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Tower publications créa donc une division comics qui devait conquérir de front 3 marchés, celui des illustrés de guerre, investir le créneau des Archie comics (cultes aux USA, confidentiel chez nous) et nos fameux super-héros. Pour ce dernier domaine, on revint aux vieilles méthodes d’avant guerre, c’est à dire que l’on confie à un studio prestataire de services le soin d’élaborer, de mettre en pages et d’assurer le contenu des comics.
Elle consiste à créer à partir de zéro des comics, tout en se différenciant suffisamment des cheptels concurrents, mais en reprenant quand même l’ambiance, les codes et l'essence d'un genre, pour ne pas trop désorienter le lecteur. Le thème des Thunder agents demeure simple, et dans l’air du temps. Il s’agit de héros qui travaillent pour l’ONU à qui on donne des équipements qui confèrent des super-pouvoirs mais, subtilité qui génère un ressort scénaristique intéressant, une faiblesse intrassèque. Tous les Thunder agents ont un pouvoir qui ne peut dépasser une certaine limite.
Les Thunder agents repoussent donc les plans d’invasion des super-vilains, qui vont de l’organisation secrète démesurée au savant fou et félon. Il règne dans les Thunder agents une atmosphère ingénue qui est dans l’air du temps. L’Onu demeure le camps des bons, les cadres des Thunder agents sont honnêtes, les méchants scélérats… Bref, c’est de la Bd à l’ancienne, plutôt bien soignée, mais qui manque de fantaisie comme l’épopée de Marvel selon Stan Lee. Les Thunder agents demeurent bien supérieurs à la Jla d’alors, mais moins trépidants et novateurs que les Fantastics Four (qui de toute manière, constituent LE sommet créatif).
Ce fut celui-là même qui stoppa vigoureusement une belle tentative de relaunch que voulait orchestrer Dc avec, excusez du peu, Manuel Garcia et J.G Johns aux graphismes (cliquez ici pour se rendre sur superpouvoir, qui contient une bien belle base de données sur les articles de même que des articles de fond).
C’est en effet à mon sens la force des Thunder agents, il s’agit d’un concept solide qui peut sans peine se réinterpréter ou s’actualiser à loisir. Ainsi les Avengers de 1965 demeurent bien éloignés de la version Ultimates moderne. A mon sens les Thunder agents seraient idéal pour une réinterprétation confiée à des mains expertes, des auteurs compétents. Mais le tout demeure aux mains de l'homme d'affaires avisé, c’est à dire bloqué pour le moment (qui devrait être long sinon définitif en tout cas jusqu'au renouvellement du copyright). Dommage pour cette brillante équipe, au potentiel tellement grand, qui pourrait sans peine être l’égale des Avengers ou de la Jla, reste dans les limbes ! Une grande perte à déplorer donc.
Enfin*, Francis Saint Martin a rédigé l’ouvrage français de référence sur les Thunder agents en 210 pages. Il est clair, passionnant à lire, et recèle tant d’informations méticuleuses sur cette épopée que l’ouvrage peut se lire même en étant un lecteur peu famillier des Thunder agents. Incontournable !
Pour le commander, envoyez 10 euros + 2.5 de port à Francis Saint Martin, 1 avenue du Dr Dhers, 64300 Orthez.