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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 06:23

En 1986, la JUSTICE LEAGUE était à bout de souffle avec Gerry Conway à qui on ne donnait ni soutien éditorial, ni dessinateurs dont le style était de première fraîcheur ou encore les pires personnages jamais vus dans cette équipe (Gipsy, Vibe !). 

CRISIS IN INFINITE EARTH sonna le temps du grand balayage. A noter que c’était  JeanMarc De Matteis lui-même qui se chargea de l’histoire finale de ces seconds couteaux lors la fin du premier volume de la série en 1987 dans l'épisode final !

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Ce relaunch fut tardif.

Il coïncida avec LEGENDS, une mini série en 6 parties conçue et écrite par John Ostrander, Len Wein et John Byrne, dont le seul but était précisément de faire place nette pour la nouvelle Justice League, privée de ses têtes d’affiche majeures que sont Superman et Wonder Woman...

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Donc, le champ est libre pour une nouvelle série qui doit rapidement faire oublier la précédente tant elle ne cessait d’agoniser...

C’est le créatif devenu éditeur, Andrew Hefler, qui s’y colle.

Il recrute d’abord le fort inspiré artiste Keith Giffen.

Giffen est un ancien dessinateur, qui s’est pas mal inspiré de Jack Kirby dans ses débuts. Toutefois, une fois devenu scénariste, il s’est révélé comme très prometteur.

L’homme a du talent, de l’énergie mais surtout une vision pour cette nouvelle équipe. Cependant, il redoute de s’engager seul sur le titre, d’assumer cette grande responsabilité, alors on lui choisit pour les dialogues Jean-Marc De Matteis.

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 La paire créative ne va pas démériter car elle va porter le titre, ainsi que sa série dérivée plus les spéciaux pendant 5 années.

5 ans où ce titre à équipes va développer son style, son ton unique et son lot d’intrigues qui va grandement se singulariser par rapport aux normes des comics à super héros à groupes comme les X-men ou les Titans. 

Pour la première fois dans les comics, la JUSTICE LEAGUE va instituer humour et comédie de situation dans un titre d’action.

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La série commence en 1987. Heffler recrute un jeune talent qui fut l’assistant de John Romita Jr et qui n’en peut plus d’attendre un engagement : Kevin Maguire.

Ce dessinateur fort prometteur a un talent essentiel pour la bd, il sait caractériser  à merveille les personnages en déployant toute une palette d’expression humaine (l'exacte contraire de Rob Liefield).

Il semblerait qu’il ait appris à dessiner en mettant en scène ses GiJoe afin de se faire la main pour les perspectives.

Kevin Maguire va assurer la première ère de la série et, même s’il sera moins régulier que dans les débuts, le titre JUSTICE LEAGUE va l’imposer très vite et lui donner une belle reconnaissance.

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Le numéro 1  est donc la conséquence de la mini série LEGENDS où furent sélectionnés Batman, Black Canary, Blue Beetle, Capitain Marvel, Mister Miracle ou encore Martian Manunter, survivant de presque toutes les ligues.

Le plus en termes de personnage est l’intégration forcée de Guy Gardner, le troisième Green Lantern, qui réagit comme un ado pas futé voire un tantinet bœuf.

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Il drague les nanas du groupe, se heurte avec tout le monde, en est même mis au banc mais il revient toujours à  la charge, de manière frontale, comme s’il n’avait rien appris. Un des moments de référence demeure l’affrontement direct avec Batman qui le sonne d’un seul uppercut le laissant dans les choux.

Les autres leaguers en seront amusés sauf Black Canary qui se maudit de n’avoir pas été présente à ce moment précis pour assister à l’événement. Voilà le ton propre à cette JUSTICE LEAGUE : du fun, de l’action et de la bonne humeur qui rendent tous ces personnages diablement attachant en prenant le contre-pied du style morose de l’époque.

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Dans les premiers épisodes qui doivent quand même pas mal au legs de Steven Engelhart, la Justice league se heurte à trois supers héros survivants de leur dimension moribonde et qui veulent se débarrasser du péril nucléaire.

Puis vient de Boster gold, l'une des rares créations de Dan Jurgens qui ait quelque potentiel. Son arrivée tombe à pic puisqu’il se heurte au royal flush gang, une création sympa où des supers vilains incarnent des cartes.

Un péril plus grave succède au royal flush gang avec l’homme en gris, est une sorte d’anomalie capable de posséder une ville et quelques super héros.

 

Ce péril vaincu, la league semble connaître une nouvelle direction avec l’abandon de Batman et de Capitain Marvel puis l’intégration de Booster Gold, la venue de Max Gold et l’ajout de Capitain Atom puis d’un membre russe, le Red Rocket 1.

Ce personnage intéressant est un buisness man qui tutelle la league et la finance. Il cache un secret qui sera révélé dans le 12éme épisode qui est lié aux New Gods. Mais il restera fidèle aux commandes qui sont perturbés par ces supers héros quelque peu turbulents et attachants.

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L’œuvre de Giffen et Matteis est riche et intéressante tant au point de vue de la caractérisation que des péripéties. Une critique de Scarce avait même comparé leur œuvre à celle de Chris Claremont sur les X-men en termes de maîtrise de la franchise.

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Les intrigues s’enchaînent et INVASION, en 1988, viendra scinder l’équipe en une cellule américaine puis une européenne, la fameuse JUSTICE LEAGUE EUROPE.

 La franchise est divisée par deux et elle reste très fun et décapante. 

Le titre Justice League devient la Justice League International et la seconde branche, tout juste créée se nomme la Justice League Europe. Elle est d'abord installée à Paris avec les personnages que vous pouvez voir sur la couverture.

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La Justice League Europeva bientôt trouver son propre rythme, sa propre dynamique qui va rendre ce titre hautement fréquentable.

Très vite, les interactions prennent le pas sur l’action mais l’ensemble reste de haute tenue.

 On fait connaissance de la super héroïne française Red Fox.

L’idée de génie de ce personnage réside dans le fait que deux jumelles se partagent ce rôle de justicière sous le même costume.

Capitain Atom ne semble pas à  l’aise dans son rôle de leader car il doit faire face à une suite ininterrompue de gags et de situations hilarantes. Par exemple, Power girl a recueilli un chat crasseux et puant qui gêne tous ces équipiers et qui leur fera même peur.

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Une des histoires les plus hilarantes que j’ai lue et cet annual de Armageddon 2001 où un des super héros a trahi, tuer tous les autres, puis est devenu un dictature ultime nommé Monarch.

Son seul ennemi valable est Waverider, un homme changé par une expérience qui est capable de remonter les flux temporels. L’idée de génie avec ce concept, c’est que s’il existe un seul passé, les lignes des futurs sont multiples et dépendent des événements qui les font fructifier.

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Aussi Waverider vient inspecter la Justice League Europe pour identifier le traître mais lorsqu’il touche les membres, il ne comprend rien de rien. Les membres évoluent dans le passé, le futur lointain où dans des situations invraisemblables !

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L’explication réside dans la machine temporelle qui se trouve dans le sous-sol et qui fut un brin oubliée. Des agents gouvernementaux essayent de venir faire main basse sur elle mais ils trouvent le chat crado dans les parages. Ils le brusquent mais celui-ci, qui a mauvais caractère, leur saute dessus et les écharpe. Les agents lui tirent dessus alors qu’il se trouve sur la machine, qui explose, et tous se trouvent ailleurs.

Un grand moment d’humour dans les comics que je recommande vivement.

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En outre pour la Justice League Europe, ils sont confrontés au retour de Starro, l’étoile de mer extra terrestre conquérante qui supplie l’équipe de les aider à regagner les étoiles.

Mis en confiance, la Justice League Europe l’aide mais celui-ci ne fait que se déployer sur l’Angleterre qu’il conquiert aisément. Incapables de le juguler et ayant perdus leur membre les plus puissants, les membres restants vont devoir affronter Starro, leurs anciens équipés et…toute la population de l’Angleterre !

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Bref, la franchise JUSTICE LEAGUE comporte d’excellents moments de lecture, de grands moments comiques. Le titre, dont le grand architecte est bel et bien Keith Giffen, va pendant cinq années développer des intrigues complexes, intéressantes avec un ton délirant et unique.

On compte donc 60 numéros de Justice League, devenue Justice League international au vingt-quatrième numéro et 24 numéros de Justice League Europe ainsi qu’une belle poignée d’annuals et de numéros spéciaux.

Cette ère du titre rivalisa en intérêt avec le leader du marché d’alors, les fameux X-Men de Chris Claremont qui restent une pointure en termes de ventes et de qualité mais la Justice Legue n’a pas à pâlir, loin de là !

La série, grande oubliée des traductions en version française avec WONDER WOMAN de George Perez, hélas, a toujours ses fans.

Je vous recommande d’aller y jeter un coup d’œil tant les bons moments, les bons maux et les situations cocasses font mouche à chaque fois…

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Hélas, une fois Keith Giffen parti en 1992, d’abord pour Image comics puis pour une suite de sa carrière qui ne renoua jamais avec cette période qui restera pour lui son ère la plus glorieuse.

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Ses successeurs furent bien moins inspirés…On eut sur Justice League International qui fut repris en mains par Dan Jurgens, pour des intrigues très faibles et même diablement compliquées. Le titre fut confié à Gerard Johns avec des dessinateurs très faibles, dont le très mauvais Chuck Wojkiewicz dont les dessins rendaient presque illisibles la lecture.

Il s’agit donc d’une période d’agonie du titre, avec des personnages de seconde voire même de troisième zone qui ne cesse de durer.

Cette ère figure une période d’affaissement créatif pour DC comics, dominé par Marvel depuis 1988, largement doublé par Image comics en 1992.

La firme historique ne propose plus rien d’excitant, de percutant depuis un bon moment et Justice League est caractéristique de cette méforme.

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Curieusement, le soubresaut de la firme viendra précisément du titre JLA.

Il s’agit de la grande reprise du titre par Grant Morrison, qui avait à ce moment là envie de taquiner un titre de super héros après ses succès sur des titres plus confidentiels et adultes comme ANIMAL MAN, DOOM PATROL ou encore le fameux BATMAN ARKHAM ASYLUM.

Or, ce relaunch de la JLA sera une nouvelle ère d’excellence du titre…Mais aussi une autre histoire !

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 06:24

2ème partie 

 

Isaac Florentine apparait, depuis le début des années 2000, comme un réalisateur d’action très capable quoiqu'il n’ait pas eu jusqu'alors ni le projet à sa mesure, ni les moyens nécessaires pour porter à l’écran une œuvre qui lui permettrait d’exploser. 

 Cela va venir de la Nu Image, de manière assez indirecte, qui l’attache à la suite de UN SEUL DEVIENDRA INVINCIBLE. On  peut supposer que le premier opus est rentré dans ses frais mais personne ne s’était pressé à lui donner une suite. UNDISPUTED 2 est né d’une raison budgétaire et technique toute bête : le film le Dahlia noir était en pré-production et la Nu Image tenait à occuper son équipe technique, probablement à cause d’un tournage. Ce fut donc dans des conditions assez particulières qu’est né le personnage de Boyka !

