mario est mort en 1987, ce film montre qu'il avait des dispositions pour proposer des films intéressants... Je me réfère aux excellents fanzines qui sont le charognard, Médusa ou encore d’autres qui font honneur la cinéphilie et qui vont chercher l’information assez rare… tout comme ce film qui mérite d’être découvert !

 

 

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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 08:00

Dans un cycle relatif aux fanzines que j’avais fait, j’avais fait figurer Back-up en bonne place dans l’excellence.

En effet, chaque numéro de Back-up est une prouesse en terme de richesse de contenu et de connaissances. Toutefois, comme Back-up ne paraissait plus, j’avais fait en quelque sorte l’éloge funèbre de ce fanzine de très haute qualité. Dieu merci, j’avais tort !

Back-up a connu un hiatus de quelques années. Son fondateur et animateur principal, Tristan Lapoussière s’en explique avec une grande franchise et un profond regret envers son audience. Tristan était très occupé professionnellement, vraiment beaucoup, sa situation matrimoniale a évolué mais le désir était encore là, bien vivant.

Je vous recommande fortement de vous procurez les Back-up, très fortement. Quand vous en lirez un, vous ne pourrez que constatez l’impressionnant travail entrepris par Tristan Lapoussière et son équipe. Les numéros sont tous répertoriés, les sujets sont vastes et l’analyse demeure très poussée, les documents qui nous sont présentés demeurent époustouflant (de même que la bilbiographie). 
Vous l’aurez compris, Back-up demeure une œuvre de contenu, de très haut calibre, bien qu’il soit toujours accessible. Je ne vois guère que Francis Saint Martin et ses éditions de l’hydre qui se hissent à un tel niveau.
Alors si vous désirez accéder à une vraie culture comics, si vous ne vous contentez plus des news succinctes mais que vous avez, quelque part, l’aspiration d’apprendre tout en vous divertissant, Back-up s’impose en tous points.

Back-up a donc repris avec le numéro 13 et le numéro 14 vient de sortir. Le rythme de parution n’est pas sacrifié au long et admirable travail de recherches. Aussi le rythme de parution est variable, on peut donc dire qu’il est événementiel ! Pour le numéro 14, Back-up traite des Teens Titans, des débuts qui sont totalement ignorés ou très peu traités ! Entre autre  chose,  la carrière de John Buscema  d'avant  Marvel est traitée.  Qui d'autre l'avait  fait en  France  ? Le nombre d'illustatrations  et de photographies demeure impressionnant. Bref,  un seul numéro  de Back-up  vous propose  des heures de lecture  !

La reprise de Back-up, en quelque sorte un nouveau souffle, demeure une des plus belles aventures du fanzinat français, qui est de très haut calibre. Je vous propose des articles simples et accessibles qui ont pour objet de vous dévoiler une grande variété d’artistes, de personnages ou de thèmes. Back-up est l’idéal pour aller plus loin !

                                                                (le numéro 9 traite justement d'Atlas comics !)

 

Justement, comment vous les procurer ?
En vous abonnant pour 28 euros, 32 pour un abonnement de soutien, à Association Back-up/Tristan Lapoussière, 37 rue Raspail, 93360 Neuilly-Plaisance. Vos règlements doivent être rédigés à l’ordre de Association Back-up.
Vous pouvez aussi commander les no 9 à 12 au prix de 7 euros pièces.
Pour ceux qui se rendent à Paris, vous pouvez les acheter à la très bonne boutique Bd Spirit, 69 rue Lebat, 75018 Paris.

Faîte la comparaison par rapport aux prix des magazines, vous vous rendrez compte que le prix est très avantageux . Bonne lecture !

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 08:00

Voici un grand moment de comics, une violente entrée des sages héros de DC dans la réalité, ainsi qu’une période à la réputation incroyable. Green Arrow/Lantern va propulser les comics bien plus loin que Stan Lee a osé. La courte période de Neal Adams & Denny O’Neil a révolutionné les comics en confrontant les héros à des réalités sociales et éthiques, en montrant pour la première fois une prise de drogue dans un comics puis en donnant à des personnages une direction qui les suit encore. Retour sur un moment incontournable des comics ! 

