Blog d'analyse et de contenu sur le cinéma de genre et les comics !
Le projet Blair Witch fut un succès assez impressionnant. Ce ne fut pas un succès foudroyant, je suis moi-même allé le voir dans une des rares salles qui l’avait programmé et elle était petite. Mais le buzz qu’il y a eu après à donné une seconde carrière au film, en location et tous crièrent au génie. Donc, il convient d’analyser cette œuvre considérée comme classique.
Le projet Blair Witch raconte l’ultime aventure d’étudiants en cinéma qui partent faire un documentaire sur une supposée sorcière qui se cacherait dans la forêt de Blair. Avant de s’aventurer dans la forêt, ils interviewent les habitants de la ville voisine, et chacun semble avoir sa légende à dire sur la supposée sorcière. Après ce moment comique qui laisse présager que la suite va être morne, nos trois étudiants partent dans la fameuse forêt pour un périple ultime…
Le génie du projet Blair Witch demeure le procédé de caméra subjective qui filme constamment chacun des trois protagonistes, ce qui permet d’impliquer le spectateur, ainsi que la mécanique du récit qui enfonce ses personnages et dans le fin fond de la forêt. Une spirale les enferme dans un piège sans issue teinté de maléfices. Voilà un résumé succinct en ce qui concerne le projet Blair Witch, mais ce film m’a frappé pour deux raisons : je pense que la fin ne résout rien ( ce qui demeure facile) et il demeure un adroit croisement de deux autres films d’horreur !
La seconde influence vous est moins connue, il s’agit des forces du mal d’Ernesto Gastaldi. Ernesto Gastaldi demeure un des meilleurs scénaristes italiens, capable d’écrire un scénario complet en une semaine, doué pour réviser les scénario qui posent problèmes. Il demeure excessivement talentueux et il peut s’adapter à tous les genres, tous les courants porteurs du cinéma de genre italiens, et bien plus encore. Il a seulement deux réalisations à son actif, la première demeure Libido (1965) puis cette seconde en 1982.
Le film reprend des passages de Libido, pour illustrer une intrigue d’un personnage mort il y a quelques années, Christian, et dont le testament oblige les personnages à se rendre dans cette forêt. Mais, le point commun avec le projet Blair Witch demeure cette spirale dans la forêt, la présence maléfique furtive et la forêt qui semble ne pas vouloir laisser sortir les personnages.
Voilà, vous superposez ces deux films et vous vous retrouvez avec un résultat étrangement proche de celui de Blair Witch. Ce qui est amusant, c’est que la presse (Mad Movies, L’Ecran Fantastique) a remarqué le premier emprunt assez flagrant, ce a quoi un des deux réalisateurs a répondu que oui, il avait vu Cannibal Holocaust, mais non il n’y avait rien d’intentionnel (ce dont je doute vu que les acteurs ont également été priés de se faire discrets…). En revanche, personne n’a fait le lien avec le film d’Ernesto Gastaldi, qui est pourtant étrangement proche lui-aussi de la sorcière de Blair, dont on ne sait rien au final ! Il est vrai que les forces du mal demeure un film à la carrière discrète, mais cela est indépendant de sa qualité car il s’agit d’un film intéressant qui combine les talents de son metteur en scène/scénariste et des acteurs.