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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 08:00

Wally Wood est un grand artiste, un immense artiste qui est capable de prouesses graphiques somptueuses. Doué pour le réalisme comme la caricature, Wally Wood a participé à beaucoup d’épopées majeures de l’industrie. Wood a fait pour moi un chef d’œuvre absolu qui ne dure que 6 pages : il s’agit à mon sens d’une profession de foi stupéfiante sur le génie de cet artiste maudit. A vous de vous faire votre avis.  

My world se présente comme une épopée de la race humaine qui débute dans les cavernes, où l’homme affronte des bêtes monstrueuses puis remonte le fil du temps jusqu’à l’espace. Nous visitons grâce au talent graphique irréprochable de Wood, la quintessence des années 50’, des univers merveilleux qui recèlent des mystères, des pièges, et des visions ayant attrait au fabuleux. My world se permet même de montrer l’homme sous un jour primitif, bien que le contexte soit futuriste, de dépeindre des civilisations détruites ou de faire jaillir l’espoir grâce aux enfants.

My world superpose donc des textes et des images, vignettes graphiques, qui projette notre espèce dans les confins de la raison et de l’imagination. Or, il s’avère que la chute de ces quelques pages nous montre Wally Wood qui se tourne vers le lecteur, c’était lui le narrateur et il s’agit de son monde à  lui. 

Voici une chute novatrice pour une histoire des plus lumineuses. Les comics sont à mon sens le média qui peut développer le plus puissamment la faculté fantasmagorique. Un tel jet d’imagination entraîne le lecteur dans un tourbillon d’univers demeure un plaisir sans pareil. Des maîtres tel que Jack Kirby, Steve Dikto ou Wally Wood peuvent donc ouvrir des fenêtres de notre imaginaire et nous emmener vers des dimensions hallucinantes. C’est pour moi la force inégalée des comics, et je peste régulièrement contre les crossovers ou autres pseudo événement de Marvel ou de Dc qui se content de reprendre des formules éculées et de fabriquer du pseudo événementiel tout en négligeant cet aspect fondamental des comics.

                                                                       Mais vous, qu’en pensez-vous ?
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 08:00

Wally Wood est un artiste qui a une énorme cote de popularité chez la génération de fans qui ont pris connaissance de son talent à l’époque de ses publications. Pour ma part, il ne me disait pas grand chose, quelques numéros de Sally Forth ou des collaborations éparses chez Marvel qui ne m’ont pas séduit plus que cela. Mais lors du dernier festival d’Angoulême, le fin connaisseur qu’est Tony Lariviére me traîne jusqu’ à un stand hollandais qui éditait des numéros de Witzend. Parmi toutes les bandes, une seule me convainquit en quelques pages du talent de Wally Wood : my world. Aussi je me dois de revenir à ce grand artiste dont la cime de la carrière se situe pour moi dans les années 50’.   

Wally Wood est né en 1927 dans le Minnesota. Il incarne la génération de lecteurs qui était élevée au pulps et au daily strips. Justement, le jeune Wally Wood adore les maîtres du moment qui excellèrent dans cet art : le fameux Milton Caniff de Terry et les pirates ainsi que  Hal Foster qui exerçait sur Flash Gordon. Ces grands de l’époque influencèrent énormément d’ artistes en leur montrant en les éblouissant par leurs talents.
Wally Wood demeure un autodidacte, qui n’a suivi qu’une faible formation (un bref passage chez l’école de Hogarth) puis dans une école de cartoonist. Son parcours est intéressant, il fit la guerre, exerça une multitude de petits boulots puis se constitua un portofolio pour démarcher les maisons d’éditions ou les studios artistiques. En se liant d’amitié avec d’autres artistes, dont John Séverin, il aboutit finalement chez Will Eisner qui lui confia immédiatement son personnage fétiche : le Spirit.

En parallèle, il travaille pour le compte de la Fox Comics (Blue Beetle 1er) pour des travaux d’encrage, ce en quoi il se révèle doué. IL demeure donc un artiste établi dans les années 50’ où il s’essaye à  plusieurs genres tout en ne cessant d’améliorer son art. Justement, ces années seront clairement le meilleur de sa carrière et nous entraîneront dans des épopées graphiques époustouflantes.

Il intègre l’EC comics, la boîte fondée par la propriété de William Gaines, qui a fondé une première maison d’édition qui a crée Flash & Green Lantern. Il l’a revendu aux propriétaires de Superman puis, grâce à une forte somme, il a remonté tranquillement une nouvelle firme nommée Educational comics. Ce dernier meurt lors d’un accident nautique et son fils Bill prend la relève.  Doué d’un grand sens de l’humour, il abandonne la direction éditoriale de ses revues et il publie des comics de guerre, de Sf et d’horreur qui constituent un pan entier de la bande dessinée américaine, par leurs audaces, leurs qualités et leurs génies. Ces comics ont suscité bien des carrières et dont les influences se font encore sentir dans les autres médias (cinéma surtout). Mais l’EC comics essuya les foudres du sénat américain et notamment le psychiatre nommé Frédéric Wertham.

Aussi, pour assurer la survie de sa firme, Bill Gaines dut tenter d’autres expérimentations, et ce fut alors l’aventure MAD, peu connue chez nous mais institutionnelle chez les américains (Homer Simpson y fait souvent des allusions appuyées). Wally Wood demeure de l’aventure et son trait se prête encore une fois à la folie humoristique des histoires de MAD.  

Une fois l’aventure MAD terminée pour lui et, dans les années 60’, Wally Wood travaille de manière opportune pour les comics, notamment pour le renouveau de Marvel avec des participations parcimonieuses pour les premiers Dardevil à l’encrage ou encore les premiers épisodes de Docteur Fatalis (paru dans les Stange 16 et 17, me semble-t-il). Il fait de même chez Dc dans des séries qui semblent représenter pour lui un travail alimentaire mais il jouit d’un prestige immense par mi les éditeurs et certains de ses pairs qui reconnaissent son immense talent. C’est d’ailleurs lui qui fera les cartes tops (trading cards donc) de Mars attacks !  
 

Justement, Wally Wood va tenter en 1966 une aventure d’auto-publication puisqu’il va rassembler de grands artistes pour l’aventure Witzend. Il s’agit d’un fanzine de luxe où les artistes ont enfin carte blanche. Malgré l’immense qualité de Witzend, où Steve Dikto a fait son fameux Mister A, cette aventure ne fut pas un succès et Wood passa à autre chose, bien que blessé dans son orgueil d’artiste. Il créa et anima Canon Inc. qui mixe et amplifie les éléments propres à James Bond : action et belles pépées.  