Green Lantern et Green Arrow était des personnages connus et reconnus, mais dont les titres vivotaient. Aussi, on avait couplé les héros dans un même titre afin d’augmenter mécaniquement les ventes. Mais le coup de génie de Juluis Swartz, éditeur très respecté aux Usa, fut de confier le titre au duo magique qui a tant apporté à Batman : Neal Adams & Denny O’Neil ! Neal Adams vous a été présenté, il demeure LA star qui provoque engouement et vente des comics, et Denny O’Neil demeure un scénariste inspiré, du moins pour cette période et sur quelques titres ponctuels. Le duo va faite voler en éclats l’apparente inanité des héros de DC comics en seulement quelques numéros, les épisodes 76 à 87 du titre. 
 

Dans leur premier numéro, Green Lantern intervient dans une altercation entre un jeune loubard et un homme d’affaires. Il aide le second par pure réflexe mais il comprend que la situation est un brin plus subtile : le respectable homme d’affaires demeure un loueur de taudis et le jeune "loubard" se plaignait à bon escient. Un homme âgé noir interpelle Green Lantern, comment se fait-il que celui-ci s’occupe des affaires farfelues et ne traite pas les vrais problèmes. Green Lantern admet sa déconvenue et il demande conseil à son ami de la League, Green Arrow.  Au fil de leurs péripéties, les deux collégues/amis vont s'opposer, par idéologie mais aussi par la variétés de leurs réactions devant un problème. Outre l'aspect tragédie (les émotions des personnages guident leurs réactions devant l'événement), ces deux héros aparaissent un peu plus crédible, proche de réactions de gens normaux qui apréhendent la vie et ses problèmes par des angles différents, pour aboutir à un résultat idéal (la politique, donc). Green Lantern serait plutôt un brin conservateur, quoique rien ne le prouve, tandis que Green Arrow demeure clairement de gauche, révolté par les aberrations d'un systéme économique qui met à l'écart une partie de ses acteurs moins favorisés.

Green Arrow demeure un impulsif, grande gueule à la conscience sociale engagée qui décide de faire un bout de chemin avec son compère, afin de saisir l’occasion de lui remplir quelque peu la tête avec des réalités qu’il survole. Cette rencontre avec la réalité symbolise à mon sens la rupture de l’ère de l’innocuité chez Dc, décrite dans un précédent article. Le ton candide et innocent demeure fini et Dc tente de se battre avec Marvel sur le terrain des comics plus réalistes. Enfin, rien n’est moins sûr puisqu’il subsiste encore les Superman de Cary Bates et Curt Swan qui sont le contraire d’un comics trépident. 
Donc, les deux compères font un bout de route ensemble dans l’Amérique profonde, qui leur reserve bien des péripéties et des dangers. Puis un gardien de Oa se joint à eux, afin de parfaire sa propre connaissance et la saga devient plus cosmique, mais les dangers ont des postures qui reflètent bien les vicissitudes de notre société tel cette planète surpeuplée ou encore l’incarnation des dérives du capitalisme (problème toujours pas réglé) puis la pollution dans un épisode un rien caricatural avec un émule de Jésus aux défenses immunitaires faibles que la pollution peut tuer. 
Mais une fois de plus, le retour sur terre va se révéler des plus marquants puisque la série se concentre sur le personnage de Speedy, le Robin de Green Arrow dans les fameux épisodes 85 et 86. Ce dernier demeure délaissé par son mentor et il s’adonne à la drogue. Il s’agit incontestablement d’un des meilleurs moments des comics, tous éditeurs confondus et qui fait preuve d’une audace qui n’a pas été égalée depuis. Green Arrow arrête quelques jeunes qui se droguent (pour lesquels il a une réelle aversion), mais il n’ a pas fait le lien entre ces jeunes et Speedy, dont on découvre que lui-même se drogue ! 

C’est la chute pour ces héros qui se rendent compte que les problèmes de la société atteignent leurs propres rangs. Ainsi, leur échec est d’autant plus douloureux. Green Arrow va avoir une réaction intéressante, violente car pétrie de remords (ceux inhérents à son propre échec). Il va d’abord avoir une réaction de rejet totale de Speedy. Là, Green Arrow et Black Canary prennent le relais, supportent Speedy qui va trouver l’empathie qui lui manquait tant. Le terme de ces deux épisodes suggèrent que Speedy cesse la drogue, il va violemment marquer son émancipation de son mentor, pour trouver sa propre voie, sous l’approbation tacite de ses aînés. 