Faisons donc sa connaissance ensemble !

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George Iceman est sorti de la prison dans laquelle il s’est battu dans le premier opus. Boxeur à la carrière finie, il se trouve dans un pays de l’est afin de faire quelque publicité afin de capitaliser sur les ultimes cendres de sa gloire de jadis.

 

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Mais « on » lui joue un sale tour en mettant de l’héroïne dans sa bible. Arrêté par une police complice et corrompue, notre célèbre boxeur se retrouve donc dans une immonde prison. Sur place, il se rend vite compte que tout est corrompu à l’intérieur et que le directeur organise, sous la tutelle de Gaga, un gros bonnet local des paris.

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Mais dans la prison, se trouve un autre combattant d’exception en la personne de Boyka. Bête de ring, voué à passer sa vie en prison, l’impressionnant Boyka n’a plus qu’un but : devenir l’un des tous meilleurs combattants qui n’aient jamais été.

Le choc entre les deux colosses est inévitable, souhaité même.

Iceman le boxeur comprend qu’il va devoir se frotter à Boyka le champion du freefight. Mais leur premier combat est vicié : un proche d’Iceman lui met de la drogue dans sa bouteille d’eau, pendant son combat, et Iceman perd celui-ci…

 

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Quand Boyka l’apprend, il tue net l’un de ses hommes de main qui a participé à la supercherie. Pour lui, ce combat relève de l’art noble et il faut absolument que Iceman soit au maximum de sa forme pour que ce combat, ce challenge, ait de la valeur.

Le vrai choc des titans va enfin avoir lieu !

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Si ce résumé vous donne l’impression d’un film bateau, et bien détrompez-vous ! UNDISPUTED 2 bénéficie d’assez d’astuces, de caractérisation, de scènes percutantes, de personnages secondaires pour en faire un bon film de genre ! Si Iceman est interprété par le très bon Michael Jai White (SPAWN, KILL BILL 2 dans une scène hélas coupée…), la brute du film, Boyka, nous apparait comme étant plus intéressante, ce qui est une performance rare pour un film de genre.

Boyka croit en ce qu’il fait, il considère sa pratique comme un art bien que sa notoriété est condamnée à ne pas dépasser les murs de la prison qu’il occupe. Qu’importe, il se bat pour se réaliser. 

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L’autre excellent point du film est la réalisation d’Isaac Florentine, au top de sa forme. La caméra, il vaut mieux voir le film sur un écran de bonne taille, se glisse dans les combats, aux côtés des combats pour donner une nouvelle dimension au film de rixe.

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En outre, UNDISPUTED 2 intègre les nouveaux sports de combats modernes, le free fight moderne. Si Michael Jai White est charismatique et excellent, Scott Adkins explose véritablement dans ce film en jouant le méchant Boyka. Scott adkins, né en 1976, s’est mis à faire des arts martiaux en découvrant Jean-Claude Van Damme au cinéma. Il s’est depuis mis à plusieurs arts martiaux, obtenus des rôles de plus en plus intéressants, notamment à Honk Hong, puis il a rencontré Isaac Florentine en 2003 sur le film SPECIAL FORCE.

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Doué pour les arts martiaux et même dans leur version acrobatique, Scott Adkins a cette particularité d’être un bon acteur, comme Michael Jai White dans les rôles qu’il joue, mais surtout d’exploser dans les rôles de méchants et celui de Boyka en particulier. Boyka est son personnage, il se l’est approprié pour lui conférer une épaisseur intéressante. 

Au terme d’UNDISPUTED 2, Iceman pratique une clef de jambe à Boyka et il lui bousille une jambe. Iceman repart aux USA.

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UNDISPUTED 2 séduit les fans de genre et demeure remarqué, faiblement, du point de vue critique. Certes, Isaac Florentine n’est pas courtisé par les grands studios mais il parvient à réaliser à film avec Jean-Claude Van Damme en 2008, qui se trouve opposé pour l’occasion à Scott Adkins. 

 

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TRAFFIC MORTEL est moyen, oubliable, et Isaac Florentine raconte que le montage, la moitié de son travail selon lui, lui a été enlevé des mains. Une expérience amer qui fait de ce film un produit sans âme.

Mais notre réalisateur remet le couvert avec Scott Adkins pour THE NINJA.

Le postulat du film est de transformer au gré des événements une sorte de Bruce Wayne en une sorte de Batman, en l’occurrence un ninja.

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Film très convenable, très bien exécuté à tous les niveaux, THE NINJA a beaucoup plus aux spectateurs qui l’ont vu mais il ne parvient pas à égaler le niveau d’UNDISPUTED 2. Justement, cela tombe bien, Florentine et Adkins ont envie de remettre le couvert pour un nouvel  opus d’UNDISPUTED.

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UNDISPUTED 3 revient à la prison miteuse d’Ukraine où croupit notre Yuri Boyka, affaibli et handicapé depuis son combat perdu face à Geroge Iceman.

Deux ans après ce combat, il erre dans les bas-fonds de la prison en tentant de rééduquer en cachette sa jambe, ou du moins de limiter les dégâts. Les combats, toujours sous la férule de Gaga, continuent. Le champion de la prison doit se rendre à une sorte de matchs inter prisons de l’ancienne URSS. 

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Boyka, après avoir vaincu avec panache le champion de sa prison, se rend dans ce tournoi dont les règles semblent truquées. Aucun combattant, malgré la liberté promise pour leur simple participation, n’est jamais revenu, et les pontes ont misé leur fortune sur le Colombien, un super combattant dopé jusqu’aux paupières.

Handicapé par sa jambe, n’ayant que pour lui sa volonté farouche se réaliser comme le meilleur combattant de free fight, est-ce que Boyka va triompher ?

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Peut-être que le pitch d’UNDISPUTED 3 vous semble bateau ! Mais UNDISPUTED 3 a suffisamment de tour dans son sac à malice pour séduire ceux à qui ce genre de films ne déplait pas. Non seulement UNDISPUTED 3 réussit à égaler de son prédécesseur, mais il parvient même à le dépasser !

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Un troisième opus meilleur que le second et qui enterre même l'opus original ? Cela ne s’était jamais vu jusqu’à présent.

UNDISPUTED 3 est donc la confirmation que le meilleur réalisateur de films d’action se nomme Isaac Florentine, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir les moyens d’un Michael Bay et tout faire péter pour proposer une histoire intéressante avec des personnages forts !

D’ailleurs, Scott Adkins, qui a tourné dans d’autres productions plus chics que celles de la Nu Image, est resté très attaché à son personnage de Yuri Boyka. Il a appelé de tous ses vœux à un UNDISPUTED 4 !

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Je vous souhaite donc de prendre du plaisir à découvrir ces deux films en espérant que, cela serait du gâchis dans le cas contraire, Yuri Boyka trouve de nouveaux défis percutants à relever sous la tutelle d’Isacc Florentine, et que cette série soit enfin reconnue à sa juste valeur !

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 06:39

1ère partie 

 

La mode du cinéma d’action est très cyclique.

Un producteur, Pierre David, a une fois expliqué que ce genre de films a toujours existé, que ce soit dans les années 30 avec les western, les films de guerre et policiers. Ce courant s’adresse quasi exclusivement au public masculin qui voit certainement dans ce courant un modèle viril auquel il s’identifie, inconsciemment. En ce qui concerne les films d’art martiaux, on peut mondialement situer leur exposition mondiale à l’orée des années 70 avec notamment LA MAIN DE FER. Il fut suivi des cinq films de la superstar, l’immense Bruce Lee, dont les films ont à la fois défriché le genre et ils l’ont consacré ! Un phénomène à la fois incroyable et inégalé !

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Depuis sa mort en juillet 1973 à l’âge de 33 ans, nombreux sont les successeurs mais peu sont ceux qui se sont réellement imposés. On peut donc raisonner en courants, avec Jackie Chan et l’excellent Samo Hung (que je préfère), les sous-Bruce Lee, Chuck Norris puis les films de ninja mad in Cannon. Mais la seconde grande action star est à mon avis Jean-Claude Van Damme.

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Certes, Van Damme a une aura un peu particulière en France, mais il a su en un seul film, Bloodsport en 1988, imposer le modèle du combattant occidental qui soit réellement percutant ! Outre le fait qu’il a renouvelé les codes du genre et les chorégraphies martiales avec Kickboxer en 1989, Van Damme a crée un sous-genre nommé les films de Kickboxing avec des douzaine de postulants, parfois très bons, mais aussi des films débités au Kilo.

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De ce fatra, il n’y eut pas réellement de réalisateurs vedette capable de porter haut le genre et de l’extirper de ses codes écrasants. Certes, il y a bien Albert Pyun et son excellent Kickboxer 2, mais ce fut là une exception, d’autant plus que le retour d’Albert Pyun pour Kickboxer 4 fut un fiasco, pour cause de budget minuscule… 

Toutefois, le réalisateur qui allait émerger pour s’imposer comme le leader de ce courant, hors circuits des grands studios, Isaac Florentine est à célébrer.

Le film qui l’imposera, Invincible III, est lui-aussi le cheminement d’une série de hasards qui est intéressant à raconter. Je n’y résiste pas...

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La firme Nu Image est une firme bien atypique, singulière. 

Produisant des petits films destinés à des niches commercialement porteuses, les films à monstres géants ou encore les films d’action, la Nu Image semble être l’enfant naturel de la Cannon films.

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D’ailleurs, à la tête de la Nu Image, se trouvent des anciens de la Cannon… 

Les productions de la Nu Image, surtout au début, ne roulent pas sur l’or et ni l’intelligence du spectateur, ni les ambitions artistiques rudimentaires ne semblent avoir été privilégiés. Je m’interroge souvent sur le fait que ces films soient aussi légers, je suppose qu’ils sont simplement fait pour tous les publics et dans tous les pays. Toujours est-il que la Nu Image s’est progressivement imposée.

Pourquoi elle et pas d’autres firmes ?

Probablement par ce qu’elle entretient des réseaux très influents, ce qui a permis de refourguer ses productions, parfois très indigentes, partout dans le monde…

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Mais la Nu Image a toujours eu la volonté de produite des films sur des circuits plus prestigieux, en salles et non plus seulement en direction des vidéo-club, des ventes Dvd et à destination du câble. Cette politique donna naissance à une seconde firme, plus prestigieuse nommée Millenium films. Elle a produit certains films Rambo IV, Rocky V, 16 blocks…et Un seul sera invincible alias UNDISPUTED.

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UNDISPUTED est un film qui réunit un casting intéressant sur le papier.

Nous avons Walter Hill, Wesley Snipes puis l’intéressant et éclectique Ving Rhames. L’histoire découle du postulat suivant : si Mike Tyson irait en prison, qu'est-ce qui pourrait se passer ? 