  Wally Wood participe à la grande aventure que fut les Thunder agents. Il s’agit d’un essai de la firme tower pour percer dans le domaine fort lucratif des super-héros. La firme fit appel à Wally Wood et un studio, qui donnèrent un groupe qui, si il avait perduré chez Marvel ou Dc, serait connu et acclamé pour sa qualité. Ses membres sont fort bien conçus, dont le fameux Noman, et il s’agit à mon sens d’une équipe qui a incontestablement le potentiel des Vengeurs ou de la Jla. 

Mais sa carrière va devenir erratique et il convient à se moment là de relater le caractère de Wally Wood. On dit cet artiste bouillonnant, plein d’idées et véritablement enthousiaste. Mais les revers de sa carrières dont Witzend ont quelque peu atteint   Wally Wood. Il a eu des problèmes avec la boisson, de multiples problèmes de santé (rénaux, oculaire) et sa carrière reflète son manque de foi et ses espoirs déçus qui l’ont minés. Aussi Wally Wood se donne la mort en 1981… Son legs est immense et la reconnaissance des fans et des professionnels l’est également.  

Wally Wood demeure un grand artiste, un talent majeur même qui savait tout faire puisque son trait pouvait aller de la caricature jusqu’ à un réalisme gracieux voire splendide. Wally Wood fut de beaucoup d’aventures éditoriales qui sont quand même la grande période de Science-Fiction (à mon sens, son âge d’or), les débuts de la grande aventure de MAD, une participation aux débuts de la Marvel, puis la création de ces héros si intéressants –les Thunder agents- et enfin la l’auto publication qui fut remarquée qui demeure dans le légende. 

Notes :

1 Pour ce qui concerne les Thunder agents qui sont ici à peine évoqués, Francis Saint Martin s’y est intéressé avec talent et minutie dans un des ouvrages publiés aux éditions de l’hydre. Pour le commander, adresser votre règlement à Mr Francis Saint Martin, 1 avenue du Dr Dhers, 64300 Orthez. Il vous en coûtera 10 euros + 2.5 pour le port. Un must !  

2 Pour l’épopée EC comics, que je maîtrise mal, reportez-vous à l’excellent dossier paru dans Scarce 34.

 

 

 

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 08:00

Les années 40 ont été créatives et florissantes pour le développement de cette industrie encore neuve. Elle a connu des tirages très importants avec des records en million d’exemplaires, ele a connu une grande créativité dans de nombreux genres comme la guerre, les funny animals (le premier créneau du comics), l’espionnage et le héros, dont les super-héros sont un prolongement naturel. Mais le contexte du divertissement a bien changé depuis les années 30, certains supports s’imposent tandis que d’autres déclinent. Qu’en est-il de nos comics ?

Tous d’abord, il convient de revenir quelque peu sur la société américaine. Elle est très patriotique, le concept de nation demeure très ancré dans les mentalités américaines. Notons que même dans notre pays, nos prédécesseurs l’étaient également, bien plus que maintenant. Or, ce nationalisme aux USA, s’il a de bons côtés, mène à une certaine uniformisation des pensées et des comportements, une sorte d’uniformisation qui crée une pression sociale importante. A noter que l’ère George W. Bush et le contexte du 11 septembre reproduit ce schéma qui demeure cyclique.

Donc, les Usa ont un puissant mode moralisateur. Ce sera l’ère du sénateur Mac Carthy, des listes noires dans le cinéma et d’une moralité qui fixe des normes contraignantes pour l

a société qui se retrouvent dans les comics. Justement, le psychiatre Frédéric Wertham rencontre un engouement pour son livre Séduction of innocent où il démontre le rôle nocif des comics envers la jeunesse et la mauvaise influence sur celle-ci.Ce discours moralisateur et uniformateur est dans l’air du temps, et il remonte jusqu’au Sénat américain. Imaginez l’importance et le buzz que les médias sont capables de susciteraujourd'hui, comme l’arche de zoé, et cela devait être bien plus fort lors de cette décennie. Je vous renvoie à Scarce no 34 ou à Comic box pour le traitement de cette croisade où l’excellente firme EC comics  fut dans l’œil du cyclone.

Le résultat fut que les revendeurs furent plus prudent pour la distribution de ces fascicules qui avaient une odeur de soufre et ils en retirèrent d’office à la vente. La commission du Comics Code fut instituée et les comics sont voués à obéir à certaines normes contraignantes. Il est amusant de noter que le cinéma américain avait connu le code Hays et que, en France, la loi de 1949 relative aux éditions destinée à la jeunesse produisirent également un carcan très fort.

Il est suivit certaines histoires au raz des pâquerettes, parfois très infantiles ou indolores dans les cas les moins intéressants. Dc appliqua ces histoires à la lettre et Superman fut pendant presque trente ans relativement respectueux de ce moule grâce aux histoires de Cary Bates et Curt Swan.

L’autre évènement qui demeure à prendre en compte demeure la télévision qui s’impose avec succès dans les foyers de la classe moyenne américaine. Elle tua de fait la concurrence qui étaient les shows radios et les sérials (la firme Républic produit son ultime sérial en 1955). Les épopées de western et les cartoon occupèrent gratuitement les kids de l’époque tandis que les comics peinaient à suivre. Pourtant, l’évènement de ces années-là fut le très populaire show télé Superman porté par George Reeves, dont les deux premières saisons furent en noir et blanc.

Le retentissement fut spectaculaire, et le show profita aux comics de Superman et au genre super-héros dans son ensemble. Certes  Superman vivait toujours des aventures peu intéressantes qui en firent un stéréotype, mais il était un le personnage majeur des comics.

Pour avoir une idée plus concrète de ce show et connaître George Reeves qui nous est totalement inconnu dans notre pays, je vous conseille le très bon Hollywoodland avec Ben Affleck qui se révèle être un solide acteur. Le film traite du suicide controversé de l’acteur et le show Superman est en toile de fond, mais il s’agit d’un des meilleurs biopics de ces dernières années.