Pour un comics de super-héros, les réactions des personnages demeurent étonnement crédibles, intéressantes. Le manichéisme primaire des super-héros demeure balayé pour un traitement humain des plus aboutis. Il s’agit quand même de l’histoire la plus fine que j’ai lue dans un comics de super-héros, qui ne sera d’ailleurs pas égalée par la suite. 

Cette histoire demeure si forte qu’elle poursuivra encore le personnage de Speedy de nos jours (c’est dire la médiocrité du traitement qu’on lui inflige !). Il s’agit à la fois du paradoxe chez DC comics, cette histoire demeure tellement forte qu’elle semble avoir figée les personnages dans cette posture, si marquante pour eux. Enfin, les personnages de Dc comics ont réellement un aspect sinon une saveur plus familiale que ceux de Marvel (pourtant, les X-men ont des liens fraternels et les FF sont presque une famille). 

L’autre intérêt de cette ère demeure l’introduction d’autres Green Lantern, notamment John Stewart, qui demeure bien caractérisé lui-aussi. Il demeure frondeur, engagé comme tous les autres personnages noirs des années 70’. Son introduction demeure réussie, lui aussi a le droit à une caractérisation réussie,  il se révèlera plus intéressants par la suite.  J.Steward est régit par son propre mode de fonctionnement,qui demeure différent de celui de Hal, mais qui s'avère tout aussi valable, une parabole sur la pluralité en quelque sorte ! Guy Gardner demeure aussi impliqué, et il est évident qu’il aurait pu être le premier de Green Lantern, mais qu’un accident l’ en a empêché. 

 

Bizarrement*, le titre sera annulé et transféré en back-up sur Flash. Un fait très étonnant pour un titre qui se vend encore, qui est connu dans tous les pays ou presque qui publient les comics DC, et qui demeure incontestablement un des joyaux de DC comics. Ainsi, une petite poignée de numéros peut conférer aux comics le rang d’œuvre, être lue par des lecteurs étrangers et réticents à ce média et demeurer le modèle de référence pour des comics engagés (que l'on nomme, il me semble, les "convenants" comics). 

Ce sera la gloire pour Neal Adams, ainsi que l’une de ses périodes les plus longues sur un titre. On lui a littéralement fait signer des centaines de milliers de numéros. Denny O’Neil continuera seul le titre, mais ce dernier va rapidement redevenir morne et peu haletant. O’Neil va assurer pendant quelques années la pérennité du titre, avec parfois l’aide de dessinateurs comme Mick Grell, mais Green Lantern sera rattrapé par son côté super-héros.

Note : Ces quelques numéros ont été publiés par Arédit dans les Green Lantern poche no 25 à 30. Mais les deux épisodes sur la drogue ont été enfin publiés par Semic, des années plus tard, dans le spécial Dc no 14. Il s’agit d’un must, doublé d’un excellent travail éditorial puisque le rédactionnel qui accompagne les histoires demeure de premier ordre avec, cerise sur le gâteau, une interview de Neal Adams par Will Eisner !

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 04:42

 

Connaissez-vous une firme qui a engendré une grande flopée de personnages aux concepts parfois proches de ceux de Marvel comics en très peu de temps ?
Vous souvenez-vous du sommaire des trois premiers Titans de Lug qui accueillit des héros dont les lecteurs se demandèrent pendant longtemps où était la suite  ?
 Enfin, voulez-vous connaître la tentative de revanche de Mr Goodman qui se solda par un retentissant échec ?
 Si oui, une partie de ces réponses se trouvent dans cet article. 
Martin Goodman était l’entrepreneur des comics qui avait particulièrement bien réussi. Il avait survécu au crac de 1956 ; lorsque le Sénat américain s’est mis en croisade contre les comics américains afin de protéger la jeunesse américaine. Il a failli devenir le numéro 3 du marché mais il a connu une catastrophe qui a laissé sa firme proche de la faillite. Puis il a vu des cendres de celle-ci se relever de manière spectaculaire de telle sorte un nouvel élan . Il ne lui manquait plus que son propre réseau pour doubler enfin Dc, le numéro 1 qui se trouvait débordé par ce piranha si novateur. 