Dans le film, le champion de boxe George « Iceman » Chambers est arrêté pour viol. En prison, son mauvais caractère l’oppose très vite au champion de boxe invaincu depuis 10 ans, Monroe Hutchen joué par Welsey Snipes. 

Le film est intéressant, un rien académique, quoiqu’il tente de retrouver l’aura du BAGARREUR avec Charles Bronson, réalisé par le même Walter Hill en 1975.

Pour la petite histoire, l’acteur Welsey Snipes risque de sensiblement vivre la même histoire puisqu’il devrait aller en prison  pour des raisons fiscales…

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UNDISPUTED sort en salles. Il ne connait pas une grande carrière commerciale mais il est remarqué… Le titre devient donc un petit mais modeste capital, en terme de franchise, et on décide de rétrograder cette licence vers la Nu image. 

UNDISPUTED 2 aura donc moins de moyens mais on alloue le réalisateur le plus doué de la firme, Isaac Florentine.

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N’ayant pas encore accédé à la reconnaissance des critiques, Isaac Florentine est un réalisateur qui a commencé très modestement, chez lui, en Israël. 

Lui-même artiste martial, il a opportunément profité de la forte demande du film de Kickboxing afin de produite et réaliser un tout petit film, quasi invisible, DESERT KICKBOXER  en 1992 que l’on peut aisément deviner comme étant très mauvais.

Notre réalisateur parvient alors de s’introduire dans le circuit des séries télévisées où il réalise notamment des épisodes de…POWER RANGERS ! 

Si artistiquement, cela ne vole pas très haut, tout cela lui donne un bagage assez intéressant qui lui permet incontestablement de progresser.

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Il renoue à la réalisation de films avec SAVATE en 1995 avec le champion français Olivier Gruner qui incarne Joseph Charlegrand, l’inventeur de l’art martial français, la savate ! Le film est assez ridicule, voire mauvais et Isaac Florentine ne parait pas être un réalisateur capable. Mais il apprend… 

En 1999, il réalise une production Nu Image, firme avec laquelle il va s’épanouir pour un film avec Dolph Lundgren, LE DERNIER DES DRAGONS.

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Film de faible intérêt, LE DERNIER DES DRAGONS raconte une rébellion dans un pays fictif de l’Europe de l’Est. Le budget reste très faible, cela fait manifestement parti de la politique de la Nu Image qui mutualise ses moyens de production en faisant en sorte que ses studios de Bulgarie tournent à flux tendus.

 Le style d’Isaac Florentine n’est pas encore au point et rien ne permet de le repérer d’un réalisateur moyen...

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Son style s’affirme avec son film suivant, COLD HARVEST. Tourné avec de très faibles moyens hors de la tutelle des producteurs, trop loin du tournage, COLD HARVEST met en scène un western futuriste post-apocalyptique où un virus menace la race humaine qui a déjà bien du mal à survivre. 

Le héros interprété par le très intéressant Gary Daniels va rentrer dans le jeu en tentant de sauver la femme de son frère jumeau, tué il y a peu par Little Ray… 

Fauché, COLD HARVEST bénéficie enfin des talents d’Isaac Florentine qui commence à trouver son style rapide, percutant et terriblement dynamique. 

Un petit film, certes, mais qui marque enfin les progrès notables de son réalisateur qui a enfin trouvé sa voie.

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Nous arrivons donc à US SEAL 2 en 2001. Suite d’un film totalement oublié, US SEAL 2 est le film qui permet enfin au talent d’Isaac Florentine d’exploser.

 L’histoire est un lointain remake des 7 mercenaires.

Deux militaires frères d’armes des US seal réussissent une mission mais l’un d’entre eux montre des signes inquiétants du point de vue de la déontologie.

Il pète littéralement un plomb et, après le viol de l’une des deux filles de leur senseï, il passe à l’offensive en volant un missile qu’il installe sur une île dans le but d’exercer un chantage nucléaire.

Mais cette île pose un grand problème pour que les US Seal puissent intervenir : il s’agit d’un site où des usines chimiques désaffectées rendent impossible un seul coup de feu, sinon tout explose ainsi que le missile !

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Le leader, joué par le très bon artiste martial Michael Worth, réunit donc 5 membres d’élite dont certains sont des artistes martiaux de haut calibre. Ils seront rejoints par la sœur de la fille tuée qui est bien décidée, grâce à sa maitrise du sabre, de se venger personnellement…

Certes, US SEAL 2 alias CLOSE COMBAT est un film au scénario qui est assez lambda, comme tant de productions de ce calibre, mais il bénéficie des talents des artistes martiaux du casting, tous intéressants, et surtout de la réalisation d’Isaac Florentine dont la mise en scène explose littéralement l’écran.

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Isaac Florentine, artiste martial, raconte qu’il ne se contente plus de réaliser de manière classique les scènes d’action (plans larges, rapprochés et gros plans) mais qu’il tente de s’immerger dans l’action. 

Petit film au budget modeste, CLOSE COMBAT marque bel et bien la naissance d’un grand réalisateur qui possède un sens de la réalisation de l’action un peu prés unique et qui ne cesse de s’affiner et de s’améliorer depuis ce film.

Cela nous mène donc à UNDISPUTED 2 qui est non seulement un excellent film d’action, mais qui voit enfin la naissance d’un fait unique, la création d’un personnage retentissant et mémorable du film d’action : Boyka !

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Bonus :

-Un article rare, et intéressant qui relate l'historique de la Nu Image ! Recommandé !

Cela me permet de tirer un coup de chapeau au site qui l'a publié, Agressions animales, car il s'agit du seul du net français ! Bravo à Agressions animales et à l'auteur de cet article !

-Une scène d'action de US SEAL 2 !

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 06:20

Francis Saint Martin, parallèlement à l’écriture de ses articles dans Scarce ou encore ses ouvrages, a aussi écrits quelques livres relatifs au genre des super héros ainsi que les héros des pulps et des romans.

Ces livrets ou guides présentent le très grand intérêt d’être non seulement exhaustif mais aussi, pour la plupart d’entre eux, d’être assortis d’une analyse assez fine sur le contexte dans lequel ces œuvres ont été produites. Bref, avec ces ouvrages des Editions de l’hydre, vous aurez à la fois un bon moment de lecture mais aussi une liste très complète des éditions sorties en version française !

Inutile de préciser qu’il s’agit de pièces maîtresses de ma bédétèque que je garde précieusement !

Je recommande par ailleurs l’achat en premier du guide sur Stan Lee, qui me parait être idéale pour s’initier aux ouvrages des éditions de l’hydre !

 Voici la liste des livres :

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_STAN LEE, qui présente cet « artiste », son évolution, ses rapports avec Jack Kirby et la création de Marvel et du tumultueux Martin Goodman.

Ce livret nous replonge avec délice dans cette période incroyable pendant laquelle une génération entière de super héros ont jailli de l’imaginaire de ce prolifique scénariste, très fortement épaule par de grands artistes tels que Jack Kirby ! Le style de Francis Saint Martin vous immergera dans cette période glorieuse, mais le passé de Stan Lee, sa personnalité, puis son éloignement de l’écriture ou encore sa brouille avec Martin Goodman ne seront pas oubliées !

Fortement recommandé !!

 

atlas comics les éditions de l'hydre

_ATLAS comics, la firme qui fournit le matériel des premiers Titans de Lug et Iron Jaw.
Cet ouvrage raconte la tentative de revanche de Martin Goodman sur la Marvel, ses péripéties, ses rapports avec les auteurs et ses revers ! 
Encore une fois, un grand moment de lecture qui vaut non seulement par les héros de cette firme, au potentiel assez intéressant, mais aussi par sa narration. Un vecteur idéal pour découvrir cette firme !

 

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_CONAN Le barbare, le guide qui raconte ses premiers pas dans l’adaptation en comics, ce qui ne fut pas une mince affaire, ainsi que le succès qui en suivit ! Un must pour tous les fans du personnage, ceux qui sont en passe de le devenir mais aussi tous ceux qui veulent s’initier cet ouvrage très complet ! Recommandé !

 

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_THUNDER AGENTS, un guide sur ces sympathiques héros de Tower comics qui auraient pu sans difficulté devenir de sérieux concurrents à la JLA ou aux Vengeurs si ils furent publiés chez l’un des deux grands. En tout cas, ils sont au moins au si intéressant que chacune de ces deux équipes précitées semblent s’en être inspirées !

En prime, le grand Wallace Wood qui s’est créativement investi dans cette aventure n’est pas oublié! A découvrir !

_MIDNIGHT SONS, la période tumultueuse des 70’ où Marvel accouchait de monstres ténébreux et horrifiques comme Dracula, Blade, le Wolfman, Man Thing, Hellstorm et bien sûr Dr Strange. Le tout sous des grands artistes tels que Gene Colan ou Marv Wolfman, et tellement plus encore ! Le guide est réalisé par Patrice Allart. Si vous êtes intrigués par ces versions si spéciales de Marvel ou que vous voulez approfondir votre connaissance de cette firme, jetez-vous sans y réfléchir !

 

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_LE GUIDE DES CROSS OVERS, voici le récapitulatif très documenté des rencontres et cross over des deux grandes firmes, mais aussi des incongruités qui jalonnent l’histoire des rencontres de tous ces personnages. Ce guide est réalisé par Patrice Allart, un autre grand chroniqueur des comics qui a également une très bonne plume !
A noter qu’il y a quatre tome qui couvrent et étudient tous les cross overs de leurs débuts jusqu’ à l’époque actuelle ! Découvrez-les au plus vite !

_VERTIGO, l’ouvrage idéal pour avoir une vision claire de ce bouillon d’expérimentations 
dans le sein de DC qui a des racines dans les Midnight sons de DC et qui vont bien plus loin que le simple titre d’horreur. Panini, le Téméraire et les éditions de Toth ont traduits ces œuvres parfois divertissantes, ambitieuses et réussies qui ont apporté une alternative adulte au comics de super héros !

Mais voici l’ouvrage autant indispensable que complet pour s’y retrouver !

 

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_DYLAN DOG, le héros italien qui a inspiré le film Delamore Delamorte. Le détective de l’étrange, du zombie et de l’épouvante qui est encore un vrai succès chez nos voisins transalpins mais qui reste à apprécié à sa juste valeur de ce côté-ci de la frontière. Comme les autres ouvrages de l’édition de l’hydre, c’est à la fois idéal pour découvrir cet héros et passionnant à lire !

_LE GUIDE DES BAD GIRLS, ces héroïnes sexy et mortelles qui ont donné un cachet si particulier aux années 90’. Souvenez-vous de Shi, Lady Death, Vampirella, Pantha, Cyblade !
Un ouvrage qui célèbre cette nostalgie d’héroïnes aux formes pulpeuses ! Le tout analysé par Patrice Allart ! A ne pas manquer !

