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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 08:00
Je ne pensais pas refaire cette expérience si tôt, mais bon, le hasard a voulu que ma
collaboration amicale avec France Comics, plus particulièrement Christophe Colin, soit
éditée depuis le 2 avril !

Pendant mon récent passage à Angoulême, j'ai eu grand plaisir à renconter et à apprécier
certains acteurs du fanzinat web, et en liant contact, j'ai dit que je ferais volontiers quelque chose
pour eux si j'ai l'inspiration qui me venait.

Aussi, après un article sur le grand Jack Kirby dans le Kirby.blog, j'ai rencontré Richard de Scifi-universe
et Christophe de France Comics. J'avais un long article sur le Docteur Who que je n'avais pas pu
 passer sur un autre blog, mais Scifi l'a rejeté. Pour France comics, j'ai essayé de faire quelque chose de plus moderne, aussi ai-je choisi un maître du pinceau  que tous ne connaissent pas assez bien, j'ai nommé Brian Bolland.

L'article, assez long, fut écrit et posté mais Christophe voulait me donner les codes pour l'éditer moi-même.
Mais échaudé par une précédente mauvaise expérience, j'ai refusé plusieures fois de suite... Mais je voulais que
cet article paraisse ! Aussi Christophe a fait un solide travail éditorial que j'ai particulièrement apprécié. C'est cela à mon avis la force de France comics, une passion et une exigence envers les lecteurs que l'on peut ressentir en parcourant le contenu. Aussi, je vous invite à explorer France comics qui recèle des articles ( enfin dossiers) sur des sujets que je ne maîtrise guère. Vive la complémentarité sur le web, avec ses acteurs motivés et capable de bonne entente !
En ce qui concerne Brian Bolland, il fallait surtout revenir sur une carrière pétrie d'exigences qui n'a jamais connu une case mal déssinée ou une couverture moyenne. Mais il convenait également de revenir sur son digne héritier, dont je parie qu' va encore progresser : Ethan Van Scier !

Aussi, allez tous sur les liens pour découvrir France comics !
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Published by Bastien AYALA
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 08:00
Salut à tous ! Ce blog a pour vocation de proposer des articles de fond, certes, mais aussi de faire
découvrir d'autres sites ou blogs qui oeuvrent en proposant un contenu fort intéressant.
Ainsi, je vous invite à aller nombreux vers le Jack Kirby blog, crée par les dynamiques, généreux et fins connaisseurs que sont Tony Larivière et Daniel Tesmoingt. Ce blog est vraiment bien, et je vous conseille de le parcourir dans son intégralité car il recèle des surprises et ses liens sont intéressants.
Je reviendrai un jour prochain sur l'oeuvre de Tony Larivière et de ses amis tout aussi passionnés, en l'occurrence la grande ourse et le fanzine de référence l'inédit, mais pour l'instant, je vous livre une première partie d'un article relatif à Jack Kirby, qu'ils ont publié sur le blog.

Jack Kirby : Le génie maudit des comics !

Jack Kirby est un grand du comics, un très très grand qui a laissé un legs immense au domaine du comics américain et lui a donné des cimes artistiques qui restent à ce jour inégalés. Outre ces moments fabuleux, il a surtout crée et co-crée des légions de personnages et non des moindres, quasiment tous ceux de la première vague Marvel des 60’.
Est-ce que ce grand monsieur des comics a-t-il été récompensé pour son legs inestimable ?
Est-il reconnu comme l’équivalent d’un Tesuka ou encore d’un Hergé dans son pays natal ?
Lisez et vous verrez le revers du rêve américain que cet artiste maudit a subit.   

Né en 1922, Jack Kirby rêvait d’être cinéaste mais il s’est découvert des dons pour le dessin. Il a fait la rencontre d’un autre grand du comics avec qui il a fait un bon bout de chemin en qualité d’associé, Joe Simon. Voilà une paire créative qui imposera le troisième personnage majeur à être encore publié de nos jours : Capitain America que le duo crée pour Timely, l’ancêtre de Marvel. Mais le directeur de la firme, le requin nommé Martin Goodman les arnaque sur les 25 % de royalties auxquels ils ont le droit par contrat sur les profits et ils partent en claquant la porte avec un goût amer dans la bouche. Premier accroc de Jack avec cette firme à qui il apporta tant et qui en aura une reconnaissance presque nulle.

La suite? Allez sur le blog Kirby, et ayez la curiosité de consulter tout ce qu'il propose !

 

 

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 08:00

 

Charlton comics est un vieille éditeur de comics qui nous demeure un acteur de comics fort intéressant ? Certes, le grand public de comics « mainstream » ne le connaît que par rapport à son pack de « action heroes » racheté puis exploité par Dc, mais il serait infiniment réducteur de ne concevoir la Charlton que sous cet aspect. Retour sur un éditeur qui n’a jamais mis davantage que des moyens modestes mais qui a quand même offert de bons titres.

 

 

La naissance de cet éditeur date de 1944, soit une dizaine d’années après les premiers acteurs des comics. Ses fondateurs se nomment John Santangelo et Ed Levy. Il s’agit d’une société d’édition de presse qui publie de tout ( livres en tout genre, magazine de jeux en tout genre) et vraiment de tout (même des magazine pour le chant !).

 

Charlton comics, son nom définitif, n’est adopté qu’en 1946. A partir de ce moment, la politique éditorial se tourne vers les comics qui constituent un marché à ne pas négliger, mais ce n’est pas le seul ! Il faut spécifier la singularité de Chartlon comics, cet éditeur est surtout un imprimeur qui se sert d’une historique et fameuse imprimante qui lui permet de tout imprimer. Ainsi, des boîtes d’emballages industriels ou de produits ménagers sont alternés sur la fameuse machine qu’il convient de rentabiliser au maximum ! Dans ces conditions, on peut alors concevoir que les comics ne sont pas la préoccupation essentielle de la firme dont la division Chartlon ne constitue qu’un des segments d’un ensemble de cette firme qui est établi dans le Connecticut.