Bref, Mr Goodman demeure un exemple de réussite à l’américaine, du moins pour la vitrine. Il avait quand même « oublié » de rétrocéder les 25 % de bénéfices à Joe Simon et Jack Kirby sur Captain America en 1942, puis il a « oublié » encore une fois de faire de même avec toutes les co-créations de Jack avant la vente de sa firme en 1968. A l’instar de Victor Fox ou d’autres moins connus, Mr Goodman n’était pas une âme pure, loin s’en faut. 

Ce qui demeure ironique, c’est que lors des accords de la vente de sa firme Marvel à Cadence Industrie, M.Goodman a insisté pour que son fils nommé Chip soit le publisher de la firme, en gros, que sa direction lui revienne afin de perpétuer le règne de la famille sur les comics. Mais Stan Lee, dont le lien de parenté demeure toujours aussi vague, a causé quelque tort à son supposé parent puisqu’il a oudri en secret un accord avec les repreneurs pour se voir attribuer, lui, les rênes de la société au détriment du Chip ! 

Martin Goodman entra dans une fureur légitime : lui avait le droit d’être indélicat avec les autres mais on ne se moque pas du grand Martin Goodman ! Aussi, il prépara sa propre revanche qui consiste par une attaque frontale de son ancienne firme au moyen d’un déluge de nouveaux personnages, aux apparences ou aux concepts parfois étonnamment proches, mais en plus agressifs et même parfois  très intéressants.
Voici donc l’ère Atals/Seabord, qui va suivre la même stratégie que Marvel a suivi pour grignoter la laine de DC. Aussi, vous allez lire dans la fabuleuse riposte de l’homme-margoulin ! 

C’est donc en 1974 que Martin Goodman crée et lance son offensive, en fait une guerre commerciale avec Marvel. Détail amusant, ses bureaux se trouvent à New York (comme ceux de Marvel donc) au 717 cinquième avenue. Il choisit comme co-directeurs Larry Lieber et Jeff Rovin pour concevoir et lancer une vague de titres assez détonants.
Tout d’abord, il s’agit d’un foisonnement de titres divers assez stupéfiants. Même si certains concepts tels que Tarentula se recoupent assez avec Spider-man ou The Brute avec Hulk, il y a un aspect cru par rapport à la violence qui fait que les comics d’Atlas demeurent réellement singulier, un brin dérangeant. Ainsi pour Tarentula, on dirait puisque le concept de Spider-man est repris mais sous la forme d'un freak assez répugnant. Pas malin pour convaincre les kids !
Ne serait-ce que dans la planète des Vampires, publié par Lug donc, les héros ne parviennent pas à sauver leur compagnes, ce qui demeure quelque peu dérangeant pour les lecteurs de moins de 10 ans que nous fûmes à l’époque !

Mais il y a surtout une grande foison de titres, comme si Goodman voulait manger simultanément à absolument tous les râteliers qui rencontrent un succès conséquent. Ainsi, même le magazine d’horreur genre Creepy se voit doter d’un concurrent aux couvertures sublimes de Neal Adams, quand même ! 

Poursuivons la liste, qui est quand même assez étonnante, avec la suite des genres abordés par M.Goodman, qui semble avoir énormément d’appétit. Ainsi, le genre western est abordé (Kid Cody ), ainsi qu’une copie des Archie comics avec Vickie (une véritable institution aux USA), de même que les comics policiers avec Police Action, ou encore les comics de guerre (Sergent Hawk balzing tales !).
Bref, on fait feu de tout bois, tous les créneaux sont courtisés ( la recherche de l’arche perdu sinon du créneau à suivre en quelque sorte). 

Atlas se lance une foule de magazines, aussi variés que le comics puisqu’ils vont de la revue à monstres jusqu’au magazine romantique (mélée à l'horreur, détonnant !), ainsi qu’aux aventures à suspense ou encore aux récits d’épouvante. Le choix est large chez la famille Goodman (ironie, la seule formule à perdurer sera celle du porno !). 

