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2ème partie.
Petit point sur le statut de Neal Adams dans ces années 70’ : Il est un prodige du dessin, il a suscité une ferveur chez des fans de comics, il a brisé des règles de management faisant la navette chez les deux éditeurs, il a livré une bataille pour les droits des artistes. Ajoutons à cela son propre talent qui est grand, il va pouvoir entreprendre ce qu’il désire, en dilettante, ses fans dévoués le suivront dans toutes les entreprises, même les plus incroyables.
Son talent d’artiste est prodigieux. Neal Adams a un talent rare, il capture et retranscrit presque parfaitement l’anatomie de ses personnages. Ses personnages paraissent presque bouger et, justement, le mouvement demeure son point fort. En noir et blanc (le meilleur moyen pour apprécier pleinement le talent du grand Neal), ses personnages semblent presque bouger et l’œil du lecteur accompagnent magnifiquement bien la dynamique des personnages. C’est à mon sens le point essentiel de Neal Adams, sa main exécute parfaitement ce que perçoit ses yeux. Il doit s’agir d’un processus neurologique assez intéressant dont, hélas, je ne possède pas les ressorts. Les dessinateurs affirmés en parlent de temps à autre, l’œil commande la main. Cela donne bien sûr des résultats tels que cela :
Justement en 1982, un éditeur tente une nouvelle expérience en termes de droits d’auteurs. Pacific comics attire de grandes signatures, Jack Kirby et Neal Adams en publiant leurs œuvres et en leur laissant leurs droits. Il en résulte Captain Victory et Silver Star pour le grand Jack, et Miss Mystic pour Neal Adams. Le résultat est discutable, les comics sont à deux $, pour environ 50 cents d’un comics lambda, les histoires ne sont clairement pas les meilleures œuvres de leurs auteurs et, à cause d'un système de retour de paiements sur stock, Pacific comics fait faillite !
Mais Neal Adams ne reçoit pas les arriérées de son salaire, aussi il germe dans son esprit l’envie de produire lui-même des comics en montant pour cela sa propre firme, la mal-nommée Continuity comics. L’œuvre durera sensiblement 7 ans, et c’est une aventure fort savoureuse. Les titres ont des numéros qui se suivent à parfois un an d’intervalle (une firme nommée Continuity !), les concepts et les personnages sont faibles en terme d’intérêt.
Une association manquée avec Todd Mac Farlaine pour réunir Spawn et Valeria (un succédané de Man-bat !) et finit de faire sombrer les péripéties de la firme Continuity. Toutefois, une cohorte d’artistes ont fait leurs débuts grâce à Neal et ils lui en sont reconnaissant.
Neal Adams demeure toujours rattachés dans le domaine des comics, que ce soit dans les conventions ou même à l’étranger (semic l’a fait venir sur leur stand une année !). Il semble vouloir tater encore un peu de dessin puisqu’il réalise avec parcimonie des couvertures ici et là. On parle également d’une collaboration avec Franck Miller, assez probablement sur ALL STAR BATMAN, à la suite de Jim Lee (on a le temps de voir venir). Mais honnêtement, son style demeure moins bon, plus automatique et il semble avoir adopté certaines facilités ou automatismes...
Toutefois, il s’agit bel et bien d’un artiste cardinal, immense qui a fait beaucoup et qui demeure assez savoureux à rencontrer. Même si il a capitalisé sur son talent passé, il a un style, une griffe qui demeure inégalable. Je me pose une question qui nécessite de l’imagination, si Neal Adams était né dans un autre temps et un autre lieu, aurait-il eu le même impact sur un art majeur tel que la sculpture ?