Donc les ventes de Superman décollent grâce à ce show et le genre super-héros connaît un regain d’intérêt. Alors que ce passent-ils dans les têtes des dirigeants de Dc ? Et bien ils vont tenter de faire revenir doucement des personnages sous des nouvelles incarnations en faisant de prudents essais sporadiques. Le premier qui ouvrit le bal fut Barry Allen alias Flash dans Showcase no 4 !

Il eut un succès satisfaisant et on décida de créer de nouvelles moutures d’autres personnages passés qui sont en sommeil, ainsi naquit le silver age ! Le succès de ce rival réussi permit à d'autres héros relfiftés de réapparaître et d'obtenir un réel succès. Mais les patrons de Dc, qui avaient des contacts avec Martin Goodman, firent l'erreur de lui faire part de l'engouement pour le genre de super-héros avec les débuts de la Jla au début des années 60'. Mais il s'agit d'une autre épopée !

Sources : Scarce no 34, Comic box, Semic pour Flash dans spécial Dc no 23 qui est de tout premier ordre. Il nous est proposé le premier épisode de Flash avec Carmine aux crayons, et cet épisode a du charme et de l'intérêt.

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 08:30

Le gladiateur du futur demeure un film assez incroyable, il s’agit d’une série B avec un budget très mince mais qui demeure au minimum distrayant si vous ne dédaignez pas ce genre de production. En revanche, si vous êtes un tant soit peu indulgent, il s‘agit d’une chouette série B qui mixe une pelletée de thème étonnants et dont le résultat s’avère dynamique !   

Les Italiens ont un cinéma privé qui fonctionne en imitant les succès par vagues. Cela a commencé avec les péplums, les corsaires, et Hercules (dans les années 50’), puis les années 60 (1964 précisément) fut la grande période du western spaguetti, puis le giallo (1969-1974), l’horreur (1979-1982) et enfin l’ultime cycle, le post-nucléaire à la Mad Max.
Le gladiateur du futur est un de ceux-là, il est même le meilleur de la portée. Son réalisateur se nomme Joe D’Amato. Mort en 1999, Joe D’Amato alias Aristide Massacessi demeure un passionné de cinéma qui est né trop tard. Il a commencé, après l’assistanat, sa carrière de réalisateur en 1973 et depuis, il produit, réalise des films sans relâche en courant après tout créneau porteur. Une de ses plus belles contribution demeure la saga des Black Emmanuelle, portée par la sublime Laura Gemser, qui clone Emmanuelle, fantastique succès des années Giscard. Puis il enchaîne un peu près tout mais il réalise une œuvre forte dans le domaine de l’épouvante, Antrophageous, sur le thème de l’ogre qui demeure vraiment étonnant et réussi. C’est cela le talent de Joe D’Amato : la quasi-totalité de ses films ne sont jamais ennuyeux malgré des budgets pauvres.

Le gladiateur du futur demeure étonnant à plus d’un titre,  il est dynamique et plein de rebondissements, mais surtout le film aborde des thèmes en précurseurs. Dans le futur, après la catastrophe nucléaire, le régime en place demeure totalitaire et il organise des jeux télé afin de divertir les masses. Mais en sous-main, il élimine une nouvelle génération de mutants (eh oui !) qui fait peur aux autorités. Les mutants vont demander l’aide au champion de ces jeux, en lui apportant leur aide contre son pire ennemi, à charge pour lui de leur faire passer les territoires hostiles où règnent des hordes de barbares mutants.

 Le génie du film demeure qu’il mixe trois thémes qui que l'on peut superposer dans le film.

D’abord il y a cette première partie qui anticipe the Running man. Les jeux de télévision qui reprennent une mise à mort ne sont pas nouveaux (Rollerball de 1975) mais Joe D’Amato parvient à insuffler ce qu’il faut de rythme et de trouvailles au scénario pour rendre la scène haletante. La rivalité entre les personnages joués par Al Cliver et George Eastman demeure forte, et elle demeure l’une des choses dont on se souvient longtemps après avoir vu le film.

Ensuite, le thème des mutants me paraît assez neuf à l’écran, je ne voit guère que Scanners, et le gladiateur du futur traite de la même thématique que Chris Claremont, ce qui demeure un hasard assez saisissant après mûre réflexion. Mener cette minorité persécutée par les autorités demeurera un énorme challenge.
Justement, le troisième thème du film consiste à reprendre le schéma des 7 mercenaires puisque Luigi Conti engage quelques tueurs habiles qui ont chacun leur spécialité. La trouvaille géniale demeure que le rival du héros viendra leur donner un coup de main au moment opportun. La dernière image du film verra d’ailleurs les deux rivaux, que rien ne semble départager en terme de puissance et de combativité, bondir l’un sur l’autre pour enfin régler leur différent, sur la cargaison d'or de la mission !

Film qui alterne les séquences très vite, personnages intéressants, intrigue qui brasse les mutants et les dangers du post-apocalypse, le gladiateur du futur demeure une petite perle du bis, un film où l’on peut accrocher et qui mérite aussi une attention particulière. Bizarrement, Al Cliver ne me paraît pas être crédible dans ce rôle de premier plan, mais bon.  

Pour l’histoire, Joe D’Amato avait monté sa petite boîte de films nommée Filmrage vers la seconde moitié des années 80, il a essayé jusqu’au bout de proposer des ouvres divertissantes mais le marché des indépendants s’est effondré (les majors ont tout mangé) et il s’est reconverti dans le porno, ce qui demeure triste eu égard aux capacités de cet efficace réalisateur. Justement, il avait constitué une brochette de collaborateurs à qui il se montrait fidèle et dont il tirait parti de toutes les ressources. Citons entre autres Laura Gemser, Gabriel Tinti, George Eastman, Donlad O'Brien parmi tant d’autres !  

 

Le gladiateur du futur fut sorti en salles, où il connu une carrière honorable. UGC l’a sorti en vidéo et M6 l’a diffusé vers 1990 ! Enfin, voici un trailer qui vous donnera une petite idée ! Nanarland relate les carrières de tous les protagonistes cités.

 

 

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 08:00

L’attaque des crabes géants demeure un film longtemps inédit en France. Il n’est jamais sorti en France en salle, ni plus tard en vidéo. La seule information que l’on pouvait connaître de ce long métrage était la photo d’un des crabes en question qui, il est vrai, ne rend pas service au film. Mais il s’agit pourtant bien d’un film bien plus intéressant que ce qu’il laisse paraître à première vue. 