_LES NOUVELLE AVENTURES DE L’HOMME DE BRONZE, il s’agit bien sûr de Doc Savage ! L’homme de bronze, aventurier improbable mais tellement captivant venu des pulps et adapté chez Marvel dans les premiers numéros Titans en France. Une fois de plus, Francis Saint Martin nous déroule le fil mouvementé de sa naissance jusqu’ à ses adaptations !
Découvrez le trépident aventurier qui a, sans nul doute possible, a inspiré Indiana Jones !

Voici l’adresse pour commander :
Saint Martin, 1 avenue du Dr Dehrs 64300 ORTHEZ

Pour les tarifs, il y a des variables :
_DYLAN DOG, CONAN, VERTIGO, THUNDER AGENTS, GUIDE DES CROSS OVERS 3 ET 4 : 10 euros l’exemplaire.
_LE GUIDE DES CROSS OVERS no 1 : 9 euros.
_ATLAS COMICS, STAN LEE : 8 euros l’exemplaire.
_LES NOUVELLES HISTOIRES DE L’HOMME DE BRONZE, LE GUIDE DES BAD GIRLS : 7 euros l’exemplaire.
_LE SECOND GUIDE DES CROSS OVERS : 6 euros l’exemplaire.

Pour les frais de port, les tarifs sont les suivants :
3 euros par exemplaire, 4.5 pour deux, 6 pour trois et plus.

Pour le CONAN ou les THUNDERS AGENTS si vous les commandez seuls, 4 euros.
Un bon plan sympa, pas cher, go !

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Published by Bastien Ayala
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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 07:36

2ème partie

 

 

BA : La somme d’informations que contient un de vos ouvrages demeure époustouflante. De plus, vous n’aviez pas internet à l’époque, ce qui aurait pu vous faciliter les choses.

Quels sont les moyens que vous mettiez en œuvre afin de collecter autant de détails ?

Allez vous chercher vos informations à la source ?

 

FSM : Internet n’est pas tout. Peut-être même est-il le contraire, sur un plan philosophique. De nombreuses informations véhiculées sur la toile sont fragmentaires, voire fausses. Je ne fais pas confiance aux listings et autres données dont je ne peux vérifier la véracité. Les informations que je donne sont pour la plupart bien connues mais parfois disséminées dans plusieurs supports et je me suis borné à les rassembler. D’autres proviennent de déclarations, de mémoires des auteurs, toujours publiées avec leur assentiment dans la presse spécialisée américaine. D’autres encore me furent données par les acteurs eux-mêmes dans la mesure où j’eus la chance d’en connaître certains.

 

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BA : Le but inavoué de vos articles ne seraient-ils pas de rendre hommage à tous les acteurs, parfois non retenus par la postérité mais qui ont tant contribué au média tel que nous le connaissons ? 

De permettre de faire comprendre que les super-héros de comics ne constituent que le sommet d’un iceberg qui s’avère beaucoup plus riche ?

 

FSM : C’est exactement cela. C’est bien pourquoi je ne me permets pas de donner d’avis qualitatif dans mes articles parce qu’une œuvre est rarement le fait d’un seul homme. Surtout dans le domaine qui nous intéresse. Que seraient les comics que nous apprécions aujourd’hui si le Dr Wertham n’avait pas provoqué l’instauration du Comics Code ? Ses règles en eurent été complètement différentes et le duo que formèrent Stan Lee et Jack Kirby n’existerait probablement pas. Quand on s’intéresse vraiment aux comics il faut comprendre qu’ils ne sont pas le fruit d’une génération spontanée mais celui d’une société complexe et toujours en évolution.

 

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BA : Je crois ne pas me tromper en supposant que vous vous intéressez à tous les courants de la bande dessinée.

Quels sont les auteurs dont vous appréciez le plus les travaux ?

Vous ne vous limitez bien sûr pas aux seuls auteurs américains ?

 

FSM : Je ne fais pas de différence entre les genres de la bande dessinée. Les comics n’en sont qu’un comme le western, les mangas ou le genre animalier européen. Mon panthéon personnel est donc varié, disparate mais incroyablement riche ! Riche en effet parce que la BD est une activité mondiale qui nous permet d’admirer le style d’auteurs multiples et nombreux.

   Pour ce qui est des scénaristes ma préférence va aux franco-belges d’abord, Jean-Michel Charlier et Greg. Leur œuvre quoique immense et inégalable même si Robert Kanigher ou Paul Newman, pour qui j’ai beaucoup de respect et qui fut mon ami, écrivirent plus qu’eux. Roger Lécureux et Jean Ollivier ne devraient pas être non plus oubliés, ils sont des géants incontournables du domaine même si la tendance moderne vise à minimiser leur apport. Stan Lee et Jack Kirby, finalement indissociables, appartiennent aussi à cet ensemble et voisinent avec Hugo Pratt, René Goscinny ou Dick Browne. Mais ces derniers furent aussi des dessinateurs, ce qui nous ramène vers René Bonnet que j’ai déjà cité, Jack Kirby pour les quinze années de démesure du Silver Age et les New Gods. Franck Hampson dont le Dan Dare est d’une beauté absolue. Jean Giraud peut-être le Maître de tous. Et puis une foule dont je ne peux citer tous les noms : Raphael Marcello, Russ Manning, Frank Bellamy et Sydney Jordan, Hermann puissant et en constante évolution, Alex Toth, Steve Ditko, Paul Gillon maître discret, Joe Kubert, Russ Heath, Jijé, Sydney Jordan, Mouminoux, Arturo Del Castillo et tant et tant d’autres. Vous l’aurez compris je les aime presque tous.

 

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BA : Que pouvez-vous nous dire sur Patrice Allart ? Ses ouvrages aux éditions de l’hydre semblent procéder une démarche quasi-scientifique des sujets qu’il traite. Ainsi chaque livre traité contient une incroyable somme de documents et d’informations, des guides clairs et indispensables qui n’ont pas d’équivalents en France.

 

FSM : Je ne connais pas Patrice Allart personnellement et je le regrette. C’est un érudit dont chaque nouvel opus m’étonne. J’ai beaucoup d’admiration pour son travail et son projet. Alors que le monde est en constante évolution, que les titres se multiplient et se complexifient, il arrive à en faire la perpétuelle synthèse. Même si j’ai le sentiment que ses travaux ne concernent qu’un petit lectorat j’ai l’impression que je ne peux lui offrir des moyens à sa mesure !

 

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BA : Vous avez été publié aux éditions Encrage pour un très beau livre sur les Pulps. Quelle est votre opinion sur ce médium qui a précédé les comics ? Pensez-vous qu’il contenait tous les germes de la SF et dont certaines idées (clonage, voyage dans le temps) pourraient un jour se concrétiser ?

Est-ce que les ressorts de la dramaturgie inhérents aux comics en font, en quelque sorte, les ascendants des comics ?

 

FSM : Les pulps constituèrent un bouillon de culture d’où germèrent toutes les idées majeures de la littérature populaire américaine. Tout d’abord génériques, ils héritèrent des dime-novels leurs ancêtres, la rapidité d’écriture et la démesure, puis ils se dotèrent de genres et de héros. Il ne fait aucun doute que ce support donna naissance aux comics puisqu’il est possible de retrouver dans les équipes directrices des seconds, les organisateurs du premier domaine. D’ailleurs pratiquement tous les acteurs des comics vinrent des pulps. Le major Wheeler-Nicholson lui-même, connu pour être le fondateur de National Comics n’écrivaient-il pas pour Adventure ? Julius Schwartz, Raymond Palmer, Mort Weisinger et l’armada de leurs scénaristes venaient des pulps quand à Martin Goodman c’était, avant de devenir l’éditeur de Marvel Comics en 1939, un éditeur de pulps depuis 1931. Les ressorts qui présidèrent à la fabrication des uns furent employés pour les seconds. Si un jour quelqu’un s’amusait à concevoir l’arbre généalogique des genres populaires aux Etats-Unis il trouverait que les mêmes hommes qui débutèrent dans les pulps passèrent dans les comics, les livres de poche et pour nombre d’entre eux, migrèrent aussi vers la télévision. Ce n’est qu’une vision à courte perspective qui empêche de réaliser que tous ces domaines sont cousins, issus d’un même tronc commun, celui de la fiction.

Le domaine de la fiction est vaste et il englobe celui, encore plus vaste, paradoxalement, de la SF. Certaines des inventions apparues dans les pulps ont déjà vu le jour, mais c’est normal, les auteurs de ces nouvelles prémonitoires étaient des êtres intelligents et curieux qui allaient chercher leurs idées dans la littérature scientifique de l’époque et n’hésitaient pas à extrapoler. Quant aux autre, j’en suis persuadé, elles verront le jour à leur tour !

 

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BA : Will Eisner a mis en garde les comics américains. Selon lui, les comics ont perdu la capacité de faire rêver les lecteurs grâce au merveilleux, au dépaysement et une imagination renouvelée.

Pensez-vous que les comics modernes évoluent dans une sorte de tunnel créatif (crossovers, genre trop codé, éditorial qui dicte la substance aux créatifs) qui les condamne au rétrécissement et à une agonie ?

Est-ce que, quelque part, Will Eisner faisait référence aux qualités des pulps et à leur aptitude à susciter l’évasion chez le lecteur ?

 

FSM : Je pense moi aussi que les auteurs des comics aujourd’hui, du moins ceux qui travaillent dans le domaine du super-héros, et il n’y a plus que celui-là qui fonctionne, sont condamnés à réécrire des variations sur un thème donné. Ce procédé peut donner des résultats intéressants, voire passionnants, il suffit de lire Alternates pour s’en convaincre, mais ce ne sont que des déclinaisons. Cependant n’oublions pas que d’une certaine façon, il en a toujours été ainsi. La plupart des titres étaient écrits pour répondre aux attentes d’un jeune public qui ne passait qu’environ deux ans dans le monde des comics. Le docteur Fatalis pouvait donc attaquer le Baxter Building tous les deux ans sans que les lecteurs y trouvassent à redire. Dans leur immense majorité ce n’étaient pas les mêmes d’une année sur l’autre ! Mais ceci n’est guère gratifiant. D’autant plus que les lecteurs de comics ont vieilli et pour beaucoup restent dans le milieu bien au-delà de ces deux années fatidiques.

   Will Eisner a commencé sa carrière à une époque où les pulps tentaient de se renouveler et où un medium extraordinaire prenait son essor. Tout était permis aux comics puisque rien n’existait encore. Quelques années plus tard les pulps disparaissaient en mutant vers des formats différents. Leur richesse, leur variété et leur moindre coût n’avaient pas suffi à les protéger de la désaffection du public. Je ne crois pas qu’Eisner faisait référence aux pulps mais peut-être pensait-il à la BD européenne qu’il connaissait un peu. Cette BD est capable de tout mais, tout comme les comics, elle danse au bord de l’abîme. Les pulps ont disparus parce que leur format n’était plus adapté à leur époque. Ils sont nés au XIXème siècle et n’ont pu résister aux coups de boutoirs qui leur furent portés par les comics d’abord, puis le livre de poche et enfin la télévision. C’est ce même ennemi, transformé lui aussi, devenu un écran multifonctionnel, qui menace aussi bien les comics que la BD. Oh ces genres ne disparaîtront pas vraiment, les héros emblématiques survivront mais il leur faudra aussi, ainsi qu’au genre, se transformer pour survivre.