De plus, il est également notoire que la politique de cet éditeur demeure d’attribuer les moins bons salaires du marché pour les artistes. Les gammes proposées sont incroyablement variées, elles vont de l’adaptation des dessins animés du moment, voire même après ce moment puisque la Charlton récupère des licences de seconde main que Gold Key ne trouve plus assez attractives ! Ainsi, pour des personnages comme les Hanna & Barbera, il y a clairement une première ère Gold Key, la période la plus populaire, puis la seconde de Charlton qui la mène jusque à l’arrêt de la licence. Il faut quand même savoir que le papier lui-même est de mauvaise qualité et que chaque publication demeure lardée de publicités assez infâmes. Il s’agit d’une ressource supplémentaire pour les comics en cours dans les années 60’,70’ mais la Charlton a été une des dernières à faire perdurer cette mauvaise habitude pour le lecteur (si on considère le comics en tant qu’œuvre, bien évidemment). 

Mais l’éditeur produit également ses autres titres de comics en interne, et les genres –tout comme ses concurrents sont variés et dépendent de la demande- sont tous abordés. Il y a donc des courants que l’on retrouve chez Charlton dont les comics de guerre (que l’on retrouvera quand même jusqu’aux années 80’), la romance, l’espionnage ou le crime mais surtout l’horreur. Bien évidemment, dans la somme de tous ces titres, il y en a toujours quelques uns qui surnagent du lot, voire qui sont de véritables bijoux. 

 Justement, la force de la Charlton est d’accepter des débutants qui mettent de côté pour l’instant un bon salaire mais qui peuvent ainsi faire leurs preuves. Et la somme des talents qui a débuté chez la Charlton est spectaculaire. Tout d’abord, il y a le fabuleux Joe Gill. Il s’agit d’un grand talent capable de pondre n’importe quelle histoire dans un délai très court, une productivité parmi les plus hautes du marché (comme Stan Lee) mais dont l’inspiration demeure souvent au rendez-vous. Cet artiste décédé en 2007 demeure un des grands oubliés du fandom des comics et son œuvre reste à redécouvrir.

En outre, il y a bien sûr le génial Steve Dikto qui restera attaché de cœur à la Charlton, plus particulièrement à un éditeur avec qui il entretenait une réelle amitié (d'ailleurs, Dikto travailla avec la Charlton jusqu'en 1986).  Dikto travailla d’abord sur les histoires à monstres (celles de la firme étaient fort intéressantes) puis alla chez Atlas et participa au démarrage historique de l’âge d’or et en co-créa  un des meilleurs fleurons : Spider-man.

Malgré un salaire moindre, Steve Dikto ne rechignait pas à fournir le meilleur de lui-même et il élabora pour la firme certains des fleurons parmi les plus renommés de la firme : Blue Beetle 2, Captain Atom ou encore la Question. Dikto appréciait la liberté laissée aux créateurs, qui pour lui, compsensait le salaire moindre et la renommée qu'il trouvait chez Marvel dans ses meilleures années. Mais nous ne savons pas tout de ses travaux, notamment les excellentes adaptations de séries C britanniques des années 60’ comme Konga ou Gorgo. Il est amusant que les films, dont sont tirés ces trés bonnes à monstres, paraissent incroyablement statiques par rapport aux visions et aux histoires délirantes que nous offrent Joe Gill/Steve Dikto. Pour ces histoires et tant d’autres perles de la Chartlon, je vous renvoie à un historien avisé*. 

Il y a d’autres talents de premier ordre qui débutèrent à la Charlton, Roy Thomas, Denny O’Neil, Dick Gordiano, Jim Aparo, Steve Dikto (liste non exhaustive) ont été recruté par Dc sous l’impulsion de Carmine Infantino. Cet afflux de sang neuf, auquel il convient d’ajouter Neal Adams, va enfin permettre à Dc d’entamer une meilleure lutte avec Marvel qui bat créativement sur toute la ligne. Dick Gordiano, cumule des aptitudes artistiques et éditoriales, se souvient qu’il a littéralement bondit sur l’offre de Dc qui comprenait enfin un bon salaire et de vraies possibilités de développer convenablement certaines tentatives. D’ailleurs, la division « action heroes » fut fermé en 1967, juste au moment de leur départ ! 

 

La Charlton va oublier un temps ses velléités en matières de super-héros pour se consacrer à des licences de télévision, mais également à ses titres maisons d’horreur ou encore de guerre, qui ne demandaient somme toute pas trop d’effort en terme de construction éditorial ! Ainsi, des adaptations se succèdent aux adaptations avec Cosmos 1999 et la grande licence des années 70’ (pour les ambitions de cette firme, bien sûr) avec l’homme qui valait 3 milliards et Super Jaimie. Mais, il ne s’agit que des licences connues chez nous et il doit y en avoir beaucoup plus !  

 

Mais la seconde vague créative en terme de super-héros demeure le CPl gang. Il s’agit de jeunes artistes qui se regroupent pour proposer à la Charlton des titres clef en main. Des jeunes artistes ? Oui, mais prometteurs comme John Byrne, Roger Stern, Joe Staton, Bob Layton ou encore Roger Slifer qui proposent, sous la tutelle éditoriale de George Wildman, une nouvelle vague de titre parfois très intéressants. Le plus notoire de nomme Doomsday + 1, les débuts de John Byrne pour une histoire à la Terminator sous la plume de Joe Gill.  

 

Comme la vague de la décennie précédente, tous ces bons artistes vont partir vers des carrières plus intéressantes et délaissent la Chartlon (mais qui peut leur reprocher quoi que ce soit ?). Et la CPL gang, tout comme les titres de la Charlton, s’affaiblit quelque peu et l’aventure prend fin en 1978. 

D’ailleurs, tout comme Gold Key, les années 70’ marquent clairement un recul des vente en marchands de journaux et Charlton, subit de plein fouet ce ralentissement, si ce n’est effondrement. Aussi, il y a bien quelques tentatives comme le Charlton Bullseye ( clin d’œil au Marvel Bullpen ?) et les derniers titres de super-héros sont publiés en 1983, année ou ils sont vendus à la Dc (sous l’influence de Dick Gordiano). La firme cesse toute publication de ses activités comics en 1986. Le fond du stock est revendu et éparpillé, dont Atomic Mouse !