C’est à mon sens le principal intérêt de Atlas/Seabord, proposer une profusion inouïe de concepts et de personnages assez fous, ce dont l’industrie des comics moderne demeure bien incapable. C’est probablement parce que cette génération de créateurs n’était pas élévée au super-héros, et qu’elle savait se détacher de cette influence parfois consanguine. Regardez en direction de la tapageuse firme Top Cow, de Marc Silvestri, qui a réussi en tout et pour tout à créer un seul personnage « mémorable » : Witchblade (pas pour moi). Il s’agit d’un concept fragile, mal défini, dont la vacance aux niveaux des origines demeure le ressort des premiers épisodes. L’intérêt pour le lecteur demeure de découvrir l’origine secrète de l’héroïne, tout comme le scénariste qui demeure assez peu imaginatif et perdu devant un tel challenge !  

Atlas/seabord, malgré ses défauts et son piètre suivi des titres, demeure au moins réellement intéressant avec des personnages proches du Punisher (en fait, du roman policier pur), du tueur de démon, le fils de Dracula (nous sommes dans les années 70’ et les héros horrifiques ont la côte pour quelques temps). Il y a encore le justicier, un héros crée par Steve Dikto dont j’aurais bien aimé lire encore 40 numéros, au bas mot ! 
Justement, la stratégie de Martin Goodman demeure de proposer enfin des droits de suites pour les super-héros ou personnages crées pour sa firme, ce qui demeure quelque peu révolutionnaire quand on connaît le passif de cet homme. Peut-être avait-il un autre stratagème pour rendre caduc l’accord par un vice de forme ? En tout cas, il est parvenu à attirer quelques talents pour le moins prestigieux, dont Steve Dikto, Wally Wood, Alex Toth, John Severin, Neal Adams (pour quelques covers, ne rêvons pas) ou encore des nouveaux talents comme Rick Buchler ou Howard Chaykin ! Etonnant pour un « entrepreneur » qui a quelque peu entourloupé Jack Kirby deux fois de suite...

La firme a commencé à la fin de l’année 1974 et elle s’est consumée vers la fin de l’année 1975, pour des raisons assez édifiantes*. Donc, l’aventure du conquérant Goodman s’est terminée de manière assez piteuse, quoique fort amusante à connaître. Il en restera quelques étincelles de personnages qui sont nulle part, dans les limbes des comics, et dont je m’étonne que Marvel n’ait pas racheté le lot. Elle qui peine à nous proposer de nouveaux personnages (avec les droits qu’elle laisse aux créateurs, je suis persuadé que ceux-ci se gardent bien de leur confier le fruit de leur talent !).  

Ne soyons pas tristes, il reste quand même à l’inénarrable Chip Goodman un magazine pour adulte homme, nommé Swank (qui demeure assez conséquent de nos jours), qu’il aurait dirigé pendant longtemps encore. Un petit lot de consolation en quelque sorte ! 

Note : Pour tout savoir sur la surpenante Atals/Seabord, je vous renvoie à l’ouvrage de Francis saint Martin qui demeure absolument incontournable, et qui vous dévoile entre autres la fin de cette étonnante aventure ainsi que tous les super-héros de la firme. Un régal pour qui sait faire preuve d’une réelle curiosité !  

A commander aux éditions de l’hydre, 1 avenue du Dr Dehrs, 64300 Orthez pour le prix de 8 euros + 1.5 pour le port !

 

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 08:00

Voilà bien une carrière qui est exemplaire, celle de Jean-Pierre Dionnet ! Il s’agit de quelqu’un qui a eu très tôt un amour pour ce qui est de nos jours considéré comme une sous-culture qui est en passe d’être mieux reconnue par la société, quoique pas encore acceptée, la bande dessinée et la série B. Jean-Pierre Dionnet aura porté très haut ces deux médias, avec en plus le rock, mais surtout il a généreusement transmis sa fibre au plus grand nombre, dont moi ! Retour sur un très grand de la culture geek française, qui a de multiples centres d’intérêts et qui a su les partager avec talent. 

Jean-Pierre Dionnet est né à Paris en 1947. On peut logiquement supposer qu’il s’est intéressé très tôt à la fois à la bd, qui foisonnait en ce temps-là (les bd en kiosques étaient bien  plus nombreuses alors), qu’il a visionné tout le spectre cinématographique de l’époque pour notamment développer une faiblesse pour le genre qui était considéré comme non noble, le cinéma bis, mais aussi qu’il s’est pris la musique rock en pleine tronche.