 

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BA : Un autre de vos ouvrages aux éditions de l’Hydre, tout aussi intéressant, demeure Doc Savage alias l’homme de bronze. S’agit-il de votre héros préféré ? Pensez-vous que ses aventures et ses caractéristiques contiennent tous les germes des héros qui lui ont succédé ?

 

FSM : Doc Savage est effectivement l’un de mes héros préférés, encore que j’ai du mal à le dissocier de l’ensemble qu’il forme avec ses adjoints et en particulier Monk Mayfair et Ham Brooks ! Tout comme je ne puis vraiment dissocier Bob Morane et Bill Ballantine ou Bruno Brazil et Gaucho Morales ou encore Reed Richards et Ben Grimm car, intrinsèquement, je n’apprécie que modérément les héros trop parfaits. Quant le personnage fut édité, à la fin des années soixante par Pocket Marabout, je préférais les exploits de l’homme de bronze aux aventures pourtant voisines de Bob Morane. Aujourd’hui je trouve plus de richesse chez Morane que chez Savage mais plusieurs romans de ce dernier personnage, dont plusieurs publiés à l’époque, sont d’authentiques chef-d’œuvres. Quoi qu’il en soit Savage est un héros qui a façonné bon nombre d’autres personnages arrivés après lui. Superman lui doit beaucoup et par effet de ricochet beaucoup des autres super-héros. Doc Savage est le fruit d’une pensée encore raisonnable. Quand il fut créé on ne lui donna pas la faculté de voler mais ses autres attributs furent conçus en regard de ce que l’on croyait possible de développer dans l’être humain. Ceci dit, il est l’aboutissement d’une longue lignée de justiciers littéraires qui passe par de nombreuses pages qu’il serait trop long d’évoquer ici.   Zorro ! Le renard de Monterey, n’en étant pas l’un des moindres.

 

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BA : Quels sont les auteurs qui suscitent votre intérêt et qui seraient susceptibles d’être édités dans les éditions de l’Hydre ?

Avez-vous encore la motivation pour pousser l’aventure encore plus loin et transmettre tant d’informations ?

 

FSM : A vrai dire je n’en sais rien. Je n’ai aucun programme d’établi et ne puis garantir que d’autres livres paraîtront. Mes activités domestiques me prennent du temps ainsi que ma collection que je tiens à gérer raisonnablement. Les articles que je rédige pour Scarce ou d’autres supports représentent aujourd’hui le format qui m’est le plus pratique car il ne m’oblige pas à rassembler une documentation fournie et à rester ensuite de longs jours devant l’écran de mon ordinateur. Il est donc peu probable que je produise de sitôt un autre volume du genre de ceux des Editions de l’Hydre. Ensuite je ne sais pas si, quand je serai en dispense d’activité, tout ne repartira pas comme en 14 !

 

BA : Enfin, qu’est-ce qui motive l’expression et la transmission d’une passion que fort peu de personnes, finalement, font en France ?

Certains collectionneurs sont quelques fois renfermés sur eux-mêmes et peu partageurs, alors que vous entreprenez d’instruire et de faire partager vos connaissances, qui sont si vastes. Je doute, hormis une réputation d’excellence justifiée, que vous n’ayez tiré quelque profit de votre œuvre ?

 

FSM : Le milieu de la collection est curieux. Il tolère toutes les extravagances. On y retrouve toutes les variétés humaines et, en corollaire, tous ses comportements, même les plus excessifs. Souvent les collectionneurs campent sur un espace si limité qu’ils ne peuvent concevoir de le partager tellement il est réduit. Mais c’est parce qu’ils ignorent qu’ils peuvent poser le pied ailleurs et y rencontrer la même assurance que celle qu’ils croient devoir à leur relative expertise. Quand la collection rime avec ouverture d’esprit, ce qui n’est hélas pas toujours le cas, l’obsession est un moindre mal ! De toute façon, l’information est toujours disponible d’une façon ou d’une autre. Il suffit de la chercher. Quelle catastrophe alors pour celui qui s’y est cramponné avec le désespoir de l’avare !

    Si les profits que vous évoquez sont de nature pécuniaire, bien sûr je n’ai rien gagné à tout cela. Certains de mes travaux me sont payés mais si l’on fait le compte de ce qu’ils me coûtent en temps, en recherche et en achats spécifiques, ces défraiements ne représentent rien. Mais je n’ai jamais songé à tout cela en ces termes. L’essentiel pour moi est de faire partager ma passion pour les auteurs, grands ou petits, qui ont contribués à nous faire mieux vivre. Je n’ai pas le temps ou les connaissance pour faire la même chose dans d’autres domaines (heureusement d’autres le font à ma place), mais on ne saluera jamais assez tous ces acteurs d’un monde meilleur. Par contre j’ai rencontré souventes fois des amateurs passionnés, curieux et enthousiastes qui m’ont permis de partager mes admirations et de faire des découvertes. Et s’il faut parler de profit, ces occurences en sont qu’il ne faut pas négliger.

 

 

Un grand merci, Francis, pour vous être livré à cet exercice.

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 07:29

Certains des lecteurs du Royaume ne connaissent parfois pas les sujets, thèmes, ou les personnes qui sont traitées ici. L'objet du Royaume a toujours été d'élargir le champ des connaissances.

Francis Saint Matin est une très grande plume, à mon sens la plus grande, qui traite de la culture populaire. Il est en effet un expert en ce qui concerne les pulps et les comics.


Collaborateur émérite et pillier de Scarce, il a livré des portraits et des bibliographies sur de nombreux artistes qui sont de tout premier ordre. Parraléllement à cela, il a été édité dans plusieurs ouvrages dont un livre sur les Pulps, ainsi qu'un second sur Bob Morane. Il a lui-même édité des ouvrages de référence sur divers sujets tels que Stan Lee, Doc Savage, les édition Atlas, Conan, les Crossovers dans les comics.

Chacun de ses ouvrages a pour trait commun d'être à la fois exhaustif et trés exigeant en terme de contenu.


Si j'écris des articles dans le Royaume des avis, c'est trés certainement grâce à mes lectures de fanzines sur les comics tels que Scarce, Heroes/D.I, Swof... Toutefois, je considère que LA référence en matière d'articles est indéniablement Francis Saint Matin.

Après une ou deux années de correspondance, Francis Saint Matin a bien voulu prendre de son temps pour répondre à mes questions. Qu'il en soit ici remercié doublement, pour l'effort demandé et pour la pertinence de se réponses.

 

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1ère partie

 

 

BA : Bonjour Francis Saint Martin, certains lecteurs de Scarce connaissent votre signature depuis de nombreuses années mais ils ignorent tout de vous. Voulez-vous bien vous présenter succinctement ? 

 

FSM : Bonjour, étant né en 1960 j’ai aujourd’hui 50 ans et exerce une profession qui me laisse espérer pouvoir faire la sieste tous les jours et lire autant que je le voudrai d’ici quelques années.

 

BA : Il semble que vous soyez un grand collectionneur de bandes dessinées, de comics, de pulps. Comment est-née votre passion ? Quelles sont les premières bd qui vous ont fait rêver et qui ont suscité votre passion ?

 

FSM : Hum, oui je suis un grand collectionneur de littérature populaire, je mesure 1m90 ! J’ai ressenti un très vif intérêt pour la bande dessinée et les littératures de l’imaginaire dès mon plus jeune âge. Abonné à six ans à Fripounet et Marisette par mes parents, j’y découvris avec ravissement les dernières bandes de René Bonnet. Déçu par son absence répétée du sommaire du journal, et sans que François Bel, trop rare lui aussi, ne pût me retenir, je me jetais dès sa parution sur la nouvelle mouture de Vaillant en 1969. Pif Gadget fut une révolution que les lecteurs d’aujourd’hui ne peuvent imaginer. La formule des récits complets emporta l’adhésion d’une foule d’amateurs même si, plus tard, elle fut galvaudée par un gadget devenu envahissant. Pif fut donc mon compagnon de jeunesse pendant quatre à cinq ans jusqu’à ce que, là aussi, la qualité baissât. Cependant, entre-temps, j’avais découvert, la même année où parut l’hebdomadaire des Editions Vaillant, un étrange petit format dans les kiosques. Fantask me fit l’effet d’une bourrasque. J’étais soufflé. Jamais ailleurs je n’avais parcouru de BD de ce genre et j’en conçu immédiatement une étrange fascination pour le pays d’origine de ces histoires.

 

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   L’Amérique était encore une contrée magique en ces années, pour les jeunes de mon âge, nourris de westerns et d’aventures d’avant-guerre. Aussi je n’avais aucun mal à imaginer que de vrais superhéros arpentaient les rues de ses mégalopoles. Encore que l’armement et les véhicules futuristes que je découvrais dans ces pages bigarrées m’apparussent un rien incompatible avec ce que je savais du monde. Mais qu’importait puisque Stan Lee m’avait ferré ! Désormais et pendant des années je lu tous les comics qui me tombèrent entre les mains, d’autant plus que j’eus vite la chance de pouvoir acheter les originaux qui étaient vendus dans les kiosques de certaines des villes de ma région.

 

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BA : Passons à votre œuvre. Votre style, ou votre « plume », est tout à fait incroyable, on a l’impression , en vous lisant, d’être le témoin direct des carrières des auteurs dont vous racontez l’existence. Comment parvenez-vous à cerner aussi bien un auteur ? Quels types de recherches avez-vous recours pour parvenir à un tel résultat ?

 

FSM : Mes collections, qui me permettent de suivre un auteur sur l’ensemble de sa carrière, facilitent mon travail. Je possède aussi de nombreux ouvrages de références. Je suis toujours à l’affût de livres qui abordent l’univers fascinant des comics ou des pulps. Les ouvrages généralistes bien sûr mais plus encore les souvenirs ou les mémoires des auteurs ou des acteurs du domaine. Le reste n’est plus qu’affaire de compilation. Il faut isoler les données relatives au sujet à traiter, les mettre en ordre et les exploiter.

 

BA : Justement, votre style demeure des plus impressionnants et des plus efficaces. On a l’impression d’être le témoin de l’évolution des artistes que vous traitez.

Comment l’avez-vous mis au point ? Privilégiez-vous une dramaturgie dans votre écriture ou aviez-vous un modèle ? 