Ainsi c’est la fin de l’épopée de cet éditeur familial du Connecticut. La Charlton a toujours été une firme de seconde zone qui n’a jamais été leader dans son domaine, mais qui a toujours suivi la mode et en surfant sur les créneaux du moment. Pour elle, la vague super-héros  n'a été qu'une gamme, ni plus, ni moins, même si elle contribue maintenant à sa légende. Toutefois, la firme a crée des personnages qui subsistent. Ils sont dus à la crème de certains artistes, qui nous ont donné quelques bonnes histoires de premier ordre mais qui nous sont fort peu accessibles. Charlton fut surtout une pépinière incroyabes de débutants qui a permis à quelques générations de talents de faire leurs premières armes. Il s’agit quand même d’un bon bilan !

Note :  *Je vous renvoie une fois de plus à l’émérite Brother Ray, qui a chroniqué avec passion et un soin tout particulier les meilleurs moments de cette firme. Ce qui en France, du fait de son absence, relève de l’exploit ! Certaines des illsutrations de cet article proviennent de ses articles, qui en comportent tellement plus !


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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 08:00

 

Voilà une firme qui reste relativement peu connue du lectorat français, même s’il a pu lire quelques uns de ses titres il y a plus de trente ans. Il convenait donc de présenter rapidement cet éditeur et de lui redonner son importance en racontant brièvement son histoire.

 

Gold Key naquit en 1962. Elle se positionne donc dans le domaine mainstream, c’est à dire plus que le comics du super-héros qui est important, certes, mais qui ne touche pas un public si large. Il s’agit de celui des kids, à qui les parents achètent ou abonnent sans méfiance aucune leurs bambins à ces publications au contenu sain. Ai Gold key touche le jackpot, c’est à dire les licences de Walt Disney qui sont formidablement bien intégrées dans la société américaine par le biais de la télévision, du cinéma puis des parcs de jeux. Il s’agit d’une manne, de produits qui se vendent tout seul car les kids ne sont finalement pas exigeant en terme de qualité, qu’elle soi présente ou absente, et les créneaux sont multiples : Oncle Scrudge, Donald, ses neveux, Mickey, son entourage…Ce sont donc des tirages de millions d’exemplaire pour les leader de ces gammes, et même si Gold key reverse une partie de son chiffre d’affaires à la firme de l’oncle Walt, la situation est prometteuse.

 
D’ailleurs, Gold key adopte la même stratégie avec un poids lourds du petit écran aux productions parfois laborieuses mais qui sont terriblement populaires aux USA : Hanna & Barbera. Leurs multiples héros se succèdent à l’écran, le studio est très productif, mais aussi dans les kiosques. Momo et Ursul, l’ours Yogi, le crocodile, ainsi que Hong kong fou fou sont des succès éphémeres, moindres que les Walt Disney, mais ils se vendent bien. Toutefois, l’age d’or des Hanna & Barbera se situe dans les décennies 60’ et 70.

La situation est similaire avec les adaptations de la Warner. Rappelons que cette firme, aujourd’hui une grosse majeure a construit son succès avec les films de Rintintin ! Ce chien aux aventures candides a permis de faire des recettes mais surtout de bénéficier de salles et même de faire des ventes à l’internationnal. D’ailleurs, les cartoons de Bugs Bunny et Daffy Duck puis consorts (Road Runner) sont également des succès aux cinémas, en tant que programmes courts avent les films et les documentaires ou actualités, mais aussi en comics !

 

Gold keyest championne en ce qui concerne la publication des comics adaptés de la télévision que ce soit Star Trek, Bonanza, voyage au fond des mers, Buck Rogers, les Monstres, Chapeau melon et bottes de cuir ou même des adaptations ponctuelles comme King Kong ou le yellow submarine des Beetles. Beaucoup de nos chers artistes ont commencé dans cette firme, notamment Len Wein. Gold key a loué les droits des héros de Lee Falks (le Fantôme, Mandrake) et aussi Flash Gordon.

 

Enfin, en ce qui concerne la création interne, Gold key bénéficie de personnages fort sympathiques qui vous sont peut-être connus : Magnus, Solar et Turok ! Il s’agit de personnages à tendance super-héroïque mais avec chacune leurs spécificités et leur potentiel. Magnus l’anti-robot est la création du très grand Russ Manning, un génie du trait clair et puissant. Magnus conserve à la fois le pouvoir évocateur des meilleurs strips (comme Flash Gordon) pour ce qui est des voyages et des univers fabuleux. Mais il est aussi très orienté action. Il s’agit d’une belle réussite, qui fit égale avec Spider-man pour les meilleures ventes des débuts des années 60’ !

Solar, l’homme de l’atom demeure plus orienté super-héros matiné avec le nucléaire (responsable de la création de bon nombre de super-héros et de monstres au cinéma). Il s’agit d’un personnage de savant irradié qui lutte contre un espion ennemi. Une publication très intéressante qui ne ressemble pas à ses consœurs des autres maisons d’édition.

 

Enfin, Turok rend justice à un peuple trop souvent oublié aux USA, les indiens. Combien d’acteurs indiens connaissons-nous à Hollywood ? C’est vraiment triste… Turok est un guerrier qui vit des aventures assez trépidantes. Toutefois,, ses aventures ne m’ont pas convaincu. Elles ont été publiées dans les éditions du rempart il y a trente ans en France, comme Magnus. Solar, lui, était publié par Sagédition.

Mais Gold key connaît deux problèmes.
Les firmes Disney et Warner vont exploiter chacune leurs personnages en produits dérivées, ce qui les obligent à se passer de Gold key. Le chiffre d’affaires de l’éditeur va se réduire, mais les licences suivantes (des séries télé) seront moins prestigieuses. Le ralentissement de la publication des années 70’ va porter un coup difficile à Gold key. La firme va bien essayer réagir, notamment en distribuant ses comics par de nouveaux réseaux, mais ce sera bel et bien un échec. D’ailleurs, les adaptations des séries télé seront moins nombreuses, voire s’arrêter.