3 vecteurs, 3 genres qu’il a su défendre avec passion, qu’il a permis de faire reconnaître au grand public (ou à défaut à l’esprit curieux et ouvert) et même être acteur dans les médias.  

Je déplore de n’avoir pu rencontrer Jean-Pierre Dionnet, c’est à mon sens quelqu’un que j’aurais aimé avoir dans ma famille, une sorte de super oncle qui aurait toujours quelque chose à vous faire écouter, à lire ou à partager ou à conseiller. Je ne l’ai pas davantage rencontré dans la rue ou ailleurs, j’aurais eu d’ailleurs mille et une questions à lui poser. Je sais juste qu’il a commencé comme libraire et qu’il était dans une des premières vagues de fanzines d’élite (avant Scarce mais après Midi Minuit Fantastique) avec le magazine Phénix.

Il s’agit d’un fanzine de haute tenue qui traite de toute la Bd mais qui n’avait pas d’œillères puisqu’ils ont traité de comics US et il me semble que Jean-Pierre Dionnet  ait interviewé Neal Adams ! (Ahhhh) ! Il s’est alors associé à Philippe Manœuvre et d’autres, dont Druillet, pour fonder Métal hurlant. Ce fut là une aventure assez incroyable en termes de sommets créatifs et de résonance culturelle. Moebuis, Druillet, Jordowsky et tant d’autres livraient des aventures bigarrées et franchement créatives qui resteront des classiques et des sommets de la bande dessinées adultes teintées d'imagination haut en couleurs. Le plus fort, c’est que les américains connaissaient cette revue, des dessinateurs de comics us jusqu’aux créatifs dans les studios américains, et même Arnold Swarzeneger ! Elle donna naissance à un grand frère, Métal Hurlant, ce qui est un peu près unique dans les annales françaises.

Jean-Pierre est d’ailleurs scénariste et il a une vingtaine de titres à mettre à son crédit. Il a collaboré avec des grands mais surtout il a contribué à bâtir une grande épopée  du neuvième art qui demeure une référence et un triomphe français. La fin des années 70 instituérent un souffle de la Bd adulte, mature, où la notion d'art demeure évidente. Un formidable livre retrace cette épopée et je suis sûr qu’il sera considéré sous peu comme un collector, puisqu’il est à la fois maousse et exhaustif. 
En 1982, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Manœuvre et Pierre Lescure créérent  et réussissent à faire diffuser sur Antenne 2 les enfants du rock, une émission hautement mémorable qui fut une exception dans la télévision de l’époque, ôcombien rigide (quoique paradoxalement, moins qu’aujourd’hui malgré la quantité de chaînes sur le câble). Quand on laisse des passionnés qui connaissent parfaitement leur affaire et qui savent la gérer, il en résulte une émission qui demeure aujourd’hui encore sans égale. Notons encore de bouillonnants sketch couplés avec des clips qu’on ne pouvait voir quasiment que dans cette émission, joué par Jackie et Antoine De Caunes !
Le plus fort, c’est que cette aventure contient les germes de Canal + puisque toute l’équipe, y compris Alain Chabat et Alain de Greef se retrouveront sur la quatrième chaîne (j’étais jeune à l’époque, mais je me souviens de l’événement dans une France rigide et uniforme).   

Il semblerait que Dionnet et Philippe Manœuvre délaissent un temps Métal Hurlant, ils avouent de nos jours ne pas être des champions de la gestion, et que Métal connut un terme en 1987, mais ils ont fondé les éditions les Humanoïdes Associés dès 1975,  vous connaissez sûrement cette maison d'édition ! 

J’envisage la carrière de Jean-Pierre Dionnet comme jalonnée de cycles, il en a finit un avec Métal Hurlant mais il en ouvre un autre avec cinéma de quartier, et ce cycle-là, je l’ai pris en pleine figure et j’en redemande encore !  

