Blog d'analyse et de contenu sur le cinéma de genre et les comics !
Robotjox ! Voilà bien un film qui n’a eu aucune postérité ou reconnaissance, même de nos jours. Pourtant, Charles Band avait osé, bravo à lui, mais la grande vague virtuelle de Robotech ou, pourquoi pas, un jour une adaptation de Goldorak, pourrait lui rendre la place qui est la sienne : celle de pionnier.
Il est vrai que Robotjox souffre de faiblesses : de rythme, de budget, d’ampleur.
Mais les combats entre robots sont là et la stop-motion s’avère bien efficace…
Robotjox demeure un projet de Chalres Band, un entrepreneur de films qui a connu une forte ascension de sa firme Empire, dans les années 80, mais qui a subit une faillite spectaculaire. Entre les deux, Charles Band se distingue par une certaine aspiration à rivaliser avec les majors et, pour cela, il lui fallait des projets porteurs, du point de vue commercial. Ainsi ce producteur prudent, voire pingre, a mis quelques unes de ses billes dans ce « gros » film de robots géants qui s’affrontent en préfigurant quand même un certain Transformers de Michael Bay !
Robotjox demeure issu d’une idée Charles Band. Sa manière de procéder était quand même proche des Italiens : il concevait un pitch sur lequel un dessinateur faisait une superbe affiche puis il prévendait le film sur les marchés du film qu’il tournait si les préventes étaient assez conséquentes. Charles Band a commencé modestement, son père Albert était lui-aussi réalisateur, mais il a bénéficié du boom de la vidéo lors des années 80. Sa firme a cru pour répondre aux besoins de ce marché qui semblait alors exponentiel. Sa grande réussite fut, heureux hasard, Réanimator de Stuart Gordon. Ce film demeure à la fois sérieux et réussi. La qualité qui faisait souvent défaut à la firme Empire jaillissait enfin, parmi du très très mauvais voire carrément ridicule ou indigent.
Charles Band se mit à voir les choses en grand, et Robotjox portait ses espoirs mais l’aventure tourna au naufrage. Une grosse somme fut, dit-on, investit sur l’écran mais la firme connut ses premiers problèmes de trésories et le tournage fut interrompu. Il reprit avec le concours d’autres investisseurs mais le film sortit alors que la mode des robots géants pour les enfants étaient passée ! De plus, Robotjox demeure un film loupé !
Pourtant, le pitch est bon. Dans le futur, notre monde bipolaire a connu tellement de guerres et hécatombes que les conflits entre blocs sont réglés lors de joutes avec des robots géants dotés d’armes stratégiques au nombres limitées. Chaque camps a ses champions, mais le Russe Alexander écrase victorieusement tous ses adversaires. Il est finalement opposé au grand champion du bloc de l’ouest, Achilles. Lors du conflit, le robot d’Achilles tombe sur une estrade du public et les morts sont nombreux. De plus, on découvre que le camp d’Achilles a un traître qui révèle les secrets des RobotJox à l’ennemi, le rendant de fait invincible…
Encore une fois, ce pitch demeure bon. Mais le film demeure quelque peu pesant à suivre. Les péripéties demeurent molles et Robotjox ennuie, ce qui est mauvais signe. Le fameux budget du film n’apparaît jamais à l’écran puisque les plans de foules demeurent chiches et les fameux robots n’impressionnent guère. Dieu merci, l’animation des robots demeure confiée à l’excellent David Allen, un collaborateur fidèle de Charles Band dont la technique d’animation d’image par image a souvent sauvé ses petits films en leur conférant un aspect spectaculaire et fabuleux, une denrée rare dans les productions de Charles Band !
Considérons quand même Robotjox comme un brouillon de Transformers, une tentative réellement en avance sur temps et, il est vrai, réellement hardie et couillon. Il nous reste alors une bande annonce dynamique, qui contraste avec la mollesse du film. Curieusement, RobotJox a eu une suite, qui reprend les mêmes personnages ( bon le héros est un rien fade). Il représente les espoirs de l’humanité après une invasion extra-terrestre ! Bizarre cette volonté de donner une suite à un film qui ne demeure pas auréolé de gloire, même très peu, et qui dénature le concept du premier film (en plus il arrive à la cheville de Robotjox). Cette suite se nomme Robo warrior, et il doit se regarder de manière distraite mais complaisante. Après tout, les robots géants constituent un genre cinématographique trop rare pour que l’on fasse la fine bouche !
Charles Band, qui s’empresse d’épuiser un créneau quand il est certain d’en tenir un, à continuer avec ce concept de robots géants animé par David Allen. Il s’agit de Crash & burn, sous-titré parfois avec empressement Robotjox 2. Ce film demeure assez mauvais, pourtant Band demeure un cinéaste capable mais il se contente de moindres efforts… Robot wars se caractérise lui aussi par une mauvaise réputation, aussi je ne risqua pas mes ressources pour acquérir ce film réputé un brin très moyen, voire pénible. Ce qui demeure finalement ironique, c’est que RobotJox a davantage annoncé la mode des jeux vidéo type Gundam ou Crazy Ivan où les mechas se battent avec des armes optionnelles plutôt que les robots vivants types Transformers. C’est déjà un bel exploit !
Note : RobotJox n’a pas échappé à Nanarland qui démonte le film boulon par boulon. Il est vrai que Robotjox est une tache sur la filmographie de Stuart Gordon. Voici son trailer, puis les scènes de combats.
Augmentons les enjeux avec le trailer de Crash & burn, puis celui de Robot wars. Attention à l’indigestion !