  ’attaque des crabes géants demeure l’œuvre de Roger Corman, qui est à lui tout seul une institution aux USA. Homme de culture qui a notamment étudié en France, Roger Corman est entré comme coursier dans un des grands studios puis il commençait à gravir les échelons. Mais lors d’un projet qu’il avait sauvé du désastre en sous-main, il s’est vu voler les honneurs par un de ses supérieurs hiérarchique. Dégoûté par cette mésaventure typiquement hollywoodienne, Corman s’est rabattu vers l’auto-production puis il s’est associé un temps avec l’AIP, un studio fondé par le père de Jack Nicholson. Il a beaucoup œuvré pour l’AIP, dont des films à monstres qui nécéssitaient de faibles budgets. Justement, l’économie demeure un des traits essentiels de la carrière de réalisateur et de producteur (plus tard) de Roger Corman. Il était capable de tourner en très peu de jours, on parle de deux pour son record, la petite boutique des horreurs, et il réalisait des films de qualité et parfois haletants.

Justement,  L’attaque des crabes géants est un de ceux-là. L’histoire narre une équipe scientifique qui vient sur un atoll où ont lieu des essais nucléaires. Il s’agit en fait de la seconde équipe, puisque la première a disparu (on pense aux tempêtes tropicales particulièrement violentes). L’équipe débarque sur l’île paradisiaque mais les catastrophes commencent. Un marin meurt lors du débarquement, l’hydravion explose. Bref, les pires présages s’amoncellent mais il ne s’agit que d’un hors d’œuvre pour cette poignée de scientifiques soumit au pire danger que l’on peut concevoir.  

Il est inutile d’en raconter plus sans effilocher le suspens, l’intrigue tourne bien entendu autour de crabes géants, mais le scénario deviendrait vite inepte une fois le danger révélé. Or, le scénariste Charles B. Griffith n’a pas aussi exagéré la taille des crabes lors de la mutation, mais ils absorbent en plus les souvenirs de leurs victimes par télépathie. Ainsi, les scientifiques sont appelés par leurs collègues qu’ils recherchent et tombent dans des pièges mortels. Le scénario est vif, les scènes s’enchaînent sans aucun temps morts et le film demeure haletant. De plus, les crabes parviennent à abîmer la structure de l’île qui se désagrègent par pans entiers. Aussi, il n’y a nulle part où aller et la confrontation avec les crabes, à priori désespérée, demeure inévitable à mesure que les issues se réduisent.  

L’attaque des crabes géants additionne des éléments de qualité, un scénario qui est épique, une mise en scène qui parvient à rester haletante, des acteurs fort convaincants, une musique des années 50’ d’orchestre et une belle photographie en noir et blanc. Il s’agit de qualités qui n’ont guère plus cours de nos jours. La musique est parfois inexistante et elle manque de puissance, les acteurs ne sont pas issus du théâtre, les scénarios ne révèlent aucune surprise et on sait même qui va être tué (les seules interrogations sont comment et dans quel ordre ? ) et la réalisation ne capture pas l’essence du suspens, du rythme ni ne parvient à impliquer le spectateur dans l ‘histoire.   De plus, l'attaque des crabes géants ne dépare pas au milieu de classique des années 50' et 60' comme Tarentula ou Them (les fourmis), même s'il s'agit bien d'une production mineure !

Ironiquement, l’attaque des crabes géants propose le contraire de tous ces points, sauf bien sûr les effets spéciaux qui sont faméliques ! Roger Corman ne s’embarrassait pas avec les coûts et la part réservée aux SFX était une portion congrue, comme tout poste de budget d’ailleurs ! Pour une autre de ses productions nommée les sangsues géantes, il a bien voulu rémunérer le type des SFX à condition que celui-ci joue dans le film ! Et il ne s’agit que d’une infime anecdote qui fait la légende de Roger Corman.

Pour ce film, vous avez le droit au trailer, puis à la critique de agressions animales (excellent site comme ceux qui sont disponibles dans les liens). C’est le téméraire éditeur Bach  Film qui édite des films fort intéressants à des prix modiques. Profitez-en !

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 08:00

Qui peut tuer un enfant ? C’est le titre d’un film incroyable qui traite d’un sujet fort sous le couvert d’une histoire fantastique. En outre, le film est redoutable par son efficacité, le mécanisme de son scénario, la peur qu’il provoque ainsi que sa faculté à nous ébranler. Présentation d’un film majeur que seul le cinéma fantastique pouvait nous proposer.  

Le réalisateur de ce film se nomme Narcisco Ibanez Serrador, fils d’un grand comédien, lui-même comédien qui finit par se spécialiser dans la réalisation. Il œuvre en Espagne sous la période de Franco, le comité de censure de l’époque épluche même les scripts des films avant le tournage et elle surveille tous les aspects déviants. Autant dire que produire des films à contenus demeure quelque chose de difficile, alors un film engagé signifie la prison. Serrador a quand même fait un film assez déviant qui se nomme la Résidence et qui demeure de grande qualité. Aussi il parvient à faire produire ce métrage qui mixe un thème relevant du tabou et de film de suspens pure.

Les révoltés de l’an 2000, titre français idiot décidé par son producteur français pour attirer le spectateur dans les salles (en 1977), se déroule bien en 1975, date du tournage du film. Il raconte les vacances d’un couple de trentenaires dont la femme est enceinte et dont le mari était venu jadis. Il logent quelque temps dans la côte puis ils louent un petit bateau pour se rendre sur l’île pittoresque d’ Almanzora. Arrivés sur place, il flotte une atmosphère irréelle, il n’y a que des enfants et les adultes semblent tous partis faire la sieste ! Ils pénètrent dans la ville mais ils ne rencontrent plus personne. Pas une âme, tout le monde paraît être parti…


Les magasins sont ouverts et ils peuvent se servir à volonté. Le mari tente de rassurer la femme, mais franchement, il ne comprend rien non plus. Le téléphone sonne et une touriste allemande appelle en suppliant. Le couple ne parlant pas sa langue, ils ne peuvent rien faire.  