Gold key a mal anticipé le marché, elle n’avait pas de personnages majeurs qui lui appartenaient en propre. Et son effondrement s’est produit dans les années 80’, plus précisément en 1984. Dommage pour un éditeur majeur, que l’on estime numéro deux dans ses meilleures années et dont on trouva pas mal de ses publications en France avec Sagédition ou les éditions du rempart ! Il est à souligner un fait qui demeure à prendre en compte pour bien comprendre le marché local : les super-héros ne sont qu'un infime élément de la firme, presque une exception !  Mais ironiquement, ces super-héros firent un retour remarqué grâce aux compétences d’un certain Jim Shooter.
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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 08:01

Vai Gorilla est un petit film policier italien nerveux dont le thème sera repris par une grosse production américaine, bodyguard, qui connaîtra en 1991 un succès mondial. Pour notre vai gorilla, il s’agit d’un honnête film de policier italien, le politcheiszo, dont je vous présente les qualités.

  Tout d’abord, le contexte de vai gorilla demeure intéressant puisque l’Italie, pays où la mafia demeure un acteur de poids, fait parfois penser à un far-ouest dans certains de ses pires aspects. Le racket du pizo existe encore, la mafia s’attaque à chaque faille de l’administration (et il y en a !), corrompt les députés ( et il y en a !) et ralentit le développement. Le genre poli naît du mécontentement énorme de la population puisque dans le début des années 70’, l’Etat semble clairement dépassé et ne prendra jamais la mesure du problème, coupée de la réalité de la rue où la criminalité se développe spectaculairement.
  

 Vai Gorilla se passe en 1978, le film présente un entrepreneur de travaux, Renzo Palmer, qui subit des menaces puis se retrouve bastonné pour qu’il cède, mais celui-ci a de la volonté. Un jeune homme passe par hasard et il intervient de manière héroïque puisqu’il parvient à mettre en déroute les racketteurs. L’entrepreneur y voit la providence et il l’engage comme garde du corps. Le personnage joué par Fabio Testi, un acteur assez incroyable, se retrouve donc à jouer le gorille, ce qui permet au film de nous narrer quelques moments fort amusants : il accompagne le patron pour voir sa maîtresse, puis l’épouse du patron pour ses propres « distractions », il se fait huer comme un gorille par les ouvriers du chantier…

Au moment où la routine paraît s’installer, les rançonneurs tirent sur le patron avec un fusil de haute précision, et la tournure des événements paraît sérieuse. Il s’avère que se trouve à la tête des malfrats un redoutable ancien militaire d’élite qui refuse de faire une croix sur le magot que représente l’entrepreneur, et ce n’est pas un tireur amateur apprenti garde du corps qui va le dissuader, la lutte sera mortelle et chaque partie va fourbir ses stratégies.  

Vai Gorilla demeure un film sympathique, une solide série B qui est notamment due au talent de réalisateur de Tonino Valeri. Une drôle de carrière ce Tonino Valeri, ancien assistant du grand Sergio Leone, que l’on dit dirigiste et maniaque du détail, il a eu l’opportunité de diriger le culte « mon nom est personne » mais Sergio Leone lui a saboté la chance qu’il lui a donné en tournant en douce des scènes peu fameuses. Les critiques ont retenu ce couac et la paternité du long métrage lui demeure encore contesté, alors qu’il est établi que Tonino Valeri a réalisé le film dans son ensemble. Sa carrière en a pâtit (on dit le milieu du cinéma redoutable) mais il démontre de vraies qualité de metteur en scène pour Vai Gorilla : le ton du film est sec et solide, les péripéties sont nerveuses et une scène demeure haletante, le piége de l’ascenseur où Fabio Testi se retrouve dans le vide. Bref, vai gorilla lui doit beaucoup en terme de dynamisme.  

Fabio Testi est un ancien cascadeur qui a eu l’opportunité d’avoir sa chance en tant qu’acteur et qu’il a saisi. Il a joué dans une myriade de films dont certains très estimables mais il a surtout franchi la série B pour aller jouer dans des films d’auteurs ou sous la direction de grand réalisateurs comme Claude Chabrol avec Nada (très intéressant en ce qui concerne les cellules politiques extrémistes et qui anticipe de quelques années l’arrestation de la cellule action directe). Fabio Testi a été célebré comme il se doit par Santiago Segura dans le troisième et culte Torrente, la série espagnole culte. Fabio Testi demeure très attaché à ses films et il est très respectueux du cinéma de genre. Il y a Renzo Palmer qui joue l’entrepreneur, un acteur opulaire en Italie au physique et au charisme impressionnants dont Nanarland nous retrace l’étonnante carrière. Notons également que la musique est signée par Fabbio Frizzi, un des meilleurs musiciens de l’époque qui a signé des excellentes compostions. Justement, il dynamise les séquences d’action de vai gorilla et le fait que la BO soit inédite est fort regrettable.

Vai Gorilla se finit bien, le héros d’origine modeste part finalement avec la fille de l’entrepreneur, sous sa taçite approbation. Une petite note de tendresse pour un film hautement recommandable bien que, hélas, il ne soit jamais sorti en France et qu’il n’ait pas connu de succès en Italie. Mais son relatif descendant, bodyguard (hi ; hi ; hi), lui, a explosé des records mondiaux, quelle injustice...

 

Note : Je vous propose également  de consulter  la critique de Psychovision qui  diffère  de la mienne, histoire de varier les avis !

 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 08:00

George Reeves a joué dans une série mythique pour le public américain, mais il demeure quasiment inconnu chez nous. Quelques magazines français consciencieux ont quand même précisé qu’il n’y avait aucun rapport avec Chistopher Reeve lors sa sélection pour le premier Superman de Richard Donner, mais rien de plus. Retour sur un acteur qui s’est vu célébrer par un biopic de grande qualité et dont le destin fut lié au personnage de Superman.