 

FSM : Dans la mesure où je m’efforce de ne pas donner d’indications qualitatives dans mes articles, seule la carrière des auteurs m’intéresse, je dois compenser cette apparente froideur stylistique par autre chose. Les auteurs que j’aborde sont certainement, pour la plupart, des génies dans leur domaine, mais ce sont, avant tout des êtres humains. Même s’ils nous firent rêver, ce ne fut jamais autrement qu’en essayant de gagner leur vie. Je pense qu’il ne faut pas oublier cet aspect des choses. Mais, en revanche, cette condition autorise toutes les faiblesses et les grandeurs humaines. Ces gens ne ressemblent pas à Zeus, magistralement installé au sommet du Mont Olympe, ce sont des humains industrieux qui s’affairent pour gagner leur vie. Je relate ainsi leur carrière en montrant les choix ou les contraintes qui les ont menés à aborder un travail ou une série. Je m’attache ainsi, avant tout, à montrer que ce sont des hommes.

   Ma volonté délibérée de retracer les carrières chronologiquement permet aussi d’accompagner un auteur vers la maturité. Ce procédé permet de conserver un fil conducteur pratique alors que l’on traite un domaine où les dates, les titres d’œuvres et de comics ou les noms d’autres intervenants abondent.

   Je ne connais pas tellement l’œuvre de Jean Mabire même si j’ai lu plusieurs de ses livres mais je suppose que son succès provient aussi de son enthousiasme et de sa réelle connaissance des thèmes qu’il aborde.

 

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BA : Parlons de Scarce, vous êtes devenu, avec les années, un des plus fidèles soutien historique de la revue. Êtes-vous attaché à cette revue qui a su défendre avec passion le médium comics ?

Quelle est votre perception de cette belle aventure à laquelle vous contribuez sans relâche ?

 

FSM : Scarce fut lancé par Frédéric Blayo et j’y fus associé dès le deuxième numéro, si ma mémoire est bonne.

   Frédéric était alors un jeune homme enthousiaste qui gravitait dans le petit monde de la BD et de la SF. Passionné de comics, grand collectionneur, il souffrait de l’absence d’un vrai journal sur ce sujet en France et décida de se lancer lui-même dans l’aventure de l’édition d’un tel fanzine. Un autre que lui, et il y en eut, se serait contenté de publier une modeste brochure photocopiée mais pas lui. Prenant exemple sur PLG, il lança un vrai magazine qui, en peu de numéros, s’imposa dans le milieu. Plus tard des dissensions internes provoquèrent son départ ainsi que celui d’autres rédacteurs. Dans la mesure où je résidais loin de Paris où tout le monde se trouvait j’échappais à cette tourmente et continuais ma collaboration à un magazine que j’apprécie contre vents et marées.

   Scarce n’est cependant pas la revue que j’idéalise car elle aborde de nombreux sujets, ou présente des rubriques, qui ne me concernent pas mais je dois reconnaître que c’est grâce à la volonté réaliste de ses rédacteurs en chef successifs qu’elle existe encore. Si l’on veut qu’une revue soit pérenne il faut savoir concocter un savant brouet avec l’ancien et l’actualité. Je n’aurai pas su y parvenir moi-même et je ne peux, une fois de plus, que tirer mon chapeau à ses responsables.

   Quant à Frédéric Blayo qui s’est éloigné des comics, il est aujourd’hui à la tête de deux librairies de qualité que les amateurs d’histoire ne peuvent ignorer, CLIO à Paris et à Montolieu.

 

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BA : Maintenant les éditions de l’Hydre. Pourquoi le nom de cet animal qui a plusieurs têtes qui repoussaient ?

Quelles furent vos ambitions en élaborant des ouvrages sur des thèmes, auteurs que pratiquement vous seul traitez en France ? 

Combien de temps nécessite la mise au point d’un ouvrage comme celui, à titre d’exemple, de Stan Lee ?

 

FSM : Le nom des éditions de l’Hydre est symbolique. Comme les têtes de l’animal fabuleux qui repoussaient toujours, mon intérêt pour la littérature populaire pouvait se porter d’un domaine à l’autre. S’il semblait qu’un genre fût délaissé pendant des années, c’était pour mieux renaître. De la Bd au fantastique, du roman de SF au western… ainsi de suite, sans exclusive. Toutes les têtes de l’Hydre étant toutes les facettes de cette littérature fascinante.

 

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Je commençais par publier des fanzines de BD, comme tout le monde dans les années 80, puis des pastiches, de la SF, des livres plus sérieux, des fac-similés ; un peu de tout jusqu’à ces dernières années où, disposant de moins de temps, je résolus de publier les livres qui me faisaient le plus envie. Avec pour seule contrainte qu’ils me plurent sans m’inquiéter de leur devenir commercial. Quand on espère des ventes aux alentours de la dizaine d’exemplaires, il n’y a aucune contrainte à respecter et si l’on en vend cinquante c’est un succès !

   Par contre, ces ouvrages étant relativement pointus, il est difficile de répondre à la dernière partie de votre réponse. C’est à la fois un travail de tous les jours et de quelques mois. Le livre sur Stan Lee n’est pas venu en quelques jours. Il synthétise des années de lecture des comics Marvel, mais aussi des autres éditeurs de la même période ainsi qu’un bon nombre d’articles et d’interviews des acteurs du domaine. Ainsi si sa rédaction ne prit que peu de temps, sa préparation me demanda des années…

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 07:51

18ème et dernière partie !

 

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Cette seconde ère du Docteur a excellé en tous points !

Cela ne fait aucun doute, tant pour le public qui a été renouvelé, pour les critiques que pour les professionnels de l’écriture. Russel T.Davies a repris une licence morte en 2004, il est reparti sur de nouvelles bases en lui assurant une direction, un niveau de qualité, une modernisation et ce malgré de nombreuses contraintes !

On peut donc parler de second âge d’or de la série, la première étant celle de Tom Baker (1974-1981), qui a donné à cette série l’ampleur et la dimension d’un phénomène culturel.

En effet, les fans, les médias et le grand public sont dans l’attente fébrile d’une nouvelle saison, d’informations sur celle-ci et les vedettes du show sont le centre d’attention des médias. Hélas, je le regrette encore, ce phénomène reste essentiellement britannique tant le succès de la série reste confidentiel en France…

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Mais ces cinq années constituent le sacre de Russel T.Davies qui reste le maitre d’œuvre de la série. Il convient donc de se pencher une dernière fois sur ce créateur mais aussi d’évoquer le futur de la série, sans lui !

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Le passé de Russel T.Davies vous a été évoqué dans le premier article de ce (très) long cycle consacré au Docteur Who, seconde génération.

Cependant, un livre nommé The Writer ‘s tale relate la correspondance entre Russel T.Davies et le Benjamin Cook, journaliste au journal britannique du Docteur Who. Ce livre est formidable parce qu’il relate ce qui se passe à la fois dans les coulisses du show mais aussi dans la tête de Russel T.Davies.

Ce dernier livre ses craintes, ses angoisses, les obstacles qu’il doit surmonter, ses états d’âme mais aussi sa fragilité en tant qu’auteur… 

Une expérience rare et très intéressante, basée essentiellement sur une certaine franchise mais également, cela est mon avis, sur un brin de narcissisme assez intéressant tant il nous permet d’apprendre certaines choses, relatives aux souffrances de la création…

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Parmi les bons morceaux du livre, Russel T.Davies raconte qu’il est un scénariste assez tendu, en souffrance émotionnelle. Comme souvent, il n’a pas d’idée précise de ce que sera le contenu du prochaine épisode, il hésite, doute et recule sans cesse le début de l’écriture…malgré des retards chroniques qui paralysent la production (toute une machinerie attend derrière le script).

Il tâtonne, doute, mais les idées lui viennent au fur et à mesure et celles-ci sont, disons le carrément, souvent brillantes et géniales !

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Russel T.Davies se définit comme un scénariste « qui voit les possibilités ». Cela le définit assez bien car il raconte être souvent bloqué par une situation mais il se souvient de tel personnage, telle petite idée, qui peut être exploitée afin de finalement débloquer l'impasse scénaristique dans laquelle il se trouve.

Cela s’appelle l’art du « set-up » qui permet d’établir des sous-intrigues, les fameux « sub-plots » dont les Marvel comics sont si friands, lors de la grande époque des X-Men de Chris Claremont. Mais Russel T.Davies est aussi un scénariste dramatique, qui sait écrire et servir ses personnages. Là aussi notre bouillant créatif nourrit des doutes, beaucoup de doutes et il se remet perpétuellement en question. On lit parfois que l'écriture est faite de douleurs, de remises en question, Russel T.Davies s'inscrit totalement dans cette situation !


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Cela ne constitue qu’une infime partie de THE WRITER ‘S TALE et je vous renvoie fortement à l’excellent blog de Melyssa, Melyssa in the Attic, qui demeure des plus passionnants. Je lui adresse mes plus vives félicitations, tant son travail de retranscription du livre (il n’y existe pas de version française) est complet, exhaustif et passionnant !

Je vous renvoie à son blog sachant qu’il faut évidemment mieux connaitre la série avant de se lancer dedans !!!

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Mais la fin du run de Russel T.Davies voit le début d’un nouveau showrunner chargé de prendre la relève, avec un nouvel interprête pour le onzième docteur. Fera-t-il mieux ? Différemment ?

Qui pourrait être assez créatif pour égaler le si grand conteur qu’est Russel T.Davies ?

Coup de chance, un second talent demeure tout aussi remarquable !

Il s’agit de Steffen Moffat, qui a œuvre dans d’excellents épisodes de la période David Tennant (LA CHEMINEE DU TEMPS, BLINK..) qui est un fan de la série et qui se dit prêt à s’investir dans ce qu’il considère être l’accomplissement d’un rêve d’enfant. Le challenge est grand, tellement grand, mais le nouvel interprête du rôle, le jeune Matt Smith d’alors 26 ans parait déconcerter…

Mais cela est une autre période, la seconde de cette nouvelle ère débutée en 2005 et qui a commencé à être diffusée en 2010 pour une série qui a été repensée presque de fond en comble…

Sera-t-elle aussi bonne que son glorieux prédécesseur ?

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A consulter : De nombreux sites de fans passionnés de la série ont fleuri sur la toile. Si la série passe enfin en France sur une grande chaine, on pourra dire qu'ils auront été avant-gardiste !

Je n'en dénombre que des bons et je vous renvoie notamment à Melyssa in the attic, Bean on a toast !

Je vous recommande chaudement de les fréquenter...quoique mieux vaut être familié de la série !

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 06:45

17ème partie

 

Voilà qu’arrivent enfin la première et deuxième partie de l’histoire finale de notre dixième Docteur, nommée LA FIN DES TEMPS. Il s’agit enfin du grand final de l’ère Davies et Tennant. Il doit d’être le sommet des morceaux d’anthologie que nous ont laissé ces deux compères, qui se sont d’ailleurs très bien entendus dans la série tant du point de vue personnel que professionnel. 

L’attente du public est élevé mais aussi redoutée. Nul n’a vraiment envie de voir l’un des plus populaires interprète du rôle, le plus populaire des spectateurs depuis 25 ans, de quitter le rôle. David Tennant, dont le jeu n’a cessé de nous époustouffler, a été à l’unisson du public. 