Finalement, l’épouse aperçoit un brave petit vieux qui se dirige vers eux comme s’il avait le diable aux trousses. Une petite fille surgit, lui prend sa canne et le martèle de coups. Le mari arrive pour sauver le petit vieux mais il est trop tard. Il demande pourquoi à la fille elle a fait cela mais elle répond en ricanant, avec ce genre d’attitude désarmante qu’on parfois les enfants. Il revient vers sa femme et tente de la rassurer, mais le doute n’est plus permis, ils sont en grand danger ! Les enfants ont récupérer le corps du petit vieux à demi-mort et ils font une pinata macabre. Il s’en suivra une course mortelle et incroyable, aux limites de la folie et de l’instinct de survie dans une île où les enfants ont massacré tous les adultes…

Un des thématique de ce film demeure le piège, une fois nos protagonistes entrés dans la ville, ils sont pris au piége par les enfants qui les ont laissé entrer. Ceci rappelle la méthode des dobermann. Ils devront employer toutes les ressources pour tenter de survivre , mais jusqu’à quelle extrêmisé sont-ils prêt à aller ?

Le thème du film est une bombe. Iil attaque frontalement un tabou majeur : comment réagir face à un enfant, ici des douzaines d’enfants, qui veut vous tuer ? Heurter un enfant est une chose impossible pour nous adultes, plus encore lorsque nous sommes parents. Cela se heurte avec notre programmation génétique et notre culture, ce qui demeure inconcevable. Les révoltés de l’an 2000 ose nous y faire réfléchir en disposant ce tabou de manière à ce qu’il est impossible de faire l’économie de la question. Croyez-moi pour avoir été en Espagne une fois, les enfants sont rois là-bas et il s’agit d’un thème plus qu' osé. 

En outre, le suspens est haletant, Narscisco Serrador est un maître et vous serez pris dans cette spirale diabolique et vous tremblerez pour nos héros, puis vous compatirez également pour ces enfants fort bien dirigésdans leurs intérprétations, qui savent être si désarmants. La  séquence de confrontation finale demeure un summum d’émotion, et son issue ne vous laissera pas de marbre.   

  Une grande interprétation, une réalisation impeccable, scénario à la mécanique parfaite et à la portée brillante, rehaussé par une musique formidable, les révoltés de l’an 2000 demeure une œuvre majeure du cinéma fantastique. Une petite lucarne logée dans votre esprit à laquelle vous penserez de temps en temps avec effroi.
La nuit des morts-vivants est souvent cité comme film culte de la peur, Quien puede matar a nino ? s'inscrit dans cette même veine.

Narsisco Serrador n’a pas eu hélas la carrière qu’il méritait avec ce film ou la résidence. Il avait un projet dans les débuts des années 80 qui devait se dérouler dans un véritable asile où les pensionnaires auraient joué. Hélas ce film ne se fit pas et il alterna des films pour la télévision alors que son talent d’auteur est incontestable. Il a même réalisé des épisodes de un, dos, tres ! Mais il avait fait des épisodes de Historias para no dormir (dans les années 70)  qui avaient eu un grand succès, qui ont marqué une générations de spectateurs dont certains sont devenus cinéastes.

La génération actuelle a participé à une nouvelle anthologie de historias para no dormir que Mad Movies a ressortie il y a peu (à louer et la chambre du fils).

Puisque la critique officielle conditionne parfois notre esprit critique en nous martelant que tel auteur est majeur et que le reste n’existe peu ou pas, allez vous rendre compte par vous même de la qualité de ce grand film et du talent de son auteur/scénariste/réalisateur auquel il convient de rendre hommage.

Attention : Les révoltés de l’an 2000 a été disponible en k7 sous les éditons Iris, puis fil à film. L' éditeur français Wilde Side va bientôt nous le proposer en dvd. Je n’ai trouvé qu’un trailer qui nous montre le sort cruel du petit vieux par les enfants, mais j'ai préfère ne pas vous le proposer.

 

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 08:00

Le cinéma de quartier ou de série B, c’est à dire non prestigieux et non produit par des majors qui contrôlent leurs circuits de distribution, avaient connu un âge d’or lors des années 70’. Ces films avaient parfois quelque chose à exprimer et même, véhiculer des obsessions de leurs auteurs. Mais après une dernière vague en 1982, avec Tygra, Dar l’invincible et une poignée de séries B italiennes, ce cinéma là s’est quasiment éteint. Aussi, il convient de célébrer comme il se doit une excellente série B nommée Screamers.

Planète Hurlante est un vieux projet. Il est porté par un solide scénariste nommé Dan O’Bannon qui a quand même conçu Alien (et apporté Giger) ou le Retour des Morts-vivants. Son script reprend une nouvelle de Philip.K.Dick, un auteur fabuleux et très paranoïaque où la plupart de ses histoires illustrent ses doutes relatifs au tissu même de la réalité. Le script n’est pas retenu, puis optioné, puis repoussé, pour enfin être produit par une firme canadienne au début des années 90’. Le cinéma canadien s’est toujours positionné comme offrant des lieux de tournage moins chers que son voisin américain qui a développé une vraie industrie. De temps à autres, par cycle, le gouvernement canadien débloque des lignes de crédits dont certaines vont à des productions fantastiques, qui ont pour talent de s’exporter partout. Aussi Screamers se réalise finalement grâce à cette conjoncture.

Le script est remanié pour éviter le contexte de la guerre Russe_USA auquel on préfère la guerre de l’exYougoslavie et son absurdité fratricide. Peter Weller est intéressé par la portée du script, et grâce à la tête d’affiche du succès mondiale Robocop, le film est lancé. Son point fort n’est pas son budget, modeste, mais la thématique de son histoire qui recèle plusieurs niveaux d’analyse.

Sur une planète éloignée, une guerre oppose les deux factions qui se battent pour un minerai tant convoité sur la terre, le bérinium. Le camps de nos personnages semblait perdre le conflit, mais des techniciens terriens sont venus, ont implanté une usine dans les entrailles de la planète puis sont repartis aussi tôt. Des alliès improbables sont sortis des entrailles de la terre pour aider de manière décisive les forces « de la liberté ». Le film commence précisément lorsqu’un messager de l’autre camp vient apporter une missive au commandant (Peter Weller). Il connaît le péril qui rôde qui rode sous la terre et se fait débiter en morceaux par les screamers. Le commandant de la base, Joe Hendricksson , prend connaissance du message proposant un cessez-le-feu immédiat de la part de son homonyme. Il en informe la terre, ou plus exactement, le chef en qui il a toute confiance. Ce dernier lui apprend qu’une nouvelle source de bérinium a été découverte sur une autre planète et que tous pourront enfin rentrer sur terre. Il leur demande juste de garder l’information secrète…

Un cargo allié fait naufrage aux portes de nos troupes, seul un jeune survivant un peu tête brûlé survit. Il apprend au commandant que le dit politique a été exécuté il y a plusieurs mois. Dans ces conditions, le commandant part à la rencontre de son homonyme. Lassé par la guerre et doutant depuis fort longtemps de son utilité,  Joe Hendricksson se doute qu’un piège se referme sur eux. Il prend avec lui le jeune soldat et part rencontrer le camp ennemi. En route, ils tombent sur un élément à peine croyable : un jeune garçon qui a réussit à survivre seul sans ses parents malgré les screamers… 
Mieux vaut arrêter le récit à ce moment précis puisque, une fois le commandant sorti de sa base, plus rien ne sera comme avant malgré la brièveté de son voyage. L’intérêt réside dans les menaces qu’il rencontrent, celles-ci seront camouflés et l’entraîneront aux confins de la raison.   