George Reeves est un des multiples acteurs qui rencontrent de grandes difficultés pour s’imposer à Hollywood. Il enchaîne les figurations, tourne dans des films de second plans pour de petites firmes (qui ne bénéficient pas des moyens de distributions ni des réseaux dans les salles des majors) ou des rôles de figuration pour les grosses productions. Bref, sa carrière connaît une mauvaise orientation et il se demande s’il n’est pas temps de se reconvertir. Mais la chance le sourit quelque peu et sur recommandation, il intègre le casting de la nouvelle série adventure of Superman, dont il décroche le rôle principale à sa grande surprise !

Les deux premières saisons de la série sont en noir et blanc. Mais la série est un carton et George tournera un total de 104 épisodes dont certains ne sortiront en salles, chez nous, que bien des années plus tard. Il s’agit quand même d’un rôle exigeant, il doit assumer des tournages harassants et en plus, assurer par contrat, des shows de Superman pour au moins 4 semaines par an (parfois 8) afin d’assurer la promotion de la chaîne auprès des enfants.

Ces derniers demeurent fascinés par George Reeves, ou plutôt Superman à qui ils affligent des coups de pieds pour vérifier qu’il est bien un homme d’acier (Roger Moore se plaignit de la même chose à propos d’Ivanohé). Mais le salire des débuts est maigre et les aspirations de carrière de George Reeves sont ailleurs, il subit le syndrome du personnage identifié à l’acteur qui est redoutable pour la carrière d’un acteur. Citons les cas de Bela Lugosi, Adam west, Boris Karloff ou encore le français Pierre Brice qui ont eu des carrières trop liée avec leurs rôles.

 

George Reeves se suicidera en 1959. On impute son suicide à plusieurs paramètres qui sont une carrière qui le désespère et des projets qui n’aboutissent pas, une relation dangereuse avec la femme d’un gros ponte des studios ( Toni Lanier) ou encore un contrat par un tueur. A une échelle moindre, il s’agit d’une mort qui possède cette aura de mystère qui entoure encore le décès de Marylin Monroe. En tout cas, des fans avertis perpétuent encore son souvenir et sa mémoire, Alex Ross est bien sûr de ceux-là. La série a familiarisée pour les publics de kids le personnage irréprochable, inoffensif en terme de contenu, et un modèle sûr pour la jeune audience. Nul doute que cette audience s’est reportée sur les comics de super-héros Dc et, par ricochet, a été des premiers acteurs du renouveau des personnages du silver age avec Flash dans Showcase # 4.

 

Un excellent film nommé Hollywoodland a repris cette partie de la vie de George Reeves. L’acteur est brillamment interprété par Ben Affleck, je ne me doutais pas qu’il pouvait être aussi bon acteur et il montre George Reeves sous un aspect humain et touchant. Il est notoire que George Reeves respectait toujours son jeune public et ne rechignait pas à l’effort, même si son humour était acide !

 

Il est ironique qu’un acteur jouant une légende fictive, Superman, soit entré dans l'esprit collectif américain pour son destin et sa popularité, malgré un talent qui a tardé à être reconnu. Ce destin est également à rapprocher de Christopher Reeve, qui a également connu un destin tragique, mais vous connaissez mieux son histoire...

Note : merci à Shadow Fox pour sa diligeance sur les orthographes de ces deux grands acteurs !

 

 

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 08:00

Voici un film typique du cinéma bis qui mérite votre indulgence sinon votre intérêt. La mort au large ou l’ultime squale (en vo) est un produit  typique du cinéma de genre italien. Il a été produit pour surfer sur le créneau des
Fflms de requins, ouvert avec les dents de la mer et, même s’il a quelques défauts dus à son budget réduit, il fait jeu égal avec les dents de la mer 2. Retour sur un petit film ô combien sympathique !    

Poduit par deux producteurs indépendants, la mort au large s’inscrit dans le schéma des dents de la mer avec son histoire simple, un requin sème la terreur, ses personnages au profil connu, et ses séquences chocs. La réalisation est confié à un artisan expérimenté nommé Enzo Castellari, dont le père et l’oncle sont des réalisateurs confirmés. Castellari est un réalisateur typique du cinéma italien, il sait tout faire que ce soit le western, le polar (sa spécialité), le giallo… Aussi, on pense à lui pour emballer ce métrage.  

    Mais il faut se rappeler que Steven Spielberg a eu des problèmes énormes pour boucler son budget. Son requin mécanique nommé Bruce ne fonctionnait pas, se cassait et le tournage s’éternisait malgré les commodités d’un bon budget. Alors comment Castellari allait-il s’en tirait, lui qui avait moins d’argent et de jours de tournage ?

Ma foi assez bien ! Il y a bien sûr quelques plans où on voit un mannequin par ici, une maquette par là, le requin lui-même fut construit par un mécanicien de jeux télé mais l’illusion fait office et là est l’essentiel. 

  

L’histoire traite donc d’un requin qui s’aventure prés d’une petite ville portuaire où il trouve des proies. D’abord un surfer, puis un pêcheur, un écrivain et un marin confirmé se doutent que seul un gros squale comme un requin blanc a pu commettre de telles attaques. L’histoire est simple, déjà vue, mais elle vise à l’efficacité. Sur ce plan-là, la mort au large tient ses promesses car le film est rapide, vif et les séquences s’enchaînent sans temps mort jusqu’au final. Le film fait même bien mieux que le piteux Dents de la mer 3 avec sa maman requin qui vient venger son petit (énorme scorie). Ce requin est si grosse que, dans le plan de l’attaque finale, on a l’impression de voir un megalodon !    

Un des atouts de la mort au large demeure la musique des frères Guido & Maurizio De Angelis, des prodiges de la musiques qui ont su pour ce film adapté voire copier le score de John Williams mais le rendu reste formidable. De plus, la musique dynamise les attaques ou accroissent la tension du film et demeure mémorable.  

