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Dario a déjà réalisé l’oiseau au plumage de cristal en 1969 puis le chat à 9 queues. Ce dernier demeure intéressant, mais quelque peu inabouti en raison d’un assassin qui n’est pas clairement mis en valeur et un résultat quelque peu bancal. Mais Dario s’associe à Luigi Cozzi, qui demeure un passionné de Sf pour ourdir ce troisième giallo de sa trilogie animale en 1971. Le résultat demeure une œuvre très aboutie qui alterne le rire, le frisson et la manipulation du spectateur avec un grand brio.
Roberto s’enfuit mais il demeure tétanisé par cette nuit. Lors d’une party chez lui, il souhaite changer de disques mais en fouillant la pile de ses propres disques, il trouve des photos de la scène. Son malaise augmente… La nuit, alors qu’il dort avec sa femme, il entend un bruit suspect, il se lève et il est étranglé par un filin d’acier. L’assassin lui dit qu’il le laissera mijoter encore un peu. Roberto demeure obliger de se confier à son épouse, campée par l’excellente Mismy Farmer, elle se doute de quelque chose et intime à Roberto d’aller à la police. Mais Roberto ne veut pas se rendre coupable d’un meurtre d’autant que le cadavre vient d'être retrouvé.
Roberto demeure seul, sa femme l’a quitté mais sa cousine arrive pour quelques jours. Il y a une relation intéressante entre les deux êtres, ils ont un fort penchant l’un pour l’autre qui n’a jamais été exploité car Roberto est marié. Mais ils se laissent aller et ils passent un tendre moment ensemble, une parenthèse enchantée dans l’épreuve que vit Roberto. Mais lorsque celui-ci demeure parti, le tueur revient et il trouve cette si jolie fille et il l’a tue.
Roberto demeure finalement obligé d’appeler la police qui n’y comprend rien. Elle prélève la dernière image greffée sur la cornée de la victime et, en la développant, tous verront enfin le visage de l’assassin. Or, l’image qui demeure révèle consiste en 4 mouches sur un velours gris ! Personne ne comprend plus rien !
Le giallo demeure donc un art qui consiste à manipuler le pauvre spectateur que nous sommes. Et nous sommes formidablement mystifiés, avec maestria par Dario qui maîtrise son film de bout en bout. Il parvient à distiller des séquences d’angoisse comme on distillerait des gouttes ou des plumes sur une surface, lentement mais posément sachant que chaque plume serait une émotion. La mécanique du récit demeure brillante, la fin demeure évidente mais nous sommes plongés dans un raisonnement qui fait fi de l’évidence. Dario excelle à alterner de plaisantes séquences de comédie, avec Dieu ou le détective, ou des séquences d’émotion pure, grâce à cette si belle cousine. Ces séquences permettent de reâcher la tension, de jouer avec une certaine poèsie , et de rendre le héros plus crédible . Dario oubliera quelque peu cette formule, dommage.
David devra donc faire le rapport avec les quatre mouches du titre si il voudra s’en sortir vivant, et surtout comprendre. C’est cela le génie de Dario, nous acculer à vouloir comprendre par un frisson morbide tout en ressentant les angoisses de David. Ennio Morriconne assure avec brio la bo du film, qui demeure inspirée et lui-aussi participe à la distillation de la peur. Ennio a toujours dit que la musique était un élément de narration qui devait suppléer le film, comme un auxiliaire de la mise en scène. Le thème du film participe à cette splendide mécanique de suspens qu’est quatre mouches.