Joe Hendricksson demeure réellement intéressant, il s’agit d’un soldat désabusé qui a longtemps perdu ses illusions et dont la foi en l’existence humaine devient de plus en plus tenu. Il oscille en permanence entre réflexes de soldats et une humanité qui s’étiole dans la douleur.

Le second personnage intéressant demeure joué par Roy Dupuis. Excellent acteur canadien renommé et récompensé, Roy Dupuis interprète un rôle de « dur » avec un vrai talent. Il aurait fait, sa coiffure dans le film ne laisse pas de doute, à une excellente incarnation de Wolverine. On sent la composition d’un acteur exercé qui s’est appliqué à donner du relief à son personnage.

Jennifer Rubin, qui joue un des soldats de l’autre camps, demeure également fort convaincante dans le rôle de Jessica Henson qui souhaite quitter au plus vite cette planète maudite. Son personnage a également une grande importance dans l'histoire et pour Joe.

Je vous renvoie au film en évitant de vous dévoiler des éléments significatifs du scénario mais la charge sur la guerre, la considération due aux soldats, ainsi que les manœuvres du commandement pour mettre fin à un problème forment une thématique des plus intéressantes. Rarement un petit film aussi modeste n’aura eu un tel scénario qui incite à la réflexion et qui confère à ses personnages une réelle profondeur en dépassant son matériau de base.

Le point cardinal de l’œuvre demeure que les éléments constitutifs de la réalité de Joe Hendricksson s’effondrent les uns après les autres pour laisser place au vacillement qui ronge la raison et les motivations d’ un être humain. Ce schéma existentiel est une des obsessions de Philip K. Dick. Pour une fois, le film sublime le matériau de base en développant ce profil psychologique intéressant. Il s’agit d’un des rares bons films de SF des années 90 avec Cube et Bienvenue à Gattaca.

Enfin pour l’anecdote, le film Scream a été au centre d’un litige avec la firme qui distribuait Screamers. Celle-ci reprochait à la dimension d’avoir un titre trop proche de Screamers et d’entretenir de fait une confusion. Une fois de plus, les aspérités de la réalité se referment sur les personnages. Pour finir, je ne vous propose pas de trailer, l'intérêt du visionnage en serait émoussé !

 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 08:00

Bienvenue chez les Cht’is est un film qui a fait fort, très fort. Il a fait plaisir à des millions de spectateurs qui ont vu le film et qui en sont sortis ravis. La région du Nord et ses habitants sont enfin mise en valeur avec un amusant et sincère humour. Pour cela, et déjà rien que pour cela, bravo ! Mais l’ayant vu, je n’ai pas pu m’empêcher de noter certaines similitudes, dans la forme du scénario avec un certain autre film qui fut un grand succès il y a peu. Analyse de coïncidences troublantes.

Camping est sorti en 2006. Il s’agit également d’un autre film qui prêche les valeurs simples de fraternité et de communautarisme de bon aloi. Franck Dubosch demeure très communicatif et le film permet de passer un bon moment, mais n’est pas transcendant. C’est toutefois ce que les gens recherchent puisque passer un agréable moment dans la bonne humeur permit au film de totaliser 5 millions d’entrées.

Le schéma scénaristique du film demeure le suivant ; un étranger (Gérard Lanvin - Mérhad) arrive par un étrange concours de circonstances dans une communauté spéciale (le Camping - Keurk) qui est régie selon ses propres règles. Là se trouve un individu positivement singulier (F.Dubosch- Dany Boom) qui subit des problèmes de couple avec sa femme. L’étranger sera d’abord offusquer par la simplicité des mœurs de la dites communauté, puis il va se laisser attendrir puis enfin adhérer aux valeurs fraternelles de la dite communauté. Aussi, il va faire le point sur lui-même, prendre du recul et aborder puis enfin résoudre les problèmes avec sa femme. En retour, il va aider son étrange ami dont il va reconnaître la valeur.

 

Vous garder ce schéma, varier quelques menus paramètres, et vous obtenez une troublante ressemblance ! Loin de moi de vouloir accuser une trop grande proximité volontaire de la part de Dany Boom, il paraîtrait qu’il avait ce film en tête depuis un bon moment. Toutefois, il demeure que la ressemblance est troublante, qu’elle demeure dans l’ère du temps et surtout, qu’elle constitue une formule à succès !

Pour la suite de bienvenue chez les Cht’is, je pronostique le schéma suivant : le personnage de Kad Mérad connaît de nouveau des problèmes plus importants avec sa femme qui s’ennuie et qui tombe dans une sophistication étouffante. Son ami Dany Boom le ressent lors de leurs contacts au téléphone et il décide, presque de lui-même, de descendre dans le Var pour aider son ami spontanément, sans calcul. Une majeure partie du film consistera à des péripéties comiques qui narreront le décalage de ce gars du Nord face au mode de vie un rien froid du Sud et, il réglera tous les problèmes avec sa désarmante simplicité pétrie d’un bon sens élémentaire dont la logique s’imposera à tous. Au terme de l’aventure, des échanges sociologiques auront lieu et chacun apprendra de l’autre.

Enfin, pour une éventuelle troisième aventure, les deux amis pourront aller découvrir ensemble une troisième culture et connaître de péripéties du même ordre.

