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Qui peut tuer un enfant ? C’est le titre d’un film incroyable qui traite d’un sujet fort sous le couvert d’une histoire fantastique. En outre, le film est redoutable par son efficacité, le mécanisme de son scénario, la peur qu’il provoque ainsi que sa faculté à nous ébranler. Présentation d’un film majeur que seul le cinéma fantastique pouvait nous proposer.
Les révoltés de l’an 2000, titre français idiot décidé par son producteur français pour attirer le spectateur dans les salles (en 1977), se déroule bien en 1975, date du tournage du film. Il raconte les vacances d’un couple de trentenaires dont la femme est enceinte et dont le mari était venu jadis. Il logent quelque temps dans la côte puis ils louent un petit bateau pour se rendre sur l’île pittoresque d’ Almanzora. Arrivés sur place, il flotte une atmosphère irréelle, il n’y a que des enfants et les adultes semblent tous partis faire la sieste ! Ils pénètrent dans la ville mais ils ne rencontrent plus personne. Pas une âme, tout le monde paraît être parti…
Finalement, l’épouse aperçoit un brave petit vieux qui se dirige vers eux comme s’il avait le diable aux trousses. Une petite fille surgit, lui prend sa canne et le martèle de coups. Le mari arrive pour sauver le petit vieux mais il est trop tard. Il demande pourquoi à la fille elle a fait cela mais elle répond en ricanant, avec ce genre d’attitude désarmante qu’on parfois les enfants. Il revient vers sa femme et tente de la rassurer, mais le doute n’est plus permis, ils sont en grand danger ! Les enfants ont récupérer le corps du petit vieux à demi-mort et ils font une pinata macabre. Il s’en suivra une course mortelle et incroyable, aux limites de la folie et de l’instinct de survie dans une île où les enfants ont massacré tous les adultes…
Un des thématique de ce film demeure le piège, une fois nos protagonistes entrés dans la ville, ils sont pris au piége par les enfants qui les ont laissé entrer. Ceci rappelle la méthode des dobermann. Ils devront employer toutes les ressources pour tenter de survivre , mais jusqu’à quelle extrêmisé sont-ils prêt à aller ?
Le thème du film est une bombe. Iil attaque frontalement un tabou majeur : comment réagir face à un enfant, ici des douzaines d’enfants, qui veut vous tuer ? Heurter un enfant est une chose impossible pour nous adultes, plus encore lorsque nous sommes parents. Cela se heurte avec notre programmation génétique et notre culture, ce qui demeure inconcevable. Les révoltés de l’an 2000 ose nous y faire réfléchir en disposant ce tabou de manière à ce qu’il est impossible de faire l’économie de la question. Croyez-moi pour avoir été en Espagne une fois, les enfants sont rois là-bas et il s’agit d’un thème plus qu' osé.
En outre, le suspens est haletant, Narscisco Serrador est un maître et vous serez pris dans cette spirale diabolique et vous tremblerez pour nos héros, puis vous compatirez également pour ces enfants fort bien dirigésdans leurs intérprétations, qui savent être si désarmants. La séquence de confrontation finale demeure un summum d’émotion, et son issue ne vous laissera pas de marbre.
Narsisco Serrador n’a pas eu hélas la carrière qu’il méritait avec ce film ou la résidence. Il avait un projet dans les débuts des années 80 qui devait se dérouler dans un véritable asile où les pensionnaires auraient joué. Hélas ce film ne se fit pas et il alterna des films pour la télévision alors que son talent d’auteur est incontestable. Il a même réalisé des épisodes de un, dos, tres ! Mais il avait fait des épisodes de Historias para no dormir (dans les années 70) qui avaient eu un grand succès, qui ont marqué une générations de spectateurs dont certains sont devenus cinéastes.
La génération actuelle a participé à une nouvelle anthologie de historias para no dormir que Mad Movies a ressortie il y a peu (à louer et la chambre du fils).
Puisque la critique officielle conditionne parfois notre esprit critique en nous martelant que tel auteur est majeur et que le reste n’existe peu ou pas, allez vous rendre compte par vous même de la qualité de ce grand film et du talent de son auteur/scénariste/réalisateur auquel il convient de rendre hommage.