Pierre Lescure envisage pour Jean-Pierre de lui confier une émission pour un certain public, celui des quarantenaires ou simplement des gens un brin curieux qui voudraient se prélasser grâce à de bons mais vieux films. Après tout, la dernière séance marche fort sur la 3, et on peut faire aussi bien mais différemment. Jean-Pierre s’y colle avec passion et le résultat est probant : il parvient à nous présenter des films méconnus, ignorés superbement par la critique officielle de l’époque, et qui n’ont pas eu de seconde carrière depuis leur passage au cinéma, dans des salles moins nobles.
C’est alors que naît cinéma de quartier qui décroche de fort bons films comme des flèches !
Jean-Pierre Dionnet revisite quelques pans du cinéma de quartier (c’est amusant mais je préfère cette appellation à cinéma bis ou cinéma de genre) alors que la critique officielle nous rabat les oreilles depuis des décennies que le seul cinéma qui a le droit de citer est celui de la nouvelle vague. Ainsi vous vous procurez un magazine première de l’époque du premier guerre des étoiles, ils considéraient avec condescendance ce film  pour les enfants ou les adultes attardés ou désoeuvrés, les choses ont bien changé avec les multiples couvertures qu’ils ont données pour la guerre des clones. 

Je suspecte Jean-Pierre Dionnet d’avoir eu bien peu de considération de la part du cinéma officiel pour son émission qui déterre les vieux films et qui parle d’acteurs ou de réalisateurs méritants mais oubliés de des grands médias, ce que je nomme le Cinéma. Alors que sur TF1ou France2, le cinéma ancien français se résume aux quarante mêmes films et aux mêmes acteurs (ok vous connaissez Louis De Funès et Bourvil, mais qui peut me dire qui est Paul Meurisse ?),. Jean-Pierre Dionnet  nous présente des œuvres oubliées qui ont pour caractéristiques d’être mémorables.
Il a à mon sens un peu trop insisté sur Mario Bava mais bon, pourquoi diantre se priver de se faire plaisir ?

Alors si vous êtes curieux, je vous signale quelques infimes pépites que ce chercheur de minerais précieux est alléextraire: un cycle Sergio Sollima avec les aventures de Cuchillo dans Colorado ou la poursuite implacable- Matango d’Inoshiro Honda-La victime désignée avec Millian et Pierre Clementi- Robert Hossein/Marina Vlady dans les adaptations de Frédéric Dard- Le ciel nous tombe sur la tête- Pour une poignée de Jean Rollin- entre autres !

Diable, quelle liste inégalée ! Ce qui m’amuse également est son style de présentation. Il joue une sorte de Mr loyale monté sur ressort qui s’exprime en pointant ses doigts vers le plafond. C’est là aussi un style unique et fort divertissant. Enfin, il nous narre des anecdotes qu’il tient lui-même des réalisateurs qu’il a rencontrés. L’information à la source, autant dire que c’est un rêve de tous les passionnés.

 Il tenta l’expérience du quartier interdit, des films d’horreurs chocs et gory mais l’aventure fut brève…

Mais Jean-Pierre aurait pris de la distance avec la direction de Canal qui a remplacé ses amis Lescure et DeGreef, ces cinémas de quartier ne proposent que des œuvres françaises, parfois déjà vues, pour des raisons de quotas et certains fans sont déçus.... 

Mais alors qu’il semble maîtriser de nombreux pans entier dans le cinéma, cet homme est trop bouillonant pour se fixer sur un unique domaine dont il arrive aux limites et il s’ennuie à force de faire la même chose. Jean-Pierre se rue sur le nouvel El Dorado qui s’ouvre enfin à l’Occident : le cinéma asiatique.
Il devient distributeur, va rencontrer ces gens de cinéma et nous décortique au mieux leur travail, il nous importe entre autres Il était une fois en Chine et je subodore que son désir de découvrir  renaît et qu’il entre dans un nouveau cycle qui le passionne et qu’il a fait découvrir avec verve et passion !
Petit détail qui m’a fait mal au cœur, Jean-Pierre Dionnet  a fait le deuil de sa passion du cinéma puisqu’il a vendu sa collection d’affiches, de matériel ciné, de revues sur le cinéma de quartier ! Mais bon, il a manifestement de quoi s’amuser avec ce nouveau cycle pour des années ! Son quatrième en quelque sorte...

Merci Mr Dionnet pour tout ce savoir que vous nous avez transmis ! Je vous souhaite une longue et heureuse prospection dans les arcanes et méandres du cinéma. Vous êtes pour moi le Pape des geek et vous vous renouvelez sans cesse, preuve d'une infatigable passion !

 

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