 

La mort au large a connu une très bonne carrière dans le circuit de cinéma bis, ou grindhouse, aux USA. Il aurait même fait un meilleur démarrage que les dents de la mer 3 ! Universal a menacé d’un procès aussi toutes les références au requin ont disparues de la promotion, et l’exploitation fut sabrée. Il faut dire que l’esprit margoulin des Italiens est judicieux, en Italie le film se nomme le dernier requin (sous entendu, les dents de la mer 3). Ailleurs, un numéro 3 était sur les affiches où les surfeurs concourraient, pour bien entretenir une astucieuse confusion. Ce qui est triste, c’est qu’il s’agit d’un des derniers succès de ce type de production qui a rendu l’âme dans les années 80. Le cinéma de genre italien, après de glorieuses années, a donc sombrer à cause d’un manque de structure, de moyens mais aussi parce que la télévision de type Berlusconni, pire que les plus fédérateurs programmes de TF1, ont capté l’audience et les moyens.

 

Ce qu’il y a de regrettable avec la mort au large, c’est que les critiques l’ont toutes descendu alors qu’un film de studio comme les dents de la mer 4, qui est un ratage inexcusable, demeure mieux considéré ! La musique n’est toujours pas publiée à l’heure actuelle et cela est injuste. Autre anecdote, il est suggéré dans une des premières scènes que le requin pourrait être préhistorique, en somme un megalodon ! Mais comme le tournage était effréné, cet aspect du scénario a été oublié dans la foulée !

Pour varier les avis, je vous renvoie sur deux critiques, la première est celle d’un fin connaisseur (qui a tout mon respect) nommé Carcaroth, du site de référence agressions animales, celle plus détendue de Nanarland, puis enfin celle de Psychovision qui est également de grand intérêt. Là encore, les avis divergent quand au film… Enfin, voici un rapide trailer, hélas de mauvaise qualité !

En France, c’est Mad Movies qui a sorti le film avec son exemplaire en kiosque, aussi il demeure relativement accessible en le commandant dans le magazine, histoire de regarder cette œuvre d’un œil indulgent, peut-être même de le réhabiliter ou plus encore, de l’adorer !


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Published by Bastien AYALA
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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 08:00
Les funny animals sont à la base des comics à plus d'un titre. D'abord, les daily strips furent à la base des funny animals, de l'autre le tout premier comics demeure Funny Animals 1 de 1935 ! Donc, la parenté directe entre les deux genre que de nos, jours, rien ne semble rattaché demeure le superfunny animals dont on dénombre au moins quatre représentants ! Analyse d'un phénomène que l'on peut encore rencontrer fortuitement de nos jours.

Les funny animals sont le succès majeur de l'entertainment mondial. Si vous avez un doute, prenez en compte Walt Disney qui a produit les représentants les plus fameux. Ils ont donc peuplés les comics et il est possible d'avancer sans se tromper que tous les éditeurs voulaient également leur funny animals pour marcher sur les traces glorieuses de l'oncle Walt ! Ainsi, quelques franco-phones de grand talents s'étaient rencontrés aux USA avec cet espoir immense : il s'agit ni plus ni moins de René Goscinny, Gill et Morris !

Mais Superman puis Captain Marvel ont ouvert un créneau majeur au comics qui s'additionne avec les funny animals (et qui dominent le marché actuellement, exception faite des tirages des licences Disney). Aussi, l'idée demeure toute simple : puisque ces deux genres détonnent en terme de vente, pourquoi ne pas les associer ?

 

Il y a là un paradoxe qui demeure ironique. Dc a fait un procès à Victor Fox pour son Wonder man qui copiait ostensiblement son Superman, or est-ce que Dc va dégainer pour un superfunny animal ? La réponse sera non, et pour une raison d'ordre pratique : la parodie est protégée par la loi et une réelle tolérance existe. Est-ce que cela s'explique par la caricature politique, presque aussi vieille que les gazettes politiques elles-mêmes ? Je suis enclin à le considérer et il est amusant de noter que, de fait, avant les daily strip, ces caricatures politiques étaient déjà présentes ! 

 

Notre premier se nomme Atomic Mouse, il s'agit de la version Charlton du modèle de Superman. Il fut crée en 1953 et il survit à la faillite de la firme en étant racheté par l'Américain Comics group. Il a été licencié en 2001 à un autre éditeur qui a proposé une version dépoussiérée. Il est à noter que les deux super-animaux aurait pu se rencontrer dans dans la même revue Charlton où ils furent publiés côte à côte ! Alors que tout le monde scrutait la première rencontre inter-compagnie entre personnages de firmes différentes, elle aurait pu déjà avoir lieu ! C'est pour le moins incroyable ! Hoppy a été racheté par Charlton qui l'a fait voyagé dans ses revues. Il fut racheté des années plus tard par Dc pour rejoindre la famille Marvel, qui l'attendait sans doute depuis les années 70'.

Marvel, alias Timely a également eu son super-animal qui se nomme Super Rabbit. Il fut crée en 1943 par Ernie Hart. Cette « version » aura quelques numéros de son propre magazine puis il disparaîtra en 1952. Comme tous les créneaux qu'on tenté la firme à Martin Goodman, l'intérêt retombe vite et il convient de s'oocupper du créneau suivant avant que la mode passe.

 

Enfin le quatrième et le plus fameux se nomme MightyMouse, il fut adapté en dessins animés (fort populaire par ailleurs), traduit en France chez Sagédition, et le dessin animé passe encore dans ça cartoon sur Canal + ! Il s'agit d'un dessin animé crée en 1942 par la firme Terrytoons. Il a connu un énorme succès et il a été revendu à d'autres et la CBs a même continué à diffuser son cartoon à la télévision. De salles obscures à la petite lucarne, Mighty Mouse n'a pas trop perdu en terme d'aura puisqu'il fut diffusé pendant presque 30 ans ! Il s'agit là d'une icône pour nos homologues américains et un succès qui arrive à la cheville de son modèle lui-même.