 Aussi Russel T.Davies a décidé de concocter un grand final avec un sommmet dramatique de haute tenue, qui verra donc l’adieu de Tennant au rôle du Docteur. Voyons cela…


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Le Docteur prend du bon temps au début du premier volet. Il n’a pas envie de « mourir », cela lui a été annoncé, et il tente de repousser encore et encore le moment ultime.

Mais il est appelé par les Oods sur leur planète pour être averti d’un nouveau drame : le Maître va (encore) revenir d’entre les morts et, peut-être pire, la planète Gallifrey que l’on pensait éteinte et anéantie depuis le terme guerre du temps avec les Daleks va revenir, elle-aussi, du fin fond de l’espace temps.

Le décompte final est entamé pour notre Docteur, aidé par un personnage secondaire que l’on ne pouvait pas penser qu’il aurait ce rôle de premier plan. Il s’agit du grand-père de Dona Noble, apparu dés le VOYAGE DES DAMNES et présent ici ou là depuis la quatrième série.

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Mott Wilfred, le fameux grand-père, est un passionné depuis toujours des extra-terrestres. Il a régulièrement croisé le docteur. Au début de la FIN DES TEMPS, il se met précisément à le rechercher, avec son club du troisième âge.

Pendant ce temps-là, le Maître subit un processus de résurrection, grâce à un anneau qu’il portait lors de la saison 3 et qui lui permet, grâce à un sacrifice volontaire d’humaines, de réapparaitre.

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Si le résultat de cette résurrection  provoque à la fois une instabilité de son corps et un appétit, le Maître en veut toujours au Docteur. Ce dernier se doit de le contrer, sachant que le Maître revient toujours avec un plan funste et dévastateur, à sa mesure...

Le Docteur n’est guère disposé à se lancer dans cette aventure, sachant qu’il aime énomement son existence, son incarnation, et qu’il aimerait que celle-ci dure longtemps. Mais averti du retour du Maître, il se lance à toute vitesse sur la terre, le recherche et tombe sur…Mott Wilfred.

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Le Docteur ne comprend pas que lui et le grand-père de Dona aient pu se croiser aussi souvent, ce qui est normalement impossible. En effet, certaines personnes passent leur existence a rechercher le Docteur et Mott le trouve…en quelques heures.

Le Maître ne tarde pas à apparaitre, sanguinaire, encore plus fou et décidé à en finir avec son ennemi de toujours, le Docteur.

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Mais deux nouveaux camps font leur apparition, dans cette histoire où les pièces se mettent patiemment en place, tel un échiquier.

Le premier est un père industriel qui est sur le point de mettre au point une nouvelle technologie révolutionnaire pleine de promesse qui pourrait, le croit-il, lui conférer l’immortalité à lui et à sa fille.

Le second camp est de taille. Il s’agit de la planète des Seigneurs du temps, que l’on pensait jusque là anéantie corps et biens. Mais nos Seigneurs ont eux-aussi leur stratagème et ils ont su se positionner dans un interstice temporel.

Or, afin de revenir dans le temps présent et échapper à leur destruction, ils ont envoyé depuis toujours un message hypnotique au Maître, un son en trois notes que l’on connait, nous spectateurs, depuis la fin de la saison 3 et l’épisode THE SOUND OF DRUMS. 

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Ce son a rendu fou le Maître et, pour le faire cesser, ce dernier se met à vouloir remonter le signal. Il utilise pour cela la technologie de « résurrection » de l’industriel en y ajoutant un tour de malice de son cru.

Au terme de l’épisode la FIN DES TEMPS, le Maître parvient à neutraliser un temps le Docteur et, coup de génie, à trafiquer la machine pour convertir quasiment chaque humain de la planète…en un double de lui-même !

Peut-être l’un des meilleurs cliffhangers de la série et l’un des tous meilleurs de l’histoire de la télévision !

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La seconde partie de LA FIN DE TEMPS voit donc le dénouement de cette intrigue hautement passionnante, en quelque sorte le bouquet d’artifice final de la série de ce Docteur.

Le Docteur est soumis. Le Maître triomphe et le sort parait scellé.

Mais le Maitre n’en a pas fini avec ses visées. Il remonte le signal des Seigneurs du temps, ce qui a pour effet de les faire revenir de leur abîme temporel. Qu’importe si la terre et d’autres galaxies sont sacrifiées au profit de Gallifrey, car seul compte pour cette race de quasi immortel leur propre survie.

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Là, un couple d’extra terrestres dont le seul but consiste à récupérer leur technologie, celle qui a servi à assurer l’immortalité de notre industriel, comprend qu’il ne pourra pas mener à bien leur mission à eux deux. Ils se débarassent donc de leur camouflage et ils délivrent le Docteur. Celui-ci, avec Mott Wilfred, décident de fuir dans leur petit astronef. Mais ils sont suivi à la trace par le Maître, c’est-à-dire la quasi-totalité des êtes humains de la planète terre qui braque toutes leurs armes sur le Docteur.

Celui-ci devra trouver la ressource pour revenir et interrompre le processus de matérialisation de Gallifrey, vaincre le Maître et, si cela est possible, échapper à la malédiction de celui « qui frappera quatre fois » et qui le mènera vers la mort…

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Brillants épisodes qui allient fluidité narrative et pas mal de sous-intrigues qui trouvent leur explications finales au terme du second épisode, LA FIN DES TEMPS constitue bel et bien le pinacle de l’excellence de la série.

Celui qui frappera quatre fois n’est pas exactement celui à qui on pensait, le Docteur puise en lui-même la ressource pour retourner au combat avec qu’il pourrait fuir et qu’il aime son existence, le scénario recèle de belles surprises…tout est de très haut niveau dans ce bel double épisode.

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A la fin, alors qu’il est condamné à petit feu et que les cellules de son corps se dégénèrent à petit feu, le Docteur prend le temps de saluer absolument tous ses compagnons depuis son retour en 2005. Cela passe bien sûr par Dona Noble, Wilfred Mott son grand-père (dont le rôle est assez important dans cet épisode), Martha Jones, le Captaine Harkness, Sarah Jane et même…Rose Tyler pour une petite boucle temporelle qui le ramène quelques mois avant le premier épisode de son retour sous les traits du 9ème Docteur qui avait les traits de Christophe Eccletson !


end of the days

Russel T.Davies range donc ses jouets dans un tiroir. 

Chacun de ses personnages, mêmes secondaires, sont donc personnalisés avec soin et chacun trouve un destin final, qu’il soit heureux, définitif ou mise à disposition pour des épisodes futurs…

Cela scelle encore une fois le très grand talent d’un scénariste de génie qui maîtrise absolument toutes les codes de son art et qui clôt avec panache et une certaine sensibilité l’acte final de son  œuvre. 

Une bien belle prouesse finale !

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Pour la scène finale du Docteur, celui-ci remonte dans son Tardis, en état d’agonie et, alors qu’il clame qu’il ne veut pas mourir, le processus de régénération se met en marche. Un nouveau visage apparait, celui de notre 11ème Docteur qui hérite d’un Tardis en flammes et qui est sur le point de s’écraser sur la terre !

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:08

Will Eisner demeure l’une des personnalités les plus importantes du comics.
Certes, il n’a pas brillé dans les comics de super héros ni crée de personnages qui soient réellement connus du grand public, mais son parcours, son engagement tout comme sa contribution au comics book constituent un des apports les plus importants et les plus intéressants qui soient. Une carrière si riche, portée par une réelle foi dans ce support, le parcours de Will Eisner méritait bien que l’on se penche avec attention dessus.
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Né en mars 1917 à New-York d’émigrés Roumains, le jeune Will avait déjà pour exemple son propre père qui était lui-même à la fois artiste peintre et entrepreneur des théâtres, pour lesquels il réalisait justement des décors.
Le jeune Will, enfant précoce au dessin qui aimait dessiner le plus clair de son temps, fut donc encouragé par ses parents pour se réaliser dans le dessin. Il a étudié le dessin à l’Art Studient League de New-York sous la férule de George Bridgman.

 

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George Bridgman, grand artiste né en 1865, Brigman avait étudié aux beaux arts à Paris, sous la tutelle de Jean-Léon Gérôme et il ne cessa de se perfectionner.
Enseignant à la réputation établie, maitre en anatomie, mère pour lui de tout dessin, George Bridgman fut un très grand professeur qui forma nombre d’élèves qui devinrent tous fameux, à commencer par Norman Rockwell, prodige absolu du dessin et chroniqueur de son temps.
Ce fut donc un excellent apprentissage pour le jeune Will qui lui permit d’asseoir d’excellentes bases pour le dessinateur d’exception qu’il n’allait pas tarder à devenir.

 

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Passons les débuts de Will, ils ont été racontés dans le Rêveur.
La fin du Rêveur, acte de foi dans les motivations qui poussent les artistes à travailler, emmène Will Eisner vers l’une de ses plus grande aventure, le Spirit.
Ce fut le fameux Everett « Busy » Arnold et Henry Martin qui proposèrent à Will Eisner de se lancer dans la création d’un nouveau personnage, à exploiter dans les journaux comme page du dimanche.
Will Eisner, et ce fut là une exception, négocia la propriété de son personnage, le Spirit, arguant assez probablement que se lancer dans une telle aventure, alors qu’il gagnait très bien sa vie avec son studio, se devait d’avoir une contrepartie. Et cette contrepartie, ce fut d’ailleurs un choix très heureux de Will Eisner, fut les droits de son personnage…

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Le Spirit connut un certain succès, il enchanta les enfants autant que les parents, puisque les aventures de ce justicier fantôme revenu d’entre les morts étaient constantes en qualité et riche en rebondissement.
Avec le Spirit, c’était déjà un maitre de l’art séquentiel qui proposait des aventures d’un personnage certes génériques -les aventures de ce héros ne reposent pas sur des caractéristiques ou un concept hors du commun- mais ce furent bien les qualités incroyables de narrateur et d’artiste d’Eisner qui firent du Spirit une bande dessinée hors du commun.

 

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Will Eisner, qui devait sans doute s’ennuyer à proposer encore et encore les mêmes aventures teintées de polar noir de son héros, ne perfectionner son art de grand raconteur d’histoires. Allant toujours à l’essentiel, privilégiant une petite ritournelle ou une note dramatique relative au destin des personnages qui peuplèrent ses aventures, Will Eisner s’impose en tant que dramaturge des comics books. Autant le super héros est un peu fade, autant la porté émotionnelle des histoires ne cesse de s’améliorer pour proposer des sortes de mini nouvelles dans la droite ligne de bons écrivains.

 

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L’autre grande disposition de Will Eisner, qui fait d’ailleurs référence, demeure l’habilité graphique qu’il applique à l’univers du Spirit.
Récit noir par excellence, bien que lisible par les enfants, le Spirit bénéficie d’incroyables audaces graphiques de la part de Will Eisner, comme si il voulait repousser et s’affranchir de la place limitée des pages et des cases dans le comics books.

La manière de dévoiler les lettres de son personnage principale est à ce titre significatif de l’évolution et des performances incroyables que Will Eisner déploie sur son titre.