L’objet de cet article n’est pas de causer du tort au film de Dany Boom, beaucoup l’ont sincèrement aimé et il a une résonance particulière dans l’esprit populaire. Tant mieux, le cinéma français se doit de reconquérir des parts de marché face au cinéma américain en faisant des films que ces derniers ne savent pas faire. Mais avouez quand même que, une fois admise, cette proximité demeure définitivement troublante, la formule de grands succès dans l’air du temps portés par de solides comiques.

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 08:00

Les films fantastiques se suivent sur nos écrans, grand comme petit, mais ils souffrent souvent d’un handicap : ils sont pour la plupart terriblement prévisibles ! A force de rabacher les les mêmes thèmes, avec des fins tellement prévisibles (indépendance Day, Armageddon, les récents Star Wars). Là est le paradoxe, des films sensés nous divertir par une explosion en terme d’imagination ne nous emmènent pas bien loin, ni même haut. Aussi quand une exception se présente, il convient de la célébrer.

Les décimales du futur, titre poétique des final programme, demeure une adaptation de l’écrivain Michael Moorckock. Moorckock est un écrivain à part à plus d’un titre, tout d’abord, il s’agit d’un écrivain incroyablement productif. Dans une récente interview de  Comic box, Moorckock raconte sans problème que il lui fallait 3 jours pour écrire un roman et 1 pour un comics, un record en soi ! Et sa production demeure fort renommée notamment avec son legs en héroïc fantasy dont le personnage d’Elric demeure un des fleurons distingués.

Mais Michael Moorckock demeure aussi célèbre pour son personnage de Jerry Cornélius. Il s’agit d’un homme trentenaire aux talents incroyables et multiples à qui rien ne résiste (une sorte de Doc Savage ou de Captain Future). Jerry Cornélius me semble être ni plus ni moins qu’une version idéale de Moorckock lui-même, qu’il réutilise dans plusieurs aventures se situant dans des époques ou des univers différents, certaines variation de ce personnage se rencontrant même ! D’ailleurs, certaines idées récurrentes de Moorckock, comme sa sœur bien-aimé et son frère impie, sont présents dans cette histoire. 

 IL est précisément question de Jerry Cornélius dans notre film, les décimales du futur. L’histoire débute par l’enterrement du père de Jerry, qui est incinéré comme un viking dans une plaine. Des hommes âgés se présentant comme des associés de feu son père lui demandent de leur transmettre un certain document relatif à leurs expériences communes.  Jerry se verra obligé par les événements et les personnages, tous singuliers, a participer presque sans le vouloir à cette expérience finale.

R

assurez-vous, le film transcende ce mince synopsis. Il est même incroyable par la qualité des concepts qu’il brasse, de idées visuelles qu’il nous délivre, ou encore des surprises que recèle la succession des scènes. Le responsable de cette réussite se nomme Robert Fuest, il s’agit d’un réalisateur anglais qui fait partie de la génération émérite de ces réalisateur imaginatif et bouillonnant (Val Guest, Van Baker…) qui ont œuvré à d’excellentes séries télé anglaise telles que Chapeau melon et bottes de cuir. Robert Fuest est d’ailleurs excellent dans la mise en scène, c’est à dire l’art de visualiser et de retranscrire grâce à des artifices, des qualités de narration, et la manière de placer au mieux sa caméra afin de souligner la dramaturgie de son scénario et la caractérisation de ses personnages.

Et l’imagination, Robert Fuest nous a donné avec des films toujours insolites et intéressants comme les deux opus du Docteur Phibes ou encore la pluie du diable. Mais les décimales du futur demeure son coup de maître. Son aptitude a concevoir et a réaliser des idées si ambitieuses, par tous les moyens d’alors mis à sa disposition, font de ce film une perle inégalée. C’est un film qui risque de se loger dans un coin de votre tête par la folie et la somme d’idées déployées. En outre, les décimales du futur est haletant, et la spirale d’événements dans laquelle évolue le brave Jerry Cornélius nous emmène à un terme tout aussi incongru et ironique. De combien de films récents pouvons-nous en dire autant ?

Ainsi je vous recommande plus que chaudement ce film des plus réussi, quelque peu expérimentale, teinté d’ironie et d’une somme incroyable de concepts et d’idées visuelles abouties. Les décimales du futur reste le moyen idéal de découvrir de artistes en même temps, Robert Fuest et Michael Moorecock !

Les décimales du futur est ressorti en 2004 en Dvd dans une collection dirigée par Marc Caro (qui a récemment réalisé un ambitieux Dante 01). L’édition originale en K7 fut éditée par Thorn Emi. Vous pouvez voir le trailer en vo !

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 08:00

Alex Ross est un cas particulièrement intéressant du domaine des comics. Il s’agit d’un illustrateur hors pair, de l’école américaine de Norman Rockwell (l’illustrateur de génie qui a si bien dépeint  l’Amérique de son temps ) , mais surtout, il est un amoureux des personnages de comics. La plupart de ses travaux visaient à leur rendre hommage, à leur restituer leur panache et leur essence. Or, voilà que son plus récent projet consiste à rendre hommage au héros de l’âge d’or (ce qui a déjà été fait par Dc, même par Marvel). Or, ce qui est plus méritoire, c’est qu’il s’agit des héros du golden age oubliés !

Alex Ross, voilà un artiste fort singulier à tout point de vue. Tout d’abord, il est un génie du dessin et de la peinture. Sous ses pinceaux, jamais les super-héros n’ont paru aussi vivants, aussi réalistes. Le meilleur moyen ou cadeau pour convertir quelqu’un au comics demeure de lui offrir un ouvrage d’Alex Ross, que ce soit Marvels ou Kindom Come. Il est étonnant que, malgré son talent incontestable, Alex Ross n’aille pas tenter une carrière plus lucrative dans l’art (ce qui est une chance pour nous). En outre, Ross adore les personnages de comics, au sens premier de ce terme, il leur voue un réel culte et il se doit se retranscrire leur essence et de les montrer tels qu’il les considère dans leur forme originelle. Ainsi il déteste l’Aquaman de Peter David avec le harpon greffé à la main. Il n’en tiendra jamais compte dans ses projets. Il trouve hérétique de s’être débarrassé de Hal Jordan dans le début des années 90’ ? Kyle Rayner a des chances infimes d’apparaître dans ses projets. C’est pareil pour tous les autres personnages de l’autre firme, Marvel. Ross est définitivement un puriste, un rien intégriste mais il a tellement bien servi ces personnages de légendes qu’on peut passer outre cette obsession.