Que fait Dc ? Peu de choses puisqu'à défaut de poursuivre ces presque plagieurs, elle ne profite pas non plus du créneau si ce n'est que Captain Carrot et son zoo club qui reprend à bon compte la Jla d manière détendue. Là encore, Geoff Johns a ramené ce bestiaire récemment dans les pages des Titans, dans des back-up. Mais la première version a trente ans de retard. Ainsi Timely (donc le personnage appartient encore à Marvel), Atomic Mouse, Mighty mouse, et Hoppy sont encore exploitables, si quelque décideur a la lumineuse idée d'en ramener un des quatre, les trois autres suivront en cas de succès, à coup sûr !
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Published by Bastien AYALA
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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 08:08
Atlas était donc dans une période de déconfiture presque totale. La firme de Martin Goodman a failli devenir un poids lourds de l'industrie mais elle a subi une grosse déconfiture et elle vivote, réduite à n'avoir que huit titre par mois. Il ne reste que l'historique rédacteur en chef Stan Lee, quelques membres de l'éditorial peu nombreux, et très peu d'artistes. Bref, ça n'allait pas très bien. Mais avant son sursaut de 1961, Atlas/Timely s'est spécialisé dans un créneau fort intéressant, qui contient les germes de son âge d'or et qu'il convient de regarder de près.31-1.jpg

Dans les toutes ultimes années de la décennie 1950, Atlas a surfé sur quasiment l'ultime créneau qui lui reste, qui assure en quelque sorte sa singularité et son identité : les monstres !
Ce créneau provient sans nul doute des films qui sortaient de temps à autre et qui rencontraient un réel succès tels que It came from the sea, The Giant Belemoth, Godzilla (qui fut diffusé aux USA) et une kyrielle de productions mineures comme Robot monster ou encore les productions de Roger Corman (Attack of the crab monsters).
C'était un créneau modeste, mais un créneau quand même. C'est à dire qu'il y avait une audience qu'il fallait capter et fidéliser.hulk.jpg

Or, c'est là que réside le talent de Stan Lee. Il parvient à proposer un schèma quasi-unique qui, je le répète, alterne la découverte fortuite par accidents, entremise du héros, une malédiction ancienne/créature extra-terrestre/de l'infiniment petit/ou de l'atome qui s'en va conquérir le monde mais qui sera finalement défait grâce à son point faible découvert in extremis. C'est une formule qui est carrée et efficace, mais qui sera appliquée qu'en ne changeant que quelques paramètres. Stan Lee usait donc de ce schèma pendant une litanie de titres, mais pourtant ils s'avèrent tous passionnant et haletant, pourquoi ?

Tout d'abord, Stan Lee lui-même est un dialoguiste de grand talent, il parvient toujours à nous présenter la menace comme implacable et le sort de l'humanité, invariablement compromise. Il sait décrire mieux que personne l'angoisse, l'inéluctabilité et la puissance de la menace en question. Sur ces points, il n'y a guère que Jack Kirby qui l'égale, ce que nous pouvons lire dans sa production chez Dc.

Jack Kirby justement, il livre des dessins de toute splendeur où la puissance des menaces ne peuvent qu'interpeller le lecteur. La capacité la magnificence des monstres et de leurs démesure est une des aptitudes inégalées du King. Il est à noter qu'il faisait sensiblement le même genre d'histoire avec Joe Simon du temps de leur propre boîte de comics...

Mais il n'est pas tout seul à œuvrer dans ces fascicules, il y a aussi Dick Ayers, Steve Dikto ou encore Joe Sinnot. Des talents solides qui possèdent nombres de qualités de dessinateurs qui font cruellement défaut chez les nouveaux talents actuels (storytelling, caractérisation des personnages, retranscription urbaine crédible...). Il s'agit de grand talents efficaces qui sont complémentaires du style de Stan Lee. Leur aptitude à la démesure, à se renouveler visuellement pour le bestiaire de monstres est sans aucun doute précieux pour ce genre de titres. Ce talent pour décrire des périls qui emmènent l'humanité au bord de l'abîme lui vient peut-être de ces quelques comics bibliques qui furent édités tantôt. En tout cas, les visions fabuleuses de Kirby alliées à sa verve sauront également servir quelqu'uns des meilleurs moments à venir de la société, avec notamment les FF. jim052s.jpg

Les noms de ces titres, justement, sont incroyables et ils participent à leur attrait : tales of astonish, Journey into mystery, tales of suspens...Il s'agit d'un appel à l'irrationnel, à l'imagination qui est souvent oublié par nos comics modernes, et une spécialité d'alors de la Marvel.32-1.jpg

Enfin, la cerise sur le gâteau demeure que ces histoires demeurent non violentes. Il s'agit de l'héritage heureux de la vague de répression initiée par le Dr Wertham et le Comic code. Cela permet de prouver que les comics, leurs héros et leurs conflits ne nécessitent aucunes violences graphiques ni même une hécatombe malvenue de pertes humaines. Si Dc produit des histoires surannées voire bêtes, Stan Lee fera pour le mieux en retournant cette contrainte comme un avantage, sans que ses histoires ne soient niaises ou fades, une grande leçon en somme !tta16s.gif

Enfin, il est amusant de constater le nombre d'histoires qui voient les prototypes des héros à venir (l'année 1963 sera décisive) mais qui soit graphiquement, soit conceptuellement, contiennent des germes qui ne devront subir qu'un nouveau traitement pour être abouties en super-héros. Que ce soit l'homme fourmi, l'univers Asgardien, ce vilain qui ressemble déjà à Fatalis, ou encore ces monstres au nom de Thoor, Hulk, on peut croire aisément que la substance de la Marvel se trouve incontestablement dans cette ère. En outre, certains vilains reviendront de temps à autres hanter certaines aventures de Marvel comme ce Fin Fang Foom (new universe) ou ce Klatu.st089s.jpg

Ainsi le talent et la matrice de l'ère super-héros se trouvent déjà en bonne place, prête à jaillir.
Il ne manquera plus que l'étincelle qui orientera Stan Lee et ses artistes émérites dans la bonne direction. Elle viendra de Martin Goodman qui, obligé à se vassaliser à Dc pour assurer la distribution de ces ultimes 8 malheureux titres (faible marge de manœuvre), entendra de la bouche de ses concurrents tellement importants par rapport à lui, que les super-héros cartonnent à nouveaux. La suite, elle consistera en une révolution pour les comics et une nouvelle caractérisation de leurs héros.

