Blog d'analyse et de contenu sur le cinéma de genre et les comics !
Voilà bien une carrière qui est exemplaire, celle de Jean-Pierre Dionnet ! Il s’agit de quelqu’un qui a eu très tôt un amour pour ce qui est de nos jours considéré comme une sous-culture qui est en passe d’être mieux reconnue par la société, quoique pas encore acceptée, la bande dessinée et la série B. Jean-Pierre Dionnet aura porté très haut ces deux médias, avec en plus le rock, mais surtout il a généreusement transmis sa fibre au plus grand nombre, dont moi ! Retour sur un très grand de la culture geek française, qui a de multiples centres d’intérêts et qui a su les partager avec talent.
3 vecteurs, 3 genres qu’il a su défendre avec passion, qu’il a permis de faire reconnaître au grand public (ou à défaut à l’esprit curieux et ouvert) et même être acteur dans les médias.
Il s’agit d’un fanzine de haute tenue qui traite de toute la Bd mais qui n’avait pas d’œillères puisqu’ils ont traité de comics US et il me semble que Jean-Pierre Dionnet ait interviewé Neal Adams ! (Ahhhh) ! Il s’est alors associé à Philippe Manœuvre et d’autres, dont Druillet, pour fonder Métal hurlant. Ce fut là une aventure assez incroyable en termes de sommets créatifs et de résonance culturelle. Moebuis, Druillet, Jordowsky et tant d’autres livraient des aventures bigarrées et franchement créatives qui resteront des classiques et des sommets de la bande dessinées adultes teintées d'imagination haut en couleurs. Le plus fort, c’est que les américains connaissaient cette revue, des dessinateurs de comics us jusqu’aux créatifs dans les studios américains, et même Arnold Swarzeneger ! Elle donna naissance à un grand frère, Métal Hurlant, ce qui est un peu près unique dans les annales françaises.
Il semblerait que Dionnet et Philippe Manœuvre délaissent un temps Métal Hurlant, ils avouent de nos jours ne pas être des champions de la gestion, et que Métal connut un terme en 1987, mais ils ont fondé les éditions les Humanoïdes Associés dès 1975, vous connaissez sûrement cette maison d'édition !
J’envisage la carrière de Jean-Pierre Dionnet comme jalonnée de cycles, il en a finit un avec Métal Hurlant mais il en ouvre un autre avec cinéma de quartier, et ce cycle-là, je l’ai pris en pleine figure et j’en redemande encore !
Je suspecte Jean-Pierre Dionnet d’avoir eu bien peu de considération de la part du cinéma officiel pour son émission qui déterre les vieux films et qui parle d’acteurs ou de réalisateurs méritants mais oubliés de des grands médias, ce que je nomme le Cinéma. Alors que sur TF1ou France2, le cinéma ancien français se résume aux quarante mêmes films et aux mêmes acteurs (ok vous connaissez Louis De Funès et Bourvil, mais qui peut me dire qui est Paul Meurisse ?),. Jean-Pierre Dionnet nous présente des œuvres oubliées qui ont pour caractéristiques d’être mémorables.
Il a à mon sens un peu trop insisté sur Mario Bava mais bon, pourquoi diantre se priver de se faire plaisir ?
Alors si vous êtes curieux, je vous signale quelques infimes pépites que ce chercheur de minerais précieux est alléextraire: un cycle Sergio Sollima avec les aventures de Cuchillo dans Colorado ou la poursuite implacable- Matango d’Inoshiro Honda-La victime désignée avec Millian et Pierre Clementi- Robert Hossein/Marina Vlady dans les adaptations de Frédéric Dard- Le ciel nous tombe sur la tête- Pour une poignée de Jean Rollin- entre autres !
Diable, quelle liste inégalée ! Ce qui m’amuse également est son style de présentation. Il joue une sorte de Mr loyale monté sur ressort qui s’exprime en pointant ses doigts vers le plafond. C’est là aussi un style unique et fort divertissant. Enfin, il nous narre des anecdotes qu’il tient lui-même des réalisateurs qu’il a rencontrés. L’information à la source, autant dire que c’est un rêve de tous les passionnés.
Mais Jean-Pierre aurait pris de la distance avec la direction de Canal qui a remplacé ses amis Lescure et DeGreef, ces cinémas de quartier ne proposent que des œuvres françaises, parfois déjà vues, pour des raisons de quotas et certains fans sont déçus....
Mais alors qu’il semble maîtriser de nombreux pans entier dans le cinéma, cet homme est trop bouillonant pour se fixer sur un unique domaine dont il arrive aux limites et il s’ennuie à force de faire la même chose. Jean-Pierre se rue sur le nouvel El Dorado qui s’ouvre enfin à l’Occident : le cinéma asiatique.
Il devient distributeur, va rencontrer ces gens de cinéma et nous décortique au mieux leur travail, il nous importe entre autres Il était une fois en Chine et je subodore que son désir de découvrir renaît et qu’il entre dans un nouveau cycle qui le passionne et qu’il a fait découvrir avec verve et passion !
Petit détail qui m’a fait mal au cœur, Jean-Pierre Dionnet a fait le deuil de sa passion du cinéma puisqu’il a vendu sa collection d’affiches, de matériel ciné, de revues sur le cinéma de quartier ! Mais bon, il a manifestement de quoi s’amuser avec ce nouveau cycle pour des années ! Son quatrième en quelque sorte...