Après des projets qui n’avaient pas la force ni de Marvels, ni de Kindom Come, Ross nous sort subitement un projet à priori insensé : un revival des héros oubliés de golden age ! En voilà une marotte qui peut sembler un peu excessive, même lorsque l’on est un artiste de sa trempe ! Or ce nouveau projet nommé Superpowers demeure réellement des plus intéressants !

La démarche d’Alex Ross est de reprendre des super héros du golden age qui ne sont plus publiés depuis des décennies et qui sont libres de droit ( la non publication après un délai d’environ 10 ans, peut-être 15 entraîne la déchéance des droits du propriétaire initial). Ainsi, il est temps pour que le soleil se lève à nouveau sur un kyrielle de héros oubliés tels que le green lama, la terreur noire, l’hibou (premier du nom), le combattant américain, les cibleurs, les chats, Strongman, Hydro, Silver Streak, le Blue Beetle toute première version, Captain Futur ( !), Dynamic man & boy et enfin mon préféré, le vrai Dardevil 1ère version !

C’est là une des forces d’Alex Ross, il aime ces personnages et il parvient à leur donner un lustre et un intérêt qui dépasse l’aspect suranné de ces personnages quelque peu rudimentaire. L’intrigue demeure une fois de plus tirée des obsessions d’Alex Ross : un nouveau et immense péril vient mettre en péril la terre et ses habitants, et l’esprit américain vient solliciter et ramener au combat l’américain combattant, au look très 18ème siécle, qui a déjà fait plus que son  temps.

 

Le combattant américain devra retrouver ses anciens alliés, ou leurs équivalents modernes afin de se dresser contre le péril qui pourrait d’ailleurs bien venir de leur propre rangs ! Il s’agit encore une fois d’un schéma que nous a déjà proposé Alex Ross, disons que cette trame a déjà été aperçu dans Kindom Come et Uncle Sam. Mais il ne s’agit ici que du début de l’histoire et que je ne pourrais raisonnablement me prononcer sur le ton de la série, ou de la valeur du scénario même si il me paraît bien intéressant et que les premiers numéros ne servent qu’à exposer une intrigue et les périls.

   Alex Ross fait les couvertures, les designs, et la trame ainsi qu’une participation au scénario, qu’il confie comme d’habitude à son équipier Jim Krueger. Le dessin demeure réellement réussi grâce au talent du nouveau venu Carlos Paul (un assistant d’Alex Ross ?). On devine que la trame va être longue et riche, et que l’équipe va rendre hommage à tous ces vieux personnages qui auront l’opportunité inouïe de retrouver leur splendeur d’antan.

Justement, traitons des personnages les plus intéressants. Il y a la première incarnation de Dardevil, obligée d’être renommée le diable défiant la mort, ce qui est amusant. Stan Lee, margoulin avisé, s’est souvenu de l’aura de ce personnage et de son attrait, aussi il a repris le nom pour un nouveau personnage en 1963 qu’il est inutile de relater. Il est amusant de constater que la Marvel en a remis une couche en s’inspirant de son design pour 3-D man. 

Samson est un super-héros de la firme de Victor Fox, Fox comics donc, qui tire sa force de ses cheveux et qui a divers super-pouvoirs. Il apparaît dans une mouture rénovée où il conserve son aspect biblique. Voilà un personnage qui m’a toujours semblé boiteux ! Copie de Superman dont il s’éloigne de son modèle, pour cause de premier procès en plagiat pour Fox comics, il use du concept d’héros biblique qui demeure dans les esprits lors de ces années là même si sa plus flamboyante incarnation à l’écran demeure Victor Mature ! Son point faible demeure ses cheveux qui lui confèrent sa force et que nul ne doit couper ! C’est dommage qu’il n’est pas connu de revival dans les années 70’, avec un second degrés sur la mode hyppie, il aurait été remarquable !

La terreur noire paraît également prometteur avec son look de corsaire d'outre-tombe, même si le personnage d’origine devait être rudimentaire. Encore une fois, on trouve sa version Marvel dans le personnage du moissonneur, frère de Wonder man (tiens, encore un héros du golden age, décidément la Marvel !). 

Le Lama vert a l’air prometteur, il mêle déjà les concepts de super-héros et d’ésotérisme en associant héros et les pouvoirs mystiques de moines tibétains. Cette idée flottera ici et là dans les comics modernes telles que la reprise de Howard Chaykin pour le Shadow ou encore par Warren Ellis dans l’excellent arc change or die qui marque la fin de Stormwatch volume 1 (excellent par ailleurs). Ce Lama vert a des pouvoirs assez importants tels que la lévitation et des sens accrus. Il paraît être au centre de l’intrigue en venant suppléer l’américain combattant. 

Enfin, il y a cette toute première version de Fox comics du Blue Beetle, nommée différemment pour des raisons d’origines le Scarabée ! Il s’agit donc du premier Dan Garret, le jeune policier de rue  qui prend des pilules faites par son allié pharmacien pour aller combattre le crime ! Pourquoi se creuser la tête après tout pour trouver des origines compliquées alors que l’on peut simplement s’adresser à nos commerçants de quartier !

Alex Ross est doué, incoryablement doué. Kindom Come était son oeuvre et elle contient une somme folle de concepts et de personnages habilement remanié. Mais le conflit sur la paternité avec Marc Waid empêche chacun
de détérminer exactement qui a fait quoi. Le problème est que même une star de son calibre n'a pas les franches coudées pour entreprendre ce qu'il veut, comme il veut. Marvel, mais surtout Dc, ne se servent pas de ce formidable artiste qui peut leur amnener un nouveau lectorat grâce à son talent et à la vision (quand elle est bien servie, il faut bien le reconnaître) de ce grand du comics. Ainsi, Comic Box nous a appris que Dan Dido lui a refusé l'accès à la gamme All Star ! Pire, que ce dernier a réussi à s'allinéner Alex Ross ! Aussi Ross va voir un studio qui peut jouer l'outsider, dynamic, et les deux parties gagnent en terme de renommé et de liberté artistique. Le tour est joué.

Bien sûr, il n’y a pour le moment qu’un numéro 0 et le premier de la série régulière. Mais espérons que l’audience américaine soit réellement captivée, comme le numéro 0 le laisse croire par son succès, pour que ces héros constituent une équipe qui retrouve une notoriété voire un engouement, ce qui constituerait le meilleur des hommages !


 

 

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