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 10:50
Atlaslog.jpegTimely n'était pas un éditeur majeur, son seul coup d'éclat fut Captain America qui avait connu des ventes records mais dont les créateurs furent spoliés. Malgré le sérial à succès, notre brave Captain s'est effondré et il est redevenu mineur, voire oublié. Comment cet éditeur à réussi à affronter les pires années pour les comics, qui ont vu nombre de concurrents faire faillite ?

Dans les années 50', Timely a changé de nom pour Atlas comics. Ce nom évoque quelque chose de puissant, bien que le grand public américain de l'époque ignore qu'il s'agit d'une chaîne de montagne du nord de l'Afrique. C'est un artifice, Goodman en est très friand. Mais comme il est fin éditeur, il a diversifié sa firme en lui adjoignant d'autres structures. Atlas vint de là, d'un souci de multiplier les structures et les sociétés écrans au cas ou...Cette stratégie est élevée à un certain niveau puisque 59 structures sont réunies sous le sigle Atlas.

Les éditeurs sont au nombre de cinq, dont Stan Lee, qui tutelle une des structures. Atlas chapeaute donc un ensemble se sociétés même si ce terme relève du domaine du juridique. Alors que fait « Atlas » ? De tout ! Tout créneau susceptible de fonctionner.battle03.jpg

Atlas publie donc des histoires dans des domaines divers tels que les comics sur le crime, le drame, l'espionnage, l'humour et le sticom, l'horreur qui fonctionne fort dans ces premières années de la décennie, les récits d'aventure, la romance (genre crée et lancé par Joe Simon et Jack Kirby), le sport, la guerre (le conflit en Corée est proche), et le western (genre majeur au cinéma et à la télévision).215px-BlackKnight_Atlas1.jpg

Des personnages de cette époque existent toujours même s'ils ne sont pas de premier plan. Patsy Walker est crée, l'ancêtre du Black Knight, Rawhide Kid. Leur réapparition de nos jours n'est pas un événement mais elle fait toujours plaisir aux fans acharnés, il s'agit d'une spécialité maison de ressortir de très vieux personnages sous un léger lifting ou une nouvelle situation.

Mais Atlas connaît deux crises qui sont dus pour une part à la conjoncture, et de l'autre à la volonté d'expansion de Martin Goodman. Cela va laisser Atlas presque exsangue.
Tout d'abord, il y a cette croisade d'ordre moral qui s'abat sur les comics, rendus subitement responsables de pervertir les jeunes esprits. Il y aura donc une défiance nationale envers les comics qui se traduit par un rejet de la part des parents, qui considèrent ce média comme abrutissant. Cette vague a même pour conséquence le fait que certains kiosques ne commandent plus de comics ou ne les exposent plus ! Certains éditeurs et non des moindres, comme Quality ou Fox comics ferment leurs portes, EC comics doit se reconvertir de toute urgence et trouver un créneau (ce sera Mad !). L'instauration du Comics Code obligera à expurger toute violence du contenu.ait09.jpg

Enfin Atlas est confronté à un problème directe, Martin Goodman a confié toute sa distribution à un des plus gros diffuseur du milieu. Ce terme n'est pas choisi au hasard puisque l'Americain News Company est condamné par la justice. Et entraîne dans sa chute presque toute Atlas comics. Il en résulte que la compagnie, après avoir failli se hisser par son volume de production chez les acteurs leaders du marché, redevient la petite firme miteuse qu'elle était à l'origine, supervisée par Stan Lee, dernier capitaine à la barre !

Il faut donc tout revoir, voir même élaguer la production car Goodman a pas mal licencié de personnels et il faut puiser dans les stocks, surtout le matériel non publié qui dort dans un fameux placard. Mais la mouvance de l'époque semble être les monstres. Ce sera quasiment le créneau porteur de Atlas comics, la firme au nom de géant qui est devenu lilliputien.29-1.jpg

Ces histoires de monstres sont à mon avis un pur bonheur. Il s'agit de profiter du créneau des monstres fantasmagoriques qui peuplent les drive-in et plus rarement, davantage dans les années 60', la télévision. Les histoires que nous avons pu lire, celles de la fin des années 50', sont absolument fabuleuses mais elles sont rigoureusement bâties sur le même schéma bien rodé par Stan Lee dont les talents de conteurs deviennent évidents. Il est à noter que la Charlton produit des histoires similaires, avec au dessin Steve Dikto !

Un monstres arrivent de l'espace, de l'infiniment petit, est découvert par une expédition (cela peut varier), le héros est témoin ou le responsable de l'évènement, le monstre est confronté au monde qu'il veut asservir, la menace est sublimée et semble implacable, le héros ou un savant trouve la parade, le monstre est vaincu, l'humanité respire et les héros concluent sur une parabole sur le destin ou l'existence. De ces histoires, il reste des personnages de monstres comme Fin Fan Fang qui revient de temps à autres.Marvel a la manie d'exploiter jusqu'à la moelle certains concepts ou d'obscures personnages.st079s.jpg

Il s'agit d'un canevas simple, très efficace mais qui contient les germes du style de Stan Lee qui ne changera jamais plus. De plus, Jack Kirby est revenu définitivement en 1958, et son génie graphique viendra servir au mieux les scripts répétitifs de Lee pour donner une dimension graphique époustouflante que le cinéma ne peut égaler. Ces productions ont une constante, elles sont haletantes ! Toutes !

Ainsi, ltta10s.jpges germes d'un style ultra efficace sont posés mais ils ne concernent pas Atlas, qui va encore changer de nom, ni même les récits de monstres, mais les super-héros que Martin Goodman souhaite relancer après avoir entendu que cela fonctionne à nouveau, au cours d'une partie de golf avec les pontes de Dc. Après tout, cela lui avait bien réussi une première fois, avec Captain America et Jack Kirby

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