Les lettres se fondent dans le décor urbain. Elles s’imbriquent à même les immeubles ou sont encore mises en relief par la lumière et les ombres. Des trouvailles, des innovations et des folies graphiques ne cessent de renouveler des possibilités que l’on pensait jusqu’alors limitées, ou qui n’étaient jusqu’alors pas exploité jusqu’alors par personne.

 

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Le Spirit commença donc en juin 1942 pour finalement s’interrompre en 1952.
Sa diffusion s’entendit jusqu’à 20 journaux et on estima le nombre de ses lecteurs potentiels à cinq millions. Mais pendant la période de mobilisation de Will Eisner pour l’armée durant la seconde guerre mondiale, le titre fut confié à de talentueux assistants comme l’exceptionnel, mais lent, Lou Fine.
Le titre disparut en 1952 pour être finalement oublié, mis de côté.
Mais les jeunes lecteurs de ces aventures grandirent et, devenus grands, certains se souvinrent des aventures de ce héros pour les republier.
Cela fut entrepris par le glorieux éditeur Kitchen Sink qui les édita, pour la première fois semble-t-il en comics, et les critiques s’enthousiasmèrent pour ce héros si peu commun de l’âge d’or (sa qualité, ses histoires proches des contes, son mode de publication) et Will Eisner ainsi que son héros furent en quelque sorte redécouvert !

 

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Ce fut donc une carrière incroyable pour Will Eisner qui, alors qu’il s’occupait à d’autres tâches, fut soudainement remis sur le devant de la scène et ses grandes qualités, bien que déjà connues des dessinateurs du milieu ayant un peu de bouteille, furent enfin célébrées.
Ce fut donc le couronnement des fruits du long labeur de ce si grand artiste qui a participer à l’évolution du comics book.
Alors que cela ne faisait pas parti du cahier des charges, Will Eisner a révolutionné tout doucement ce qu’il était alors possible de représenter visuellement dans les comics et apporté une écriture dramatique et émotionnelle assez forte à son contenu. C’est déjà beaucoup, mais ce ne fut pas le seul apport durant la longue carrière de Will Eisner !

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Plus : Philippe Cordier a édité voilà deux années un beau magazine en hommage à Will Eisner et au Spirit. De grandes signatures se sont fendues d'un bel hommage à ce grand maitre.

Pour ceux qui ne l'ont pas et qui désirent le commander, allez demander à Philippe Cordier, sur son blog, si il lui reste des exemplaires !

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 06:02

Très grand artiste américain qui a dédié une bonne partie de son existence aux comics, Will Eisner nous a quittés en 2005 après une longue carrière de raconteur d’histoires.
Or, Will Eisner était un pionnier des comics puisque, alors jeune dessinateur, il devint l’un des premiers et des plus importants entrepreneurs de ce milieu alors balbutiant. C’est donc cette période qu’il nous raconte dans une biographie qu’il a publié en 1986, LE RÊVEUR, et qui demeure l’un des tous meilleurs témoignage de cette incroyable période, où tout était alors à créer, à défricher.

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LE RÊVEUR retrace donc les premiers pas de Will Eisner, sous le pseudonyme de Billy, dans le milieu de l’édition vers 1935. Le marché à destination des kids était jusque là dominé par les pulps mais un vent de changement se faisait déjà sentir (je vous renvoie au tout premier article du Royaume pour la naissance du comics book).
Notre héros travaillait alors dans une imprimerie et il rêvait de percer en tant que dessinateur, de faire que ses rêves de création deviennent une réalité.
Son patron, sachant cela, lui arrange un contrat avec un client. Ce dernier veut engager Billy pour dessiner une bible de Tijuana.

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Derrière ce sobriquet passé dans le langage populaire américain se cachent en fait les premières bandes dessinées porno à grande échelle !

Bien que distribuées en sous-main, elles mettaient invariablement en scène des personnages de comics, de films ou même des acteurs qui copulaient au terme des quelques pages, pas plus de 8 (il me semble) de l’histoire...
Ces bibles de Tijuana étaient si populaires que, telle est la légende, elles firent office d’éducation sexuelles pour nombre d’américains !

 A noter que WATCHMEN y fait référence lors des adieux du Hibou et du Spectre soyeux à la mère de cette dernière.

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Billy refuse cette proposition et il se fait virer aussi sec par son employeur, qui attendait justement ce contrat pour faire tourner ses presses.

Voué à aller démarcher les éditeurs, il tombe sur une boite de comics dont le rédacteur en chef est Jerry Iger (dont le neveu est l’actuel directeur de la firme Disney…qui a racheté Marvel comics il y a peu !).
Iger lui a passé une commande mais sa firme coule aussitôt !
Dépité, Billy se met à réfléchir au meilleur moyen de se faire une place dans ce marché si instable, mais pourtant en pleine mutation et pleine de promesses pour qui saura les ravir.

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Billy recontacte Jerry et lui propose de s’associer pour monter un atelier qui propose du matériel clef en main pour le nouveau genre en plein essor : les comics !
C’est donc avec toutes ses économies, 30 dollars, que Billy et Jerry s’associent en louant pour deux mois un local minable. Tandis que Billy dessine, Jerry va démarcher les éditeurs en leur expliquant, bon commercial qu’il est, que les pulps déclinent inexorablement et qu’il est plus que temps de sortir enfin des comics qui, eux, connaissent un nouveau boom.

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Cette démarche est la bonne et, petit à petit, l’atelier de la firme nommée Quality comics de nos deux associés fonctionne à plein régime. Si au début Billy travaillait énormément et ce sous différents style et pseudonymes, le studio commence à recruter des dessinateurs et à organiser un système de travail proche du taylorisme : une rangée de dessinateur dessine, la seconde encre, et la troisième procède aux décors et aux nettoyage.

Billy invente donc un schéma qui reste encore de nos jours le modèle en cours chez les américains. Une anecdote qui fait encore la réputation de Will Eisner, racontée par un dessinateur, relate Eisner qui réprimande un dessinateur qui reprend son dessin en l’effaçant. Eisner lui a dit : « Tu es fou ? Tu perds de l’argent ! ».

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Une partie de l’histoire, à peu prés à ce moment là, est émaillée de moult anecdotes, chroniques, faits ou portraits d’éditeurs, situations ou d’artistes qu’a croisé Billy.


Will Eisner était en effet un ami de Bob Kane, qui lui annonce qu’il va proposer un nouveau personnage (avec des ailes noires) au futur DC comics. Justement, on apprend que cette boite, bientôt leader du marché grâce à un personnage qu’Eisner a refusé (un certain Superman), est due à la volonté de deux imprimeurs qui ont obtenu, comme épuration des créances, le catalogue et les titres du Major Malcolm Wheeler-Nicholson.

Toujours dans les bureaux du futur DC, on croise comme comptable le rusé Victor Fox, qui mijote dans son coin de se lancer à son tour dans l’édition en s’inspirant du hit du moment, Superman (voir une autre chronique de Victor Fox dans le Royaume).

D'ailleurs, dans une interview datant de 2002, Will Eisner raconta avec beaucoup d'humour qu'il refusa le projet de deux petits gars de Cleveland. Il dit alors qu'il devait avoir la vue basse puisqu'il avait manqué Superman !!!

 

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LE RÊVEUR nous retrace aussi quelques moments de la vie de l’atelier qui voit donc défiler des artistes qui seront amener à percer dans le monde des comics.

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Il y aura bien le fameux Lou Fine, considéré comme le plus artiste de l’époque à œuvrer dans les comics, entouré par Bob Powell ou encore le bouillonnant Jack Kirby et même George Tuska. Ce dernier est représenté comme une véritable force de la nature et Stan Lee, lors de son récent décès, lui a rendu un hommage appuyé en comparant son physique à Thor !

Ce qu’il y a de commun à tous ses artistes ? C’est la force de leurs rêves qui les porte et qui les fait travailler encore et encore. Certains, à force de ténacité, arriveront en effet à accomplir leur rêve, cette chimère qui porte tout artiste.

 

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Le rêve de Billy/Will Eisner n’est justement pas loin puisque, au terme de l’histoire, il rencontre des patrons de journaux qui lui font une proposition.

Ils veulent que Billy/Will leur fournisse un nouveau héros ou justicier mais, pour cela, il doit livrer 14 planches par semaine !
Billy sait que, pour lui, cela représente un nouveau défi mais qu’il doit y consacrer toute son énergie et son temps. Il abandonne alors Quality comics, les autres rêveurs*, et il revend ses parts à Jerry Iger pour 20.000 $. Une belle somme, mais certainement moindre que la valeur réelle de l’entreprise.
C’est ainsi que se clôt LE RÊVEUR, sachant que ce personnage se nomme le Spirit…

 

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LE RÊVEUR est donc un témoignage privilégié de ces années de créations d’un pan entier de cette industrie avec ses acteurs, les situations pour le moins peu croyables, ses tourments et les espoirs de chacun. Le récit, servi par l’un des plus grand maitre de la narration des comics, est des plus intéressants. Il oppose les contingences, les aléas d’un quotidien alors rude, parfois avili par des opportunistes, aux artistes qui s’échinent laborieusement sur des planches mais qui étaient portés par un même désir : se réaliser.


Une belle histoire, en forme de conte, qui peut se lire indépendamment de la portée historique qu’il propose, LE RÊVEUR demeure quand même une excellente démonstration des talents d’artiste et de dramaturgie appliquée à la bande dessinée de Will Eisner, qui mérite d’ailleurs amplement que l’on revienne sur sa carrière… Rappelons que, la lecture du RÊVEUR nous le prouve une fois de plus, Will Eisner est l'un des plus grands raconteurs d'histoires des bandes dessinées et que cela fut salué par le second prix d'Angoulème qui lui fut dédié en 1976 !**

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(Bob Kane puis Jack Kirby ! Deux collaborateurs de Will Eisner !)

En France, nous avons une excellente édition du Rêveur publiée chez Delcourt en février 2009.

Agrémentée d'un second récit nommé CREPUSCULE A SUNSHINE CITY, cette édition a l'excellente idée d'ajouter un addenda qui décrypte les situations ou les personnages souvent dissimulés sous des pseudonymes. Du bon travail, solide, que je vous recommande histoire de varier quelques peu vos lectures tout en se faisant trés plaisir !

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*Si la plupart des acteurs nous ont quitté assez récemment, je pense à Will Eisner en janvier 2005 et à George Tuska décédé en octobre 2009, il reste comme témoin privilégié Joe Kurbert, alors très jeune. Encore un très grand artiste qui aura beaucoup entrepris et fait pour les comics.

**Il s'agissait alors du premier grand prix remis à un américain par le festival d'Angoulême. Seuls deux autres artistes américains reçurent à leur tour un prix, Art Spiegelman en 2011 et Robert Crumb en 1999.

D'ailleurs, nos médias ont bel et bien annoncé la victoire de Art Spiegelman en disant qu'il était...le second artiste américain à avoir gagné ce prix. Quelle tristesse !

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